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Le soldat qui a exécuté un palestinien au sol est franco-israélien et se nomme Elor Azria

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Que compte faire François Hollande à propos de ce citoyen français qui sert dans l'armée d'occupation israélienne et dont le crime a été filmé ? La question est très grave et nous attendons de voir quels politiques vont enfin la poser... sans recevoir des menaces de mort !
Le soldat qui a exécuté un palestinien au sol est franco-israélien et se nomme Elor Azria Pour revoir l’exécution d’un Palestinien, la semaine dernière à Hébron, en Palestine occupée, et la manière dont il a été achevé alors qu’il gisait à terre blessé et ne présentait aucun danger :
http://fdebranche.com/2016/03/28/le-soldat-qui-a-execute-un-palestinien-au-sol-est-franco-israelien-et-se-nomme-elor-azria/
Et que l’on ne vienne pas nous dire que la "justice israélienne" se charge de régler la question !
D’une part, on sait ce que vaut cette fameuse justice, et d’autre part, il est scandaleux que le gouvernement français laisse des Français servir dans une armée d’occupation qui commet des crimes tous les jours, et dont les violations du droit international et des droits de l’homme sont abondamment dénoncées, y compris par les Nations-Unies et par les organisations israéliennes de défense des droits de l’Homme.
En encourageant des Français à aller commettre de tels crimes, le gouvernement français se rend directement responsable de tous les actes de terrorisme de ces Français, comme de toutes les retombées qu’ils peuvent avoir en France.
Signez et faites signer la pétition : http://nonauxfrancaisdanslarmeeisraelienne.wesign.it/fr
Et écrivez au président de la République pour lui demander quelle réponse il compte apporter en urgence à cette situation scandaleuse, ainsi qu’aux menaces de mort reçues par la sénatrice Nathalie Goulet, après qu’elle ait dénoncé les déductions fiscales accordées aux Français qui font des dons au profit de l’armée israéliennes :
Monsieur le Président de La République
Palais de l’Elysée
55, rue Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris
CAPJPO-EuroPalestine

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Forces israéliennes au camp d'Aida - "Nous vous gazerons jusqu'à la mort de tous" (vidéo)

