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L’épouse de Djamal Eddine Ouali : «Mon mari n’a rien à voir avec le terrorisme !»

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L’épouse de l’Algérien (40 ans) arrêté à Salerne (Campanie), alors qu’il attendait le bus pour rentrer chez lui, samedi dernier, accusé d’avoir fourni de faux papiers au réseau qui a commis les attentats de Bruxelles, n’a pas encore compris ce qui lui arrive. C’est une jeune femme encore sous le choc et très préoccupée pour son mari, incarcéré à Fuorni, près de Salerne depuis samedi soir, que nous avons eu au téléphone, hier soir. Totalement perdue sans son époux, dans une ville où elle ne connaît personne, un pays dont elle ne parle pas la langue, sans aucune ressource financière et craignant que le stress et l’anxiété causés par l’arrestation de son mari ne compromettent sa grossesse. «Nous avions des projets. Mon mari a vécu pendant 10 ans à Dubaï, où il était enregistré à la Chambre de commerce. Il a occupé des postes prestigieux et il voulait s’occuper de l’export de machines italiennes pour extraire l’huile. S’il avait quelque chose à se reprocher, est-ce qu’il se serait rendu à la préfecture décliner son identité et demander un permis de séjour ?», se demande-t-elle. Linda, 30 ans, défend son mari bec et ongles. Elle le connaît depuis qu’il avait deux ans. Ils ont grandi ensemble. Ayant terminé une formation en infographie, Djamal Eddine aimait la photographie, mais après son installation  dans les pays du Golfe, il entreprit une carrière dans le commerce.  Elle jure que tout deux ne sont ni fanatiques ni intégristes. «Nous ne connaissons aucun extrémiste et ne fréquentons même pas la mosquée», nous assure-t-elle. La jeune femme porte d’ailleurs juste un bonnet de laine pour cacher ses cheveux et son mari ne porte ni barbe ni habits ostentatoires comme certains pratiquants extrémistes, tient-elle à ajouter. «Personne de l’ambassade d’Algérie à Rome ne m’a contactée. Les policiers italiens m’ont interrogée de 22h à 4h. Pourtant, je leur avais ouvert notre maison quand ils sont venus perquisitionner. Nous n’avons rien à cacher», se lamente la jeune femme. Une patrouille de cinq policiers a fait irruption, la nuit de samedi, dans l’appartement de trois pièces que le couple avait loué début janvier dernier, dans la localité de Pugliano, commune de Bellizzi (province de Salerne). L’un d’eux parlait français et posait les questions à Linda. «On m’a demandé pourquoi nous détenions des photos d’identité à la maison… Nos propres photos !», s’étonne la femme.  La police a emporté les deux ordinateurs portables, tous les appareils de téléphonie que le couple possédait et un tas de documents présents dans la maison. «Les diplômes et les documents de travail de mon mari», raconte Linda. Ouali n’avait pas réussi à obtenir un nouveau passeport auprès du consulat algérien de Rome qui lui a juste délivré un document qui établit son identité. C’est pourquoi le couple voulait retourner en Belgique pour se faire délivrer les documents nécessaires auprès de l’ambassade de Bruxelles.  Elle nous explique, pour nous convaincre que son mari est innocent des délits qu’on lui impute, que lorsqu’ils ont appris, par les médias, les attentats de Bruxelles, Djamal Eddine était «choqué comme tout le monde» et lui a dit : «Tu te rends compte, si nous habitions encore Bruxelles, nous aurions pu être parmi les victimes de ces attentats !» Le couple voulait se construire une vie de famille en Italie, après avoir quitté Liège où il habitait avant de déménager à Salerne. A présent, Djamal Eddine Ouali, qui a refusé de répondre aux questions des juges italiens, attend son extradition vers la Belgique. «Là-bas, il pourra se défendre des accusations qu’on lui adresse. Je suis sûre que ce malentendu se dissipera», nous confie la femme qui n’a pas encore pu ni voir son mari, ni même s’entretenir avec lui au téléphone. Son avocat, maître Gerardo Cembalo, nommé d’office par le tribunal de Salerne, s’attend à ce que son client soit rapidement extradé, les juges ont d’ailleurs déjà entamé la procédure. Le maire de Bellizzi, lui même, doute de la culpabilité de Djamal Eddine. Domenico Volpe a affirmé aux médias : «Ici, nous avons 600 immigrés parfaitement intégrés. Je n’exclus pas que quelqu’un ait pu s’approprier son identité à son détriment.»  

