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Yémen : Le pied de nez de Ben Laden à ses anciens parrains 1/2

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Ce papier est dédié à Georges Habbache, chef du Mouvement Nationaliste Arabe, puis du Front de Libération pour la Libération de la Palestine (FPLP), à Abdel Kawi Makkawi, son lieutenant à la

tête du FLOSY (Front de Libération du Sud Yémen Occupé) et à Salem Robaye Ali (Salmine), Président de l’éphémère République du Sud Yémen, tombeurs du protectorat britannique d’Aden.

En phase éruptive au Sahel, en cours de réorganisation en Irak, Oussama Ben Laden vient de se replacer dans le jeu depuis la terre de ses ancêtres, le Yémen, adressant un magistral pied de nez à ses anciens parrains, dix ans après l’apocalyptique raid qu’il a commandité sur les symboles de l’hyper puissance américaine, s’implantant sur le flanc sud du royaume saoudien dans un combat retourné contre la dynastie wahhabite visant au premier chef à rétablir sa légitimité et à redorer son blason au sein du Monde arabe.

Houspillé pour sa fugitive disparition à la suite de l’invasion américaine de l’Afghanistan, en novembre 2001, à bord d’une moto conduite par son borgne compère, le Mollah Omar, chef des Talibans, le sous traitant émérite de la connivence saoudo américaine dans la guerre antisoviétique d’Afghanistan (1980-1989) s’est rappelé au bon souvenir de ses anciens bailleurs en faisant un retour signalé au Yémen, à tout le moins ses disciples, se replaçant en Arabie méridionale, à l’épicentre de la connexion arachnéenne du dispositif militaire et énergétique américain, en bordure de la veine jugulaire du système énergétique mondial, à l’intersection des voies des communications maritimes internationales.

La « guerre oubliée du Yémen » n’est pas si oubliée que cela, en tout cas pas par tout le monde à en juger par ses multiples protagonistes et l’imposant dispositif militaire déployé à sa périphérie. Et, dans la perspective du fin de la mission de combat américain en Irak, fin août 2010, ce pays qui fut le champ d’affrontement égypto saoudien dans la décennie 1960, pourrait redevenir, par tribus interposées, le terrain de confrontation des nouvelles puissances régionales, l’Iran, d’une part, l’Arabie saoudite soutenue par les Etats-Unis d’autre part.

“Quiconque atteindra la suprématie maritime dans l’océan Indien serait un joueur important sur la scène internationale”, soutenait déjà au siècle dernier le Contre-amiral Alfred Thayus Mahan (1840-1914), géostratège de la Marine des États-Unis, soulignant par là le véritable enjeu stratégique de la nouvelle guerre du Yémen. Le repositionnement du chef d’Al Qaida a été opéré dans cette optique là. Situé à la pointe sud-ouest de la péninsule arabique, frontalier de l’Arabie saoudite au Nord, et du Sultanat d’Oman, à l’Est, le Yémen possède une façade maritime d’une longueur de 1 906 km de côtes, faisant la jonction entre la Méditerranée et l’Océan indien via le canal de Suez et le Golfe arabo-persique.

Jamais colonisé, ce pays, placé selon son étymologie à droite sur le chemin du pèlerinage de la Mecque, couvre une surface de 527 970 km², soit presque autant que la France. Via ses trois îles, –Kamran, Perrin, et Socotra— il commande l’accès à la mer Rouge par le détroit de Bab el-Mandeb, et l’île de Socotra (la plus grande des îles) dans l’océan Indien. Signe de l’importance stratégique de la zone, le Royaume Uni, du temps du protectorat britannique sur l’Arabie du sud, avait fait du port d’Aden, la grande ville du sud Yémen, la place forte de la présence britannique à l’Est de Suez pour la sécurisation de la route des Indes.

1- Une zone de non droit absolu, la piraterie maritime dans la Corne de l’Afrique

La militarisation des voies maritimes figure d’ailleurs parmi les objectifs de Washington dans cette zone de non droit absolu qui relie la Méditerranée à l’Asie du Sud-est et à l’Extrême-Orient par le canal de Suez, la mer Rouge et le golfe d’Aden. Une base aéronavale américaine à Socotra pourrait être édifiée en vue de superviser le mouvement des navires du golfe d’Aden, dont des bâtiments de guerre, et contribuer à la lutte contre la piraterie maritime, corrosive pour l’image de l’Occident dans le tiers monde. A lui seul, le Golfe d’Aden représente 660 000 kilomètres carrés, mais la zone de rayonnement des pirates s’étend désormais jusqu’aux Seychelles, soit deux millions de km2.

