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Ancienne avocate et militante dans une association de femmes, Mme Mounia Meslem, ministre de la Solidarité nationale, de la Condition féminine et de la Famille, interpelle, dans l’entretien qu’elle nous a accordé, les hommes de culte pour qu’ils développent la jurisprudence afin de permettre aux enfants nés hors mariage d’avoir le droit à un nom et une identité. Elle plaide pour une société qui repose sur des femmes équilibrées, une famille stable et des médias forts. Elle regrette d'être boudée par ces derniers et que son ministère soit réduit au couffin du Ramadhan. - Cet été des enfants adoptés dans le cadre de la kafala ont été refoulés au niveau des aéroports par la police qui exigeait de leurs parents une autorisation du juge. Pourquoi une telle décision, sachant que l’acte de la kafala leur donne tous les droits sur les enfants ? L’acte de la kafala donne tous les droits aux parents adoptifs sur les enfants adoptés. D’ailleurs le ministre de l’Intérieur a installé un groupe de travail, composé de représentants des ministères de la Solidarité, de la Justice, parce que c’est à la justice de prendre ce genre de décision et non pas à celui de l’Intérieur, afin de revoir ce qui doit l'être dans la législation. Cette affaire a été une opportunité pour améliorer les conditions de la kafala et des parents adoptifs. - Qu’en est-il de cette décision alors ? Elle a été levée tout de suite sur décision du ministre de l’Intérieur… - Pour les juristes, cette décision est illégale au vu de l’acte de la kafala… Je suis d’accord avec eux. La loi n’interdit pas aux enfants adoptifs de voyager avec leurs parents. L’acte de la kafala est une ordonnance rendue par la justice. Personne ne peut changer son contenu sans passer par une autre loi. Dans cette affaire, il y a eu une incompréhension. Dans le groupe de travail installé par le ministre de l’Intérieur, tout le monde est conscient de cela. Il est donc question de mentionner clairement dans cet acte tous les droits que donne cette ordonnance aux parents adoptifs afin d’éviter ce genre de malentendu dont les conséquences sont graves. Dans les aéroports aussi bien les enfants que leurs parents ont dû vivre un véritable traumatisme. Nous n’avons pas le droit de permettre de telles situations. Le ministre de l’Intérieur a saisi la Direction générale de la Sûreté nationale et des notes ont été adressées à tous les services de la police des frontières. L’acte de kafala doit être respecté rigoureusement. Au niveau du ministère de la Solidarité, nous avons, de notre côté, installé une commission composée de spécialistes en sociologie et psychiatrie, des psychologues et des assistantes sociales chargée d’accompagner les enfants adoptés dans le cadre de la kafala mais aussi leurs parents qui souvent sont confrontés à des problèmes, du moins jusqu’à la majorité de l’enfant. Ces derniers traversent des étapes très difficiles sur lesquelles il faut anticiper. Dans ce cadre, j’ai donné instruction pour recenser l’ensemble des enfants placés dans le cadre de la kafala afin que nous puissions les suivre, les assister et les aider à surmonter les problèmes. Pour nous, les meilleures  conditions dans les centres ne peuvent remplacer la chaleur de la famille. La place des enfants n’est pas dans les centres et nous ferons tout pour que chaque enfant puisse être accueilli dans une famille. - Parmi les problèmes auxquels sont confrontés les parents, il y a celui lié au refus des autorités de l’état civil d’inscrire les enfants sur le livret de famille avec la mention marginale «Kafil». Allez-vous vous pencher sur cette mesure ? Nous sommes en train d’y travailler avec le ministre de la Justice, un homme très sensible aux questions des femmes et des enfants et qui croit vraiment qu’une société forte repose sur la famille en général et la femme en particulier. Je profite de cette occasion pour vous parler