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Un rapport révèle que l’essentiel de l’aide humanitaire destinée au Palestiniens, va dans les caisses d’Israël

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Shir Hever, un économiste israélien qui a passé des années à assembler les pièces du puzzle économique de l’occupation, vient de publier un rapport plutôt choquant à lire.
Un rapport révèle que l’essentiel de l’aide humanitaire destinée au Palestiniens, va dans les caisses d’Israël Les diplomates peuvent avoir une réputation de faux-fuyant, d’obscurantisme voire d’hypocrisie, mais peu d’entre eux se sont retrouvés comparés à un tueur en série, surtout un tueur qui dévore la chair humaine.
Cet honneur est revenu à Lars Faaborg-Andersen, l’ambassadeur de l’Union européenne en Israël, la semaine dernière, lorsque des colons juifs ont lancé une campagne sur les réseaux sociaux lui donnant le rôle de Hannibal Lecter, le terrifiant personnage du film « Le Silence des Agneaux ». Une image du diplomate danois portant le masque de prisonnier de Lecter était censée suggérer que l’Europe elle aussi doit être muselée.
Les griefs des colons visent l’aide allouée par l’Europe, qui a fourni un refuge provisoire à des familles de Bédouins après que l’armée israélienne eut démoli leurs maisons dans les territoires occupés près de Jérusalem. Le logement d’urgence les a aidés a demeurer sur les terres convoitées par Israël et ses colons.
Les autorités européennes, outrées par la comparaison avec Lecter, ont rappelé à Tel Aviv que s’il daignait respecter le droit international, Israël aurait assumé ses responsabilités pour assister ces familles.
Si l’Europe pourrait se voir comme faisant partie de l’Occident des Lumières, se servant de l’aide pour défendre les droits des Palestiniens, en fait la réalité est moins encourageante.
Shir Hever, un économiste israélien qui travaille depuis des années à assembler les pièces du puzzle économique de l’occupation, vient de publier un rapport plutôt choquant à lire. Comme d’autres, il croit que l’aide internationale a permis à Israël d’éviter d’acquitter la facture de son occupation. Mais il va plus loin. Sa conclusion – qui pourrait surprendre les colons israéliens – c’est que 78 % au moins de l’aide humanitaire destinée au Palestiniens se retrouvent dans les caisses d’Israël.
Les sommes en jeu sont considérables. Les Palestiniens sous occupation sont parmi les plus dépendants de l’aide dans le monde, puisqu’ils reçoivent chaque année plus de 2 milliards de dollars de la communauté internationale. Selon Hever, les donateurs pourraient subventionner directement jusqu’à un tiers du coût de l’occupation.
D’autres formes de l’exploitation par Israël ont été identifiées dans de précédentes études. En 2013 la Banque Mondiale estimait au bas mot que les Palestiniens perdent au moins 3,4 millions de dollars par an en ressources pillées par Israël.
En outre le refus d’Israël de conclure la paix avec les Palestiniens – et par conséquent avec le reste de la région – lui sert de prétexte pour justifier les 3 milliards de dollars d’aide militaire étatsunienne.
C’est aussi sur les Palestiniens qu’Israël teste ses armes et ses systèmes de surveillance – pour exporter ensuite son expertise. Les industries militaro-cybernétiques d’Israël génèrent des milliards de dollars de bénéfices par an. Une étude publiée la semaine dernière estime qu’Israël est le huitième pays le plus puissant dans le monde.
Mais si ces flux de revenus sont une aubaine identifiable mais préoccupante de l’occupation israélienne, l’aide occidentale aux Palestiniens est clairement destinée aux victimes et non aux vainqueurs.
