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Les Palestiniens ont besoin d'espoir, pas de calme

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Les Palestiniens ont besoin d'espoir, pas de calme Les Palestiniens ont besoin d'espoir, pas de calme
John V. Whitbeck,  The Palestine Chronicle
 
Le gouvernement israélien ne veut pas leur laisser le moindre espoir et l'Autorité palestinienne n’a pas les moyens de leur en donner.
 
Depuis le début de l’explosion actuelle de violence en Israël et en Palestine occupée, de nombreux dirigeants étrangers, ainsi que le Conseil de sécurité des Nations unies, ont insisté sur l‘urgence de rétablir le « calme ». Au lieu d’appels au calme, un euphémisme pour la soumission palestinienne, il faudrait plutôt redonner un véritable espoir de liberté aux Palestiniens par des mesures de justice crédibles et efficaces.
 
Le gouvernement israélien ne veut pas leur laisser le moindre espoir et l'Autorité palestinienne n’en a pas les moyens.
 
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis lors de sa campagne de réélection qu'il n'y aurait jamais d’Etat palestinien indépendant pendant son mandat, tandis que le président palestinien Mahmoud Abbas, après avoir promis qu'il allait larguer une « bombe » lors de son discours à l'Assemblée générale de l'ONU le mois dernier, a, au contraire, lâché un pétard mouillé. Ceux qui ont vécu toute leur la vie sous l’égide d’un « processus de paix » destiné à maintenir le statu quo qui se traduit par un projet de colonisation métastasant qui dévore leurs terres, et une infinité d’humiliations quotidiennes, ont bien des raisons de désespérer.
 
On peut énumérer de nombreux obstacles à la « paix » israélo-palestinien, mais l'obstacle le plus important à la fin de l'occupation qui est maintenant dans sa 49e année, est tout simplement la nature humaine. Les gens acceptent rarement de voir leur vie changer de manière significative, sauf s’ils croient que ce changement va améliorer grandement la qualité de leur vie.
 
Comment les Israéliens juifs peuvent-ils être amenés à penser que la fin de l'occupation améliorera leur qualité de vie?
 
Ces dernières années, les Israéliens juifs ont, tout naturellement et avec raison, considéré le statut quo comme le meilleur des mondes possibles. Ils ont joui de la paix, de la prospérité, du soutien économique et militaire indéfectible de l'Occident et de la protection diplomatique américaine inconditionnelle, alors que les Palestiniens, hors de vue et loin des pensées, enduraient l'occupation, l'oppression, l'appauvrissement et la violence fréquente, et souvent mortelle, de l'armée israélienne et des colons israéliens.
 
La situation confortable dont jouissaient les Israéliens juifs, du fait que l’occupation ne leur coûtait pratiquement rien et ne leur causait aucun souci, doit changer. Elle peut changer de deux manières, soit grâce à la pression économique et politique non violente du monde occidental, soit du fait de l'insécurité violente générée par le peuple palestinien occupé.
 
Les Etats européens pourraient imposer de fortes sanctions économiques à Israël jusqu'à ce qu'il respecte le droit international et les résolutions de l'ONU et se retire complètement de la Palestine occupée. Les Etats européens pourraient aussi appliquer des règles strictes de visa à tous les Israéliens qui veulent venir en Europe, les obligeant à fournir la preuve claire et documentée qu'ils ne vivent, ni ne travaillent, en Palestine occupée.
 
Si l’on en juge par les années que l'Union européenne a passé à s’angoisser sur l’étiquetage correct des produits des colonies illégales vendus en Europe, on ne peut guère espérer que les politiciens européens trouvent bientôt intérêt à jouer un tel rôle principiel non-violent et constructif.
 
Malheureusement, cela nous laisse seulement avec l’option de l'insécurité violente. Il est hors de question d’encourager la violence contre les civils, et on ne peut qu’espérer que les violences soient limitées et qu’elles aient des résultats constructifs. La violence « couteaux-et-tournevis » de basse technologie actuelle, qui engendre beaucoup de peur et d’anxiété mais fait relativement peu de victimes israéliennes juives, est peut-être, de toutes les violences capables de produire le changement nécessaire dans la perception des Juifs israéliens de leurs propre intérêt, celle qui est la plus efficace et la moins dangereuse.
 
