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Soutenez la grève de la faim des prisonniers palestiniens pour la justice et la liberté !

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Soutenez la grève de la faim des prisonniers palestiniens pour la justice et la liberté ! Soutenez la grève de la faim des prisonniers palestiniens pour la justice et la liberté !
Samidoun
 
50 prisonniers palestiniens détenus dans la prison de Nafha ont lancé une grève de la faim collective, pour protester contre les mauvais traitements, les transferts fréquents et les mauvaises conditions de détention ; depuis mardi soir, ils renvoient leurs repas. Les grévistes de la faim rejoignent six autres prisonniers palestiniens et arabes qui mènent déjà une grève de la faim individuelle dans les prisons israéliennes, pour protester contre leur détention abusive.
 
Mohammed Al-Qeeq, un journaliste de 33 ans originaire de Dura, est maintenant en grève de la faim depuis plus de 40 jours et, selon les experts médicaux, sa vie est en danger. Maintenu en détention administrative sans inculpation ni jugement, Al-Qeeq a entamé une grève de la faim le 25 novembre 2015. Il est détenu à l'hôpital Afula et exige sa libération; son avocat a indiqué qu'il refuse les médicaments et parfois même l'eau.
 
Actuellement, il y a 5 prisonniers #‎palestiniens en grève de la faim dans les prisons israéliennes (Rapport de Reham Alhelsi d’Une voix de Palestine)
 
1. Mohammed Al-Qeeq: 33 ans, originaire de Dura, près de #Hébron occupée, en grève de la faim depuis le 25/11/2015 pour protester contre sa détention administrative. Il a été arrêté le 21.11.2015 et est actuellement détenu à l'hôpital Afula. Al-Qeeq a fait des études de journalisme à    l’université de Birzeit et a obtenu une maîtrise en Etudes arabes contemporaines, il travaille comme journaliste pour la chaîne d’information Al-Majd. Il avait déjà été arrêté trois fois avant sa récente arrestation: en 2003 et en 2004 où il avait été condamné à 13 mois de prison, et en 2008 où il a été condamné à 16 mois. Il est marié et a deux enfants.
 
2. Shadi Mtawi': 28 ans originaire de Hébron occupée, détenu en cellule d'isolement à la prison de Megiddo. Il en est au 23ième  jour de sa grève de la faim et réclame la fin de son isolement et son transfert dans une prison du Sud. Il est détenu depuis le 14/11/2015, et est accusé par l'occupation d’avoir participé à une opération de la résistance et d’avoir tiré sur des colons sionistes et tué deux d'entre eux.
 
3. Hassan Shokah: 27 ans, originaire de #Bethléem occupée, est détenu en cellule d'isolement à la prison de Megiddo ; il en est à son 23ième jour de grève de la faim et réclame la fin de son isolement et son transfert vers une prison du sud. Il est détenu depuis le 16/09/2015 et a été mis en détention administrative sans aucune inculpation.
 
4. Issa Abbasi: 30 ans, originaire de  #Jérusalem occupée, en est à son 17ième jour  de grève de la faim pour protester contre l'interdiction qui lui est faite de voir sa mère Alia Abbasi, qui est également emprisonnée à la prison de Hasharon. Il est marié et père de deux enfants. Il a été arrêté par les forces israéliennes d'occupation le 30.05.2010 et condamné à 10 ans de prison.
 
5. Abed Abdel Muti Abed: 52 ans, originaire du camp de réfugiés de Jabalya à #Gaza, en est à son 7ième  jour de grève de la faim pour protester contre la politique de négligence médicale délibérée pratiquée par l'administration pénitentiaire israélienne contre lui et contre les prisonniers palestiniens en général. Il est en cellule d'isolement depuis trois mois ; il est en prison depuis le 14.08.2002 et a été condamné à 20 ans.
 
Il y a aussi un prisonnier politique jordanien, Abdullah Abu Jaber, qui est en grève de la faim depuis le 08.11.2011. Il veut être transféré en Jordanie pour y finir sa peine. Il lui reste 5 ans de prison à faire. Il a interrompu sa grève de la faim au bout de 47 jours, après que les services secrets de l'occupation israélienne lui ont promis de le transférer, mais, comme ils n’ont pas tenu leur promesse, il l’a recommencée le 31.12.2015. Il a été condamné à 20 ans de prison le 29.12.2000.
 
