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Sarkozy : menaces débacles
« La France ne se taira pas devant le scandale syrien » : c’est Nicolas Sarkozy qui l’a dit vendredi matin 20 janvier, à l’occasion de ce qui pourrait bien être ses ultimes voeux au corps diplomatique. Ces dix derniers mois, en tout cas, il est certain que la France, par sa bouche et plus encore celle de son ministre des Affaires étrangères, n’est pas restée silencieuse sur le cas syrien. Et, hélas, la France – par la faute de ces deux hommes – a proféré beaucoup de contre-vérités, de mensonges, sans oublier les menaces et rodomontades. C’est bien simple, Sarkozy/Juppé regnante, notre pays a parlé d’une même voix avec les Etats-Unis.

La veille, Alain Juppé avait une nouvelle fois envoyé un coup de patte à la mission d’observation de la Ligue arabe, qui se déroule selon lui « dans des conditions qui ne sont pas satisfaisantes« . Pas satisfaisantes pour lui, ça ne fait guère de doute : nombre des quelque 165 observateurs arabes ont fait état de violences de partisans de l’opposition, d’autres ont dit que la situation dans telle ou telle ville était calme ou allait en s’arrangeant.

Le coût politique et humain d’un tropisme pro-américain

Cette guérilla de communiqués et de déclarations fielleuses est, il est vrai, la seule intervention qui reste permise au tandem Sarkozy/Juppé : le jour même de la présentation des voeux présidentiels, quatre nouveaux militaires français tombaient en Afghanistan – 16 autres étant blessés dans le même attentat. Et la première réaction du « chef » de l’Etat était d’évoquer un possible « retrait anticipé » de nos troupes, la deuxième consistant à suspendre « toutes les opérations de formation et d’aide au combat » à l’armée afghane. Alors, dans ces conditions, une intervention militaire otanesque à participation française comme au « bon vieux temps » de la Libye… D’ailleurs, Alain Juppé vient même de se prononcer contre l’idée – il est vrai délirante – de ses amis qataris de déployer une force arabe en Syrie, c’est dire si la jactance n’empêche pas la prudence !

Revenons sur cette tragédie franco-afghane : 82 militaires français ont été tués – et 500 blessés – à ce jour en Afghanistan parce que Chirac, puis Sarkozy ont voulu mériter l’amitié de l’Oncle Sam, que celui-ci ait les traits de George Bush Jr ou ceux de Barack Obama. En Afghanistan, Sarkozy a imité en toute chose Obama (pourtant, il est notoire que les deux hommes se méprisent mutuellement), augmentant (juillet 2010) les effectifs français après qu’Obama eût décidé d’envoyer 30 000 G.I.’s supplémentaires, et annonçant le retrait de 1 100 soldats quand son homologue américain a annoncé le départ de 33 000 soldats d’ici septembre 2012.

Et ce suivisme s’est retrouvé sur l’Iran, la Libye (où l’élève français a dépassé et précédé le maître yankee)… et la Syrie. Au point que des hommes de la DGSE se retrouvent en Turquie pour « aider » les gangs de l’ASL. « Attention, président dangereux » écrivions nous (le 1er septembre 2011) à propos de Nicolas Sarkozy. Dangereux parce qu’il pense et réagit américain. Ou pro-américain, avec ce que ça suppose de surenchère. Des analystes ont pu écrire que si cet homme avait été président en 2003, la France se serait retrouvée embarquée dans le désastre irakien. Et d’autres disent que Sarkozy aurait bien aimé en découdre avec l’Iran. Et bien sûr avec la Syrie, dans le collimateur des Américains et de leurs suiveurs parce que c’est un allié de l’Iran, LA cible géopolitique à abattre – en attendant la Russie et la Chine – pour les stratèges néo-conservateurs sévissant des deux côtés de l’Atlantique. On n’en attendait pas moins de « Sarko l’Américain« . Mais quant au « gaulliste » Juppé…

Quoiqu’il en soit, ces menaces françaises interviennent sur fond de débâcle. Débâcle politique plus encore que militaire en Afghanistan qui ne devrait pas échapper longtemps à la reconquista des Talibans, en dépit des propos lénifiants des Juppé et autres Longuet. Débâcle électorale annoncée par les sondages et la plupart des analystes pour la présidentielle à venir – il y a fort à parier que Bachar al-Assad survivra politiquement à Nicolas Sarkozy. Mais combien de militaires français tomberont-ils encore avant la fin de ce calamiteux et déshonorant quinquennat ? Et combien de mensonges et de coups tordus contre la Syrie de la part de ce qui fut la diplomatie française ?

Info Syrie

 


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