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Algerie

Le prêche du vendredi pour « déjouer tout complot visant l'unité nationale » !

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Les imams ont appelé les citoyens dans leur prêche du vendredi à travers l'ensemble des mosquées du pays à unifier leurs rangs et à soutenir notre direction nationale et notre armée afin de déjouer tout complot visant l'unité nationale et la sécurité du pays.          Cet appel vient en application à l'initiative lancée lundi dernier par le ministère des Affaires religieuses et des Wakfs en direction des imams des mosquées en vue de "sensibiliser, dans leur prêche de vendredi, les citoyens  aux menaces qui pèsent sur le pays, les inciter à défendre l'unité nationale et à soutenir notre direction nationale éclairée".           Les imams ont également été appelés à diffuser des messages clairs et forts pour inciter les citoyens à éviter tous les facteurs de division. Ils ont rappelé, dans ce contexte, les valeurs de l'Islam qui dénoncent  la "violence et l'extrémisme" en appuyant leurs propos par des versets coraniques  et des hadith prônant la réconciliation et la tolérance et la culture de sécurité.           Ils ont, en outre, mis l'accent sur l'importance de la sécurité et  la nécessité de la préserver tout en faisant preuve de "vigilance face aux  complots visant notre pays" appelant les citoyens à "tirer des leçons de la Révolution du 1er novembre et des sacrifices de nos martyrs et moudjahidine qui ont libéré l'Algérie du colonialisme et préservé l'unité nationale".            Préserver l'unité nationale et la sécurité du pays est notre "responsabilité à tous", ont-t-ils encore souligné.   

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Algérie-France : Jean-Marc Ayrault attendu à Alger mardi prochain

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Le ministre français des Affaires étrangères et du développement international, Jean-Marc Ayrault, se rendra à Alger le 29 mars prochain, a annoncé le Quai d’Orsay, aujourd’hui vendredi dans un communiqué. Ayrault, qui sera reçu par son homologue Ramtane Lamamra, « s’entretiendra avec les plus hautes autorités algériennes ». Cette visite intervient pour « préparer le comité intergouvernemental de haut niveau qui se tiendra en avril prochain à Alger sous la présidence des deux Premier ministres », a précisé la même source.  

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Et petit à petit, les migrants ont changé le regard de la société