Comment Israël peut-il prélever autant ? Le problème, dit Hever, c’est le rôle de médiateur que s’autoprescrit Israël. Pour atteindre les Palestiniens, les donateurs n’ont d’autre choix que de passer par Israël, ce qui lui fournit de riches opportunités pour ce qu’il nomme « détournement » et « réaffectation » de l’aide.
Premier résultat : les Palestiniens constituent un marché captif. Ils ont accès à peu de marchandises autres qu’israéliennes.
Qui en profite ? Une organisation israélienne, observatoire des bénéfices économiques de l’occupation pour Israël, a estimé que la firme de produits laitiers Tnuva jouit d’un monopole d’une valeur de 60 millions $ par an.
En fait le détournement de l’aide se fait parce qu’Israël contrôle toute la circulation des personnes et des biens. Les restrictions israéliennes lui permettent de faire payer le transport et le stockage ainsi que des redevances « de sécurité ».
D’autres études ont identifié des profits supplémentaires à partir de la « destruction de l’aide ». Chaque fois qu’Israël anéantit des projets financés par l’aide étrangère, les Palestiniens sont perdants – mais souvent Israël y gagne.
Le cimentier Nesher, par exemple, contrôlerait 85 % de toutes les constructions par les Israéliens et les Palestiniens, y compris les fournitures pour la reconstruction à Gaza après les dévastations successives causées par Israël. Outre les employés des industries de la sécurité, d’importants segments de la société israélienne se remplissent les poches grâce à l’occupation.
Paradoxalement, cette étiquette de « peuple le plus dépendant de l’aide dans le monde », qu’on accole généralement aux Palestiniens, on ferait peut-être mieux de l’apposer aux Israéliens.
Que peut-on faire ? L’expert en droit international Richard Falk note qu’Israël exploite un vide dans la supervision de l’aide : les donateurs ne mettent pas de conditions pour s’assurer que leur argent parvient bien aux bénéficiaires visés.
Ce qu’a fait la communauté internationale au long de ces 20 dernières années du processus d’Oslo – consciemment ou non – c’est offrir à Israël des incitations financières pour stabiliser et ancrer sa domination sur les Palestiniens. Israël peut le faire pratiquement sans rien débourser .
Si l’Europe et Washington ont essayé de battre Israël avec un petit bâton diplomatique pour qu’il relâche son emprise sur les territoires occupés, simultanément ils lui présentaient de juteuses carottes financières pour l’encourager à renforcer son emprise.
Il existe une petite lueur d’espoir. La politique d’aide européenne n’a pas à être un auto-sabotage. L’étude Hever indique qu’Israël a fini par devenir aussi tributaire de l’aide que les Palestiniens eux-mêmes.
La semaine passée l’UE notait qu’il appartient à Tel Aviv, et non à Bruxelles de s’occuper des Bédouins qu’il a laissés sans abri. L’Europe pourrait prendre au sérieux sa propre décision et commencer à réattribuer à Israël les coûts réels de son occupation.
Les choses pourraient aller assez vite, quoi que décide l’Occident, si l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas – et c’est ce que même Israël prévoit pour bientôt – devait s’effondrer.
* Jonathan Cook a obtenu le Prix Spécial de journalisme Martha Gellhorn. Il est le seul correspondant étranger en poste permanent en Israël (Nazareth depuis 2001). Ses derniers livres sont : « Israel and the Clash of Civilisations : Iraq, Iran and the to Remake the Middle East » (Pluto Press) et « Disappearing Palestine : Israel’s Experiments in Human Despair » (Zed Books). Voici l’adresse de son site : http://www.jonathan-cook.net