Si ces attaques, apparemment aléatoires et imprévisibles, contre les Israéliens juifs devaient se poursuivre sur une longue période de temps, elles pourraient bien pousser un nombre significatif de Juifs israéliens à en conclure que l'occupation et l'oppression perpétuelle ne sont pas le meilleur des mondes possibles pour eux non plus et que leur qualité de vie serait meilleure s’ils mettaient fin à l'occupation et permettaient au peuple palestinien de jouir de la même liberté et de la même dignité humaine - que ce soit dans deux états ou dans un seul - que les Israéliens juifs exigent pour eux-mêmes.
 
Il est bien triste d’être obligé de se rendre à l’évidence que tant que  des vies juives ne sont pas menacées, les Israéliens juifs et le monde occidental ont tendance à penser que l'occupation n’est pas un problème. Maintenant que des Juifs - et bien plus encore de Palestiniens - ont perdu la vie, et que tout laisse à penser que d'autres la perdront dans les semaines qui viennent, il faut absolument profiter de l'attention du monde entier pour promouvoir une nouvelle perception du futur, afin que toutes ces vies n’aient pas été perdues pour rien.
 
Si la violence actuelle se poursuit assez longtemps pour être considérée comme une « Intifada », il faudra lui donner le nom de « Intifada des enfants ». Désespérant de jamais jouir d’une vie qui ait un sens, les jeunes et même les enfants choisissent, de leur propre initiative, de rechercher ce qu'ils perçoivent comme une mort qui a un sens. Ce désespoir tragique ne peut être dissipé que par l'espoir.
 
Quand la violence se terminera, cela ne doit pas être parce que le peuple palestinien a été forcé de retourner dans sa cage et de se rabattre sur un « processus de paix » frauduleux qui ne mène nulle part. Cela doit être parce que les jeunes Palestiniens ont enfin des raisons, crédibles et authentiques, d’espérer qu’ils seront bientôt libres et traités avec justice.
 
John V. Whitbeck est un homme de loi d’envergure internationale qui a conseillé l'équipe de négociation palestinienne dans les négociations avec Israël.
 