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Forces israéliennes au camp d'Aida - BETHLEHEM, territoires palestiniens occupés -
Yazan Ikhlayel, 17 ans, se trouvait dans un centre communautaire du camp de réfugiés d’Aida à Bethléem lorsque les forces israéliennes ont pris le camp d’assaut. Ikhlayel s’est servi de son iPhone pour filmer les jeeps israéliennes qui roulaient sur l’une des routes principales du camp en lançant des gaz lacrymogènes, quand un soldat s’est mis à parler aux résidents dans un des haut-parleurs de la jeep.
« Habitants du camp de réfugiés d’Aida, nous sommes l’armée d’occupation ! Si vous jetez des pierres, nous allons lancer sur vous du gaz jusqu’à ce que vous mouriez tous autant que vous êtes, jeunes, enfants, vieillards. Vous allez tous mourir ! »
Le soldat a continué à lancer en arabique toutes sortes de menaces et d’insultes à la population du camp d’Aïda. Mais, selon Ikhlayel, c’est la première phrase qui a vraiment choqué les gens.
« Pour moi, le plus important est que cette vidéo fasse comprendre aux gens ce qu’est vraiment la « démocratie israélienne » a dit Ikhlayel à Middle East Eye.
« Ils l’ont reconnu clairement, ils ont dit qu’ils nous occupaient, ils ont dit : « Nous sommes l’armée d’occupation ». C’est bien la preuve que ce pays est un pays d’apartheid, et pas du tout une démocratie ». « C’est la première fois que je les entends dire quelque chose comme ça, au haut-parleur, pour que tout le monde l’entende, » a continué Ikhlayel.
« Les jeunes n’acceptent pas ce que font les soldats, surtout maintenant. Ils sortent dans les rues [pour protester] tous les jours, et ils ne s’arrêteront pas. Ils n’ont pas peur d’eux. Lorsque nous lui avons demandé s’il pensait que le message du soldat allait suffisamment effrayer les jeunes pour qu’ils arrêtent de manifester, Ikhlayel a secoué catégoriquement la tête.« Ils continueront tant que l’occupation durera, » a-t-il affirmé.
Mohammed al-Azza est un journaliste indépendant du camp de réfugiés d’Aida. Il était dans les rues en train de prendre des photos pendant le raid de jeudi sur le camp.
« Ce qui est arrivé aujourd’hui n’est pas normal. Ils ont attaqué le camp d’une manière démente. Il y avait des manifestants dans les rues, oui, mais le but des soldats n’était pas de lancer des gaz lacrymogènes sur les enfants qui
manifestaient », a déclaré al-Azza.
Ce qu’ils voulaient, aujourd’hui, c’était faire du mal aux habitants du camp, ce n’était pas d’essayer d’arrêter les manifestants qui étaient dans les rues. »
Selon Al-Azza, les forces israéliennes essayent de pousser la population entière à faire pression sur les jeunes pour qu’ils arrêtent de protester, ce qui leur éviterait de jouer au chat et à la souris avec les jeunes manifestants comme ils sont obligés de le faire tous les jours depuis le 2 octobre.
« Cela faisait longtemps que nous n’avions pas vu les soldats utiliser un haut-parleur comme ça », a déclaré al-Azza.
« Mais c’est l’expression qu’ils ont employés qui nous a vraiment surpris – généralement ils (les Forces de défense israéliennes) n’utilisent pas l’expression « Forces d’occupation israéliennes » comme nous le faisons ; mais c’est une bonne chose que nous, et les gens extérieurs au pays ayons pu entendre cela. Cette fois, ils nous l’ont dit : « Nous sommes l’occupation. »
Al-Azza espère que beaucoup de monde va regarder la vidéo et se rendre compte de ce qu’est le quotidien des Palestiniens sous occupation militaire.
« Habituellement, quand nous parlons de la Palestine, nous racontons aux étrangers ce que les Israéliens ont fait, mais c’est généralement après coup, cette fois les gens vont entendre de la bouche des soldats israéliens eux-mêmes ce qu’ils veulent nous faire. Ils ont dit clairement : « Nous allons vous tuer et nous allons vous faire telle et telle chose ». Il est très important que les internationaux puissent entendre ce genre de choses que nous, nous entendons tout le temps. »
Mohammed al-Azza - Photo : MEE/Abed al-Qais
Akkram Huessni et une poignée de ses amis portaient des masques à gaz, pour circuler dans le camp de réfugiés d’Aida et aider les gens à s’enfuir quand les soldats se sont mis à parler dans le haut-parleur. Huessni n’en croit toujours pas ses oreilles :
« Ce soir, tout le monde en parle dans le camp ; ici, on ne parle que de ce que les soldats [israéliens] ont dit et de ce qu’ils ont fait », a déclaré Huessni.
« Cela a été un vrai choc, j’ai encore du mal à en croire mes oreilles, et tout le monde dans le camp a ressenti la même chose que moi. Nous sommes vraiment très surpris, non pas qu’ils aient dit ça, mais qu’ils l’aient dit haut et fort en public », dit Huessni.
« Mais ce qui est vraiment effrayant, c’est qu’ils ne se contentent pas de le dire - nous les avons vu aujourd’hui et nous croyons qu’ils sont sincères : ils veulent vraiment tuer les habitants du camp. »
Huessni dit que lui et ses amis ont sauvé jeudi des dizaines de personnes qui étaient piégées dans des nuages ​​de gaz. À certains moments, tout ce qu’il pouvait voir, autour de lui, c’était du blanc, dit-il.
« Aujourd’hui, c’est le premier jour où nous avons vraiment compris qu’il nous fallait nous organiser pour avoir des gens sur le terrain dans chaque quartier du camp pour s’assurer que tout le monde est en sécurité. Ils lançaient du gaz directement à l’intérieur ses maisons. Un bébé de deux mois a été atteint par le gaz, il est à l’hôpital maintenant avec ses parents », a déclaré Huessni.
« Tout cela est très choquant, oui, ce que les soldats ont dit est insensé, mais ce qu’ils font l’est tout autant - nous sommes vraiment convaincus que, dans cette vidéo, ils ne parlent pas à la légère.
Akkram Huessni - Photo : MEE/Abed al-Qaisi
Middle East Eye -
Traduction : Info-Palestine.eu - Dominique Muselet


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Le conflit israélo-palestinien est la cause «cachée» du djihadisme international !

