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Les principaux acteurs de la politique au Moyen Orient ont montré l’étendue de leurs capacités géostratégique.
De l’Arabie saoudite à l’Iran, en passant par la Turquie et le Qatar, jusqu’aux Etats-Unis, chaque pays a joué ses cartes.
Moyen Orient : l’Iran nouveau partenaire des Etats-Unis au grand dam de l’Arabie
L’Iran vient de parvenir à un accord avec les puissances occidentales sur le nucléaire. Un objectif que s’étaient fixés depuis longtemps américains et iraniens pour officialiser un partenariat stratégique au Moyen Orient.

Depuis de nombreuses années, le « Grand Moyen Orient » de George Bush est dans un chaos total. Les guerres en Afghanistan puis en Irak ont fini de révéler le jeu double de l’Iran et sa volonté hégémonique au détriment de l’Islam et des musulmans. Les « révoltes arabes » ont été majoritairement un échec pour les peuples autochtones tandis que chaque jour la situation se dégrade au Shâm (Irak-Syrie).

Les principaux acteurs de la politique au Moyen Orient ont montré l’étendue de leurs capacités géostratégique dans une guerre régionale interminable. De l’Arabie saoudite à l’Iran, en passant par la Turquie et le Qatar, jusqu’aux Etats-Unis, chaque pays a joué ses cartes, officiellement ou officieusement. De ces confrontations diplomatico-militaires en résulte aujourd’hui une guerre ethnico-religieuse où sunnites, kurdes et perso-chiites jouent leur avenir sur peut-être des siècles.

De ce « grand chaos » en ressort aussi une politique américaine du diviser pour mieux régner souhaitant désormais officiellement s’appuyer sur l’Iran chiite pour contrer toute puissance sunnite capable d’aspirer à un projet politico-religieux anti-américain.

Iran et Etats-Unis : du militaire à l’économie même combat

Les récents accords trouvés entre occidentaux et iraniens sur le nucléaire ne sont qu’une petite partie du jeu géostratégique américain dans la région. Si depuis plusieurs années la rédaction Islam&Info insiste pour démystifier la dite « résistance à l’Empire irano-chiite », c’est évidemment parce que des indices voire des preuves ont été nombreuses ces dernières années. Mais entre suivre des gourous et réfléchir soi-même, il y a un monde.

Au delà de la redondance de l’histoire perso-chiite dans la région et de ses nombreuses trahisons aux différents Califats face aux forces extérieurs (Francs lors des croisades, soutien à l’invasion Mongole), le néo-empire Perse a démontré sa coopération avec les néo-conservateurs américains lors des différentes invasions américaines post-11 Septembre. Aujourd’hui il en est de même en Irak, où les Etats-Unis ont « donné les clés du pays à l’Iran » (voir entretien de Myriam Benraad dans le journal Libération) et en Syrie où les milices chiites irako-libanaises s’en prennent à la population sunnite et aux rebelles syriens. De l’armement jusqu’au commandement, les forces chiites, qui ont largement participé à la confessionnalisation du conflit, prennent leurs ordres à Téhéran.

Au niveau économique, les Etats-Unis profitent du retrait des principales firmes étrangères pour se réimposer comme le principal partenaire de l’Iran. Les entreprises américaines n’ont pas attendu les accords sur le nucléaire pour débuter leurs négociations. Que ce soit dans l’informatique, l’automobile ou le pétrole, Wall Street est prête à tout rafler pour le plus grand bonheur des autres pays, forcés par l’Empire américain de participer à l’embargo malgré les conséquences désastreuses sur leur économie. (voir l’exemple de la chute de Peugeot-Citroën)

Le grand perdant…

Le grand perdant de ces nouveaux accords est évidemment l’Arabie Saoudite, principal allié avec Israël des Etats Unis dans la région. La monarchie Saoudienne, qui a démontré son incapacité à soutenir les populations sunnites en Irak, Syrie et Yémen, est désormais au pied du mur à l’heure où son principal ennemi redevient un allié de poids des occidentaux. Ces dernières années ont démontré aux américains que malgré l’embargo, la diplomatie iranienne avait plus de poids dans la région que les Saouds. A Téhéran, on n’hésite plus à se féliciter de l’influence grandissante de la « révolution islamique iranienne » dans la région suite à la prise de 4 capitales arabes avec Damas (Syrie), Bagdad (Irak), Beyrouth (Liban) et dernièrement Sanna (Yémen) suite à la passivité incompréhensible de l’Arabie devant les rebelles houthis.

L’Arabie Saoudite n’est plus un allié indispensable aux américains depuis que le Gaz de schiste permet aux US autosuffisance et première place en terme de production de pétrole. La monarchie saoudienne est même un ami de plus en plus gênant pour les Etats-Unis qui ont du mal à expliquer au monde leur lutte contre l’organisation jihadiste « Etat Islamique » et leur alliance avec le foyer du « wahabisme ». Malgré les efforts de libéralisation de la politique saoudienne, les Saoud restent une épine dans le pied des diplomaties occidentales qui pourraient très bien demain se passer d’eux voire les remplacer par d’autres princes ou familles plus conciliantes… Qui aurait parier sur tant de bouleversements dans le monde arabe en moins de 5 ans ?…

Et Israël dans tout ça…

Sous l’air Ahmadinejad, les tensions entre israéliens et iraniens apparaissaient comme importantes. Cependant, concrètement rien ne permet d’affirmer que l’Iran avait une véritable volonté de s’en prendre aux intérêts israéliens. La preuve en est : la sécurisation des frontières d’Israël par le Hezbollah depuis des décennies sans aucun débordement majeur malgré les bombardements israéliens contre les positions de la milice chiite libanaise aux mains de Téhéran. Cette dernière a préféré s’en prendre aux rebelles syriens sunnites et ainsi défendre la dictature d’Al Assad, faisant ainsi son rôle de chair à canon pour la protection des intérêts du néo Empire Perse. Le colonialisme israélien a des beaux jours devant lui…

Empire Perse VS Califat Ottoman ?

L’Iran apparaît donc désormais officiellement comme le nouvel allié de l’Occident au Moyen Orient au détriment de la monarchie saoudienne. Les Etats-Unis activent la carte de la division ethnico-confessionelle pour mieux empêcher toute émergence d’une force islamique sunnite anti-américaine capable de répondre aux défis du 21ème.

La Turquie d’Erdogan de son côté semble la dernière puissance musulmane capable de réagir face à la résurgence de l’Empire Perse Chiite. La militarisation des kurdes à sa frontière par les occidentaux peut être un déclic de taille bien que l’ex-capitale du Califat soit depuis des années entre les mains de l’OTAN, organisation militaire sous contrôle américain…

Sami ZEÏD
Co-fondateur d’Islam&Info

Source: http://www.islametinfo.fr/2015/07/14/moyen-orient-liran-nouveau-partenaire-des-etats-unis-au-grand-dam-de-larabie/

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