d’un phénomène qui m’interpelle profondément : le droit de ces enfants à un nom. Savez-vous que même avec un test de paternité positif, un homme peut ne pas reconnaître l’enfant, parce que le code de la famille qui est inspirée de la charia le prévoit. J’en appelle aux hommes de culte pour qu’ils se penchent sur cette question. Le droit à une identité est universel et l’Algérie a ratifié des conventions dans se sens. Elle doit respecter ses engagements. Nous n’allons pas demander le droit à l’héritage ou une prise en charge, mais uniquement un nom et une identité. Nous avons l’opportunité de la science qui nous aide à identifier le père de l’enfant, pourquoi ne pas l’utiliser pour rendre justice à ce dernier ? Il faut  une jurisprudence dans ce sens, et une grande sensibilisation qui ne peut venir que de la mosquée. Les hommes de culte doivent nous aider. L’islam est une religion de droit, de liberté et de tolérance. N’oublions jamais ce que nous avons vécu durant les années 1990. Ils tuaient au nom de la religion ceux qu’ils considèrent comme étant des apostats. Aujourd’hui, nous devons aller sur le terrain de la religion pour leur montrer qu’ils n’ont jamais eu raison. L’islam parle de la laïcité, de la démocratie, du respect des droits de l’homme, de la femme et des enfants et des minorités, de l’autrui, etc. C'est pour cela qu'à chaque fois  j’interpelle les hommes de culte pour développer la jurisprudence en se basant sur la science. L’affaire des enfants interdits de quitter le territoire national a été une opportunité pour ouvrir ce dossier. Elle a ouvert les yeux sur d’autres problèmes plus complexes pour lesquels une solution doit être trouvée. - De nombreux couples attendent des années pour accueillir un enfant alors que les  centres reçoivent régulièrement de nouveaux pensionnaires ? Moi-même, depuis mon installation il y a plus d’une année, je ne fais qu’encourager les couples à adopter les enfants dans le cadre de la kafala. Les enquêtes peuvent prendre un peu de temps, mais l’essentiel c’est que les familles puissent assurer à l’enfant la sécurité, la santé et la stabilité. Néanmoins, il faut reconnaitre qu’aujourd’hui il y a de moins en moins d’enfants qui arrivent aux centres. Il y a des mamans qui préfèrent choisir la famille d’accueil, c'est bien, mais pas au détriment de l’enfant et de la mère. Que cela ne fasse pas l’objet de trafic. Raison pour laquelle, avec le ministre de la Santé, nous avons instruit toutes les structures hospitalières, y compris le secteur privé, pour déclarer les accouchements des mères célibataires non pas pour les stigmatiser, mais juste pour les aider dans toute la procédure de kafala et les accompagner. Nous ne sommes pas contre le fait que la mère choisisse la famille. Bien au contraire, nous préférons que ce soit elle qui le fasse et non nos structures. Nous voulons les recenser pour pouvoir les aider à éviter les tracasseries bureaucratiques, les assister en cas de problèmes, etc. C’est surtout dans l’intérêt de l’enfant et de sa mère. - Les conditions de vie dans les centres restent difficiles, avez-vous pensé à d’autres alternatives, comme par exemple le placement temporaire dans des familles ? Les alternatives existent. Nous avons par exemple le recueil dans des familles, mais il faut revoir ce dispositif parce que la rémunération mensuelle prévue n’a jamais changé. Vu la cherté de la vie, aucune famille n’acceptera de prendre en charge un enfant, avec une somme de 1200 DA par mois. En attendant, nous pouvons faire rentrer la vie dans les centres, qui sont pour la plupart excellents, à travers leur ouverture sur l’environnement immédiat, puisqu’ils se trouvent au milieu des cités. Il faut qu’ils soient ouverts aux autres enfants du quartier afin qu’ils puissent jouer avec eux, faire des activités récréatives, etc. Le deuxième aspect sur lequel nous travaillons c’est le parrainage, qui n’est pas encore connu dans notre société. Il existe beaucoup de gens très riches qui veulent prendre en charge un enfant ou plus en subvenant à tous ses besoins jusqu’à sa majorité.  