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Dans l'Orient mystique, berceau de tous les ésotérismes historiques, un redoutable nihilisme est né. Et à l'instar de l’ésotérisme juif qui devança son messie en Palestine, ou l’ésotérisme chiite qui, avec wilayet faqih de Khomeiny, a hâté la venue de son imam absent, le djihadisme international tient le drame palestinien pour « cause cachée » autour de laquelle il fédère au-delà les nationalismes, les idéologies et les continents.
Le conflit israélo-palestinien est la cause «cachée» du djihadisme international ! Le principe du «tiers exclu» est un concept philosophique, longtemps évoqué par les philosophes, les vrais. Le Grec Parménide est l'un des premiers qui ont su si bien le résumer en une phrase «Il est absolument ou il n’est pas».
Autrement dit, une assertion ou son contraire sont toujours vrais. Le grand Hilbert en dira plus tard qu'il est l'arme suprême du mathématicien, au même niveau que le poing pour le boxeur ou le télescope pour l'astronome.
Autant dire que, pour cerner une vérité, quelque soit sa nature, on ne peut faire l’économie de deux options radicalement antinomiques. D’où la légendaire nuance par laquelle les philosophes, les vrais, se sont rendus célèbres.
En fait au brillant «tiers exclu» d'antan s'est succédé aujourd’hui une pseudo pensée d'exclusion médiocrement néfaste que l'on peut résumer par le «second exclu». Et ce second-là est bien typé et toujours le même.
N’empêche que notre monde n'a jamais été aussi complexe qu'il est aujourd’hui. Et cette complexité exige de tous un effort considérable tant intellectuellement que moralement. Intellectuellement surtout en creusant davantage les causes, les implications et les conséquences tout en réfutant les simplismes et les fausses évidences.
Ainsi avec un peu de clarté on se rendra vite compte que les multiples terrorismes à connotation islamique ne sont que les paravents d'une multitude de causes diverses et disparates.
Variant, certes, du social au politique en passant par le religieux au culturel, ou du stratégique à l'historique sans oublier l’évolution naturelle propre aux sociétés et leur inévitable lutte des classes.
Et bien que se joignant par endroit et divergeant par autre, ces causes ont toutes cependant un facteur exacerbant commun.
Et ce facteur-ci n'est rien d'autre que le combat du peuple palestinien qui, sur plus d'un demi siècle, se débat pour recouvrer ses légitimes droits. Rien d’étonnant donc que les grandes figures de ce djihadisme international soient d'origine palestinienne.
D'Abdallah Azzam [1], le mentor et chef spirituel de Ben Laden, et donc d'Alqaida, jusqu'à Abu Muhammad al-Maqdisi [2], le cheikh d'Abou Moussab Zarqawi, et donc de l’État islamique, ces grands chefs palestiniens de l'islamisme militant ont toujours tiré avantage de la capacité de mobilisation et de fédéralisme supranationaux que, seule, la cause palestinienne peut susciter dans le monde arabe ou musulman.
Dès-lors dans cet Orient mystique, carrefour de tous les ésotérismes historiques, un redoutable nihilisme est né.
A l'instar de l’ésotérisme juif qui devança son messie en Palestine, ou l’ésotérisme chiite qui, avec wilayet faqih de Khomeiny, a hâté la venue de son imam absent, le djihadisme international tient le drame palestinien pour « cause cachée » autour de laquelle il fédère au-delà les nationalismes, les idéologies et les continents.
D'une part, juridiquement, en s'appuyant sur les avis religieux d'Ibn Taymiyah [3] bien que jugés pour certains obtus ou permissifs car produits d'un contexte de guerre et d'invasions mongoles [4] somme toute assez comparable à celui vécu durant le siècle passé par le peuple palestinien.
Ensuite, géo-strategiquement, avec les rôles néfastes des amis d’Israël dans la destruction de la région.
Ce sont en effet les néoconservateurs américains, motivés uniquement par leurs injonctions sionistes, qui, par la destruction de l'Irak, ont fait de la région le terreau fertile de tous les groupuscules extrémistes.
Sans oublier que toutes les lignes rouges ont été franchies en Syrie sans que la communauté internationale se décide à y mettre fin, eu égard une fois encore des seuls intérêts de l’État hébreu.
De ce fait on voit clairement l'influence du conflit israélo-palestinien sur tout ce qui passe autour. Et même ailleurs. Voir qui tient par exemple le fer de lance de l'islamophobie et son inévitable corollaire de guerre civile en France et en Europe.
Aujourd’hui l’état de la paix mondiale est compromis. Tant entre peuples, États qu'entre civilisations. Et tant que ses causes perdurent, ce triste constat ne peut qu'aller en s’aggravant. D’où l'urgence de combiner les efforts afin de désamorcer, dans l’intérêt de tous, ce grave choc annoncé.
[1]http://www.jeuneafrique.com/118984/archives-thematique/abdallah-azzam-le-mentor/
[2]http://www.theguardian.com/world/2015/jun/10/how-isis-crippled-al-qaida
[3]http://www.muslimphilosophy.com/it/works/ITA%20Texspi%2011.pdf
[4]http://www.lesclesdumoyenorient.com/La-chute-de-Bagdad-entre.html