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Pourquoi « l’intifada des couteaux » continue - « Les enfants perdus de la génération d’Oslo »

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Les attaques à l’arme blanche perpétrées depuis octobre 2015 par de jeunes Palestiniens contre des Israéliens — couramment désignées sous le terme d’« intifada des couteaux » — ne sont pas près de s’arrêter, tant que ces enfants perdus resteront déterminés à transformer en action leur désespoir face à un horizon totalement bouché. Pendant ce temps, Benyamin Nétanyhaou promet aux Israéliens un avenir radieux : leur « villa dans la jungle » sera un jour entièrement clôturée.
Pourquoi « l’intifada des couteaux » continue - « Les enfants perdus de la génération d’Oslo »
On a pu croire un moment, en décembre-janvier, que l’«  intifada des couteaux  » — qui désigne les attaques commises par de jeunes Palestiniens avec des outils coupants contre des soldats, des colons et parfois des civils israéliens à l’intérieur même d’Israël —, lancée le 1er octobre 2015 par l’assassinat d’un couple de résidents de la colonie religieuse de Neria, s’essoufflait et déclinait. On constate qu’il n’en est rien. Vendredi 19 février, deux membres de la police des frontières étaient attaqués au couteau à la porte de Damas, une des principales entrées de la Vieille Ville de Jérusalem, et légèrement blessés par un Palestinien de vingt ans du village de Kfar Aqab, situé à l’intérieur des limites municipales de la ville. Comme dans la grande majorité des cas, l’assaillant était abattu aussitôt par les forces israéliennes. Selon l’agence palestinienne Ma’an, dimanche 21 février au matin, les forces israéliennes ont arrêté deux jeunes : un garçon de 14 ans d’un village près d’Hébron et une jeune fille de 17 ans du district de Naplouse, tous deux suspectés d’avoir cherché à attaquer des soldats au couteau. Quelques heures plus tard, un jeune de quinze ans qui avait tenté de poignarder un soldat israélien était tué près de Naplouse.
Un pic avait été atteint le 14 février, avec huit attaques perpétrées en différents points de la Cisjordanie et à Jérusalem-Est en l’espace de douze heures : trois à l’arme blanche, trois autres avec des armes à feu et deux avec des bombes artisanales. Aucune n’a fait de victime, comme c’est le cas en général. Cinq parmi les assaillants palestiniens ont été tués (là encore, comme à l’accoutumée) et l’un gravement blessé. Selon les autorités israéliennes, le 19 février, en quatre mois et demi, 31 Israéliens étaient décédés des suites de ces attaques, et 174 Palestiniens avaient été abattus (et un peu plus d’une quarantaine d’autres capturés). Des chiffres d’une envergure «  limitée  », comparé au pic de la seconde intifada, par exemple. Mais le responsable des affaires sécuritaires du journal Haaretz, Amos Harel, comparant avec les quatre premiers mois et demi de cette seconde intifada, parvient à une conclusion sans appel : «  Israël est en pleine intifada  »1. Car le nombre des victimes il y a 15 ans, durant la même période initiale, étaient certes supérieur, mais seulement deux fois plus (58 Israéliens et 320 Palestiniens décédés).

Des attaques imprévisibles

Qui sont les assaillants  ? Le Shin Bet, le service de sécurité intérieure israélien, a livré le 15 février un certain nombre de données : la moitié des 228 attaques palestiniennes «  au couteau  » recensées depuis le 1er octobre 2015 ont été le fait de jeunes de moins de 20 ans, dont 10 % avaient moins de 16 ans. Près de 90 % avaient moins de 25 ans, et les femmes constituaient 11 % d’entre eux. Contrairement à l’idée reçue, la plupart ne venait pas de la région de Jérusalem, mais de Hebron, de Ramallah et leurs environs, des grandes villes situées à l’intérieur du mur qui entoure la Cisjordanie. Devant la difficulté à franchir ce mur, les trois quarts des attaques se sont d’ailleurs déroulées en Cisjordanie même, visant prioritairement des militaires et des colons.
Même si Benyamin Nétanyahou tente d’accréditer l’idée que le président de l’Autorité palestinienne est responsable de cet «  accès de violence  », qu’il y incite ou ne le combat pas, ses propos, même en Israël, tombent à plat. Car tant le Shin Bet que les services de renseignement militaire sont démunis devant la nature de ces attaques. Au bout d’un mois d’«  intifada des couteaux  », un haut responsable du Shin Bet avait dû admettre que son organisme n’avait disposé d’informations sur aucun de ceux qui avaient perpétré ces attaques. Et que ces dernières n’avaient pas été préparées par ou avec le concours d’organisations palestiniennes connues, ni du côté laïc (Fatah, Front populaire de libération de la Palestine -– FPLP — notamment), ni du côté religieux (Hamas, Djhad islamique). Cette situation n’a pas évolué. Le chef d’état-major, le général Gadi Eizenkot, a admis à son tour en janvier que le renseignement militaire n’avait pas reçu la moindre alerte avant les 101 premières attaques. «  Depuis, il y a eu des douzaines de nouvelles attaques, mais il n’y a toujours pas la moindre alerte préalable. (…) Les forces de sécurité tâtonnent toujours en quête d’une solution  », écrit encore Harel.
Sur le plan politique, quelques ministres ont proposé de prendre des mesures draconiennes de fermeture des territoires palestiniens pour rassurer la population israélienne. Mais, hormis le fait qu’il serait difficile de maintenir un couvre-feu général sur la totalité des villes et villages palestiniens sur le long terme, un simple bouclage de la Cisjordanie aurait peu d’effet : comme on a vu, les principales attaques sont menées sur des colons et des militaires en Cisjordanie même. L’armée et le Shin Bet se sont d’ailleurs opposés à un renforcement de la répression, arguant que dans la phase actuelle, cela aurait vraisemblablement un effet incitatif plutôt que dissuasif sur la jeunesse palestinienne pour multiplier plus encore les attaques.