Traduction : Dominique Muselet
 
http://www.palestinechronicle.com/palestinians-need-hope-not-calm/
 

Alter Info l'Information Alternative

Turquie: Gormez met en garde Israël contre toute division de la Mosquée al-Aqsa

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Le président des Affaires religieuses turques, Mehmet Gormez, a mis en garde Tel Aviv, contre toute tentative de diviser la Mosquée al-Aqsa, spatialement et temporellement, dans le contexte des récentes incursions israéliennes répétées dans les lieux sacrés de l'islam. Le responsable turc a, par ailleurs, considéré, que l'effondrement de l'Empire ottoman, il y a près d’un siècle, a constitué un prélude à la fondation d’Israël.
Turquie: Gormez met en garde Israël contre toute division de la Mosquée al-Aqsa «Israël vise à diviser la Mosquée al-Aqsa spatialement et temporellement, or il s’agit d’une ligne rouge pour tous les Musulmans vivant dans la région», a déclaré Mehmet Gormez, dans un entretien avec Anadolu, soulignant que «la Présidence des Affaires religieuses turques, ne peut accepter la division».
Il a poursuivi: «La question d’al-Aqsa, n’est pas seulement d’ordre historique et culturel, pour la Turquie. Il s’agit d’une question de foi et de croyance, liée à l’identité même des Musulmans».
«Le monde islamique est entouré d’une ligne de feu. L’incendie couve dans de nombreuses capitales musulmanes, marquées par les affrontements, l'extrémisme, et la destruction. Mais l’origine du mal, la source des problèmes est à trouver dans l'occupation par Israël des territoires palestiniens, et de la Mosquée al-Aqsa» a affirmé Gormez.
Il a ajouté : «Il y a eu les guerres du Golfe, l’occupation américaine de l’Irak (2003-2011), et les problèmes en Syrie (qui se poursuivent depuis 2011), et d’autres encore. Mais la raison principale réside dans l’occupation israélienne. Parce que le système des Nations Unies, et les grandes puissances se focalisent sur la sécurité d'Israël, et oublient les millions de Musulmans».
À cet égard, le responsable turc a considéré la focalisation internationale sur la sécurité d'Israël, comme «le plus grand problème», soulignant que «l'effondrement de l'Empire ottoman il y a près d’un siècle a constitué un prélude à la fondation d'Israël (1948), qui a tout détruit après l'occupation de la Palestine (la même année), poussé de nombreux Palestiniens à l’exil aux quatre coins du monde, divisé Jérusalem (Est et Ouest), et édifié un nouveau mur de Berlin (en référence au mur de séparation en Cisjordanie)».
Le président des Affaires religieuses turques s’est félicité de l’initiative des «frères et sœurs retranchés dans la Mosquée al-Aqsa [Mourabitoun] », et a condamné «ceux qui occupent la Mosquée, et qui y entrent avec leurs chaussures».
«Les incursions des Israéliens avec leurs chaussures à al-Aqsa, blessent gravement les croyants. Ils jouent avec le feu, comme l’a déclaré le Président [dirigeant turc Recep Tayyip Erdogan] » a-t-il martelé.
Au sujet de l’expansion des organisations «extrémistes» dans de nombreux pays islamiques et de la région, Mehmet Gormez a déclaré: «Nous devons examiner comment ces organisations sont apparues. Nous pouvons observer le phénomène dans un Etat comme l’Afghanistan, qui était à l’origine, plutôt modéré» a-t-il affirmé, rappelant que ce pays «a été le foyer du soufisme islamique, et a engendré de nouveau ulémas et soufis».
Le responsable turc a, cependant, poursuivi: «Mais après l'occupation soviétique (1979-1988), puis américaine (2001-2014) de l'Afghanistan, sont apparus les Talibans et al-Qaïda. On ne peut donc affirmer qu’il s’agit d’une création afghane, mais d’entités dont l'occupation des puissances étrangères a permis l’émergence».
«Il n’est, toutefois, pas rationnel de considérer les seuls facteurs externes. Il y a également des motivations internes, dont l’émergence d’une mauvaise compréhension de l'Islam et des textes religieux. Ils [les organisations extrémistes] se concentrent sur la lettre, et délaissent l’essence des textes, et émettent aveuglément des fatwas. Ce qui est catastrophique», a-t-il affirmé.
Il a souligné que ces organisations «se trompent dans leur compréhension du djihad, jettent l’anathème sur ceux qui ne pensent pas comme eux, et appellent à les tuer. Il s’agit d’une grande discorde [fitna]. La seule solution est de parvenir à une véritable compréhension de l’Islam».
A cet égard, le président des Affaires religieuses a appelé les jeunes musulmans à s’intéresser à leur religion, leur foi, et leur histoire, pour parvenir à comprendre véritablement le Coran, et la Sunna».
Quant à l’organisation, par son département, de nombreuses conférences au profit de savants et d’hommes de religion, issus du monde entier, dont le congrès des Ulémas d’Asie et du Pacifique, tenu mardi dernier, Mehmet Gormez a indiqué que l’objectif de ces initiatives est «d’unifier la Oumma [Nation Islamique], parce que l’Islam est fondé sur l’Unicité [de Dieu] et l’unification des positions [des croyants]».

Alter Info l'Information Alternative

Iran-Israël : de futurs alliés?