Mohammed Najdi, un étudiant de l'université, en est aussi à son 11ième jour  de grève de la faim dans la prison des services secrets de Tulkarem. Il a été enlevé par les forces de sécurité de l'Autorité Palestinienne 59 jours avant.
 
Passez à l'action pour soutenir les grévistes de la faim:
 
1. Manifestez devant les ambassades et consulats israéliens de votre région. Apportez des affiches et des flyers sur la détention administrative et les grévistes de la faim palestiniens Diffusez partout cette information importante. Organisez des réunions ou des débats sur cette question ou ajoutez-la au programme de votre prochaine rencontre sur la Palestine et la justice sociale. S'il vous plaît écrivez-nous à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. pour nous informer de vos actions. Nous les ferons connaître aux prisonniers.
 
2. Contactez les responsables politiques de votre pays – les membres du Parlement ou du Congrès ou du ministère/département des Affaires étrangères ou de l'Etat - et demandez-leur de couper les aides à Israël et d’interrompre les relations avec ce pays qui pratique l'apartheid, le colonialisme, et se livre à ses nombreuses violations des droits des Palestiniens, y compris la pratique systématique de la détention administrative. Demandez-leur de faire pression sur Israël pour qu’il libère les grévistes de la faim et mette fin à la détention administrative.
 
3. Boycottez, Désinvestissez et Sanctionnez. Demandez des comptes à Israël pour ses violations du droit international. N’achetez pas les produits israéliens, et faites campagne pour mettre fin aux investissements dans des entreprises qui profitent de l'occupation. G4S, une société mondiale de sécurité, est fortement impliquée dans la fourniture de services aux prisons israéliennes où sont enfermés des prisonniers politiques palestiniens - il y a un appel mondial à le boycotter. Les prisonniers politiques palestiniens ont appelé tout spécialement à faire pression sur G4S. Pour en savoir plus sur le mouvement BDS : bdsmovement.net.
 
Traduction : Dominique Muselet
 
http://samidoun.net/2016/01/palestinian-prisoners-on-hunger-strike-for-justice-support-their-strikes-for-freedom/
 

Alter Info l'Information Alternative

Funérailles monstres en Cisjordanie pour 4 Palestiniens assassinés par l’occupant

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Funérailles monstres en Cisjordanie pour 4 Palestiniens assassinés par l’occupant
Des milliers de Palestiniens ont participé mercredi , à Hébron, Béthléem et Ramallah,aux funérailles de quatre jeunes Palestiniens.

Au nord d’Hébron, la foule en colère a enterré Ahmad Kawazba, 23 ans et Adnan al-Mashni,17 ans, tués mardi près du checkpoint militaire de Beit Einoun.
Les soldats qui les ont visé à la poitrine, ont prétendu sans la moindre preuve, que les deux jeunes gens avaient l’intention de commettre une attaque.
A Béthléem, la population a porté en terre Ahmad Abu Srour, 21 ans, du camp de réfugiés d’Aida, également assassiné par l’occupant mardi. Il se trouvait à Beit Jala sur son chemin vers l’Univerisité Ouverte de al-Quds, quand la soldatesque a déboulé dans la rue principale et l’a tué au cours d’affrontements qui se déroulaient à cet endroit.

Pendant ses funérailles, son père, qui a passé 17 ans de sa vie dans les prisons israéliennes, a supplié les différents partis palestiniens de mettre un terme à leurs divisions et de s’unir contre l’occupation.
La présence de l’armée a déclenché la colère des jeunes du camp de réfugiés au sortir des funérailles et ils ont affronté la répression de l’occupant qui a blessé plusieurs d’entre eux.
Mardi, c’est un autre adolescent de 17 ans, Mustafa al-Khatib, qui a été enterré à Ramallah.
Israël n’a restitué qu’au bout de 3 mois son corps à sa famille. Il avait été tué le 12 octobre dernier à Jérusalem par la police des frontières. Là encore Israël a prétendu qu’il aurait tenté de poignarder un soldat.
Mustapha et sa famille habitent à Jérusalem Est, mais Israël a mis comme condition à la restitution du corps qu’il soit enterré ailleurs, en Cisjordanie.