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Les résultats connus le 23 mai

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Le câble sous-marin reliant Oran à Valence (Espagne) sera réceptionné en février 2017 en vertu du contrat conclu dans ce cadre, selon des déclarations de Imane Houda Feraoun, ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, dans un entretien accordé à l’APS. Cela va permettre, d’un côté, l’augmentation du débit internet et, d’un autre, des réductions progressives sur les offres internet et surtout éviter les coupures, à l’instar de celle qui a eu l’année dernière du fait de la détérioration du câble sous-marin Annaba-Marseille. La ministre a tenu à préciser que «toute baisse hâtive et irréfléchie sur les offres internet serait préjudiciable à Algérie Télécom, car impliquant  un recul de la qualité des prestations offertes et, partant, l’incapacité de  l’entreprise à assurer la maintenance du réseau pour manque de moyens». En octobre dernier, Mme Feraoun a reconnu que la position monopolistique d’Algérie Télécom est une des raisons du tarif élevé de l’abonnement à internet, comparativement à la Tunisie ou au Maroc. Une situation expliquée également par l’étendue du territoire national par rapport aux pays voisins et aux investissements financiers supportés par l’opérateur public. «Les investissements consentis par Algérie Télécom sont conséquents et continus. L’opérateur modernise graduellement le réseau, les nouvelles technologies étant en constante évolution. Donc à partir de ce constat, une baisse rapide des prix de l’abonnement à internet porterait préjudice aux endroits à désenclaver ou à raccorder.» Le prix de la connexion internet est globalement moins cher chez nous que dans d’autres pays comparables au nôtre. Mais ce prix concerne uniquement la connexion à internet de base et en bas débit, alors que le prix des autres pays comprend des services à valeur ajoutée tels que la télévision, le téléphone et la vidéo sur demande. Ce qui fait, effectivement, de notre connexion internet de base, l’une des plus chères de la région.  «Bien que la liberté d’échange d’informations par internet soit consacrée par la loi algérienne, la préservation de la souveraineté de l’Etat nous confère le droit de bloquer certains sites préjudiciables à la société ou ceux qui font dans le trafic de drogue, la pédopornographie ou l’enrôlement électronique par les groupes terroristes», a-t-elle ajouté. La ministre a indiqué aussi que les résultats de l’appel d’offres relatif à l’exploitation de la 4G «seront connus le 23 mai et les lauréats ne seront tenus à aucun plafonnement concernant la couverture».   

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Un message pour la France et un autre pour le Maroc

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Accueil sur le perron du Palais du gouvernement, poignées de mains chaleureuses. Les caméras de la Télévision publique ne ratent rien. Rarement un haut responsable sahraoui n’a eu autant d’honneurs que ceux réservés, dimanche, au Premier ministre du Sahara occidental, Abdelkader Taleb Omar. Ce dernier n’a pas été reçu par le seul Abdelmalek Sellal ; pour sans doute donner plus de poids et de signification à cette rencontre, le Premier ministre algérien a invité le ministre des Affaires étrangères et le chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah. Ce sont ces scènes, pour le moins inhabituelles, qui intriguent. «Nous avons l’habitude de recevoir des responsables sahraouis à tous les niveaux. Mais nous ne médiatisons jamais ces rencontres», révèle un ancien ministre, qui affirme que la médiatisation de cette rencontre est «un message politique fort en direction de la France». Un message qui s’adresse donc  directement aux Français à la veille de la visite à Alger de leur ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault. «Les Algériens veulent donc faire comprendre aux Français qu’ils soutiennent la cause sahraouie et que cela devra figurer dans les relations bilatérales entre l’Algérie et la France», ajoute notre interlocuteur, qui rappelle que depuis quelques années, les deux capitales se sont entendu pour que la question du Sahara occidental reste dans le cadre des Nations unies. Mais la récente implication de la France dans le conflit qui oppose le Maroc au secrétaire général des Nations unies a fini par agacer Alger. Le geste des autorités algériennes signifie que «désormais, la question du Sahara occidental doit être prise en compte dans les discussions bilatérales» entre Alger et Paris. La France, qui apporte depuis toujours un appui sans réserve au Maroc dans un conflit que le droit international classe pourtant dans la case de la décolonisation, est donc avertie : l’Algérie fait désormais entendre sa voix. Surtout que sur le plan des échanges économiques, les intérêts français sont beaucoup plus importants en Algérie qu’au Maroc. Il n’y a pas que la France qui soit visée par le geste des autorités algériennes. Le Maroc est également destinataire d’un message : la patience des Sahraouis ne peut durer éternellement. La reprise des armes est une hypothèse très présente chez les Sahraouis, surtout que l’impasse née de la récente brouille entre le Maroc et le secrétaire général des Nations unies ne fait qu’aggraver la situation de blocage dans laquelle se trouve la question sahraouie depuis plusieurs années déjà. Un statu quo qui n’arrange aucun pays.  