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(Article de 2013) Pour l’avocat international*, les deux pays sont voués à se rapprocher face à la montée en puissance de l’islam djihadiste sunnite au moyen-Orient.
Iran-Israël : de futurs alliés?
A première vue, rien ne destine l’Iran et Israël à un rapprochement. La question du nucléaire iranien, au coeur des enjeux internationaux depuis une dizaine d’années, ne cesse d’exacerber les sentiments.
Etonnamment, l’échec de la rencontre d’Almaty, début avril, entre l’Iran et les membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU plus l’Allemagne, n’a pas remis au goût du jour la menace de frappe militaire contre les installations iraniennes. John Kerry a même déclaré que la voie diplomatique continuait d’être la voie à privilégier.
En fait, les protagonistes attendent le résultat de l’élection présidentielle iranienne du mois de juin prochain, qui mettra à la tête de l’Iran un nouveau visage plus présentable face à la communauté internationale. En Effet, l’isolement de l’Iran et la détresse économique du pays du fait des sanctions sont tels qu’à l’unanimité les élites du pays veulent en sortir. Tous savent que la voie vers Washington passe par Israël et un accord sur le nucléaire.
Or, dans ce ménage à trois entre Israël, les Etats-Unis et l’Iran, il y a eu l’irruption brutale de l’hiver islamiste arabe. Le regard que l’Iran porte sur son voisinage est le même regard inquiet que les Israéliens et les Américains portent sur l’évolution du monde arabo-musulman. Ces trois pays concentrent sur eux la haine des intégristes salafistes et des Frères musulmans. Il suffit aux Israéliens de regarder au-delà de leurs frontières pour voir la Syrie graduellement se transformer en un laboratoire d’al-Qaida, contrôlé par des mouvements comme le Jabhat al-Nosra, qualifié d’organisation terroriste par les Amériains. De regarder en direction de la Jordanie pour y voir la montée graduelle des Frères musulmans. D’ailleurs, les gardes frontières israéliens sont pris pour cibles par les rebelles islamistes sur le Golan. Les Américains ont reçu, eux, la réponse du discours d’Obama au Caire dans les balles ayant pris pour cible leur ambassadeur en Libye.
Les Iraniens contemplent avec une égale crainte l’évolution de leur voisinage. Certes, leur soutien à Damas est motivé par leur volonté de garder au pouvoir un de leurs rares alliés arabes, mais il n’y a pas que ça. Il est clair que le conflit syrien devient de plus en plus à caractère religieux. C’est ainsi que le mot d’ordre à Bagdad proclame que si le dictateur Assad devait tomber, les chiites devraient se battre pour leur survie devant les barricades des villes saintes chiites de Nadjaf et de Karbala. Le soutien sans faille apporté par les pétromonarchies du Golfe Persique aux rebelles islamistes en Syrie n’a échappé ni aux Iraniens ni aux Israéliens. Ces derniers, en effet, se souviennent tout particulièrement du soutien financier des 400 millions de dollars apportés par l’émir du Qatar au Hamas lors de sa visite d’il y a quelques mois à Gaza. Visite célébrée par le Hamas avec le lancement de 89 missiles Katioucha sur le territoire israélien. Le chef historique de ce mouvement, Khaled Mechaal, réélu à ses fonctions, a son siège à Doha, à l’instar des talibans, et non plus à Damas.
De même, Israël est en manque d’alliés dans la région. Il est difficile de considérer l’Egypte, avec l’avènement du Frère musulman Morsi, comme la continuité du soutien sans faille de Moubarak. La Turquie, pour sa part, poursuit la politique néo-ottomane de son ministre des affaires étrangères Davutoglu, avec comme résultat non pas la politique proclamée de “zéro voisin sans problème”. Alors que, sur l’insistance du président Obama, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a présenté ses excuses à Erdogan pour l’affaire de la flotille pour Gaza, ce dernier lui a réservé un accueil froid, contraignant John Kerry à faire escale à Ankara afin de tenter une nouvelle médiation.
L’Iran est sur le point d’enclencher son grand retour sur le devant de la scène internationale qui coïncide avec l’éruption d’un islam djihadiste sunnite. Cette expression d’un islam radical prend pour cible indifféremment tant Israël que l’Iran chiite. Il s’agit là d’un premier point de convergence qui ne manquera pas de marquer un rapprochement entre Iran et Israël…
* Dernier ouvrage : “Iran-Israël, Juifs et Perses”, Nouveau Monde, 2013
Posté le 8 mai 2013

Alter Info l'Information Alternative

Impérialisme moderne: Guerre de religion israélo-palestinienne

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Impérialisme moderne: Guerre de religion israélo-palestinienne
Le conflit israélo-palestinien est maintenant une guerre de religion
 
Gilad Atzmon
 
12 Octobre 2015
 
url de l’article original:
http://www.gilad.co.uk/writings/2015/10/12/op7gcrtkwdxga74jyxrxm85o9kgeou
 
