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« Fini les solutions arabes ! » La phrase – qui claque comme, disons un drapeau syrien – résume le ton et le fond de la très attendue conférence de presse de Walid al-Mouallem, ministre syrien des Affaires étrangères, tenue à Damas. La Syrie refuse en bloc et définitivement le « plan de paix » concocté par la Ligue arabe et dont la dernière mouture, présentée le 22 janvier au Caire réclame le retrait « dans les deux semaines« de Bachar al-Assad de la direction du pays.
La Syrie congédie la Ligue arabe
Pas de leçons à recevoir de la ligue, et encore moins du Golfe persique

Libérant une parole sans doute longtemps contenue par les nécessités politiques de ces dernières semaines, Walid al-Mouallem a accusé la Ligue arabe de « complot » en vue d’une internationalisation de la crise syrienne, notamment en présentant sous les projecteurs médiatiques des décisions dont elle sait très bien qu’elles seront rejetées par les autorités syriennes.

Ce qui est en jeu, a martelé le chef de la diplomatie syrienne, c’est non seulement la paix intérieure mais la « souveraineté » de la Syrie que veulent violer les dirigeants de la ligue, en favorisant toutes les ingérences étrangères possibles. Or, insiste al-Mouallem, la solution doit être syrienne et porter sur la mise en application du programme de réformes annoncées par le président Bachar al-Assad et sur l’ouverture d’un dialogue national. Au-delà même de cette thématique développée depuis des mois, le régime confronté une fois de plus à la mauvaise foi et à la duplicité d’une organisation tombée dans les mains des pétro-monarques, qui avalise les conclusions de sa mission d’observation sans en tirer les conclusions politiques, le régime syrien donc se sent assez fort, au terme de dix mois de violentes secousses internes et externes pour jouer la carte du nationalisme syrien et même pan-arabe. Non pas que Bachar soit devenu Nasser – les temps et les hommes ont changé – mais ses adversaires sont eux autant de Ben Ali !

Puisqu’on parle de Bachar, on rappellera qu’il avait déjà assez durement mis en cause le sérieux et l’honnêteté de la ligue arabe dans son dernier discours à la nation (voir notre article « Le discours de Bachar : 1) de la crise syrienne à celle du monde arabe », mis en ligne le 11 janvier).

Et si la Syrie claque aussi bruyamment la porte au nez des (faux) frères arabes, c’est sans doute qu’elle se sent assez forte pour cela : à l’intérieur, les crimes quotidiens des opposants-terroristes – et l’absence d’une personnalité crédible dans l’opposition politique radicale – tendent à resserrer les rangs de la population autour du gouvernement, sans que les activistes soient pour autant capables de déstabiliser militairement le pays ; à l’extérieur, l’OTAN, la Ligue arabe et la Turquie crient encore assez forts mais sont incapables de passer à l’acte autrement qu’en aidant les groupes terroristes. Car tous sont paralysés, soit par la crise économique, soit par des élections (en France), soit (dans le cas de la Ligue arabe) par de graves dissensions, soit encore (la Turquie) par un net dissensus intérieur. Et il y a aussi les mauvais exemples afghan, irakien et, semble-t-il libyen, pour faire hésiter les plus agressifs.

Les Russes toujours très concernés

Le dernier recours de l’anti-Syrie demeure l’ONU et son conseil de sécurité. Mais là aussi, Walid al-Mouallem a été très clair : interrogé par un journaliste sur l’état des relations syro-russe, il a indiqué qu’ayant rencontré tout récemment Mikhaël Bogdanov, vice-ministre russe des Affaires étrangères, il a pu constater que Moscou était toujours très mobilisé par le dossier syrien. Bogdanov l’a donc (ré)assuré du soutien russe au Conseil de sécurité notamment : pour la Russie, souligne al-Mouallem, une intervention étrangère en Syrie constitue « une ligne rouge » à ne pas franchir, ajoutant : Nul ne doit douter de la solidité de relations russo-syriennes ancrées dans l’Histoire. A bon entendeur…

A noter, que le ministre des Affaires étrangères s’est même payé le luxe d’annoncer que son pays « étudiait une demande » du secrétaire général de la ligue, Nabil al-Arabi, visant à prolonger d’un mois la mission des observateurs en Syrie. Cela dit, entre le sécession des observateurs issus du Golfe et la fin de non recevoir syrienne au dernier « plan » arabe, on est fondé à s’interroger sur l’avenir de cette mission. A qui Walid al-Mouallem a tenu à rendre hommage à travers son chef, le général soudanais Mustafa al-Dabi. Son rapport, a souligné le ministre a fait état de la présence de groupes armés commettant des actes de sabotage contre des bâtiments publics et privés et attaquant les forces de l’ordre et les citoyens. Un discours de vérité dont les commanditaires arabes de la mission n’ont apparemment pas pu ou voulu tirer les conclusions logiques.

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