Il y a aussi des enfants handicapés à 100%. Leur place n’est pas dans les centres, mais dans les hôpitaux, parce qu’ils doivent avoir une assistance médicales en permanence, que les centre ne peuvent assurer. Nous avons des cas dramatiques. Lorsque je fais les visites, je suis malade. Mais les responsables des centres sont impuissants. Lorsqu’ils les reçoivent, ils les gardent. C’est comme le cas des malades mentaux qui sont placés dans les centres pour personnes âgées. Cela ne doit plus se faire. La place d’un malade est à l’hôpital. Il faut d’abord le soigner, le stabiliser et après le ramener au centre. Lorsqu’il est directement mis dans le centre, il déstabilisera le reste des pensionnaires. Nous ne pouvons pas le mettre dehors. Nous le gardons, au même titre que les enfants qui dépassent l’âge de la majorité. Vous allez me dire que c’est de l’assistanat, mais nous devons le faire. Ils ont passé toute leur vie dans le centre. Nous essayons de les intégrer dans des mécanismes d’aide à l’emploi à travers les crédits de l’Anjem, l’Ansej, ou l’ADS, etc. Nous avons pu  sauver bon nombre d’entre eux grâce à l’intervention de walis de quelques wilayas qui étaient très sensibles à leur situation. Dans le cadre de la coopération avec l’Autriche, la Suisse et la France, nous sommes en train de former du personnel pour des projets de vie de l’enfant assisté, pour lui inculquer l’idée de se prendre en charge dès la majorité et le préparer à l’après-centre. Notre personnel n’est pas qualifié. Il y a des pays très en avance dans le domaine. Nous profitons de leur expérience pour améliorer la situation. Nous avons déjà accompli deux sessions de formation l’année écoulée, et deux autres sont en cours. - Pourquoi, selon vous, la liste d’attente des couples demandeurs d’adoption est longue, alors que les centres sont pleins ? En fait, généralement les familles préfèrent les filles, et celles-ci ne restent que rarement dans les centres. Dès qu’elles arrivent, elles partent. Restent les garçons et les enfants malades. Mais nous avons aussi des cas d’enfants restitués par leurs parents adoptifs parce qu’ils ont découvert deux ans plus tard, qu’ils étaient malade. Là aussi, il faut intervenir. L’acte d’adopter doit être une culture… - La restitution de ces enfants n’est-elle pas la conséquence d’une mauvaise enquête sociale ? Les critères sont connus et l’enquête se fait dans tous les cas. Le problème n’apparait qu’après, comme par exemple, le cas des couples qui restituent l’enfant adopté après le divorce. Le couple doit comprendre qu’il n’y a aucune différence entre un enfant naturel  et celui adopté. En cas de divorce, si le juge décide que la garde soit confiée à la mère ou au père, c’est que la décision a été prise dans l’intérêt de l’enfant.  Nous avons aussi le cas où les parents adoptifs décèdent et la famille des défunts a décidé de restituer l’enfant. Nous le reprenons  parce que nous ne pouvons pas obliger la famille à le garder. Ce sont des enfants qui reviennent traumatisés et déstabilisés et le personnel n’est pas formé pour assurer une prise en charge adéquate. Il y a bien sûr les thérapies psychologiques, mais ce n’est pas suffisant. Nous faisons de notre mieux pour améliorer la formation, mais aussi pour sensibiliser ceux qui rejoignent ce métier. - Avec l’affluence considérable de migrants africains et autres vers l’Algérie, les centres dépendant de votre département ont accueilli des enfants de cette communauté. Qu’en est-il de leur situation ? Actuellement, mon grand souci est de trouver une solution pour huit enfants qui sont  dans nos centres et sont porteurs du VIH.  