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Israël veut faire du ghetto de Gaza sa colonie pénitentiaire

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Israël veut faire du ghetto de Gaza sa colonie pénitentiaire
En expulsant les Palestiniens à Gaza, Israël admettrait officiellement, pour la première fois, que la bande assiégée est une prison, la plus grande au monde.
 
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Des Palestiniens de Gaza lisent des livres au cours d’une manifestation appelée « Gaza lit » contre les violations israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem, le 3 mars 2016 - Photo : AA
À une heure de route de Tel Aviv : un ghetto. Peut-être le plus grand ghetto au monde, avec une population d’environ deux millions de personnes. Selon les derniers chiffres de Gisha, centre juridique pour la liberté de circulation (une ONG israélienne), le chômage à Gaza atteint 43 % ; 70 % des habitants de Gaza ont besoin d’aide humanitaire ; 57 % vivent dans l’ombre de l’insécurité alimentaire.
Et puis il y a le rapport inquiétant de l’ONU datant d’août 2015 et intitulé « Gaza en 2020 : un lieu vivable ? ». D’ici là, les dommages causés aux infrastructures hydrauliques seront irréversibles et, déjà aujourd’hui, l’eau est imbuvable.
PNB par habitant : 1 161 euros, inférieur à celui d’il y a 25 ans, et peut-être le seul PNB au monde qui ne cesse de baisser. Il faudra 1 000 médecins et 2 000 infirmiers supplémentaires dans le système de santé qui est assiégé et qui s’effondre : d’où viendront-ils ?
De la faculté de santé al-Nuseirat ? Des élèves qui partent à l’étranger pour étudier à Harvard ? L’Égypte a resserré les restrictions de sortie et d’entrée à Rafah ; le monde ignore ses obligations envers Gaza, et Israël exploite les deux – l’intransigeance de l’Égypte et l’indifférence du monde – afin de poursuivre son siège de Gaza, en tandem avec le siège égyptien de Gaza dont Israël retire un encouragement et une légitimité.
Trois heures d’électricité par jour. Parfois six. Sous la pluie et dans le froid, ou sous la chaleur : hiver comme été. Ensuite, douze heures ou plus sans électricité, jusqu’au trois (ou six) prochaines heures. Tous les jours. Près de deux millions de personnes. Dont un million de réfugiés ou d’enfants de réfugiés, en conséquence directe ou indirecte des actions d’Israël.
Près d’un million d’enfants. Peu de gens peuvent imaginer cela. Peu d’Israéliens en ressentent une quelconque culpabilité. Peu d’Israéliens semblent s’en soucier le moins du monde. Le Hamas, vous savez.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a aujourd’hui une idée originale : dans cet endroit maudit, il veut bannir les familles des auteurs d’attaques au couteau ou à la voiture-bélier des derniers mois.
Désormais, toute fille ou tout garçon avec un couteau ou une paire de ciseaux ne sera plus seulement exécuté sur place, comme cela est arrivé dernièrement, que cela ait été nécessaire ou non ; à partir de maintenant, leurs familles seront punies elles-aussi. Elles payeront.
Netanyahou a déjà consulté son nouveau procureur général, Avichai Mandelblit, pour un avis officiel : si ce dernier le permet, c’est très bien du point de vue de Netanyahou. S’il refuse, Netanyahou peut toujours accuser encore une fois le système judiciaire israélien de l’empêcher de défendre les citoyens de la nation contre le terrorisme. Il gagne sur toute la ligne.
L’opinion publique israélienne soutient largement les idées folles de Netanyahou : la plupart des Israéliens soutiennent toutes les sanctions draconiennes qu’il invente contre les « terroristes » et leurs familles. La sanction collective est contraire au droit international ? Israël obtient un passe-droit. Israël n’accorde aucune considération au droit international, un instrument important et juste, mais, pour Israël, hors de propos.