A Gaza, un Palestinien, Mousa Zaiter, 23 ans, a été tué mercredi et 3 autres blessés par un missile, tandis que l’artillerie israélienne pénétrait à l’intérieur de la bande de Gaza prétendant ensuite qu’ils fomentaient une attaque à la frontière.
(Traduit par CAPJPO-EuroPalestine)
Source : Maan News
CAPJPO-EuroPalestine

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Pour Israël, la ministre des Affaires étrangères suédoise soutient le terrorisme et la violence

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Pour Israël, la ministre des Affaires étrangères suédoise soutient le terrorisme et la violence

L'Etat hébreux n'a pas apprécié que la ministre suédoise demande une enquête sur d'éventuels meurtres extrajudiciaire par Israël. Ce n'est pas la première fois que les relations sont tendues entre les deux pays.
Elle soutient le terrorisme, et incite à la violence. Voilà ni plus ni moins l’opinion de l’Etat d’Israël sur la ministre des Affaires étrangères de la Suède, Margot Wallström. C’est en tout cas ce qu’a estimé ce mardi l’Etat hébreux dans un communiqué pour le moins acerbe.

Netanyahou irrité par les propos de la Suède concernant les attaques au couteau Benjamin Netanyahu et son gouvernement n’ont en effet pas apprécié que Margot Wallström plaide, devant le parlement suédois, pour l’ouverture d’une enquête afin de déterminer si Israël s’était rendu coupable de meurtres extrajudiciaires de Palestiniens lors des récentes violences. «Il est essentiel qu’il y ait une enquête sur ces décès afin de clarifier la situation et que chacun rende des comptes», a-t-elle exigé. 
Pour l’Etat hébreux, de telles déclarations sont «irresponsables et délirantes», mais surtout, «apportent leur soutien au terrorisme et incite à la violence», explique un communiqué incendiaire.
Un ministre israélien cité par le Jerusalem Post  va encore plus loin et considère que l’enquête demandée par Wallström devrait être orienté pour comprendre «comment une femme qui déteste Israël a pu être nommée, et tenir toujours, le rôle de ministre des Affaires étrangères de la Suède.
Il faut dire que Margot Wallström n’en est pas à son premier coup d’éclat contre Israël et a considérablement rafraichi les relations entre les deux pays. Des accusations similaires d’exécutions extrajudiciaires avaient poussé le Premier ministre Netanyahu à téléphoner à son homologue Stefan Löfven pour protester.
Suite aux attentats de Paris, Margot Wallström avait aussi affirmé que les tueries étaient liés au conflit israélo-palestinien. Les relations entre les deux pays sont de toute manière très compliquée depuis la reconnaissance par la Suède d’un état palestinien en 2014 et l'ouverture de la première ambassade de Palestine en Europe occidentale en février dernier.
https://francais.rt.com