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La pluie claque sur la baie vitrée de l’hôtel. A travers la vitre du premier étage, on aperçoit sur le parking cinq migrants subsahariens qui poussent des brouettes remplies de béton. Dans la salle, dix-huit associations sont réunies autour d’une table pour unifier le travail de la société civile en faveur des migrants. L’une des participantes se lamente du racisme. Une autre souligne que la prise en charge dans les hôpitaux s’est malgré tout améliorée. Soudain, assise à l’opposée de l’animatrice de la réunion, une grande jeune femme lance : «Vous voyez, nous, qui avons la peau noire, sommes là parmi vous aujourd’hui. Assis à la même table. Il y a quelques années, cela n’aurait pas été possible». La salle rit et applaudit. Josiane, migrante camerounaise de 36 ans, arrivée seule par la frontière sud il y a six ans, est aujourd’hui l’une des référentes du travail associatif en faveur des migrants à Oran. En 2016, les associations estiment qu’au moins 100 000 migrants subsahariens sont présents en Algérie. La durée de leur séjour s’allonge  : trois ans en moyenne, selon une enquête associative, 4 ans et 11 mois, selon les entretiens menés par El Watan Week-end dans les villes d’Alger et Oran. Conséquence  : ils intègrent, tant bien que mal, la société. «A quoi voit-on que les choses ont changé? C’est simple, dans la rue, on ne se retourne plus quand on voit un subsaharien», estime Jean-Paul Vesco, évêque d’Oran. Marchés publics A quelques kilomètres de là, face à la nouvelle promenade aménagée sur la corniche, Wahid, chef d’une petite entreprise de bâtiment, accueille Mohamed, un Malien qu’il emploie depuis plusieurs mois, pour manger un couscous en famille. «Mohamed est comme un fils pour moi. Je lui apprends le métier. Il apprend vite, il ira loin, explique l’entrepreneur qui laisse parfois le jeune migrant quelques jours seul dans l’une maison qu’il doit agrandir. Je ne ferai pas ça avec un employé algérien. La plupart ne sont pas sérieux et pas dignes de confiance». Pour la réfection des trottoirs du quartier chic de Sidi Yahia à Alger, pour la construction d’une caserne à l’entrée de la ville de Ghardaïa, pour une centrale à gaz à Tamanrasset, pour la peinture et les travaux de plomberie de plusieurs services du CHU d’Oran, pour l’agrandissement d’une école à Saïda, les entrepreneurs algériens qui obtiennent des marchés publics emploient des migrants, sans permis de travail. Les particuliers font appel à eux pour construire des villas, rénover des bâtiments, faire le ménage ou garder des logements vides, comme cet ancien cadre du ministère des Affaires étrangères qui emploie le même homme, subsaharien, depuis quinze ans. Accord A Ouargla, l’arrestation et l’expulsion de la ville de plus de 2000 personnes début mars pose problème aux entrepreneurs. «90% de nos employés étaient des migrants africains», se désole Messaoudi Belkhir, président de l’Union des entrepreneurs de la ville. Depuis, les forces de sécurité ont trouvé un compromis : en échange d’une liste des travailleurs étrangers employés, et de discrétion, elles ont promis aux chefs d’entreprise de n’interpeller aucun migrant. Ce type d’accord informel a aussi été obtenu par les exploitants agricoles de la wilaya de Sidi Bel Abbès. Sous couvert de l’anonymat, un acteur économique explique : «Nous avons expliqué aux autorités que lorsque la police venait dans nos champs rafler ceux qui n’avaient pas de papiers, cela ralentissait notre production, car il fallait du temps pour trouver d’autres travailleurs. Et de toute manière, la plupart de nos employés dans les champs sont des migrants subsahariens». Un ancien responsable confirme : «Aujourd’hui, les subsahariens font les métiers que les Algériens ne veulent plus faire. Nous avons besoin d’eux». Abdelouahab, trentenaire, raconte qu’à Ghardaïa, les migrants sont de plus en plus visibles : «La semaine dernière, en allant faire réparer mon véhicule, j’ai constaté que le garagiste avait employé un Malien comme mécanicien». Vidal, un Camerounais de 35 ans au look impeccable, est installé en Algérie depuis cinq ans : «Je suis diplômé. J’ai essayé de chercher un emploi avec un CV, on m’a répondu : ‘‘Nous privilégions nos frères’’. Je me rabats sur la peinture et la maçonnerie». Vidal a tissé un réseau : des entrepreneurs algériens font appel à lui lorsqu’ils ont besoin de donner un coup d’accélérateur à leurs chantiers. Tous les entrepreneurs interrogés par El Watan Week-end affirment que les migrants ne sont pas forcément payés moins que les travailleurs algériens. «Ils travaillent plus vite et plus sérieusement. On est sûr que le chantier sera livré à temps», explique Messaoudi Belkhir. «Un manoeuvre subsaharien est payé 1500 DA par jour, un Algérien 1200 DA, raconte Jean, migrant rwandais. Pour les maçons c’est différent : 500 DA le mètre carré d’ouvrage pour un migrant, 700 DA pour un Algérien».   