En principe, une question revêt beaucoup plus d’importance que la démagogie de Netanyahou, alors qu’il a tenté par tous les moyens et à tout prix ces derniers mois de satisfaire l’extrême droite dans un climat d’intense ultranationalisme. Netanyahou sait que les services de sécurité d’Israël n’ont aucun moyen de contrer les attaques perpétrées par des loups solitaires dans cette dernière manifestation de la rébellion contre l’occupation.
Tsahal et le Shin Bet lui disent qu’en matière d’assaillants isolés, qui sont pour la plupart très jeunes, qu’aucune infrastructure logistique ou militaire ne soutient, et en l’absence d’implication d’un quelconque mouvement politique ou d’une quelconque organisation dans leurs attaques principalement spontanées et non planifiées, la grande et forte armée d’Israël n’a aucun moyen de réagir. Aucun moyen de renseignement pour prévenir ou contrecarrer ces attaques. Et les armes technologiques sophistiquées d’Israël n’aideront pas, ni son armée d’informateurs palestiniens, ni l’avion furtif américain ou les sous-marins allemands.
Aucune armée au monde n’a quoi que ce soit pour contrer l’adolescente avec des ciseaux et l’adolescent avec un couteau de cuisine qui se lèvent un matin et décident d’aller commettre une attaque. Il n’y a pas de solution militaire à près de 50 ans de désespoir. Mais Netanyahou doit toujours montrer qu’il « fait quelque chose », ce que veut le public israélien, et qu’il ne reste pas assis là à se lamenter des attaques quotidiennes ou quasi-quotidiennes, lesquelles ne montrent aucun signe quelconque de déclin ou de fin, alors même que la plupart d’entre elles aboutissent à la mort de leurs auteurs et à des pertes relativement faibles du côté israélien.
Donc, une fois de plus, dégainons cette riposte éculée consistant à raser les maisons des familles des auteurs d’attaques. Selon B’Tselem, Israël a déjà démoli ou scellé 31 de ces maisons depuis le début du mois d’octobre 2015. Parmi celles-ci, 14 étaient en fait les maisons des voisins, détruites en même temps que celles des familles des auteurs des attaques, mais encore une fois, tout le monde en Israël s’en moque.
Avec l’imprimatur du système judiciaire israélien, il existe une sanction collective pour tout. Certains, mais pas tous, experts en sécurité affirment que cela a un effet dissuasif sur les terroristes, mais tout au long des intifadas, cette assertion n’a jamais été prouvée. Au contraire, quiconque connaît l’atmosphère palestinienne sait que les démolitions de maisons ont en fait motivé un nombre croissant de jeunes à commettre des attaques, comme vengeance. Lorsque quelqu’un est prêt à payer de sa vie, quand son désespoir est si profond, penser à la démolition de la maison de sa famille ne le dissuadera pas.
Pendant ce temps, la rage intensifie seulement parmi les ruines des maisons détruites. Il y a quelques jours, je me suis rendu dans deux maisons détruites, appartenant aux familles des assaillants dans le village de Dura, au sud d’Hébron. Dix-neuf personnes sont devenues sans abri après la démolition des maisons des familles Harub et Masalma.
Flânant dans les ruines, Haqqi Harub (3 ans), frère cadet de Mohammed Harub, un Palestinien de 22 ans qui a tué deux Israéliens dans une fusillade à la jonction de Gush Etzion en Cisjordanie et a été arrêté par les forces israéliennes. « Je veux tuer un soldat juif », m’a dit l’enfant. Lorsque je lui ai demandé pourquoi, il m’a répondu : « Parce qu’ils ont détruit ma maison. » Haqqi, dont le nom en arabe signifie « c’est mon droit », n’oubliera jamais les ruines de sa maison. Il va grandir sur ce souvenir.
Aujourd’hui, Netanyahou veut être plus sévère avec les familles et les expulser à Gaza. Netanyahou ne sera pas le premier Premier ministre israélien à prendre cette mesure. Au cours de la première et deuxième Intifada, Israël a expulsé des activistes palestiniens en Jordanie, au Liban, à Gaza et dans d’autres pays. La plus grande expulsion s’est en fait déroulée sous le gouvernement de Yitzhak Rabin.
