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LE CANADA, AUTREFOIS RESPECTÉ À TRAVERS LE MONDE POUR SA PRÉSENCE SOUS LA BANNIÈRE DES CASQUES BLEUS DES NATIONS UNIES, EST DEVENU UN ALLIÉ INCONDITIONNEL DES VOLONTÉS DE WASHINGTON ET D'ISRAËL. LE PROBLÈME, C'EST QU'IL A PERDU SA CRÉDIBILITÉ FACE À UNE COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE QUI COMPREND PLUS DE 194 PAYS ET QUI NE SAURAIT SE RAMENER AUX SEULES PUISSANCES OCCIDENTALES.
Le peuple canadien est considéré comme un peuple responsable en rapport au droit international et à la Charte des Nations Unies. Pendant de nombreuses années, il a été appelé à participer à des missions de paix dans le but non pas de fomenter des guerres ou de renverser des gouvernements, mais pour assurer les conditions permettant de résoudre pacifiquement les problèmes. Il faisait partie des élites qui se déployaient dans diverses régions du monde sous la bannière des casques bleus des Nations Unies.

Depuis quelques années les choses ont changé. L’Organisation des Nations Unies, de plus en plus soumises au rôle prédominant des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité, a comme perdu l’aura qui en faisait un organisme crédible et respecté. La nature de ses interventions est de plus en plus problématique et va, souvent, à l’encontre de sa propre Charte des droits des peuples et des personnes.

Le cas de la Libye est un exemple type qui met en lumière l’inconsistance de cette Organisation internationale. Aujourd’hui, avec le recul et une information plus objective, nous réalisons que toute cette opération a été inspirée par les puissances impériales occidentales pour éliminer le Président Kadhafi, prendre le contrôle du gouvernement et s’emparer des richesses. La soi-disant mission humanitaire en a été une de guerre.

Les mensonges utilisés pour préparer l’opinion publique n’ont jamais fait l’objet de vérification sur le terrain de la part des gouvernements belligérants. À cette époque un groupe de pays de l’Amérique latine et d’Afrique avaient demandé qu’une mission spéciale soit envoyée sur le terrain pour vérifier la véracité de ce que notre presse occidentale véhiculait comme information. Ils invitaient les membres des Nations Unies à favoriser, non pas une approche guerrière mais politique au conflit existant. N’était-ce pas là une démarche minimale avant de décider toute action belligérante qui allait entrainer la mort de milliers de personnes, la destruction des infrastructures de tout un pays et couter aux contribuables des centaines de millions de dollars? Le Canada, habituellement prudent et sage, était tout aussi pressé que ses alliés de l’Otan et des Etats-Unis pour lancer ses avions F-16 contre la Libye, son Président et son peuple.

Aujourd’hui nous réalisons que ce ne fut en rien la révolution d’un peuple, mais bien plutôt la conquête et la domination d’un pays. Le gouvernement fantoche mis en place par les conquérants n’a aucune crédibilité populaire. Le peuple n’est pas là pour célébrer cette victoire que l’on dit de lui, mais dans laquelle il ne se reconnait pas. Ce sont des mercenaires qui servent de couverture aux nouveaux dirigeants qui siègent à Washington et en Europe. Il est curieux que notre presse ne parle plus de ce qui se passe en Libye. Qu’en est-il du respect des droits des prisonniers politiques, de ceux des civils? Où est le peuple Libyen célébrant sa libération?

Voilà que maintenant le même scénario se répète, les mêmes mensonges sont véhiculés comme des vérités sans que nos responsables se donnent la peine d’aller en vérifier la véracité. Une délégation arable d’observateurs de plus de 160 personnes, venant de cinq pays de la région, est sur le terrain depuis plus d’un mois. Un premier rapport (http://www.alterinfo.net/La-presidence-de-la-Ligue-Arabe-cherche-a-etouffer-le-rapport-de-ses-experts_a70350.html ) a été rédigé en vue de la rencontre des Présidents des pays regroupés dans la Ligue arabe. Or le document qui a été remis, ne circule pas auprès de la Presse et de la Communauté internationale. La raison, dit-on, c’est que les conclusions qui se dégagent font état de mercenaires et d’opposants armés soutenus de l’extérieur qui essaient de semer un climat de terreur et de guerre civile. Le Gouvernement, pour assurer la sécurité de la population, se doit de contrer ces groupes armés, types terroristes.

Aucun gouvernement, à commencer par le Canada, les Etats-Unis et les pays de l’Otan, n’accepterait des groupes armés semant la terreur au sein de la population. Nous avons vu ce qu’ils ont fait des indignés qui n’avaient pourtant aucune arme et qui manifestait pacifiquement.

Dans ce contexte, comment comprendre cet empressement de nos dirigeants de forcer la main du Conseil de sécurité des Nations Unies pour faire en Syrie ce qu’ils ont fait en Libye? Le minimum ne serait-il pas d’exiger que le chef de la délégation des observateurs vienne présenter lui-même son Rapport aux membres du Conseil de Sécurité? Le gouvernement canadien ne devrait-il pas exiger que ce Rapport intermédiaire soit connu et d’attendre que la mission de ces observateurs qui se poursuit pour un autre mois ait terminé son travail? D’où vient cet empressement pour envahir la Syrie et y renverser le gouvernement? Comme dirait ma grand-mère, ça ne sent pas bon. Il y a anguille sous roche. Serait-ce que nos représentants politiques et nos médias nous mentent tout en le sachant ou nous informent tout en ne sachant pas? Dans ce dernier cas il est urgent qu’ils sachent.

De grâce prenez le temps de vérifier vos informations, de mesurer la crédibilité et la variété de vos interlocuteurs et interlocutrices. À y regarder de près ce n’est certainement pas des considérations humanitaires qui inspirent nos gouvernements. Si tel était le cas, la population d’Haïti aurait depuis longtemps retrouvé sa dignité et des conditions de vie décentes, victime qu’il a été d’un des plus dévastateur tremblement de terre des dernières décennies. Non, la préoccupation première de nos gouvernements aura été, dans le cas d’Haïti, de s’assurer que les nouveaux gouvernants leur soient soumis, bloquant ainsi la voie à un gouvernement de gauche. Une fois cette tâche accomplie ils sont partis, laissant le peuple à lui-même. Haïti est comme s’il n’existait plus. Les milliards de dollars devant répondre prioritairement aux besoins de ce peuple se font toujours attendre. Il faut croire que les mercenaires et l’opposition armée de la Syrie sont plus importants et doivent pouvoir compter sur le support militaire de l’Occident. Le régime du président Al Assad ne leur convient pas. Ce dernier doit partir et permettre ainsi aux terroristes mercenaires de prendre toute la place. Voilà le genre de paix que recherchent nos gouvernements occidentaux avec la complicité de l’Arabie Saoudite et celle du Qatar.

Oscar Fortin
Québec, le 29 janvier 2011

http://humanisme.blogspot.com

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