Les côtes somaliennes courent sur 3700 kilomètres, relevant de trois Etats, mais le plus souvent hors de toute juridiction. Vingt mille navires empruntent cette autoroute maritime chaque année, transportant le tiers du ravitaillement énergétique de l’Europe. L’Ethiopie, pays africain non musulman, a été désigné par les Etats-Unis pour faire office de « gendarme régional » dans la Corne de l’Afrique, à l’instar d’Israël pour le Proche orient. Mais l’échec de l’Ethiopie à mater la rébellion du régime des tribunaux islamiques a conduit l’alliance occidentale à mettre en place un dispositif de lutte contre la piraterie maritime s’articulant sur trois volets Etats-Unis, Union européenne et Otan.

En 2009, 168 actes de piraterie ont été recensés, dont douze navires et deux cents cinquante otages détenus sur la côte somalienne au 1er décembre dernier. Le dispositif international est déployé depuis Djibouti (Golfe d’Aden) et les Seychelles (sud océan Indien), qui constituent les principales bases de soutien des opérations maritimes et aériennes d’anti-piraterie. Une vingtaine de bâtiments de guerre croisent en permanence dans le Golfe d’Aden et patrouillent le long des côtes somaliennes, au titre des opérations suivantes :  l’EUNAVFOR (« Atalanta »), lancée par l’Union européenne en décembre 2008, à l’initiative de la France et de l’Espagne.

• la TF 150, à l’origine, une « task force » multinationale à dominante américaine effectuant de l’antiterrorisme (Enduring freedom, Antiterror)

• Ocean Field, une force navale provisoire de l’Otan, prélevée sur des groupes en manoeuvre dans l’océan Indien.

Ce dispositif ne tient pas compte des unités détachées par les marines nationales des Etats-Unis, Russie, Inde, France, Chine, Egypte, Australie et Malaisie pour des missions limitées.Couloir maritime majeur reliant le Moyen-Orient, l’Asie de l’Est et l’Afrique avec l’Europe et le continent américain, l’Océan indien possède quatre voies d’accès cruciales facilitant le commerce maritime international, qui constituent autant de « goulots d’étranglement » pour le commerce mondial du pétrole, à savoir le canal de Suez en Égypte, Bâb el-Mandeb (longeant Djibouti et le Yémen), le détroit d’Ormuz (longeant l’Iran et le sultanat d’Oman) et le détroit de Malacca (longeant l’Indonésie et la Malaisie).

Dans ce périmètre hautement stratégique, les Etats Unis ont procédé au plus important déploiement militaire hors du territoire national, en temps de paix. La zone abrite en effet à Doha (Qatar), le poste de commandement opérationnel du Cent Com (le commandement central américain) dont la compétence s’étend sur l’axe de crise qui va de l’Afghanistan au Maroc, et, à Manama (Bahreïn), le quartier général d’ancrage de la Vme flotte américaine dont la zone opérationnelle couvre le Golfe arabo-persique et l’Océan indien. En complément, l’Arabie saoudite abrite, elle, une escadrille d’AWACS (Air borne warning and control system), un système de détection et de commandement aéroporté, dans la région de Riyad.

Le Royaume est en effet le seul pays au Monde à abriter des radars volants américains en dehors des Etats-Unis, indice qui témoigne de l’importance accordée par les Etats-Unis à la survie de la dynastie Wahhabite. Le Koweït, très dévoué à son libérateur, fait office de zone de pré positionnement et de ravitaillement à la gigantesque infrastructure militaire américaine en Irak, le nouveau champ d’expérimentation de la guerre moderne américaine dans le Tiers-monde. S’y ajoutent, derniers et non les moindres des éléments du dispositif, Israël, le partenaire stratégique des Etats-Unis dans la zone, la base aérienne britannique de Massirah (Sultanat d’Oman), et, depuis janvier 2008 la plate forme navale française à Abou Dhabi, face à l’Iran.

Près de quarante ans après l’indépendance de la côte des pirates et le redéploiement britannique à l’Est de Suez, en 1970, les principautés du Golfe vivent de nouveau sous protectorat de fait de leurs anciens tuteurs, en une sorte de « servitude volontaire ». Se superposant à la compétition inter régionale entre l’Iran et l’Arabie saoudite sur fond de rivalité religieuse entre les deux branches de l’Islam, le sunnisme et le chiisme, la nouvelle guerre du Yémen se greffe à la piraterie maritime aux larges de la Somalie ainsi qu’aux conflits tribaux endémiques du Yémen, au trafic des armes, du carburant et de la drogue, particulièrement lucratif dans la corne de l’Afrique.