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«Le tribunal de Milan peut prendre des décisions politiquement gênantes»

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Journaliste d’investigation, Claudio Gatti a été un des premiers à faire éclater le scandale dans la presse italienne (Il Sole 24 Ore) et américaine (The New York Times). Spécialisé dans la corruption internationale dans les secteurs de l’énergie et de la défense, primé pour ses travaux (prix italien Saint Vincent et le Premiolino), Claudio Gatti revient dans cet entretien sur l’affaire Saipem et le retour en Algérie de l’ancien ministre de l’Energie, Chakib Khelil. «Si sa relation avec ceux qui sont actuellement aux commandes de l’Algérie est redevenue bonne, dit-il, il serait logique pour Khelil d’attendre dans son pays la fin du procès à Milan.» Acquitté dans un premier temps pour manque de preuves, Paolo Scaroni, l’ex-patron d’ENI, a vu son non-lieu annulé par la Cour suprême. Pensez-vous qu’une telle décision donnera lieu à un tout autre procès, à une toute autre justice dans l’affaire Saipem ? La décision prise par le juge de ne pas poursuivre Scaroni était viciée, à mon avis. Le fait que la Cour suprême le reconnaisse (par l’annulation du non-lieu) confirme, en tout cas et dans les faits, que les juges disposent d’éléments indiquant que Scaroni devrait être jugé pour son rôle dans l’affaire et que la procédure devrait examiner attentivement la responsabilité au sommet, à la fois dans l’ENI et en Algérie. L’affaire Saipem ne sera dès lors plus «italo-italienne» ? Paolo Scaroni , à en croire les aveux du patron des opérations de Saipem, Pietro Varone, a, à plusieurs reprises, rencontré Chakib Khelil, l’ancien ministre algérien de l’Energie, en compagnie du «facilitateur» Farid Bedjaoui. Des rencontres qui ont donné lieu à la signature de plusieurs gros contrats objet de délit de corruption ? Je n’ai aucun doute que Saipem était au courant que l’argent versé aux sociétés contrôlées par Bedjaoui allait bénéficier à des acteurs-clés dans l’industrie pétrolière de l’Algérie. Les informations publiées par la presse italienne font état  de pots-de-vin payés par Saipem à des «fonctionnaires et des dirigeants algériens». Hormis les noms déjà sur la place publique, la justice italienne dispose-t-elle   d’autres noms de responsables algériens qui ne sont pas cités publiquement ? I don’t think so. Difficile à dire, mais je ne pense pas. Farid Bedjaoui s’est fait représenter au procès par son avocat. La justice italienne, ayant émis un mandat d’arrêt contre lui, a-t-elle pu le pister ? Certaines sources prétendent qu’il est aux Emirats arabes unis… Je crois savoir que la Guardia di Finances (la brigade financière) n’a pas été, encore, en mesure de le localiser avec certitude. L’affaire Saipem, vous en connaissez un bon bout. Vous avez commencé à travailler dessus en 2010 déjà. Pietro Varone (directeur des opérations de Saipem), l’homme qui «gérait les relations avec les Algériens», passe pour une cheville ouvrière dans le système de corruption mis en place. Pouvez-vous nous en dire plus sur le personnage et quel rôle a-t-il joué ? Pietro Varone a joué un rôle opérationnel clé dans Saipem et, en étant conscient de la grande quantité d’argent que Saipem donnait aux responsables algériens corrompus, il a réussi à en tirer lui-même un avantage personnel. Dans mon expérience d’enquêteur sur la corruption d’agents publics étrangers par les entreprises italiennes, cela est malheureusement arrivé fréquemment. Mais Varone n’avait pas ce pouvoir de décider de payer 200 millions de dollars à Pearl Partners, ce sont les gens qui sont à la tête de la société qui ont pris ces décisions. Comment les contrats d’agence passés  entre Saipem et la Pearl Partners LTD, la société de Farid Bedjaoui, servaient-ils en fait à canaliser les commissions et rétrocommissions, soit 197 millions d’euros de 2005 à 2008 ? A mon avis, le seul service que Pearl Partners LTD et Bedjaoui pouvaient fournir à Saipem était d’«ouvrir des portes en Algérie». Mais quand 200 millions de dollars sont dépensés juste pour «ouvrir des portes», encore à mon avis, cela signifie que la plupart de l’argent était