Consommateurs Si en travaillant et en résidant plus longtemps dans le pays, les migrants sont désormais acteurs de l’économie du pays, ils sont aussi une source de revenu pour de nombreux Algériens. Selon les entretiens réalisés par El Watan Week-end, plus de 11 millions de dinars sont versés chaque mois à des propriétaires oranais par des migrants, rien que pour le loyer. Quand ils vivent dans des garages, des sous-sols et des appartements, tous les migrants interrogés déclarent payer des factures : parfois le forfait est fixe comme pour cette femme de 32 ans qui verse 3000  DA tous les 3 mois, parfois non. «Je paye l’intégralité des factures Sonelgaz et d’eau qui arrivent au nom de la propriétaire», explique une Camerounaise de 29 ans, arrivée en Algérie il y a deux ans. En moyenne, le montant des factures est de 765 DA par mois. Les migrants interrogés dans les villes d’Alger et d’Oran déclarent dépenser en moyenne 3840 DA par mois en forfait de téléphone portable et internet 3G ainsi que 2500 DA mensuels pour leur transport. Ceux qui ont des enfants déclarent dépenser en moyenne 8687 DA pour les couches, le lait et la scolarisation dans le privé. Dans les quartiers où ils sont installés, ils sont désormais des consommateurs particuliers aux yeux des commerçants. «Au marché de Aïn El Beïda (Oran), le prix des pattes de boeuf a augmenté. Personne n’en veut ici, mais chez nous, c’est un plat important», raconte Marie, Camerounaise. Même chose pour les intestins qui sont passé en quelques mois de 50 à 200 DA le kilo. «Les vendeurs nous disent : c’est parce que camarade mange. Sous-entendu, nous, les migrants, on peut payer plus», ajoute-t-elle. Existence Si l’activité économique dans lesquelles s’insèrent les migrants est informelle, l’administration a bel et bien des preuve régulières de leur existence. Des dizaines d’enfants naissent chaque mois dans les hôpitaux, ce qui donne lieu à la délivrance de certificats de naissance. Des migrants sont interpellés et arrêtés pour immigration illégale, condamnés à une amende par la justice et parfois incarcéré. Armel a passé deux mois dans la prison de Djelfa : «Les conditions de vie étaient terribles. J’ai fait du bruit pour obtenir des couvertures supplémentaires, je n’avais rien à perdre. Le directeur m’a dit qu’à cause de moi, les détenus allaient devenir plus revendicatifs. Il était content quand ma peine s’est terminée». Après des agressions, des migrants ont porté plainte et des procédures ont été menées par la police, la gendarmerie ou la justice dans plusieurs wilayas. Enfin, depuis le mois de septembre, à Alger, des enfants migrants sont inscrits à l’école publique. «L’État improvise : on tolère les migrants mais en parallèle il y a des rafles de Nigériens. Ce traitement n’est pas fondé sur les textes de loi, ce sont des décisions politiques. La tolérance n’est pas assumée, c’est fragile, et que ca peut changer du jour au lendemain», déplore Abdelmoumène Khelil, de la Ligue de défense des droits de l’homme.  «Décider de permettre aux sub-sahariens d’obtenir le droit de travailler, et donc de devenir réguliers, ne peut être qu’une mesure politique. Pour le moment, il n’y a pas de demande explicite du patronat», nuance le chef d’une entreprise de 2000 employés. Partage En attendant les décisions politiques, la société, elle, s’ouvre. Dans une petite rue d’un bidonville, Christelle vit au rez-de-chaussée d’une petite bâtisse. Seule une petite ouverture de 30 centimètres de large fait entrer un peu de lumière dans la pièce divisée en deux par un rideau. De l’autre côté du voilage, son fils Ezzechiel -Yael, né il y a une semaine, dort. La propriétaire du logement, qui habite au dessus, est venue apporter son aide lorsqu’elle a constaté que Christelle était enceinte. «Mariam et sa voisine, Sabba, me préparent du couscous le vendredi et me l’apportent. Elle font du thé et viennent le boire avec moi. Et depuis l’accouchement, elles m’aident à me laver et me massent», raconte la jeune femme. Imène, 30 ans, salariée d’une association, a elle aussi tissé du lien avec les migrants depuis un an grâce à son travail. Face à ses proches qui disent parfois qu’il faudrait «ramener tous les Nigériens chez eux», elle s’oblige désormais à être pédagogue : «Ils n’ont pas à se positionner ainsi. Les migrants sont là parce que certains ont besoin de manger, de vivre, de travailler. Et nous, Algériens, pourquoi allons-nous à l’étranger? Nous voulons voyager, découvrir autre chose. Les migrants sont comme nous. Ils ne nous volent pas notre place!» Fatma Boufenik, de l’association FARD, travaille pour aider les migrants à avoir accès à leurs droits : «Une femme comme Marie-Simone (une migrante camerounaise violée par 8 hommes et que les services de sécurité et de santé ont refusé de prendre en charge), devrait pouvoir porter plainte, tout comme n’importe quelle femme qui veut porter plainte pour violence ne devrait pas avoir à entendre «qu’est ce que tu as fait pour provoquer ça?» Au bout du compte, se battre pour leurs droits, c’est se battre pour les nôtres». Selma Khelif, psychologue, est persuadée que la présence des migrants dans l’espace public algérien finira par avoir un impact fort : «Des migrants resteront en Algérie et c’est grâce à eux que nous arriverons à nous secouer, à effacer les fossés que notre société a créés entre les femmes et les hommes et en fonction des couleurs de peau. Leur présence est nécessaire et je suis persuadée que c’est grâce à ces femmes subsahariennes qui occupent l’espace public dans des tenues différentes, que nous allons être amenés à réfléchir sérieusement à notre capacité de vivre-ensemble». Début mars, Josiane, la migrante camerounaise référente des associations, a été invitée à un anniversaire. Sur la table basse du grand salon d’une famille oranaise, il y avait du thé, du café, des gâteaux traditionnels. Les quelques invités ont parlé politique, photographie, voyage et migration et ont fait des photos souvenir. En partant, Josiane souffle en souriant : «En 6 ans, c’était la première fois que j’étais invitée dans une famille algérienne».