Alter Info l'Information Alternative

"Israël" poursuit sa politique d’exécution extrajudiciare

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La nuit de jeudi à vendredi dernier a été particulièrement sanglante dans les Territoires palestiniens occupés.
Quatre jeunes citoyens de 16 à 20 ans ont été exécutés par des soldats de l’armée d’occupation israélienne. Le prétexte présenté a une fois de plus été «attaques à l’arme blanche» contre des soldats israéliens postés à des barrages militaires en Cisjordanie occupée. Ces exécutions extrajudiciares sont devenues une politique du gouvernement israélien depuis le lancement du soulèvement populaire en Palestine occupée, début octobre 2015. Trois de ces jeunes citoyens — Mouhanad Kaouazbeh, 20 ans, Alaa Kaouazbeh 20 ans et Ahmad Kaouazbeh, 21 ans — tués près de la colonie israélienne de Goush Etsion, sont originaires de la localité de Saair, au nord de la ville d’El Khalil, en Cisjordanie occupée.
Dès la propagation de l’information, les habitants de la localité sont sortis dans les rues de Saair et se sont dirigés vers les maisons des victimes. Ils ont appelé à faire payer l’occupant israélien ses crimes commis contre le peuple palestinien.
Plus tard dans la soirée, un adolescent de 16 ans, Khalil Echalaldeh, frère de Mahmoud Echalaldeh, tué un mois auparavant alors qu’il participait aux obsèques d’un autre jeune de la même famille, a été abattu près du barrage militaire israélien situé à l’entrée de la localité de Beit Aainoun, à l’est de la ville d’El Khalil.
L’armée israélienne, par la voix de ses porte-parole, a prétendu qu’ils ont tous été abattus après avoir tenté de poignarder des soldats israéliens. En même temps, elle a fait savoir qu’aucun de ses soldats n’a été blessé. 143 Palestiniens ont été tués dans des conditions similaires depuis le lancement du soulèvement populaire actuel en Palestine occupée. Au cours de la même période, 22 Israéliens ont été tués dans des attaques menées par des jeunes Palestiniens à l’arme blanche, à la voiture bélier ou même par des armes à feu.
Pour le ministère palestinien des Affaires étrangères, le massacre perpétré contre les quatre jeunes Palestiniens est une «grave escalade dans le cadre de la guerre totale menée par le gouvernement israélien extrémiste (gouvernement des colons israéliens) qui nie l’existence du peuple palestinien et de ses droits légitimes à la liberté et l’indépendance».
Dans le communiqué du ministère palestinien des Affaires étrangères, il y a des critiques à l’encontre de la communauté internationale et des organismes de défense des droits de l’homme, surtout celles liées aux Nations unies, pour leur silence lorsqu’il s’agit de massacres israéliens. Le ministère palestinien des Affaires étrangères a averti la communauté et les organisations juridiques internationales, leur demandant de ne pas tomber dans le piège des argumentations et des allégations israéliennes visant à justifier les exécutions extrajudiciaires, devenues banales.
Photo : Palestiniens tués par des Israéliens
*http://www.elwatan.com//international/israel-poursuit-sa-politique-d-execution-extrajudiciare-09-01-2016-311652_112.php
http://www.france-irak-actualite.com

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L’adolescence arrêtée : le développement interrompu des mineurs palestiniens en prison

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L’adolescence arrêtée : le développement interrompu des mineurs palestiniens en prison L’adolescence arrêtée : le développement  interrompu des mineurs palestiniens en prison
Par Samah Jabr  le 25 décembre 2015 – Middle East Monitor
 
