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Nicolas Sarkozy est en Tunisie pour une visite de trois jours pour livrer "un message de soutien" après les deux attentats sanglants du Bardo et de Sousse, intervenus à moins de 100 jours d’intervalle. L’ancien président français sera reçu par les hauts responsables de l’Etat, avec qui il évoquera notamment la question du terrorisme, outre les flux migratoires et la coopération économique.
Tunisie/ Terrorisme : Le double-jeu des Européens !
Le leader de la droite française vient chez nous pour prêcher la bonne parole, autrement dit exprimer son soutien pour le gouvernement et le peuple tunisien dans leur lutte contre le terrorisme, et dire le rôle et l’impératif de la France de venir en aide à la Tunisie dans son combat contre ce fléau. Un classique s’il en est. Mais, doit-on rappeler à celui qui s’apprête à briguer un prochain mandat à la présidentielle française de 2017, sa responsabilité morale et militaire dans l’exacerbation du terrorisme en Tunisie, en Libye et dans la région.

Nicolas Sarkozy est l’instigateur de l’intervention de l’OTAN en Libye, laquelle a précipité ce pays dans le chaos, marqué la militarisation de la révolution libyenne et semé les graines de la guerre civile chez notre voisin du sud.

Si Bush fils était à l’origine de la démolition, de la dislocation et de la division de l’Irak, avec sa guerre qui a fini par plonger le Proche-Orient dans son ensemble dans l’instabilité et les conflits, Sarkzoy est celui qui a tout fait, avec l’aide et le conseil de son bras droit et ministre des Affaires étrangères bis, Bernard Henri Levy (BHL), pour imposer l’option militaire en Libye, et y rendre possible une intervention de l’organisation de l’alliance atlantique sous un soi-disant mandat onusien, en vertu de la résolution 1973, allégrement transgressée par les meneurs de guerre.

Déclenchés en mars 2011, les bombardements de l’OTAN en Libye n’ont cessé que le 31 octobre de la même année, une dizaine de jours après que Mouammar Kadhafi ait été tué dans des conditions qui restent jusque-là non élucidées et sujettes à plusieurs spéculations.

Cette offensive militaire a mis le feu au poudre en Libye, radicalisé les milices libyennes, favorisé la montée du terrorisme, et largement contribué à l’actuel état de déliquescence et de chaos que vit notre voisin du Sud. Le terrorisme en Tunisie provient en grande partie de la Libye, qui plus est, constitue un passage obligé et un lieu d’entrainement pour des assaillants ayant perpétré des attaques dans notre pays, dont les auteurs des attentats du Bardo et de Sousse, et un fournisseur en armes des groupes et cellules terroristes.

Les quantités impressionnantes d’armes introduites subrepticement sur notre territoire dès 2011 sont en provenance de la Libye. Si l’Occident avait vraiment de bonnes intentions et est un chantre de la paix et des droits de l’Homme, comme il ne cesse de le prétendre, il aurait pu organiser dès 2011 une opération de collecte d’armes en Libye, sous contrôle onusien, au lieu de laisser la situation s’envenimer, après le départ précipité des forces de l’OTAN, aussitôt le sale boulot achevé.

Il est clair que l’Occident s’adonne à un double-jeu dans la guerre contre le terrorisme, et son soutien affiché aux pays arabes dans leur combat contre les groupes armés. En apparence, il est le pacificateur, celui qui s’inquiète du sort des peuples et se tient à leurs côtés. En réalité, et l’expérience le montre, il est un va-t-en guerre, qui ne recule devant rien pour préserver ses intérêts géostratégiques, économiques et énergétiques.

Personne n’est dupe de ce jeu, mais tout le monde se tait, et se complait parfaitement dans son rôle. Les responsables européens viennent nous rendre visite pour nous exprimer leur soutien, faire de beaux discours sur la solidarité entre les peuples et le nécessaire triomphe des valeurs de démocratie et des droits de l’homme, et nous promettre une aide logistique et un échange de renseignements. Nos responsables se rendent dans les capitales européennes pour dire les efforts qu’ils ne cessent de déployer afin d’instaurer la sécurité et la stabilité, et éviter que des attaques terroristes ne se reproduisent. Ils expliqueront à leurs interlocuteurs européens que seule la Tunisie ne peut parvenir à vaincre le terrorisme, et que ce fléau ne peut être éradiqué que dans le cadre d’une coopération régionale et internationale multidimensionnelle.

Les discours sont connus de tous au point de la banalisation, la réalité est plus compliquée, étant enveloppée d’opacité. De toutes les façons, les choses ne se déroulent pas comme on veut bien nous le faire croire.

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