Le 17 décembre 1992, après l’enlèvement et l’assassinat d’un policier aux frontières israélien, Rabin a ordonné l’expulsion de pas moins de 415 militants du Hamas et du Jihad islamique au Liban. Le système judiciaire israélien n’a pas soutenu unanimement cette mesure extrême qu’il a jugée illégale, mais après un appel des expulsés, la Cour suprême l’a autorisée et les 415 militants ont été expulsés vers le Liban. Là, à Marj al-Zouhour, sur une montagne libanaise glacée et sous des températures inférieures à zéro, ont évolué les responsables du Hamas qui dirigent l’organisation à ce jour. Ainsi, non seulement problématique d’un point de vue juridique, l’expulsion n’a par ailleurs jamais fait ses preuves du point de vue des intérêts d’Israël. Il est très peu probable que cette mesure ait ne serait-ce qu’affaibli le terrorisme.
Cependant, Netanyahou veut franchir un pas de plus ou, disons plutôt, faire un autre pas en arrière. Nous ne parlons pas ici de terroristes, mais de leurs familles, qui ne sont pas elles-mêmes soupçonnées d’actes répréhensibles. Si le système judiciaire d’Israël permet que cela se produise – et ce dernier passe généralement tous les caprices des services de sécurité –, les familles (y compris les parents âgés, les femmes et les enfants) de ceux qui s’en sont pris aux Israéliens seront déracinées et expulsées vers Gaza.
En vertu de toute norme judiciaire juste, bien sûr, ce mini-transfert ne pourrait pas résister à un examen. Il viole toute notion de justice naturelle. Il déracinerait des gens innocents de leurs maisons, de leurs communautés, de leurs moyens de subsistance et de leurs racines et transformerait certains d’entre eux en réfugiés pour la deuxième ou la troisième fois dans l’histoire de leur famille.
En outre, cette expulsion n’apportera rien au combat contre le terrorisme. Comme d’autres mesures similaires, celle-ci est principalement destinée aux Israéliens : montrer au public israélien qui a soif de vengeance que son gouvernement punit, par la vengeance. Cette mesure n’a pas d’autre but. Elle pourrait facilement se transformer en option qu’Israël invoquera de manière réitérée, sans retenue.
Soit dit en passant, il y a autre chose dans tout cela qui mérite notre attention : Israël admettrait ainsi officiellement, pour la première fois, que Gaza est une prison, la plus grande au monde, bien sûr. Envoyer les familles des auteurs d’attaques à Gaza est présenté comme une punition et le choix de Gaza comme une colonie pénitentiaire d’Israël, sa propre île du Diable, constitue aussi l’aveu que Gaza est considérée comme un camp de prisonniers, une immense cage en plein air. Israël, tout en affirmant que l’occupation de Gaza est terminée, prouve que cette prison reste une prison, tandis que ses gardes ont simplement préféré aller à l’extérieur et monter la garde de là.
Haqqi Harub erre maintenant en état de choc parmi les ruines de sa maison à Dura dans les collines du sud d’Hébron. Quand je suis allé là-bas, parmi les débris, son père lui a donné un shekel pour acheter des bonbons, comme pour aider l’enfant à oublier sa colère et sa frustration devant l’Israélien nouvellement arrivé.
Si cela ne tenait qu’à Benjamin Netanyahou, Israël ne se contenterait pas de la démolition de la maison familiale du petit Haqqi : il l’enverrait à Gaza, quel que soit le sort qui l’attendrait là-bas, totalement assiégé, sans électricité et sans eau potable, dans un lieu qui, d’ici quatre ans, sera inhabitable. Le nom « Gaza » est lié, en hébreu, au nom « Azazel » – dans la tradition biblique, l’endroit où un bouc émissaire a été précipité au bas de la montagne vers sa mort.
 

* Gideon Levy : Né en 1955, à Tel-Aviv, est journaliste israélien et membre de la direction du quotidien Ha’aretz. Il vit dans les territoires palestiniens sous occupation.
 
8 mars 2016 - Middle East Eye - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.middleeasteye.net/column...
Traduction : MEE - VECTranslation
http://www.info-palestine.net/spip.php?article15952

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