 
Le parlement israélien a récemment approuvé une loi qui permet de faire condamner à jusqu’à 20 années de prison les Palestiniens qui lancent des pierres, qui sont généralement des mineurs. Cette mesure a été suivie par une loi qui permettrait l’emprisonnement des enfants palestiniens dès l’âge de 12 ans s’ils étaient reconnus coupables d’infractions violentes avec une « motivation nationaliste ».
En tant que praticienne, je suis souvent confrontée à des adolescents dont le développement social et psychologique a été suspendu par l’expérience des détentions politiques. J’observe que beaucoup parmi ces jeunes sont devenus angoissés et déprimés à la suite de cette expérience, tandis que d’autres manifestent un stoïcisme et ne parviennent plus à exprimer la moindre émotion.
« Majed » ( les noms ont été changés) est un garçon de 14 ans ; il a été arrêté 14 fois et souvent frappé sauvagement en détention. Une fois, les forces israéliennes lui ont cassé des dents et infligé un certain nombre de blessures à la tête. Majed a été dirigé sur ma clinique par une sœur aînée qui venait de terminer l’école de médecine. Elle a expliqué qu’il n’écoutait personne à la maison, qu’il ne respectait plus ses professeurs et que fréquemment il manquait l’école. À la place, il fréquentait des hommes de 30 ou 40 ans et il allait avec eux passer des heures dans des cafés. J’ai trouvé en Majed un adolescent qui vivait un développement hypertrophique de son statut en tant que héros, au risque de compromettre d’autres domaines du développement de sa personnalité. Ce profil d’anciens détenus adolescents est typique. Moins fréquemment, nous voyons des réactions comme celles de Mufeed, en qui l’expérience de la détention a causé une destruction plus profonde, au moins en ce qui concerne l’image qu’il a de son père. Mufeed a affirmé : « Le gardien de la prison était meilleur que mon père : il m’a donné des cigarettes à fumer ».
Majed et Mufeed ne sont que deux parmi les 700 jeunes Palestiniens qui sont arrêtés chaque année. La moyenne d’âge à l’arrestation est de 15 ans et la moyenne de la durée de leur détention en prison est de 147 jours. Quatre-vingt-dix pour cent de ces mineurs sont considérés avoir été exposés à des expériences traumatisantes, et 65 % d’entre eux ont développé des troubles psychiatriques. Pour ces mineurs et adolescents, l’expérience de l’arrestation se superpose à une enfance déjà rendue difficile en raison de l’occupation israélienne, sous laquelle les services sociaux et les systèmes d’aides à l’éducation sont faibles, l’alimentation et les soins médicaux insuffisants, et la violence politique endémique.
Partout, l’adolescence se caractérise par un mouvement accéléré vers l’indépendance sociale et une formation de l’identité, ainsi que par la vulnérabilité émotionnelle et un comportement impulsif. Cependant, le contexte de l’occupation aggrave les risques et les conséquences pour les adolescents palestiniens. Certains jeunes trouvent que les dangers inhérents à la résistance sont plus stimulants qu’une soumission passive à l’oppression. De tels jeune gens s’identifient et forment un tout avec la souffrance de la communauté en tant que groupe, et ils cherchent à se donner un statut spécial en agissant en son nom. Pendant que les adolescents partout ailleurs peuvent idéaliser et prendre pour modèle des stars de médias, certains adolescents palestiniens magnifient les combattants de la liberté, tel le personnage de Muhannad Elhalaby, lui qui a vaincu son sentiment d’impuissance en se saisissant de l’arme d’un colon israélien et en tuant deux colons au beau milieu des attaques contre la mosquée.
La réalité de la détention est une histoire d’horreur, d’impuissance et d’humiliations pour les mineurs. Il est coutumier que des dizaines de soldats armés et leurs chiens investissent la maison familiale au beau milieu de la nuit, interrompant le sommeil de tout le quartier et démontrant à travers leur agression démesurée que la résistance n’a pas de sens. Le père de l’enfant est mis sous la pression de menaces pour qu’il remette son garçon aux soldats, et souvent il le fait, malgré les supplications de la mère et des frères et sœurs en larmes. Arrachés de la sorte à son lit chaud, le garçon se trouve exposé à un désarroi inutile et à une violence physique alors qu’il est emporté vers une destination inconnue, souvent pour une raison tout aussi inconnue. Comme d’habitude, il est menotté cruellement et a les yeux bandés, incapable tout ce temps de communiquer, ou de comprendre ceux qui crient sur lui en hébreu. Il est giflé, tabassé à coups de pied, coups de poing, bousculé alors qu’il est immobilisé et rendu complètement inoffensif. Puis, sans aucune présence d’un avocat ou d’un parent à ses côtés, il est interrogé pendant une période qui peut varier de quelques heures à quelques semaines, privé des moyens pour répondre à ses besoins physiologiques comme se nourrir, boire, aller aux toilettes et dormir. Il est exposé à une chaleur ou à un froid excessifs, contraint à l’horreur d’être présent quand d’autres sont torturés, et mis tout nu avant d’être soumis à son tour aux mêmes procédures.