«  Je n’appartiens à personne  »

Vu l’attitude des forces de l’ordre israélienne, qui tirent souvent pour tuer préventivement, sur simple suspicion, avant que l’attaquant ait eu le temps de commettre son acte, il est clair que les jeunes qui se lancent dans ce genre d’attaques savent pertinemment qu’ils ont très peu de chances d’en sortir vivants. Ce sont les «  enfants perdus de la génération d’Oslo  », estime Amira Hass, la correspondante du journal israélien Haaretz dans les territoires palestiniens occupés, au cours d’un entretien avec l’auteur le 21 février. Ceux qui partent à l’assaut avec un couteau ou un tournevis en poche ne sont pas particulièrement pauvres, même si certains d’entre eux le sont, note-t-elle, et dans presque la totalité des cas, ils ne sont pas organisés politiquement. Âgé d’un peu moins de trente ans, l’un des assaillants tué par les forces israéliennes avait laissé un message aux organisations palestiniennes dans lequel il indiquait n’être membre d’aucune d’entre elles. «  Ne m’adoptez pas  » comme un martyr, leur écrivait-il, comme pour leur dire : je n’appartiens à personne. De sources concordantes, il semble que ces jeunes focalisent l’essentiel de leur rage sur les colons, leur arrogance et leur impunité, qui fonctionnent en miroir de leur propre impuissance, même si, à l’intérieur de la Cisjordanie, ils attaquent aussi des soldats.
La recrudescence des attaques ne laisse pas uniquement les forces de l’ordre israéliennes sans ligne de conduite claire. Les dirigeants palestiniens eux-mêmes sont sans réponse face à cette vague sur laquelle ils n’ont aucune prise. Et ils tentent visiblement d’y mettre fin, même s’ils ne peuvent la critiquer publiquement. Fin janvier, Amira Hass racontait comment le ministère de l’éducation de l’Autorité palestinienne était intervenu avec la municipalité (dirigée par le Fatah) de Qabatiyah, pour essayer de faire cesser ces attaques. Dans ce bourg palestinien de 31 000 habitants, 10 jeunes Palestiniens, dont 6 du même établissement scolaire étaient déjà partis commettre des attaques sans crier gare. Parmi eux, un étudiant en ingénierie médicale de 23 ans, Mohammed Sabaaneh, qui poursuivait brillamment ses études à l’université arabe américaine de Jénine avant d’aller un beau matin, avec un jeune cousin, s’en prendre à deux soldats israéliens en faction à un check-point. «  Les membres du Fatah ne l’admettent pas publiquement, mais ils savent qu’ils sont en train de perdre la jeune génération  »2, écrivait la journaliste.

Un désespoir actif

Ces Palestiniens vivent dans le sentiment d’un horizon totalement bouché et de l’impossibilité de sortir de leur enfermement. Une claustration qui n’atteint pas la dimension de ce qui advient à Gaza, dit la journaliste, mais «  le Mur leur indique que leur avenir est le même  ». Étudier devient très difficile, travailler presque impossible, se déplacer est une épreuve, voyager un rêve. Et le sentiment d’impuissance enfle : depuis l’échec de la seconde intifada, les Israéliens renforcent les colonies à un rythme accéléré, et les destructions de maisons palestiniennes, pour des motifs «  sécuritaires  » ou simplement «  administratifs  » enflent dans une impunité internationale absolue (les ONG israéliennes ont constaté récemment un accroissement important des destructions d’édifices subventionnés par l’Union européenne).
À cela s’ajoute le poids de l’absence de leadership palestinien, avec une direction du Fatah vieillissante et discréditée, incapable de promouvoir une mobilisation populaire, et un Hamas isolé et n’offrant pas de réelle alternative. Indubitablement, la multiplication des agressions à l’arme blanche incluant la probabilité de sa propre mort violente implique un phénomène d’émulation entre ces jeunes. Mais elle ressort surtout de ce que Hass nomme «  un désespoir actif  », sur fond de fragmentation et de passivité générale d’une société palestinienne abattue : les manifestations de soutien aux nouveaux «  martyrs  » rassemblent beaucoup moins de monde que, par exemple, les mobilisations identiques au début de la seconde intifada. Dans le «  monde sans horizons  » qu’elle décrit, entre le refus de poursuivre cette vie d’enfermement imposé et l’impossibilité ou l’incapacité d’y mettre fin collectivement, pour ces jeunes Palestiniens, reste au moins à agir pour ne plus subir. Quitte à en mourir.