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Lyes Merabet. Président du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP) : Cette étude nous renvoie à l’image déformée de notre système de santé

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Suite aux nombreuses agressions verbales et physiques à l’encontre des personnels officiant au niveau des pavillons des urgences médico-chirurgicales, des médecins résidents ont décidé de mener une étude nationale inédite qui vise à référencer de manière chiffrée le nombre et la nature de ces agressions afin de confronter les autorités ministérielles à l’ampleur du phénomène et proposer des solutions pour y mettre un terme. Ainsi, selon cette enquête, plus de 61% des médecins questionnés sont âgés entre 20 et 30 ans, et la majorité (56,1%) sont des femmes. L’enquête en question a aussi montré que la plupart de ces medecins sont des généralistes, pour la majorité (57%) dans le centre du pays. Selon l’étude, la majorité des praticiens agressés ont entre 20 et 30 ans. Donc de jeunes médecins, souvent encore en formation... Il faut savoir que l’enquête cible en particulier les pavillons des urgences rattachés à des établissements hospitaliers formateurs (CHU, EHS) où le personnel est réparti entre médecins assistants de garde, résidents et étudiants en médecine (internes et externes), ce qui expliquerait à mon sens cette moyenne d’âge. La responsabilité de la gestion des services des urgences dans ces établissements incombe aux chefs de service ou aux chefs d’unité, selon le cas, qui sont de rang magistral et qui doivent assurer en permanence un encadrement pédagogique et pratique dans le cadre de la formation pour de jeunes médecins et des étudiants affectés à des terrains de stage aussi sensibles que les urgences. Par ailleurs, je tiens à saluer cette initiative, car avec ce genre de démarches que les conditions de travail peuvent s’améliorer Selon cette étude, la majorité des médecins agressés sont des femmes... La tendance à la féminisation dans les études médicales en particulier et dans les professions liées aux soins médicaux en général est un état de fait qui traduit, si besoin est, cette situation. Les statistiques en possession du Syndicat national des praticiens de santé publique estiment à 90% le taux de féminisation dans le milieu médical du secteur public. Pourquoi les agressions verbales sont les plus répandues ? On est simplement dans la déformation du comportement sociétal algérien. L’agressivité et le manque de respect envers le personnel constituent l’essentiel des requêtes laissées par les médecins de garde à côté des insuffisances liées au plateau technique, des perturbations dans la disponibilité de certains médicaments et autres produits consommables nécessaires à la bonne marche du service des urgences. Le plus souvent, c’est dans le box de consultation que les médecins sont le plus agressés. Pourquoi ? Que faut-il faire pour y remédier ? C’est le cas généralement, car le médecin se retrouve seul face au patient et à ses accompagnateurs, il est directement accessible, donc vulnérable. Bien que l’on nous rapporte aussi des scènes de violence physique et verbale à l’encontre de médecins dans les couloirs de l’établissement de santé, devant les chambres de garde ou dans le parking de l’hôpital. Que faire ? Eventuellement, repenser l’architecture affectée à nos structures de santé, en particulier aux urgences, former et recruter des agents pour l’accueil et l’orientation, sécuriser les structures de santé qui exercent en H24, mieux organiser le réseau de soins pour faire face aux flux incessants de malades. Dans la majorité des cas, ce sont les accompagnateurs qui sont les plus violents. Interdire à la famille du patient d’entrer aux urgences, est-ce une solution ? La disposition des espaces dédiés aux soins au niveau d’un service des urgences et l’existence d’un schéma ou un parcours de prise en charge en est déjà une solution. Ça doit commencer à l’entrée du service dans un espace humanisé et convivial où se fait l’accueil de l’urgence et où des explications vont être données régulièrement à la famille et aux accompagnateurs. Justement, l’étude montre que les agressions sont le plus souvent dues à un défaut d’accueil et d’information, une durée d’attente jugée trop longue ou encore l’absence de lits d’hospitalisation... Il y a en fait d’autres considérations, en dehors de l’accueil, qui impactent négativement la relation entre personnel soignant et ceux qui accompagnent le malade. Cela nous renvoie à l’image déformée de notre système de santé qui peine à s’organiser efficacement