2 -Le phénomène corrosif du qat

Spécialité corrosive, le Qat ou « l’or vert » explique une part du comportement de la population de la zone. 96% des hommes Yéménites en consomment et 70% des femmes entraînant des conséquences dramatiques sur la société yéménite avec son cortège de dépendance, de disparition de la diversité agricole (café, riz, blé, légumes). Ses effets nocifs sur la santé, au niveau cardiaque et dentaire, le manque d’appétence et les carences alimentaires qui en découlent sont d’autant plus dangereuses que la consommation précoce commence à l’age de onze ans. Dix neuf pays cultivent le Qat, consommés de nos jours par plus de cent millions de personnes, principalement au Yémen,à Djibouti, en Somalie et en Ethiopie. Aux conséquences humaines, écologiques, économiques, s’ajoutent des conséquences politiques : la corruption et la mendicité. La consommation moyenne du yéménite en Qat s’élève à 500 à 800 Rials par jour, pour un salaire moyen de 15000 Rials par mois.

Sont ainsi posées les bases pour le développement de la corruption, qui a atteint un degré tel, que l’état ne dispose plus de moyens d’action. 80% du budget de l’état proviennent des recettes du Qat. Malgré un ancrage officiel dans le camp occidental et une coopération pour le contrôle de ses côtes, le pays reste un foyer d’instabilité. Les pays occidentaux et les Saoudiens redoutent de voir Al-Qaida étendre son influence, profitant de l’insurrection qui se développe dans le nord du Yémen, de loin le pays le plus pauvre de la péninsule arabique.

Références :

1 - le dispositif de lutte contre la piraterie maritime comporte :

Une vingtaine de bâtiments de guerre présents en permanence dans le Golfe d’Aden, ou en patrouille le long des côtes somaliennes, au titre de plusieurs opérations :

-l’EUNAVFOR (« Atalanta »), lancée par l’Union européenne en décembre 2008, à l’initiative de la France et de l’Espagne. Vingt-deux Etats participent à Atalanta, dont onze ont envoyé des moyens sur place. Depuis décembre 2008, trente-trois frégates ou corvettes, quatre navires ravitailleurs et de commandement, et cinq avions de patrouille maritime se sont succédé. Au début décembre 2009, neuf navires, deux avions de patrouille et deux mille marins sont « sur zone », pour la seule opération de l’Union européenne.

Selon des chiffres cités au cours d’un colloque « La piraterie, menace stratégique ou épiphénomène », organisé le 7 décembre dernier à Paris par la Fondation pour la recherche stratégique, le budget de l’opération Atalanta serait de 230 millions d’euros pour l’année 2009. Tel est le coût, pour l’Union européenne, de la sécurisation d’une route d’importance stratégique, à l’entrée de la mer Rouge.

Mais ce chiffre ne représente ni l’amortissement des matériels, ni la formation et les salaires des personnels, pas plus que les dépenses consenties par les marines sous leur pavillon national.

- la TF 150, à l’origine, une « task force » multinationale à dominante américaine effectuant de l’antiterrorisme (Enduring freedom, Antiterror) ;

- Ocean Field, une force navale provisoire de l’Otan, prélevée sur des groupes en manoeuvre dans l’océan Indien ;

-Des unités détachées par les marines nationales des USA, de Russie, Inde, France, Chine, Egypte, Australie, Malaisie, etc. pour des missions limitées.

Du mois d’avril 2008 à Décembre 2009, six cents treize pirates présumés ont été interpellés en mer. Une quarantaine ont été tués. Deux cents quatre-vingt dix-neuf d’entre eux ont été remis à la justice d’un pays riverain, en vertu d’accords de transfèrement. 110 remis aux autorités du Kenya, trente huit aux Seychelles, quarante huit au Yémen,

Les appels au calme d'Obama et de l'imam de New-York

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Rappel à l’ordre du président Obama, mise en garde de l’imam New-Yorkais Feisal Abdul Rauf, le douloureux anniversaire du 11-septembre a résonné des interventions solennelles de deux hommes,

l’un aux commandes du plus puissant paquebot du monde, l’autre à l’origine du projet le plus instrumentalisé du moment : la mosquée aux abords de Ground Zero.

