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Le Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe a invité lundi la Turquie à enquêter sur les violences policières commises lors des manifestations autour de la place Taksim à Istanbul et à sanctionner les coupables.
Les affrontements du mois dernier ont fait quatre morts et 7.500 blessés à travers le pays.
«Tous les cas d’usage excessif de la force par la police doivent faire l’objet d’une enquête approfondie et être sanctionnés en conséquence», déclare Nils Muiznieks dans un communiqué publié à Strasbourg.
Il rappelle que l’absence d’enquête «effective» sur les violences commises par les agents de l’Etat constitue, en soi, une faute sanctionnée par la Cour européenne des droits de l’Homme, qui a condamné la Turquie à de nombreuses reprises à ce sujet.
Le Commissaire aux droits de l’Homme, qui rentre d’une visite de cinq jours à Istanbul et Ankara, souligne qu’il a recueilli de nombreuses allégations de violations des droits de l’Homme commises par les forces de l’ordre, tant par des témoins qu’au travers de photos, films vidéo et rapports médico-légaux.
«La plupart concernaient l’utilisation excessive et impropre des gaz lacrymogènes ainsi que des violences commises au moment des interpellations», ajoute le commissaire du Conseil de l’Europe.
En réponse aux autorités, pour lesquelles la violence des forces de l’ordre a été proportionnelle à celle des manifestants, Nils Muiznieks souligne que seules des enquêtes indépendantes et impartiales pourront en attester.
«Les manifestants qui ont eu recours à la violence doivent, bien entendu, assumer les conséquences de leurs actes, mais la priorité absolue de tout Etat démocratique doit être de combattre l’impunité pour préserver la confiance des citoyens envers les forces de l’ordre», dit-il.
La police turque a encore tiré des grenades lacrymogènes et utilisé des canons à eau pour disperser des centaines de manifestants qui voulaient pénétrer samedi dans le parc Gezi d’Istanbul, adjacent à la place Taksim, épicentre des manifestations du mois dernier.
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