Retour de «  la villa dans la jungle  »

Pendant ce temps, Benyamin Nétanyahou promet à ses compatriotes un avenir radieux. Le 9 février 2016, il a annoncé un vaste plan pluriannuel de prolongement et de consolidation de tous les murs, clôtures, fossés, etc. qui entourent le pays. «  À la fin, l’État d’Israël tel que je le vois sera entièrement clôturé. On va me dire : est-ce donc ce que vous voulez, protéger la villa  ? La réponse est oui. Va-t-on entourer tout l’État d’Israël de barrières et de clôtures  ? La réponse est oui. Dans la région où nous vivons, nous devons nous défendre face à des bêtes sauvages  »3. L’image célèbre de la «  villa dans la jungle  », d’un Israël seul État civilisé entouré d’animaux sauvages, avait déjà été émise, après l’échec de Camp David à l’été 2000, par le premier ministre travailliste de l’époque, Ehoud Barak.

1Amos Harel, «  Eight attacks in 12 hours leaves no doubt : Israel is in the midst of an intifada   », Haaretz, 16 février 2016.

2Amira Hass, «  ’Dying for Nothing’ : Palestinian Authorities at a loss trying to stop youths from attacking Israelis   », Haaretz, 24 janvier 2016.

3Barak David, «  Netanyahu : “We’ll surround Israel with fences to defend ourselves against wild beasts”   », Haaretz, 9 février 2016.


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Victoire à la palestinienne!

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Victoire à la palestinienne! L’avenir de la Palestine est gravé dans le cœur des enfants palestiniens comme sur du marbre grâce au géni et à l’abnégation des femmes palestiniennes dont on tue les pères, les maris, les fils et les frères.
Parfois les palestiniens nous font pleurer de douleur par leur douleur, parfois ils nous font pleurer de joie par leur courage inébranlable, leur admirable abnégation, leur foi pure et leur résistance sans faille. C’est ce que vient de réussir Madame Hanen Al Harroub femme palestinienne de 43 ans élue hier soir, 13 mars, « meilleur enseignante du monde 2016! »
Souvenez-vous de ce nom HANEN AL HAROUB, porte-drapeau de la liberté, de la justice, de la dignité et de la victoire finale par le savoir! HANEN Al HAROUB! HANEN AL HAROUB! HANEN AL HAROUB!
Merci Madame pour le formidable espoir que vous portez dans tout les cœurs amoureux de l’enfance et de la Palestine. Cette victoire d’une femme est plus importante que n’importe qu’elle bataille menée par les hommes sur le terrain car au lieu de tuer des hommes elle en fabrique!
Merci à vous et à tous les instituteurs, maîtres, professeurs de la Palestine. Nous voyons demain, nous voyons l’avenir, nous voyons la victoire. Ce n’est pas nous qui vous encourageons par notre soutien, c’est vous qui nous encouragez par votre exemple. C’est grâce à vous que nous croyons encore en l’humanité.
Merci, Madame le professeur, pour cette leçon magistrale à l’humanité toute entière! vive la résistance, vive la Palestine!
article original: http://www.cbbr.fr/2016/03/14/victoire-a-la-palestinienne/

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BADIL saisit la Cour pénale internationale pour la première fois

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BADIL saisit la Cour pénale internationale pour la première fois

 