destiné à être transmis le long des décideurs-clés en Algérie. Pensez-vous que le retour en Algérie de l’ancien ministre de l’Energie peut être lié à la reprise du procès Saipem à Milan ? Est-ce une manière de le protéger d’une éventuelle extradition vers l’Italie dans le cas d’une mise en accusation par les juges de Milan ? Vu les rapports denses, le volume d’échanges entre les deux pays, la raison d’Etat, en Algérie ou en Italie, peut-elle prendre le dessus lors de ce procès ? Si la relation de Khelil avec ceux qui sont aux commandes de l’Algérie est redevenue bonne, il serait logique pour lui d’attendre dans son pays la fin du procès à Milan. Le pouvoir judiciaire en Italie est indépendant du gouvernement. L’affaire Abou Omar (condamnation en février 2013 d’une vingtaine d’agents de la CIA poursuivis pour détention et transfert secret vers l’Egypte de Abou Omar, ndlr)  a prouvé que le tribunal de Milan peut prendre des décisions qui sont politiquement gênantes.  

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Le silence inquiétant de la justice

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Deux semaines après le retour de Chakib Khelil au pays, la justice algérienne se mure dans un silence inquiétant sur l’affaire Sonatrach 2, pour laquelle l’ex-ministre a été inculpé et fait l’objet d’un mandat d’arrêt international. Depuis le retour en Algérie de Chakib Khelil, ancien ministre de l’Energie et des Mines, des voix «autorisées» et bien médiatisées le présentent à l’opinion publique comme une «victime» et lui suggèrent même de poursuivre en justice ceux qui l’ont «embarqué» dans le scandale connu sous la dénomination Sonatrach 2. Si l’on suit cette logique, il faudrait que Chakib Khelil engage une procédure judiciaire contre le tribunal pénal fédéral suisse qui a ouvert la boîte de Pandore, en dévoilant les mouvements des cinq comptes qu’il détient ainsi que ceux de son épouse et ses deux enfants, domiciliés dans des banques helvétiques. Il faut reconnaître que l’affaire Sonatrach 2 n’aurait jamais éclaté au grand jour si les juges suisses n’avaient pas été sollicités par leurs homologues algériens et italiens vers la fin 2012. Les dernières transmissions de documents de preuves ont été effectuées en décembre 2015, soit trois mois seulement avant le retour en grande pompe de Chakib Khelil. Durant trois longues années, le tribunal fédéral a été confronté à de nombreuses batailles judiciaires menées, en vain, par les mis en cause concernés par la levée du secret bancaire. Aussi bien le recours introduit par les avocats de Chawki Rahal (ancien vice-président de Sonatrach chargé de la commercialisation) soupçonné d’avoir dissimulé des fonds (8 millions de dollars) d’origine criminelle par un réseau de comptes et de sociétés domiciliés en Suisse, que la défense de Chakib Khelil, détenteur lui aussi de cinq comptes (dont un avec son épouse  et deux aux noms de ses enfants), n’ont freiné la volonté des magistrats suisses d’aider leurs collègues italiens et algériens à démêler l’écheveau des transactions financières au centre desquelles se trouve Farid Bedjaoui, l’ex-conseiller financier de Chakib Khelil. Poursuivi en Italie et en Algérie, Farid Bedjaoui est soupçonné d’avoir servi d’intermédiaire entre les responsables de Saipem (filiale du groupe pétrolier italien ENI) et les responsables algériens, dont l’ex-ministre, pour obtenir des contrats auprès de Sonatrach durant la période comprise entre 2006 et 2011, en contrepartie de pots-de-vin estimés à près de 200 millions d’euros. En juin 2015, le tribunal pénal fédéral avait débouté définitivement Chakib Khelil qui récusait la décision de terminer la transmission au juge du pôle judiciaire spécialisé d’Alger des relevés bancaires de ses comptes et de ceux de son épouse et de ses enfants, alimentés par des virements effectués par des sociétés appartenant à Farid Bedjaoui. Des faits sur la base desquels des mandats d’arrêt internationaux ont été délivrés pas uniquement aux membres de la famille Khelil, mais également contre Omar Habour  (un puissant homme d’affaires associé avec l’ex-ministre), Réda Hemch (son homme de confiance et ancien chef de cabinet de l’ex-PDG de