~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~
 
Il y a deux jours, j’ai écrit que le conflit israélo-palestinien était devenu une guerre de religion et que notre compréhension de cette bataille doit évoluer pour bien saisir cette nouvelle réalité. Mon observation a semblé être raisonnable pour beaucoup. Dès que j’eus publié mon article, la chaîne de télévision iranienne anglophone Press TV m’a appelé et m’a demandé de commenter sur le sujet dans un de leurs programmes. Beaucoup de Palestiniens m’ont contacté pour me remercier d’avoir dit cela et en fait ce qu’ils pensaient être une description juste de leur situation sur le terrain.
Quoi qu’il en soit, quelques uns de mes amis et supporteurs, incluant quelques Palestiniens de la diaspora, furent réellement offensés et perturbés en lisant mon article sur la situation. Leur argument était que la quête des Palestiniens pour leur terre n’a pas besoin d’une autorité religieuse pour la légitimiser. Un autre argument fut que voir le conflit comme une bataille religieuse n’est “pas bon pour le mouvement de solidarité”.
Bien entendu, je crois également que le droit palestinien à leur terre est enraciné éthiquement et universellement et n’a pas besoin de plus de justification, qu’elle soit religieuse ou séculière. La transformation du conflit en une guerre de religion ne fut pas causée par les Palestiniens cherchant une autorité pour approuver leur cause. Tandis que je ne me préoccuppe pas beaucoup du “mouvement de solidarité” et de ses “intérêts”, je suis profondément concerné par le sujet de la solidarité palestinienne, à savoir des Palestiniens et de leurs projets de vivre sur une terre qui soit la leur.
Un conflit religieux est un conflit dans lequel les actions et la rhétorique du conflit sont dominées par des idéologies religieuses, une argumentation et un symbolisme religieux. Ceci ne veut pas dire que tous les gens ou même la plupart des gens impliqués dans le conflit soient religieux ou religieusement motivés. Il est très possible qu’une majorité d’Israéliens s’opposent aux assauts sans relâche des colons messianiques sur la mosquée Al Aqsa, ce qui a mené aux escalades récentes. Pourtant, ces assauts perpétrés par ces activistes fanatiques religieux juifs ont maintenant moulé le conflit. Ceci ne s’applique pas seulement aux Israéliens. Il semble que la mosquée Al Aqsa soit devenue le symbole de l’unification des Palestiniens. Et cette unification a été un développemet positif pour ceux-ci. Tandis qu’il est apparu pendant un moment qu’Israël avait réussi à briser les Palestiniens et leur capacité de lutte en tant que peuple, l’assaut actuel juif sur Al Aqsa a unifié les Palestiniens et les Arabes et pas seulement les musulmans.
Qu’est-ce qui fait peur aux activistes du mouvement de solidarité dans ce développement ? Pourquoi nos marchants de gauche de la solidarité palestinienne ont ils peur de l’Islam et des religions en général ? Est-il si difficile de voir que le Shaïd qui crie “Allah u akhbar” tout en commettant son acte de martyr est religieusement motivé ? Une activiste très dévouée m’a écrit qu’il était impossible de défendre l’Islam dans l’amérique juive (sioniste) d’aujourd’hui. “Dur, dur” fut ma réponse; ceux qui soutiennent la Palestine doivent reconnaître les Palestiniens pour ce qu’ils sont plutôt que d’assayer de les faire correspondre aux ligne de l’ADL (NdT: Anti-Defamation League, l’équivalent yankee de la LICRA) ou de l’AIPAC (NdT: American Israeli Public Action Committee, le lobby sioniste américain dont le CRIF en France s’inspire grandement…). Mais je pense que le problème est bien plus grand et est bien plus profondément enraciné.
Si j’ai raison et que le conflit s’est maintenant transformé en guerre de religion (et j’ai toujours raison…), alors nous pouvons mettre à la poubelle toute la terminologie futile qui nous a été imposée par les activistes juifs progressistes. Les mots “colonialisme”, “colonialisme d’occupation”, “apartheid”, “un état/deux états”, “sionisme” etc, etc pourraient bien être obsolètes pour comprendre le conflit. Tout ce à quoi cette terminologie fait converger est la fausse image que le conflit est de nature politique et qu’une solution politique est dûe à un moment donné imaginaire du futur. Mais au contraire des disputes politiques, les conflits religieux ne sont jamais résolus par des solutions et moyens politiques, au mieux, ils disparaissent pour un moment.
Si le conflit israélo-palestinien est un conflit religieux, alors l’étude attentive de l’ancien testament, du talmud et des autres textes judaïques doit nous réveler ce qu’est l’état hébreu dans sa forme actuelle et quel est son objectif. L’Armaguédon est clairement une réponse valide. Ceci est la réponse offerte par les colons jiifs qui attaquent Al Aqsa. Un état de guerre totale est leur mission. Pas exactement une vision pacifique et œucuménique du monde, qui a tant besoin de tolérance universelle et de réconciliation. Pour les juifs fanatiques qui attaquent la montagne du temple, la coexistence n’est absolument pas une option. Pour eux, la célébration du choix est la véritable interpétation de l’appel judaïque. Je ne dirais pas que c’est la seule interprétation du judaïsme, mais c’est certainement l’interprétation judaïque qui façonne le conflit en ce moment.
Et si ce conflit israélo-palestinien est devenu de fait une guerre de religion, nous devons alors considérer de changer d’approche. Plutôt que de s’engager dans un activisme poli et cosmétique qui conforte quelques juifs, nous devons appeler ouvertement pour une dissolution pacifique de l’état juif. Cet élément cancéreux a déstabilisé la totalité du Moyen-Orient et est la plus grande menace à la paix mondiale.
L’expérience impérialiste britannique (NdT: Israël…) doit prendre fin immédiatement.