pour accompagner les changements intervenus tant au niveau de la donne démographique et socioéconomiques qu’au niveau de la transition épidémiologique que vit l’Algérie. Dans 56% des cas, le personnel médical ne dépose pas plainte par manque de soutien de la hiérarchie aussi bien médicale qu’administrative. D’après vous, pourquoi n’est-il pas soutenu ? Il y a du vrai dans cela. Il faut aussi dire que dans pas mal de situations, des mesures dissuasives ont été prises et des plaintes sont régulièrement déposées par les établissements de santé contre les agresseurs. Mais cela reste insuffisant. De plus, au niveau personnel, c’est toujours difficile d’assumer une action en justice pour des situations qui peuvent se reproduire à chaque garde. Cet aspect doit relever de la responsabilité et des obligations du représentant moral de l’établissement. La violence que subissent les médecins est encouragée par l’absence de personnel de sécurité -rarement présent au moment de l’agression. Suite aux nombreuses agressions constatées, pourquoi n’a-t-on pas déployé plus d’agents de sécurité dans les hôpitaux ? D’une part, il faut trouver ces agents de sécurité «formés» et d’autre part, il faut mettre à la disposition des établissements de santé la possibilité de recruter à travers l’octroi de postes budgétaires. Le recours à des sociétés privées spécialisées dans la sécurité demande des moyens financiers que, malheureusement, la plupart des établissements ne peuvent pas assurer.   Face à cette situation alarmante, les médecins résidents proposent des solutions : un diplôme de spécialisation spécifique à la médecine d’urgence de manière à ne plus recourir à des médecins généralistes, le plus souvent nouvellement diplômés. Qu’en pensez-vous ? Le «résident» est un médecin généraliste en formation post-graduée. En fait, légalement autorisé à exercer en cette qualité mais aussi avec un statut d’étudiant relevant de la fac de médecine. Le Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP) ne peut qu’appuyer cette proposition d’ériger la médecine générale en tant que spécialité à part entière. Un projet que le SNPSP partage avec d’autres, notamment la Société algérienne de médecine générale (SAMG) et nous espérons que les autorités publiques le prendront en considération, comme c’est le cas depuis deux ans déjà au Maroc et en Tunisie. Selon eux, il serait nécessaire de repenser la graduation de médecine générale pour en faire une spécialité à part entière... Il est indéniable que le rôle de la médecine générale est primordial dans l’organisation de tout système de santé et cela pour le respect de la hiérarchie des paliers de soins et dans la régulation et la maîtrise des dépenses liées à l’exercice médical en général. Les pays scandinaves, tels que la Finlande, la Suède ou encore le Danemark, ont instauré cette spécialité dès les années 1980. Depuis, la plupart des pays d’Europe ont suivi cet exemple que les Américains ont adopté également dans les années 1990. C’est un choix qui a démontré, sous d’autres cieux, ses avantages sur la bonne marche du système de santé. Faut-il, par exemple, instituer au sein des grands établissements de santé une organisation chargée de recenser administrativement les lits disponibles en les mutualisant dans le cadre d’une intégration en réseau afin de ne plus placer le médecin des urgences face à des problématiques qui ne sont pas de son ressort et qui pourtant sont génératrices de violences à son encontre ? Ca peut être une solution. Il faut aussi revoir la cartographie sanitaire de notre pays et avoir la volonté politique et l’intelligence d’imposer un maillage fait de structures de santé distribuées sur l’ensemble des paliers de soins. Une carte sanitaire qui ne doit pas exclure les CHU, les EHS et autres établissements de haute spécialisation d’un redéploiement éventuel des moyens et des ressources humaines pour couvrir de manière juste et efficace les besoins en soins de tous les Algériens. Il est aussi important de considérer le rôle du secteur privé dans cette démarche. Les pouvoirs publics doivent accompagner financièrement et inciter par un allègement fiscal le privé pour l’amener à investir dans le secteur et le convaincre à venir s’installer dans des zones déshéritées ou enclavées. Finalement, et concrètement, que faut-il faire pour assurer la protection des médecins ? Il faut faire beaucoup de choses en même temps mais pas n’importe comment. Dans l’urgence, les autorités publiques sont interpellées sur la nécessité de trouver des solutions immédiatement et permettre au personnel médical d’accomplir sa mission dignement.