Sonatrach), son épouse, Mohamed Bayou (ancien vice-président et directeur exécutif de Sonatrach) et contre son fils. 200 millions d’euros virés par Sonatrach à Farid Bedjaoui Les 9 personnes ont été inculpées à la suite des informations contenues dans les réponses du tribunal suisse, auquel une commission rogatoire a été délivrée par le parquet d’Alger. Dans sa réponse au recours de l’ex-ministre de l’Energie, le juge du tribunal pénal fédéral de Genève avait clairement expliqué sa décision par sa volonté d’aider ses homologues algériens à trouver «la destination de quelque 200 millions d’euros versés par Sonatrach à la société de consulting» de Farid Bedjaoui «alors que ces versements ne correspondent à aucune activité». Dans l’arrêt du tribunal, il est précisé que les autorités algériennes «ont identifié des versements sur le compte de l’épouse de Chakib Khelil». Raison pour laquelle elles ont demandé «un certain nombre de mesures» en relation avec la société de Farid Bedjaoui, se basant sur le fait que Saipem, filiale d’ENI, «aurait transféré durant la période du 4 juin 2007 au 11 février 2011 des sommes faramineuses atteignant plusieurs millions de dollars sur des comptes de la société de Farid Bedjaoui. Certains de ces comptes auraient été ouverts auprès d’une banque à Zurich. Les montants litigieux auraient été versés par Saipem à titre de corruption des responsables algériens du secteur de l’énergie et des hydrocarbures. Il ressort finalement de la requête que le rôle d’intermédiaire joué par Farid Bedjaoui dans le schéma corruptif que sous-entend l’enquête algérienne aurait été imposé à Sonatrach par Chakib Khelil». Après avoir demandé, le 15 mai 2013, l’audition de Farid Bedjaoui, la justice algérienne a réclamé, en octobre de la même année, les documents bancaires des comptes de l’épouse de Chakib Khelil et de ses deux enfants, résidant aux Etats-Unis. Le 28 janvier 2014, un avocat suisse est constitué pour la défense des intérêts de Chakib Khelil et, d’emblée, s’oppose à la transmission des documents bancaires à l’Algérie. Il met en avant plusieurs griefs à la réglementation bancaire et présente le dossier comme «une affaire politique» en affirmant que Chakib Khelil «fait l’objet d’une procédure judiciaire en raison de ses opinions et de son appartenance politiques». Pour l’avocat, la remise des relevés bancaires à l’Algérie «constitue une grave menace pour ses droits». Un argumentaire rejeté catégoriquement par le tribunal fédéral, qui met en avant sa volonté «d’assister les autorités étrangères dans la recherche de la vérité en exécutant toute mesure présentant un rapport suffisant avec l’enquête pénale à l’étranger. Lorsque la demande vise, comme dans ce cas précis, à éclaircir le cheminement de fonds ayant potentiellement servi à des actes de corruption, il convient d’informer l’Etat requérant de toute transaction opérée au nom des sociétés et par le biais des comptes impliqués dans l’affaire. L’utilité de la documentation bancaire découle du fait que l’autorité requérante peut vouloir vérifier que les agissements qu’elle connaît déjà n’ont pas été précédés ou suivis d’autres actes du même genre. Cela justifie la production de l’ensemble de la documentation bancaire sur une période relativement étendue». Dans ce cas, ajoute le tribunal, «les autorités algériennes enquêtent sur d’éventuelles malversations de fonctionnaires et élus algériens dans le cadre de l’adjudication et de la conclusion d’importants contrats de marchés publics dans le domaine de l’énergie. Dans ce contexte, la justice a demandé la documentation déjà en main des autorités suisses, des relations bancaires du recourant y relatives correspondant à la période durant laquelle ces malversations auraient eu lieu». «Le rôle de Khelil dans le montage corruptif semble prépondérant» Dans ces conditions, précise l’arrêt du tribunal, «force est de reconnaître qu’il existe un rapport objectif, un ‘lien de connexité’ suffisant entre les informations que l’autorité d’exécution entend transmettre à l’Algérie et l’enquête qui y est diligentée. Cela d’autant plus que, contrairement aux allégations du recourant (Chakib Khelil), son nom figure expressément dans l’exposé