L’Amérique du dogmatisme s’était donné le mot pour entacher cette neuvième commémoration d’une frénésie islamophobe, poussant le fanatisme jusqu’à faire planer le spectre de l’autodafé du Coran par l’intermédiaire d’un éphémère gourou digne de la pire téléréalité : Terry Jones. Un illuminé qui s’est cru prophète, régnant sur quelques ouailles dans une minuscule église du Texas, sorti de l’ombre pour mettre le feu aux poudres, mais à la manière d’un pétard mouillé, fort heureusement…

Face à ce bouillonnement ultranationaliste qui a hurlé son hostilité à la mosquée en gestation de New-York et aux américains musulmans, Barack Obama a pesé ses mots en martelant que les Etats-Unis ne seraient "jamais en guerre contre l’islam", ajoutant que : "Ce n’est pas une religion qui nous a attaqués en ce jour de septembre. C’était Al-Qaïda. Un groupe pitoyable d’hommes qui pervertissent la religion". De son côté, l’imam Feisal Abdul Rauf a appelé de ses vœux l’apaisement des esprits, tout en tirant la sonnette d’alarme sur la chaîne ABC. A ses yeux, renoncer à ériger la mosquée à quelques rues d’un lieu aujourd’hui sanctuarisé serait un repli très mal interprété dans le monde musulman, redoutant que « l’islamophobie atteigne, et peut-être même dépasse ce qui s’était produit juste après le 11-Septembre". Quelques semaines et une poignée d’exaltés en délire auront suffi pour faire d’un grand projet culturel, le Cordoba House, soutenu par la Ville de New-York, un chantier focalisant tous les regards, et notamment ceux très attentifs du « milliard de musulmans dans le monde » qui observent la « façon dont l’Amérique traite ses musulmans » a déclaré l’imam de New-York. Ce dernier a toutefois pondéré son inquiétude par une vraie source de satisfaction : la prospérité des musulmans Outre-Atlantique, une réalité bien tangible qui fait encore croire au rêve américain.

Un commerçant musulman victime de tags racistes, anti-halal

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D’un continent à l’autre, l’islamophobie est de loin le sentiment qui s’exporte le plus facilement de nos jours. Qu’ils brandissent des pancartes assassines à New-York, ou qu’ils délabrent des mosquées dans l’épaisseur de la nuit en France, les

mêmes activistes scandent ou badigeonnent les mêmes slogans extrémistes.

Samedi, à Strasbourg, c’est au tour d’un commerçant musulman, à la tête d’une société de distribution de viande halal, d’avoir été la cible de tags racistes, ainsi que l’a rapporté Abdelaziz Choukri, délégué général de la Grande Mosquée de Strasbourg.

Placardées sur sa camionnette réfrigérée qui stationnait devant chez lui, les inscriptions "Vive le Porc", "Nik le Halal", ou encore "Nike les Arabes", accompagnées de leurs fioritures habituelles - les inévitables croix gammées et autres croix celtiques – en disent suffisamment long sur la nature d’une attaque en règle qui vient allonger la longue liste des exactions islamophobes, à ce jour, impunies. Faut-il y voir la main, ou l’influence, du mouvement régionaliste d’extrême droite Alsace d’Abord, qui a décidé, la semaine dernière, de poursuivre Quick en justice pour "discrimination", suite à l’ouverture de son restaurant Spécial Halal dans le quartier Hautepierre, à Strasbourg ? A l’heure de toutes les conjectures, le commerçant, encore sous le choc, a porté plainte pour ces dégradations contre des fanatiques du gribouillage haineux, dangereux pollueurs de l’unité nationale. La capitale alsacienne qui, rappelons-le, fut le théâtre de deux expéditions islamophobes nocturnes en début d’année, visant la voiture d’un responsable musulman, puis la maison du maire socialiste de Strasbourg Roland Ries.

Des passions enchaînées

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Sur cette terre, celle des hommes, de la fureur au tumulte, du sang aux larmes, de la haine

au désespoir ; jamais ne semble se démentir ce qui fut dit : “Mettras-tu sur cette terre qui la corrompra et y fera couler le sang ? ”

Sur cette terre, la nôtre, du meurtre au pardon, de l’horreur à la pure beauté, de l’oppression à l’espérance ; jamais aussi ne semble se démentir ce que Dieu répondit : “Je sais ce dont vous n’avez science aucune.”