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La mosquée : 
encore une autre bataille dans la lutte pour la libération nationale

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La mosquée : 
encore une autre bataille dans la lutte pour la libération nationale La mosquée :

encore une autre bataille dans la lutte pour la libération nationale
Samah Jabr
13 octobre 2015
 
Si la lutte pour le sanctuaire d’Al-Aqsa est perçue en Occident comme une cause alimentée par un Islam fanatique, les Palestiniens la perçoivent comme une bataille parmi d’autres dans leur lutte contre une occupation coloniale et ses injustices et violations incessantes des droits humains fondamentaux.
Il est indéniable que beaucoup d’entre nous considèrent Al Aqsa comme sainte et sacrée, même si le Président palestinien considère comme sacrée la coordination de la sécurité avec Israël ! Mais même ces Palestiniens qui ne voient pas en Al Aqsa un lieu saint le considèrent comme un magnifique monument historique national, qui leur fournit des souvenirs de ces pique-niques auxquels nous avions l’habitude de participer avec nos grands-mères quand nous étions jeunes, et comme un immense atout pour les enfants qui autrement seraient privés d’un endroit pour jouer. Le sanctuaire d’Al Aqsa continue d’être un foyer, un lieu d’attachement chaleureux, et un sanctuaire psychologique pour les Palestiniens – qu’ils soient ou non musulmans pratiquants –, contraints de vivre sous un système d’apartheid qui fait d’eux des étrangers dans leur propre ville.
Au beau milieu de cette lutte pour préserver l’identité de la mosquée et du sanctuaire comme musulmane et arabe-palestinienne, les Palestiniens se trouvent de plus en plus isolés des régimes et institutions arabes et musulmans défaillants de toute la région. Le Président égyptien vient de rouvrir l’ambassade israélienne en Égypte et il a appelé, depuis la tribune des Nations-Unies, à l’expansion de l’accord de paix égyptien avec Israël en y intégrant les autres pays arabes.
Les modifications israéliennes du statut d’Al Aqsa incluent l’imposition d’heures de visite séparées pour les musulmans et pour les juifs, et l’expansion des travaux d’excavation secrets sous la mosquée. Ces modifications interviennent en violation de l’accord de paix de 1994 entre les autorités jordaniennes et israéliennes donnant aux premières le contrôle sur le sanctuaire, parmi d’autres sites islamiques ; la réticence jordanienne à réagir face à ces violations n’est qu’une invitation à Israël à s’approprier le site. Israël viole déjà, et le droit international, et les sept résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies qui condamnent la tentative d’Israël d'annexer Jérusalem-Est – notamment les Résolutions 478 et 476 qui dénoncent la proclamation, par Israël, de Jérusalem comme sa capitale éternelle et indivisible.
Ce ne sont plus seulement les extrémistes israéliens qui poussent à l’appropriation du sanctuaire et de l’enceinte de la mosquée. Les déclarations sur la démolition des sites islamiques en tant que sites païens, et sur la reconstruction du Mont du Temple en leur lieu et place, ne sont plus un discours chez les jusqu’au-boutistes uniquement. Des ministres et des membres de la Knesset, tels que le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, le ministre de l’Agriculture Uri Ariel, et la membre de la Knesset Miri Regev, exigent maintenant de changer le statu quo afin de permettre aux juifs de venir prier dans le sanctuaire. Tsypi Hotovely, autre membre de la Knesset, qui a marqué son dernier jour de femme célibataire par une visite au sanctuaire, a pris une photo devant le Dôme du Rocher, se référant à lui comme au « site le plus sacré du judaïsme ». Moshe Feiglin, vice-président du parlement israélien, du parti Likoud, a déclaré il y a un an : « Je ne demande pas l’égalité au Mont du Temple ; il n’y a aucune égalité – il est à nous, et à nous seuls ». En outre, le mouvement religieux qui se développe rapidement profite du soutien israélien, gouvernemental, politique et financier – de même que du soutien des forces militaires israéliennes. Pendant ce temps, les autorités israéliennes font tout ce qu’elles peuvent pour interdire aux organisations et institutions palestiniennes musulmanes, tels le Murabiteen, le Murabitat et le mouvement islamique en Israël, toute action juridique et pacifique pour protéger l’identité musulmane du site.