Ceux qui l’interrogent le culpabilisent en brandissant des menaces contre les membres de sa famille : « Nous allons faire venir ta mère et tes sœurs ici » et « Nous allons démolir ta maison ». En laissant l’horreur faire son chemin dans l’imagination de l’enfant, l’interrogateur peut jouer avec un gant en caoutchouc tout en racontant au mineur « Si tu nous dis pas les noms de tes amis qui lancent des pierres, quelque chose de vraiment vilain va t’arriver à toi ». Les interrogateurs souvent menacent, « Je vais te mettre dans la salle numéro quatre, là où les gens entrent sur leurs deux jambes, et en ressortent à quatre pattes ». Les jeunes détenus s’entendent souvent dire par les interrogateurs qu’ils ont déjà été informés par leurs amis ou voisins à leur sujet, et beaucoup craquent alors devant ce mensonge ; ils finissent par signer leur nom sur des documents en hébreu qu’ils sont incapables de lire. Beaucoup de ces enfants et adolescents se rappellent ces moments surtout avec des sentiments insupportables de honte. Les jeunes sont alors relégués à l’isolement et à l’incertitude, à l’intérieur d’un environnement pénitentiaire hostile, où le passage du temps et les processus de la vie sont gelés. Là, leurs attachements humains sont détruits, sachant que rares sont les familles qui réussissent à obtenir la permission de visiter leur enfant.
En mars 2013, au cours d’une période d’un calme politique relatif, le Fonds des Nations-Unies pour l’enfance (UNICEF) a décrit les mauvais traitements sur les mineurs palestiniens détenus dans les centres de détention militaires israéliens comme « généralisés, systématiques et institutionnalisés ». L’UNICEF a étudié le système judiciaire militaire israélien et y a trouvé la preuve de « traitements ou châtiments cruels, inhumains et dégradants » Il existe des rapports de circonstances dans lesquels des chiens ont été utilisés pour attaquer des enfants ; où des enfants et des adolescents ont été sexuellement violés ; et où des jeunes ont été forcés d’accomplir ou d’assister à des actes qui dégradent leurs symboles religieux.
Le processus d’arrestation des mineurs cible l’avenir de la nation palestinienne. C’est une agression contre le corps, la personnalité, le système de valeurs, les espoirs et les rêves des jeunes Palestiniens, rendant leurs familles dysfonctionnelles et brisant les liens de leur relation avec leur communauté.
Beaucoup de ces mineurs ressortent de prisons incapables d’apprendre à l’école ou d’exercer une profession. À leurs yeux, leurs parents et professeurs sont dévalorisés en tant que personnes d’autorité. Leur confiance en leurs amis et voisins est brisée. Leur propre communauté ne peut leur faire davantage confiance, car il aura été dit à d’autres enfants qu’ils ont été mis en cause par eux devant leurs tortionnaires. Ils vivent dans la crainte constante et réaliste d’une autre détention. Et pour les membres de leur famille, l’arrestation du mineur est souvent extrêmement traumatisante ; ils se sentent coupables de n’avoir pas réussi à le protéger et ainsi, d’en être arrivés en effet à être incapables de guider le mineur sur un chemin sûr de l’enfance à l’âge adulte.
Incapables d’évoluer, laissés sans éducation et sans les conseils de la famille, de nombreux adolescents ainsi ne parviennent pas à développer une identité d’adulte mature et à facettes multiples. L’ex-détenu se cramponne à son identité comme prisonnier. Ces jeunes sont enlisés dans des limbes perpétuels, incapables de revenir à l’innocence de l’enfance ou d’aller de l’avant comme un adulte fonctionnel.
Un sentiment d’inefficacité s’infiltre souvent chez les praticiens qui soignent ces jeunes. Les conséquences psychologiques de l’arrestation d’un mineur ne se prêtent pas au diagnostic de leur étiquetage, pathologie et médicalisation. Ces jeunes ont besoin que nous agissions en tant que témoins, que nous en soyons solidaires et que nous les accompagnions, eux et leurs familles, pour explorer la signification de leur expérience. Notre objectif est de les aider  à intégrer cette signification dans leur vie présente et leurs projets d’avenir.
Hippocrate a dit aux médecins, il y a 25 siècles, que nous ne sommes pas souvent en mesure de guérir, que nous sommes parfois en mesure de soigner ; mais que nous sommes toujours en mesure de procurer un réconfort. Nous, praticiens, nous ne pouvons pas libérer ces enfants des prisons israéliennes, mais nous pouvons réussir à les libérer de leur prison intérieure alors qu’ils reviennent dans notre communauté.
Samah Jabr est une psychiatre et psychothérapeute jérusalémite qui se préoccupe du bien-être de sa communauté, bien au-delà des questions de santé mentale.
Impliquez-vous dans la création du long-métrage documentaire, « Derrière les fronts  », un film d’Alexandra Dols sur les conséquences psychologiques de l’occupation israélienne. (1)
Article original: https://www.middleeastmonitor.com/articles/middle-east/23031-arrested-adolescence-on-the-interrupted-development-of-palestinian-minors-in-prison 
Traduction : JPP pour les Amis de Jayyous
 