Que serait l’homme sans ses passions ; un Ange ? Mais ne les a-t-on vu s’interroger et interroger leur Seigneur puis servilement acquiescer !

D’où vient, de l’homme, ses sombres penchants ? De l’âme ; mais n’est-ce point Dieu qui l’insuffla !

Iblîs, de pure flamme créé, refusa, lui, de se prosterner.

L’homme serait-il tissé de plume et d’argile que le feu coule en ses veines.

Ni le questionnement philosophique, ni la recherche théologique n’ont d’impact sur l’objet de leur réflexion. L’un comme l’autre n’exprime que la capacité inhérente à l’homme de s’interroger lui-même. Le Coran, qui appelle du reste à l’étude par ces deux voies, n’est pourtant en rien un livre de philosophie ou un traité de théologie. Il ne donne pas les clefs de l’Insondable, n’appartiennent-elles pas qu’à Dieu !

Cependant il nous révèle les arcanes d’une religion simple, naturelle, l’Islam initial, directe expression de « ad-dînu-l-qayym », le lien primordial. Religion concrète conséquemment ; édifice solidement construit sur ses cinq piliers, maçonné à force de droiture, finement orné de scrupules moraux. Mais il ne possède ni toit, ni coupole ; il reste ouvert au firmament puisque du coeur même de la demeure s’élèvent par degré, m’ârij, les chemins de la voie unique, celle du retour à l’Unique.

Religion simple unissant dans le même amour le paysan et le philosophe, le commerçant et le mystique. A l’abreuvoir de Dieu l’eau est abondante, chacun selon sa soif, chacun selon sa retenue, à chacun son ivresse…

Simple ou complexe, l’homme, ne peut que posséder ou abandonner, et pour qui s’affronte à lui-même le Jeûne en est la voie royale. L’on aperçoit alors en perspective ce que le Prophète nous décrivit :

« Lorsque advient Ramadân, les portes du Paradis sont grandes ouvertes, celles de l’Enfer soigneusement fermées, et les diables solidement enchaînés. »

De ce hadîth les enseignements sont nombreux, nous ne pourrons donc en aborder que l’essentiel :

• « Lorsque advient Ramadân » ; Le jeûne est ici désigné par ce qui le représente, le mois de Ramadân. Nous avions vu que ce mois, comme chacun des cinq piliers, de par une grâce subtile de Dieu recélait un secret, c’est-à-dire un mode d’action propre : “…jeûnez car cela est ce qu’il y a de meilleur pour vous ; puissiez vous savoir ! ”

“ …Jeûnez…afin que vous puissiez proclamer la grandeur de Dieu…”

C’est donc le Jeûne, qu’il soit d’un mois ou d’un jour, qui libère l’homme de ses passions. Arraché à ses pesanteurs, le jeûneur voit en lui croître l’amour de Celui à qui il se soumet, l’expression de la crainte révérencielle, at-taqwâ, la véritable piété : “ Ô croyants, il vous a été prescrit le jeûne…Puissiez-vous atteindre ainsi la véritable piété.”

• « Les portes du Paradis sont grandes ouvertes » ; Cela ne signifie pas que pour qui meurt en Ramadân le Paradis soit offert. Mais, est ici indiqué que le jeûne, par le jihâd qu’il requiert, soumet l’âme contre elle-même, contre les forces centrifuges qui l’éloignent d’ordinaire du Paradis. Les portes du Paradis sont en nombre inconnu ou infini. Autant de possibilités d’y accéder, chacune d’entre-elles représente une qualité du croyant comme nous l’a par ailleurs enseigné le Prophète. Il est ainsi une porte des Gens de prière, une des Gens d’aumône, etc. : “Jardins d’Eden aux portes grandes ouvertes pour eux. ” La porte paradisiaque des jeûneurs se nomme Ar-Rayyân, nom signifiant « pleinement désaltérant » mais évoquant aussi « un parfum délicat et puissant ».

• « Les portes de l’Enfer sont soigneusement fermées » ; Il est à noter que les portes de l’Enfer sont au nombre de sept : “ Il a sept portes, à chaque porte une part d’entre eux est répartie” Ce nombre est logiquement restreint, Dieu en Miséricorde multipliant les voies d’accès au Paradis et réduisant les abords de la Géhenne. Or, de manière étonnante, lorsque l’on étudie l’ensemble des hadîths authentifiés traitant du jeûne de Ramadân, l’on relève sept penchants, sept défauts, qui annulent le bénéfice du jeûne ; Jeûner est donc lutter, jahada, contre ces sept passions, ses sept passions, et fermer, une à une, les sept portes de l’Enfer. L’on note :

L’insouciance.