Par BADIL
Le Centre de ressources pour les droits des résidents et réfugiés de Palestine BADIL est heureux de confirmer le dépôt officiel de sa première plainte devant la Cour pénale internationale pendant une réunion récente entre les représentants de BADIL et le Bureau du Procureur, qui s'est tenue à La Haye.
  La plainte, rédigée par BADIL au nom des victimes palestiniennes de l'assaut militaire à grande échelle d'Israël sur la bande de Gaza à l'été 2014, contient des informations relatives à des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité commis par des hauts fonctionnaires israéliens dans le contexte de l'Opération Bordure Protectrice. Elle est principalement axée sur les crimes internationaux relatifs au déplacement de masse forcé de Palestiniens par Israël, qui, au plus fort des hostilités, se montait à environ un demi-million de personnes.
Selon l'Article 49 de la Quatrième Convention de Genève et la Règle 129 du CICR du droit coutumier international, il est strictement interdit à une puissance occupante de transférer par la force la population civile d'un territoire occupé ; c'est-à-dire, le déplacement par la force de personnes de leurs foyers et des communautés, pour des raisons qui ne sont pas autorisées en vertu du droit international. La même interdiction se trouve dans le Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale comme étant un crime de guerre et un crime contre l'humanité.
Bien qu’un déplacement forcé soit souvent une conséquence naturelle d’un conflit armé, en adoptant des pratiques de guerre manifestement illicites qui auraient naturellement pour résultat le déplacement forcé de masse, et en ne procurant pas des espaces humanitaires protégés pour les personnes déplacées, les actions israéliennes pendant l’Opération Bordure Protectrice sont entièrement compatibles avec le crime international de transfert forcé. Sur cette base, BADIL a fourni au Bureau du Procureur sufisamment d'informations pour établir une base raisonnable pour penser que les responsables israéliens ont supervisé des politiques illégales allant jusqu’au transfert forcé à la fois crime de guerre et crime contre l'humanité.
Dans le cadre de son examen préliminaire en cours, déclenché en janvier 2015, le Procureur doit étudier si les informations reçues répondent aux critères respectifs requis de compétence et de recevabilité, justifiant l'ouverture d'une enquête officielle. De même sera posée la question de savoir si une telle enquête serait dans l'intérêt de la justice.
BADIL et d'autres grands organisations pour les droits de l'homme ont la conviction que ces questions ont globalement reçu une réponse affirmative, le dossier de BADIL s'ajoutant à un recensement déjà important et méticuleusement catalogué de crimes internationaux commis par des citoyens israéliens non seulement à l'intérieur de la Bande de Gaza mais dans tout le territoire palestinien occupé dans son ensemble.
Un tel engagement n'est pas sans risque, et les défenseurs palestiniens des droits de l'homme qui ont transmis à la CPI les informations relatives aux crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis par des citoyens israéliens furent les cibles de campagnes de diffamation et même de menaces à leurs vies. Cependant, BADIL et les autres membres des organisations palestiniennes pour les droits de l'homme affirment que ces menaces ne peuvent pas et ne doivent pas empêcher de documenter des informations essentielles à la promotion de la justice pour les victimes de crimes internationaux, et de traduire en justice les auteurs.
A cette fin, ces initiatives continueront, et le Bureau du Procureur a remercié BADIL pour la présentation et les témoignages fournis et il a discuté des façons dont BADIL pourrait aider davantage la Cour au cours de l'examen préliminaire en cours.
En conséquence, BADIL profite de cette occasion pour réitérer son soutien plein et continu au travail de la Cour, et une version publique de la plainte de BADIL sera disponible dans les semaines qui viennent.

 

Source : BADIL

Traduction : André Comte
http://www.ism-france.org/communiques/BADIL-saisit-la-Cour-penale-internationale-pour-la-premiere-fois-article-19933


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Figées dans leur douleur : le deuil des familles palestiniennes

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Figées dans leur douleur : le deuil des familles palestiniennes Figées dans leur douleur : le deuil des familles palestiniennes
 