(1)
« Derrière les fronts, résistance et résilience en Palestine »
 
Participez à la création du documentaire DERRIÈRE LES FRONTS, sur les conséquences psychologiques de l'occupation israélienne
Pour soutenir le projet : voir à la source :http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/derriere-les-fronts-resistance-et-resilience-en-palestine
 
 
Présentation détaillée du projet
                  
 Derrière les fronts : résistance et résilience en Palestine (titre provisoire)
 
Genèse :
 
J’ai découvert les chroniques de Samah Jabr en 2007. Je travaillais alors sur mon dernier long métrage documentaireMoudjahidate. Film relatant les engagements de femmes dans la lutte pour l'Indépendance de l'Algérie. J’avais à l’époque ce que l’on peut appeler une "position de principe" anticolonialiste quant à la Palestine. Les chroniques du Dr Samah Jabr m’ont permis de visualiser et concrétiser la situation. En proposant une approche inédite, dans l’héritage de Frantz Fanon - celle de politiser le psychologique, pour décoloniser les esprits - ses chroniques m’ont donné une porte d’entrée sur une réalité complexe, et m’ont conduite jusqu’à elle. 
 
Présentation du film :
      « L’occupation ne s’arrête pas avec un cessez-le-feu. »
La dernière offensive militaire israélienne de l’été 2014 a fait plus de 2 100 victimes palestiniennes dont plus de 500 mineurs. Ce massacre était une phase aiguë d’une occupation commencée il y a maintenant plusieurs décennies.
Au quotidien, la colonisation n’est pas seulement celle des terres, des logements, du ciel ou de l’eau. Elle ne cherche pas simplement à s’imposer par les armes, mais elle travaille aussi les esprits, derrière les fronts.
Ce documentaire s’intéresse à ses formes invisibles, c'est à dire: l’occupation intime, celle de l’espace mental. Espace où l’équilibre, l’estime de soi, le moral et l’âme deviennent des lieux et des enjeux de lutte.
 …
Samah Jabr : 
 
Née à Jérusalem-Est, elle vit à Shufat en banlieue de Jérusalem et travaille en Cisjordanie. Issue de la première promotion en médecine de l'université palestinienne d'Al Quds (Jérusalem), elle est l'une des vingt psychiatres a pratiqué actuellement en Cisjordanie.
Directrice du Centre médico-psychiatrique de Ramallah, elle est également professeure dans des universités et forme des professionnels de la santé mentale (aussi bien palestiniens, israéliens ou internationaux). Elle intervient en prison et participe, en collaboration avec le PCATI, Comité public contre la torture en Israël, à collecter des témoignages de personnes ayant été torturées.
Parallèlement à ces activités, elle écrit régulièrement des chroniques depuis la fin des années 1990 publiées au sein de revues internationales.
En s’appropriant un savoir académique acquis durant ses études en Europe et à l’Institut israélien de psychothérapie psychanalytique, Samah Jabr construit un diagnostic psycho-politique sur sa société tout en soulignant les liens entre la résilience du peuple Palestinien et la résistance à l’occupation.
Le terme de résilience vient à la base de la physique pour traduire la capacité d'un matériau à revenir à sa forme initiale après avoir subi un choc. En psychologie, La résilience désigne le processus par lequel une personne se développe malgré un traumatisme ou un environnement qui aurait dû être délabrant et destructeur.
 
 
Derrière les fronts,  invite à un double cheminement : à la fois dans nos esprits et sur les routes de Palestine.
Des extraits de chroniques misent en scène, seront les pavés de cette route, tandis que la chronique de Samah Jabr " En dansant sur des rythmes différents mais en dansant quand même  " orientera la trajectoire du film.
Choisie entre autres parce qu’elle traverse des lieux d’affrontements physiques et psychiques : du Centre Médico Psychiatrique de Ramallah, en passant par le check point de Qalandia, pour aller vers Jérusalem.
Ces chroniques questionnent l’aliénation, l’impact psychologique d’une oppression au quotidien, et m'ont donner envie d'aller à la rencontre des personnes et lieux évoqués, pour aller au-delà des textes.
Alors que la Palestine est une, les réalités palestiniennes sont multiples : les Gazaouis font face à d’autres conditions d’occupation que les « Palestiniens de 48 » et que celles et ceux qui vivent en Cisjordanie. Il nous est actuellement très difficile de tourner dans la bande de Gaza, mais je n’oublie pas que leur sort est lié.
Alors que continuer de vivre en Palestine est déjà aux yeux de beaucoup une forme de résistance, mes interlocuteurs-trices de Jérusalem, de Naplouse, de Ramallah ou encore d’Haïfa s’inscrivent dans des tentatives de déjouer le système et de contrer les tentatives de division et d'attaques psychologiques et idéologiques.

[...]
 
http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/derriere-les-fronts-resistance-et-resilience-en-palestine
 

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