L’ostentation.

La voracité.

La concupiscence charnelle.

L’avarice.

La grossièreté.

Le mensonge.

Nous ne pouvons qu’être frappés par la quasi similitude d’avec les « Sept péchés capitaux » définitivement établis par Thomas d’Aquin au XIIIème siècle. Par péchés capitaux l’on entend les vices considérés comme étant à l’origine de tous les autres ; capita c’est la « tête », exactement comme l’on dit en arabe « al umm » dans « Umm al khabâ’ith », « la mère de tous les vices ».

Ainsi par exemple :

L’insouciance ; est ici celle d’une préoccupation religieuse ou spirituelle. En découlent la négligence puis l’oubli, l’abandon puis le déni. L’incroyance en est la conséquence.

L’ostentation est l’ennemi du vertueux. Elle annule le bénéfice de toutes les bonnes actions, de toutes les pratiques religieuses. Elle corrompt l’intention et détruit l’âme. Elle obscurcit toute lumière.

La voracité ;celle que combat directement le jeûne, n’est quant à la nourriture qu’un symbole. Il s’agit ensuite de l’appétit immodéré des biens de ce monde. Qui cède à cet appel recherchera toujours plus de jouissance. Il deviendra l’esclave de son désir, il ne possédera pas sans être possédé.

La concupiscence charnelle ; autre instinct qui doit être maîtrisé, la pulsion est ici mortelle. L’homme ou la femme y sont éprouvés ; les péchés engendrés sont en grand nombre, de la salissure au crime.

-   L’avarice ; elle prive l’homme du bénéfice des bienfaits que Dieu lui avait octroyé. Elle pourrit tout ce qu’il possède, elle entraîne l’envie, la fraude, le vol. La vie est alors comme une terre non ensemencée.

La grossièreté, c’est l’indécence. La pudeur est une qualité inhérente mais, comme toutes les fleurs, fragile. Qui habitue ainsi sa langue au mal, flétrit son cœur, et ternit son âme. Le laid lui devient beau, il acceptera puis justifiera le mal.

Le mensonge ; est de tous le pire. Il autorise à lui seul, en les justifiant, tous les actes mauvais et toutes les conséquences découlant des six autres passions.

Ce sont donc bien là les sept tendances ou états qui conduisent à tous les maux, les sept portes de l’Enfer, les sept passions que le Jeûne exige que nous maîtrisions. Autant de degrés pour le cheminant.

• « Les Diables solidement enchaînés ». Au delà de l’image, apparaît donc la vraie nature du combat. Ce ne sont point les diables qui sont enchaînés, mais le jeûneur qui doit enchaîner ses passions. Il nous faut lutter contre ses “pulsions” par l’abstinence et l’abstention et, dès lors, nos passions maîtrisées, les portes de l’Enfer se ferment, laissant ainsi la voie ouverte vers celles du Paradis. Tel est le secret du jeûne, le secret de Ramadân, seigneur du Jeûne.

Il y a ainsi une communauté évidente entre les « passions » et les « shayâtîn », terme du hadîth que nous avons traduit par « diables ».

Le mot « shaytân », que la proximité étymologique oblige à traduire par « Satan », est généralement considéré par les exégètes classiques comme un nom dérivant de la racine arabe « shatana » qui, outre les notions d’éloignement, d’enfoncement, indique aussi conjointement le fait d’attacher avec un lien et de vouloir détourner l’autre de ses projets. Nous retrouvons là l’idée principale de la fonction de Satan. Son rôle présuppose en effet que l’homme accepte ce lien, ce pacte. Satan est celui qui veut détourner mais c’est l’homme qui en réalité se détourne [de Dieu]. Du fait que la position de l’homme est par nature instable, s’il ne s’éloigne pas de Satan il s’en rapproche. S’il se tourne vers Dieu, il s’éloigne de Satan.

Conformément au dogme de l’unicité de Dieu, «  tawhîd », Shaytân n’a aucun pouvoir réel et il ne peut exercer son influence que si l’homme le lui concède. Ainsi lisons nous les versets suivants où Shaytân, s’adressant à Dieu, dit : “ Il en sera ainsi ; c’est de par Ta Toute-Puissance que je les ferais se fourvoyer tous , sauf ceux de Tes serviteurs restés purs.” S38.V82-83.