Il faut aussi  se pencher sur la scolarisation de ces enfants, qui sont souvent stigmatisés dans les écoles. C’est pour vous dire que tous ces problèmes auxquels est confrontée cette catégorie d’enfants nous renvoient  aux mentalités et à la religion. Raison pour laquelle j’insiste beaucoup sur l’apport de la mosquée, celle qui m’aide à avancer et non pas à reculer. J’ai besoin des imams qui parlent de l’islam des droits, l’islam de la paix, l’islam de la tolérance et non pas celui qui passe son temps à rabaisser les femmes et à manipuler l’opinion publique en interprétant des versets comme bon lui semble. Nous avons vécu cela lors de la création du Fonds d’aide aux femmes divorcées qui ont la garde des enfants. Ils savaient que ce fonds est destiné aux enfants, dont le père a divorcé, ne peut pas assumer le paiement de la pension alimentaire. Ils ont tout fait pour que ce fonds ne soit pas mis en place. J’étais avocate et j’ai vu les drames du divorce et ses conséquences sur les enfants. Il est du devoir de l’Etat de protéger ces enfants. Le code pénal et ses amendements relatifs à la violence conjugale et au harcèlement sont un acquis considérable, lorsque l’on sait que l’espace privé de la famille est un tabou. Toutes les études démontrent que cette violence est en train de prendre de l’ampleur… - Ne craignez-vous pas une opposition au niveau du Sénat,  comme cela a été le cas lors de sa discussion à l’APN ? Je ne le pense pas. Il est programmé pour la session de l’automne. Il faut reconnaître, cependant,  que le projet de loi a été mal compris parce que mal médiatisé. Ces amendements constituent un avancement considérable pour la défense des droits des femmes, mais aussi de la famille et des enfants. Un enfant qui voit sa mère tous les jours battue et maltraitée, grandira déséquilibré. Il aura d’énormes problèmes après. L’islam nous a incités à préserver la santé morale et physique de l'enfant et nous a recommandé de le laisser jouer le maximum d’années pour le préparer à une puberté saine et équilibrée. Nous ne pouvons pas protéger la société sans protéger les femmes et les enfants. Ce projet de texte sera discuté, parce qu’en dépit de l’avancée considérable que le pays a fait, nous sommes vraiment en retard. L’enquête nationale a été faite en 2007 et déjà les spécialistes parlaient de 2 femmes sur 5 violentées. Aujourd’hui, ce chiffre a dû augmenter, raison pour laquelle il fallait une loi pour protéger la famille et non pas pour la faire éclater comme certains sont en train de dire.  Je fais appel aux intellectuels et à l’élite pour investir ce terrain et de ne pas le laisser entre des mains malveillantes. Pour construire ce pays, il faut des femmes bien équilibrées et bien dans leur peau afin que ses enfants ne rejoignent pas Daech ou Al Qaîda. N’oublions jamais ce que nous avions vécu durant la décennie 1990. Les mamans ont une influence extraordinaire sur leurs enfants. Si elles sont déséquilibrées, comment voulez-vous que ses enfants soient bien ? Tous ces terroristes étaient des enfants. Ils ont dû avoir des problèmes pour qu’ils aient basculé ainsi. Il faut faire en sorte de ne plus revivre les années 1990 dans 20 ou 30 ans. Il nous faut une école républicaine qui forme des citoyens égaux en droits et en devoirs et des lois qui consacrent cette égalité. Moi, je voudrais parler d’une catégorie de femmes dont le divorce intervient à un âge avancé. Elles se retrouvent sans rien et à la rue. C’est un phénomène qui prend de l’ampleur. A 65 et même à 72 ans, elles se retrouvent à la rue. Le code de la famille n’est pas le Coran. Il peut être revu à chaque fois que la société se heurte à des situations de non-droit. - Le président de la République avait instruit les services du Premier ministère pour se pencher sur la question du divorce. Est-ce pour prendre en charge ces situations ou pour revenir sur la question du khol’â, comme l’affirment certains ? Il faut savoir que ces dernières années,  le nombre de divorces a augmenté d’une manière incroyable. C’est devenu une mode. Les jeunes prennent à la légère le concept du