Les craintes des Palestiniens à propos de la mosquée ne sont pas déconnectées de la réalité. En 1967, dans les deux premiers jours de l’occupation de Jérusalem-Est, l’armée israélienne a entrepris précipitamment la démolition du quartier palestinien appelé Quartier marocain, dans la Vieille Ville, et celle de la mosquée Sheikh Eid, qui avait été construite sur l’École Afdalieh, l’une des plus anciennes écoles islamiques. Tout cela a été détruit pour ouvrir l’espace pour la place du Mur des Lamentations. Plus de cent familles palestiniennes ont reçu l’ordre de quitter leurs maisons, et celles qui ont refusé ont été ensevelies sous leurs propres maisons quand les bulldozers ont rasé le quartier.
En 1994, la déclaration sur l’importance juive revendiquée pour la mosquée Ibrahimi a provoqué un massacre de fidèles palestiniens et une division spatiale de la mosquée. Peu après, les autorités israéliennes ont fermé 520 entreprises autour de la Vieille Ville et fermé aux Palestiniens la principale route qui traverse la ville afin de sécuriser un passage par un usage exclusif pour la population juive.  
Les craintes des Palestiniens se fondent sur l’expansion juive rapide dans la ville, la construction de petits commerces et du « Musée de la Tolérance » sur le cimetière islamique historique de Mamanullah, l’appropriation de maisons à Silwan et Sheikh Jarrah, et la réalisation du tramway et des téléphériques sur la terre palestinienne afin de rendre plus accessible la Vieille Ville de Jérusalem aux colons. Pendant ce temps, les Palestiniens sont traités comme des résidents temporaires dans la ville de leurs grands-parents, et punis pour leur lien biologique avec tous ceux qui défient l’occupation par la démolition de leurs maisons et la privation de leurs cartes de résidence.
Les sentiments pandémiques de l’islamophobie ont fait que la communauté internationale – qui a décriée bruyamment la destruction de ruines et de temples antiques par les Talibans et ISIS – que cette communauté internationale est devenue sourde et muette devant les destructions israéliennes.
Les autorités israéliennes offrent librement leur concours aux groupes religieux et aux bandes de colons pour qu’ils s’approprient tout Jérusalem, en refusant aux Palestiniens de la Cisjordanie et de la bande de Gaza occupées l’accès à la ville et à ses lieux saints. Même les habitants palestiniens de Jérusalem-Est sont séparés par des restrictions sur le sexe et l’âge quand ils souhaitent entrer à la mosquée et ils sont contraints de laisser leurs papiers d’identité à la porte, pour les récupérer un moment plus tard à un poste de police.
Israël a fait tout ce qu’il a pu pour briser le lien spirituel et émotionnel des Palestiniens avec Jérusalem. Mais leur politique a conduit à l’effet inverse. La lutte pour la mosquée qui s’est engagée dans chaque ville, chaque commune et chaque village de la Palestine, démontre aujourd’hui que nous sommes conscients qu’il ne s’agit pas seulement de culte ou de religion, mais qu’il s’agit aussi de résister à une occupation illégale qui resserre son emprise sur Jérusalem-Est, qui s’empare de ce qui est le plus précieux pour tous les Palestiniens, qu'ils soient chrétiens ou musulmans.
 
 
 
 
Samah Jabr est Jérusalémite, psychiatre et psychothérapeute, dévouée au bien-être de sa communauté, au-delà des questions de la maladie mentale.
 
Traduction : JPP pour les Amis de Jayyous
 
 

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