On le constate, seule la Toute-Puissance de Dieu, c’est-à-dire Sa volonté agissante, est cause efficiente. Iblîs, ou plus exactement en ces versets son représentant métonymique sur Terre, Shaytân, ne possède aucune autonomie, aucun pouvoir. “Car ce dernier n’a aucune emprise sur les croyants qui placent leur confiance en leur Seigneur.”S16.V99.

 

Dans le Coran, à la différence de Iblîs, Satan ne parle pas, il susurre, il insuffle, il insinue, etc. Ces verbes pourraient sembler indiquer que ces mécanismes sont extérieurs à l’homme, comme l’on glisse à l’oreille de quelqu’un un mauvais conseil. Mais, en réalité, le siège de ce phénomène est en l’intime de l’être, en son for intérieur, en son sein, ce que le Coran nomme la poitrine des hommes, « sudûru-n-nâs » : “Dis : Je me réfugie en le Seigneur des hommes…contre le Chuchoteur, le Sournois, celui qui susurre en la poitrine des hommes…” S114.V1-5.

 

Si Satan avait la capacité d’influencer tous les êtres humains, il faudrait pour cela qu’il soit omnipotent et omniprésent. Or, ceci ne peut être, de tels attributs n’appartiennent qu’à Dieu seul, l’Omnipotent, l’Omniprésent.

En conséquence il est dit : “ Nous avons créé l’homme et savons parfaitement ce que son âme lui susurre et Nous sommes plus proche de lui que ne l’est sa propre veine jugulaire. ” S50.V16. Cet âme dont il est dit : “…Certes l’âme est instigatrice du mal… » S12.V53. Celle qui pousse au pire : “ Son âme lui suggéra de tuer son frère et il le fit…” S5.V30. Celle qui est la source des passions : “…Ils ne suivent que les supputations et les passions de l’âme…” S53.V23. Celle qui trompe les hommes : “…Non, bien au contraire, ce sont vos âmes qui vous ont séduit trompeusement… ” S12.V83.

Inciter, suggérer, susurrer, séduire, passions, mal, égarement, ne sont-ce point là les qualificatifs attribués à Satan ! Telle est la nature réelle de ce Satan, nos « démons intérieurs », notre âme en ses penchants, l’âme des passions.

C’est donc sous cet aspect que prend sens le pluriel de Shaytân, « shayâtîn », les « diables », qui n’en représentent en rien la multiplication mais désigne, de fait, les passions de l’âme. Iblîs face à Adam et Eve au niveau prototypique, Satan et l’Homme au niveau symbolique, les « diables », les « shayâtîns », au niveau fonctionnel : “ Et dis : Seigneur je me réfugie en Toi contre les suggestions des « diables » et je me réfugie en Toi, Seigneur, contre leur présence.” S23.V96-98. Les shayâtin désignent ainsi nos « démons personnels », nos passions, c’est en se sens qu’il faut entendre la signification de leur « présence ».

Pour enchaîner ses passions il faudra donc abandonner son moi et, à cette fin, s’en remettre totalement à Dieu.

Cet abandon est de deux ordres : Pratiquement, c’est être disposé à mettre en œuvre la totalité des injonctions et recommandations divines, c’est-à-dire le Coran. Spirituellement, il s’agit de reconnaître la suprématie et la primauté de Dieu en Sa création, l’illusion de toute volonté propre.

Du fait d’une grâce toute particulière attribuée par Dieu à Ramadân, la démarche est facilitée. S’ouvrent en nous les portes de notre âme croyante et se referment celles de notre impiété. Par pur amour de Dieu nous renonçons aux plaisirs, offrant ainsi en sacrifice à l’autel de la réussite spirituelle les pauvres diables de nos passions enchaînées

• Ainsi donc ce hadîth : « Lorsque advient Ramadân, les portes du Paradis sont grandes ouvertes, celles de l’Enfer soigneusement fermées, et les diables solidement enchaînés. » nous offrait les conclusions avant les prémisses. Il doit être compris dans l’ordre inverse de son énoncé, à savoir : pour quiconque par le Jeûne domine ses passions, et notamment les sept capitales, se ferment alors autant d’accès à l’Enfer et s’ouvrent à lui les portes du Paradis.