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Protestation des gardes communaux le 4 avril : divergences en toile de fond

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La Coordination nationale des gardes communaux (CNGC) a appelé à des manifestations dans une quarantaine de wilayas du pays, a annoncé Hakim Chouib, son porte-parole, hier dans une conversation téléphonique.  Le recours à des actions de rue fait suite, précise notre interlocuteur, «au dialogue stérile engagé par le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales avec de faux représentants», dit-il, soulignant que des rassemblements de protestation seront organisés devant les sièges de 40 wilayas du pays. «Nous avons refusé d’organiser des sit-in de dénonciation dans les wilayas du sud du pays, vu la situation et le climat inquiétant dans la région». Selon M. Chouib, les pouvoirs publics n’ont pas encore satisfait toutes les revendications exprimées par les gardes communaux. Réagissant à cet appel lancé par la CNGC, Aliouat Lahlou, porte-parole de l’Alliance nationale patriotique, a appelé de son côté au calme et à ne pas répondre à l’appel lancé par son rival Hakim Chouib. «Nous avons appelé au calme dès lors que la situation actuelle du pays est inquiétante et la stabilité menacée. Il y a des mouvements obscurantistes derrière cette action, à l’image du mouvement Rachad», riposte M. Lahlou, en s’interrogeant sur le fait que Hakim Chouib avait annoncé récemment que «95% des points soulevés par les gardes communaux étaient satisfaits». Régissant à ces accusations, Hakim Chouib a démenti formellement l’existence de mouvements ou autres manipulations, invitant son ex-compagnon de lutte à plus de retenue.

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