Samah Jabr
Middle East Monitor

 
Alors que le monde fêtait la Saint-Sylvestre en 2015, avec toutes ses promesses pour la nouvelle année, des dizaines de familles palestiniennes recevaient les corps froids de leurs Shaheeds (martyrs) : des enfants tués par les Israéliens dans le récent bouleversement politique.
Permettez-moi de dire d’emblée que cet article est une tentative pour explorer le vécu de la douleur chez les victimes de notre réalité politique – et non un essai sur la signification du martyre, ou une analyse sur ce que l’on désigne sous le nom de « Shaheed », un statut à la fois laïque et religieux que les Palestiniens donnent à leurs enfants tués par l’occupation.
Je fais simplement observer que la communauté palestinienne, à l’instar de nombreux groupes qui glorifient leurs soldats morts en leur nom, glorifie elle aussi celles et ceux qui ont donné leur vie en résistant à l’occupation et qu’elle utilise le terme « Shaheed » pour attirer l’attention sur les circonstances de leur mort.
Un grand silence entoure la douleur des familles des combattants palestiniens. Les Palestiniens ressentent les autorités israéliennes comme tirant une satisfaction sadique de notre souffrance. En réaction, les Palestiniens présentent souvent un extérieur rude, masquant ainsi leurs émotions et effaçant tout signe de vulnérabilité face à ceux qui ont tué leurs êtres chers. Certains Palestiniens vont plus loin, essayant d’éviter d’infliger davantage de douleur aux membres de leurs familles, et gardent leur douleur au fond d’eux-mêmes.
Une jeune femme est venue me voir pour des palpitations et une insuffisance respiratoire, des symptômes pour lesquels aucune cause organique n’avait été trouvée. Quand je lui ai demandé quand ses symptômes avaient commencé, elle a répondu : « Depuis que le cœur de mon frère a cessé de battre ». Son frère avait été tué lors d’une manifestation deux ans auparavant ; elle avait gardé cette disparition enfouie dans sa poitrine de peur que toute sa maison ne s’effondre si quelqu’un le reconnaissait à haute voix.
Le silence palestinien est aussi motivé par le souhait d’éviter que ne soient incriminés ceux qui ont été tués et par la nécessité d’empêcher qu’il y ait plus de pressions encore sur les personnes qui apportent leur aide et leur compassion dans la communauté. Manifester de la solidarité auprès des familles endeuillées signifie prendre des risques et en supporter les conséquences. Même les députés arabes de la Knesset israélienne, des législateurs qui ont visité les familles dans la douleur qui lançaient des appels pour que les corps de leurs enfants leur soient remis afin de les enterrer décemment, même ces députés ont été menacés et punis.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé : « Ceux qui réconfortent les familles des terroristes ne méritent pas d’être membres de la Knesset ». La participation de ces membres arabes de la Knesset a donc été suspendue, alors qu’aucune mesure n’a été prise contre le ministre de la Justice israélien quand celui-ci a réconforté les familles des colons accusés d’avoir brûlé vive une famille palestinienne.
L’intimidation élimine les expressions de soutien de la communauté à des familles qui déjà souffrent des entraves au processus naturel de deuil. Traités comme des suspects par l’occupation, les membres des familles sont souvent mis en détention, punis collectivement par la démolition de leur maison, par des refus de permis de travail et une ingérence dans l’accomplissement des rites traditionnels de deuil à travers l’insistance que le corps du défunt ne sera rendu que lorsque la famille capitulera devant l’exigence d’enterrer son mort à l’écart de la communauté.
Après quatre mois d’épuisantes négociations entre les autorités israéliennes et la famille d’Ahmad Abu Sha’aban, le corps de ce fils, Ahmad, a été rendu à la famille aux conditions que les funérailles ne durent pas plus d’une heure et demie, qu’il n’y ait pas plus de quatorze personnes présentes et qu’elles aient lieu au milieu de la nuit.
Nous aussi, les Palestiniens, nous sommes parfois coupables de laisser ces familles enfermées dans leur douleur. Une enquête conduite par le Centre Al-Quds pour les études israéliennes et palestiniennes a démontré que 66 % des Palestiniens exprimaient un sentiment de gêne après la descente du personnel de nos médias chez les familles endeuillées, spécialement dans les premières heures suivant le décès.
