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A l’unisson tous l’assurent, main sur le cœur. Mardi soir, la réunion des membres du gouvernement  (ils étaient presque tous là) et secrétaires généraux des partis de la majorité –une rencontre informelle, tiennent-ils à préciser- s’est déroulée dans «la sérénité» et «un esprit constructif».
En recevant  sa majorité en sa résidence officielle, Abdelilah Benkirane tente, à l’évidence, de remettre de l’ordre dans sa coalition gouvernementale. Le mot d’ordre est à l’apaisement. La fin de la récréation a-t-elle sonné ?  Ces derniers jours, des ministres, et pas des moindres, ont publiquement fait savoir leur agacement face aux initiatives des ministres du PJD, champions du «cavalier seul». C’est d’ailleurs à la demande du secrétaire général du PPS et ministre de l’Habitat que cette rencontre a enfin eu lieu mardi 24 avril, après avoir été reportée une première fois.
On le sait,  les nouveaux cahiers des charges de la SNRT et de 2M élaborés par le ministre islamiste de la Communication ont servi de révélateur des dissensions inter-gouvernementales. Mais ce ne sont pas là  les seuls griefs des  partis appartenant au gouvernement Benkirane.
Ce mardi soir, entre la poire et le fromage, les secrétaires généraux des formations politiques formant la majorité ont évoqué par le menu détail les principes qui devraient régir la cohésion gouvernementale dénuée de sens sans concertation. «Les décisions qui engagent l’avenir du pays doivent être prises de manière collective et être débattues au sein du gouvernement.  Cet Exécutif doit agir en gouvernement et non pas en parti», aurait déclaré un membre du gouvernement présent à la réunion informelle.
La question des prochaines élections a été débattue. La majorité doit y aller en rangs serrés,  aurait fait savoir un allié de la majorité qui participait à ce dîner. L’allusion est claire, les trois autres partis de la coalition conduite par le PJD ne veulent en aucun cas se faire phagocytés. «Aux élections, nous devons capitaliser ensemble. L’action gouvernementale n’est pas l’œuvre d’une seule partie», explique en off un ministre, l’œil rivé sur les enjeux du prochain scrutin électoral.
Un recadrage de l’action gouvernementale a été longuement abordé notamment par le leader du PPS qui, selon nos informations, aurait haussé le ton  et appelé l’Exécutif «à se concentrer sur les questions essentielles qui sont celles relatives à l’économique et au social».
Une rencontre informelle où les partenaires de la majorité gouvernementale ne pouvaient pas passer sous silence les cahiers des charges des médias publics, ceux-là mêmes qui ont suscité un vif débat dans la société. «Impossible de ne pas tenir compte des réactions suscitées par ces nouveaux cahiers des charges élaborés par M. El Khalfi. On ne peut pas occulter le débat sur le pluralisme qui est actuellement en cours dans la société», ont fait remarquer des ministres.
L’audience Royale accordée à ce sujet même, dimanche, au chef de gouvernement et à ses deux ministres Mostafa El Khalfi et Abdallah Baha, a sûrement plané sur la réunion informelle tenue mardi soir par la majorité gouvernementale. Selon nos confrères de l’Economiste, le Souverain «a rappelé aux membres du gouvernement de respecter la Constitution, laquelle exige explicitement le pluralisme linguistique, culturel et politique». Une intervention Royale faite, rapporte le quotidien casablancais,  conformément à l’article 42 de la Constitution qui stipule que le Roi «veille au bon fonctionnement des institutions constitutionnelles, à la protection du choix démocratique et des droits et libertés des citoyens et citoyennes et des collectivités».
En clair, le  ministre de la Communication qui  est attendu demain vendredi  devant la commission parlementaire de l’information et de la culture de la Chambre des députés est appelé à  revoir sa copie, comme le demandaient les partis politiques, qu’ils soient de l’opposition ou de la majorité, les professionnels ou encore le Syndicat national de la presse marocaine. Autant de voix  qui ont appelé à l’ouverture d’un débat sur les médias publics et leur indépendance du pouvoir exécutif.
En attendant, une sortie de crise aurait été imaginée par les équipes d’Abdelilah Benkirane.  On ne parlera pas de retrait des cahiers des charges de la SNRT et de la SOREAD mais d’une sorte d’avenant qui rectifiera ce qui doit l’être.  Annonce qui devrait officiellement être faite aujourd’hui jeudi 26 avril en Conseil de gouvernement.  «Ainsi El Khalfi ne perdra pas la face et n’aura pas le sentiment d’avoir été désavoué même si ce n’est pas sa version initiale qui sera, au final, publiée dans le Bulletin officiel. Le gouvernement Benkirane pourra alors se mettre enfin à l’ouvrage en apportant des réponses concrètes aux vrais problèmes des citoyens de ce pays», conclut un partenaire de la coalition gouvernementale.
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