des faits des requêtes algériennes et son rôle dans le montage corruptif semble avoir été prépondérant. L’autorité requérante a intérêt à pouvoir prendre connaissance de la documentation requise afin d’être informée de toute transaction susceptible de s’inscrire dans le mécanisme mis en place par les prévenus sous enquête dans le pays requérant». Contrairement aux voix «autorisées» et «médiatisées» d’Alger, autoproclamées avocates de Chakib Khelil, le tribunal fédéral de Genève a rejeté «totalement l’idée de tout cachet politique que pourrait avoir l’affaire» et rappelle que «n’est considéré comme délit politique absolu que les mesures visant au renversement de l’Etat telles que la sédition, le coup d’Etat et la haute trahison». La réponse du juge fédéral est révélatrice : «Dans le cas de figure, la nature politique des circonstances, des mobiles et des buts qui ont déterminé l’auteur à agir doit apparaître de manière déterminante aux yeux du juge de l’entraide. Le délit politique relatif, inspiré par la passion politique, doit toujours avoir été commis dans le cadre d’une lutte pour ou contre le pouvoir et se situer en rapport de connexité étroit et direct, clair et net, avec l’objet de cette lutte (…) en l’espèce, bien que le recourant ait été ministre, il n’a pas commis les infractions reprochées dans la lutte pour ou contre le pouvoir. Au contraire, lui-même représentait le pouvoir. Les pots-de-vin qu’il aurait reçus dans le cadre de l’attribution de marchés publics à diverses sociétés étrangères ne sont pas plus un acte politique en Algérie qu’il ne l’est en Suisse. Ainsi, le seul fait qu’il a été ministre auprès du président algérien pendant 11 ans ne justifie pas une quelconque réserve à l’octroi de l’entraide demandée pour la poursuite d’une infraction de droit pénal commun. Le grief étant mal fondé, il doit être rejeté». Le pourvoi de Chakib Khelil a été introduit alors que la décision a été prise au plus haut niveau de l’Etat de lui effacer l’ardoise, en commençant par l’annulation de la procédure du mandat d’arrêt international dans la discrétion la plus totale, en décembre 2013, alors que le dossier Sonatrach 2 avait déjà franchi des pas importants en Suisse, en Italie et en Algérie, où de nombreuses personnes avaient été placées sous contrôle judiciaire. Pourtant, dès 2014, alors que les juges suisses avaient atteint leur vitesse de croisière en gelant les avoirs de nombreux comptes en lien avec Sonatrach 2, à Alger, le pôle judiciaire spécialisé a freiné son élan. Des rencontres entre délégations algérienne et italienne ont lieu à Genève en présence des magistrats suisses, autour de la transmission des pièces à conviction. Aussi bien à Milan qu’à Alger, les révélations deviennent de plus en plus rares. A ce niveau de corruption, il est certain que les responsabilités et les complicités ne s’arrêtent pas aux cadres dirigeants des compagnies pétrolières dont on connaît les liens avec les dirigeants politiques des deux pays. Peut-on croire à un éventuel deal entre Rome et Alger pour arrêter les frais de ce scandale qui risque de laminer la classe politique dirigeante des deux côtés ? Nous le saurons le 4 avril prochain, lorsque le tribunal milanais donnera sa réponse à Farid Bedjaoui, qu’il poursuit pour «corruption». Ce dernier, faut-il le préciser, avait exigé la convocation de Chakib Khelil pour être entendu dans le cadre de cette affaire qui a fait couler beaucoup d’encre et fait tomber de nombreux cadres de Saipem et du groupe Eni. En attendant, les voix qui réclament des procès contre le juge d’instruction du pôle pénal et du procureur général d’Alger pour avoir poursuivi Khelil, devraient commencer par exiger des plaintes contre les magistrats du tribunal fédéral suisse qui sont à l’origine de l’affaire Sonatrach 2 et du mandat d’arrêt lancé contre Chakib Khelil et les membres de sa famille. En tout état de cause, il faut reconnaître malheureusement que le retour de Chakib Khelil, avec les honneurs, donne une piètre image de la justice algérienne, foulée aux pieds par les plus hauts responsables du pays. Une tache noire qu’il sera difficile d’effacer de sitôt…  

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