En outre, 60 % des personnes ont fait part de leur insatisfaction devant la conduite des factions politiques, en particulier quand elles allèguent que leur fils appartenait à un parti politique, qu'elles distribuent des posters où l’on voit le shaheed en train de coller une affiche de l’icône du parti politique, et qu'elles hissent le drapeau du parti politique aux funérailles. Les factions politiques en agissant ainsi s’approprient les sacrifices des morts et l’angoisse de leurs familles. Les médias rivalisent pour écrire sur la dernière crise d’une façon qui souvent s’immisce dans les moments les plus intimes de la famille, transformant un père ou une mère dans la douleur en un porte-parole institutionnel.
Une pression sociale bien intentionnée sur une famille endeuillée afin de lui exprimer une fierté est encore un autre facteur qui peut agir pour inhiber l’expérience d’une douleur et retarder le processus de deuil. Nous observons des familles trouvant un réconfort dans l’importance de la foule qui vient se présenter à elles en ces moments difficiles, parlant de la dernière fois où ils ont vu le shaheed et énumérant ses différentes vertus, ses amis prenant le rôle imaginaire du fils pour le père, ou du père pour ses enfants ; le défunt devenant soudain leur ami le plus cher et le plus proche. Bientôt, ces relations du défunt affluent vers une nouvelle crise qui revendique leur attention, laissant la famille seule face au vide.
Les cercles de deuil présentant un « syndrome de survivant » de culpabilité, de honte, d’anxiété et de chagrin, semblent impliquer une personne après l’autre. Nous voyons quelques cas de jeunes amis ou relations du shaheed qui attaqueront réellement des soldats israéliens ; ce sera alors un acte qui sera motivé par le chagrin, entre autres. De cette manière, le shaheed est idéalisé et imité. Ses funérailles entraînent d’autres funérailles.
Le shaheed absent reste très présent dans la psyché de ceux qui le pleurent. Un homme introverti, d’âge moyen, m’a dit : « Je prends garde à ne pas offenser l’image de mon père. Je suis maintenant plus âgé qu’il ne l’était quand il a été tué. Je viens juste de me marier et mon épouse est enceinte – et en fait, mon père a été assassiné juste après avoir fécondé ma mère de moi. Mais je vis encore, chaque jour et chaque minute de ma vie, avec son image qui me regarde, qui corrige mon comportement et me dit ce qu’il faut faire ».
Confisquer les corps des Palestiniens tués et ajouter des restrictions douloureuses au chagrin de leurs familles n’ont rien à voir avec la sécurité israélienne, il s'agit uniquement de répondre à l’objectif pernicieux de leur imposer des souffrances pour son propre plaisir : punir la communauté palestinienne en la privant de participer au processus normal de deuil. Les conséquences en sont que les cercles de douleur s’élargissent. Pour les familles elles-mêmes, leur deuil entravé et rendu compliqué crée des distorsions cognitives et une injection de culpabilité, il leur impose la définition israélienne du défunt comme criminel ou terroriste. Mais pour chaque famille en Palestine, la mort de ces jeunes combattants et la brutalisation des survivants sont des armes puissantes qui sapent la sécurité psychologique de tous.
Quel que soit le jugement que nous portons sur leurs actions spécifiques, ces jeunes combattants ont été pris entre la violence de l’occupant et l’impuissance de la direction palestinienne. Ces jeunes combattants ont agi avec désintéressement, ne recherchant ni profit ni renommée personnels. Ils ont exprimé la colère et la frustration que ressentent tous les Palestiniens. Leur impulsion a été d’offrir leur aide, de l’unique façon qu’ils estimaient possible. Leurs expériences, leurs émotions, et leurs intentions doivent être identifiées, comprises et validées avant que le débat sur leurs actions puisse acquérir une légitimité.
Après tout, c’est le sacrifice de quelques-uns qui nourrit l’espoir de la libération. Leurs familles et l’ensemble de la communauté palestinienne doivent reconnaître l’énormité de la perte de nos enfants, rétablir les souvenirs positifs qu’elles ont d’eux, et redire l’histoire de leur mort. À travers cela, nous devons affirmer notre amour profond pour ceux qui sont morts au nom de la Palestine. À tout le moins, un processus pour une mémoire nationale palestinienne peut réduire l’isolement des familles endeuillées et transformer leur perte personnelle en une expérience de signification collective.
 


Samah Jabr est psychiatre et psychothérapeute, jérusalémite, elle se préoccupe du bien-être de sa communauté bien au-delà des questions de santé mentale. Elle écrit régulièrement sur la santé mentale en Palestine occupée.
 
https://www.middleeastmonitor.com/articles/middle-east/24146-frozen-in-their-grief-on-the-bereavement-of-palestinian-families
Traduction : JPP pour Les Amis de Jayyous
 

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