Conclusion :

Ceci doit nous interroger aussi pour l’après Ramadân. Le Jeûne de Ramadân est une école de comportement qui, en réalité, ne prend sa totale signification que dès lors que nous saurons en tirer des bénéfices stables. Par la suite, en notre quotidien, nous devrons continuer à exiger de nous-mêmes la même discipline, celle de la droiture et de la véracité, le combat contre l’âme, contre les passions qui nous poussent. Ce n’est point Dieu qui, passée cette trêve bénite, libérera les diables de nos passions, ouvrira les portes de l’Enfer et fermera celles du Paradis ; mais bien nous-mêmes, seuls face à la dualité de nos âmes.

 

“ Connaîtra le bonheur qui a purifié son âme.”

Dr Al Ajamî.

Que me soit donné l’occasion de souhaiter à toutes et à tous une Aïd fraternelle.

Que Dieu agrée notre jeûne et nos prières.

Qu’Il couvre nos fautes de sa mansuétude.

Qu’Il étende sur nous l’aile immense de Sa Miséricorde.

Qu’Il affermisse nos pas en sa voie.

Qu’Il nous protège en les difficultés de nos parcours.

Qu’Il soit notre unique soutien et notre unique recours.

Qu’il nous permette de triompher de nous-mêmes

Seigneur, nulle lumière qui de Toi ne provienne.

Seigneur, éclaire de Ta Lumière nos cœurs et les cœurs du monde.


Le Coran pour la paix : ce que l'on peut faire

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Je suis un homme de foi. J’ai été pasteur pendant vingt-cinq ans au sein de l’église méthodiste unie. C’est de ce profond engagement aux principes de ma foi que je sens la nécessité de

faire quelque chose – n’importe quoi – face au crime haineux qu’une église chrétienne, Dove World Outreach Center, s’apprête à commettre à Gainsville, en Floride, le 11 septembre 2010.

Bien que les autorités de Gainsville n’aient pas accordé l’autorisation pour l’événement, affirmant que l’organisation d’autodafés sur la place publique ne sont pas autorisés dans la ville, le pasteur Terry Jones a promis de brûler des exemplaires du Coran sur le parking de son église lors du neuvième anniversaire des attentats du 11 septembre.

Que puis-je faire pour m’opposer à tant de haine et d’ignorance ?

Je pense que toute action engendre une réaction égale et contraire et que les actions de haine, l’intolérance et l’ignorance créent un modèle cyclique en constante progression de plus de haine, d’intolérance et d’ignorance. J’ai donc cherché une autre voie, une réponse qui soit plus proche de l’amour et de la grâce qu’incarne le fondateur de ma religion, Jésus Christ, le Prince de la paix.

Quel acte symbolique puis-je choisir qui puisse contribuer à pulvériser la haine représentée par la destruction par le feu du Coran et à promouvoir la paix et la compréhension à travers les traditions religieuses ?

J’ai décidé que le 11 septembre prochain, pour chaque Coran que l’église (mentionnée plus haut) brûlera au nom de Dieu, je distribuerai un Coran dans une église se trouvant sur le territoire américain pour qu’il y soit ajouté à la bibliothèque de ladite église. Car il semble, à cette époque importante de l’histoire, que je ne puisse lutter contre cette haine qu’à travers des actes d’amour et de paix .

La désinformation concernant l’islam et la cueillette de cerises des versets coraniques hors contexte est devenu une tendance / mode/ gênante aux Etats-Unis. Internet est utilisé pour propager, sur une large échelle, des mensonges, des demi-vérités et des aberrations qui sont insultants/injurieux/, des messages de propagande antimusulmans et anti islam remplis de haine. Il faut y répondre / les neutraliser par des messages de vérité qui conduiront à la paix et à la justice. L’islamophobie peut mieux être traitée grâce à une plus grande connaissance et à une plus grande compréhension du Coran.

Que peut-on faire ? Je vous encourage à acheter un exemplaire du Coran et à en faire don à votre église ou lieu de culte. Si nous ne pouvons pas accroître la tolérance à l’intérieur des Etats-Unis et dans notre monde, je crains qu’un avenir très violent ne nous guette.

Le 11 septembre 2010, en réaction à la destruction par le feu du Saint Coran, je choisirai – en tant que pasteur – de semer l’amour et la tolérance en distribuant des exemplaires du Coran aux églises locales où les ouvrages ne risquent pas d’être seulement un geste symbolique de paix et de tolérance religieuse mais où ils pourront être lus pour mieux comprendre que, tout comme la chrétienté, l’islam est une religion complexe, subtile et dynamique qui puise ses origines dans la clémence, la justice et la paix.

Alors que ferez-vous ?

En partenariat avec le CGNews