mariage. Il n’y a pas de travail de sensibilisation sur le sujet. Nous avons besoin de l’élite pour nous aider à résoudre cette problématique. La révision du code de la famille est une nécessité. Le khol’â est un droit religieux. Le Président avait invité tout le monde, y compris les hommes de culte à prendre part au débat sur le divorce, sans revenir sur les acquis. La volonté politique existe et les acquis sont irrévocables. Il est question de consolider l’Etat de droit. - Votre département a été hissé du rang de ministère délégué à celui de ministère, mais certains constatent votre absence dans les débats sur la question des femmes et des enfants. Qu’en pensez-vous Pas du tout. Il y a beaucoup de choses qui se font, mais je préfère parler des résultats que de ce qu’on fait. Néanmoins, il fait reconnaître que le ministère est boudé par la presse notamment privée. C’est la première fois depuis que j’ai été nommée que votre journal m’approche. Mes activités ne sont que rarement médiatisées. Pour moi la presse est le deuxième pouvoir. Elle a une influence extraordinaire sur l’opinion. La presse peut m’aider et m’accompagner pour voir ce qui est fait dans les wilayas. J’ai envie que la société change par rapport aux droits des femmes et des enfants…. - Vous sentez-vous en tant que femme à la tête d’un tel département isolée au sein du gouvernement ou alors diminuée par rapport à d’autres ministres qui bénéficient d’un soutien ? Enfin je ne peux pas dire isolée quand même, mais je peux dire qu’au sein de l’Exécutif, on se concentre plus sur les questions économiques et l’austérité. Mais ce qui me rassure c’est la volonté exprimée par le Président de ne pas toucher aux acquis sociaux.. - Pensez-vous que cette crise risque de susciter la diminution du budget accordé à votre département ? A la baisse, je ne le pense pas. On gardera le même cap. Mais je suis entièrement d’accord sur cette politique de rationalisation qui s’impose. Si vraiment elle est appliquée, nous gagnerons des milliards de dinars. Il y a trop de gaspillage. Nous devons faire un travail de fond avec les citoyens, parce que le gaspillage est le symbole du sous-développement. Il faut restituer la valeur au travail. Il fait sortir de l’assistanat. Pour vous donner  un exemple, j’ai trouvé un centre avec six pensionnaires et 120 employés. Est-ce normal ? N’est-ce pas du gaspillage ? Dans les  pays développés, quand un centime est placé, il est mis sous la loupe et on sait ce qu’il rapporte. - Pourquoi, selon vous, le mouvement associatif semble complètement tétanisé ? Est-il usé, abusé ou tout simplement désintéressé ? D’abord, il faut reconnaître que les associations ont fait un travail extraordinaire durant les années 1990 en dépit de la situation extrêmement difficile. Aujourd’hui, on sent qu’elle est lasse. J’ai besoin de ce mouvement pour changer les mentalités, pour servir de lien entre citoyens et les pouvoirs publics, etc. J’ai appelé les jeunes à se regrouper autour des associations en leur proposant l’aide du ministère. Avec un mouvement associatif fort, il sera très facile d'éradiquer les fléaux sociaux et surtout contrôler l’argent de l’Etat. Ceux qui peuvent servir d’œil et d’oreille au département sont la presse et les associations. Sans eux, nous ne pouvons rien faire. J’ai été très contente de recevoir un groupe de jeunes médecins qui veulent créer une association d’auxiliaires de vie pour assister les personnes âgées démunies. C’est vrai que nous n’avons pas de personnes formées dans cette activité, mais j’ai commencé à faire un travail de formation et signé une convention avec l’Ansej pour  financer ces nouveaux métiers. De nombreux Algériens peinent à trouver quelqu’un qui s’occupe de leurs parents âgés et malades à la maison. J’ai toujours plaidé pour ces activités, malheureusement les médias me boudent. Cette année par exemple, il n’y a pas de liste d’attente dans les écoles pour les enfants handicapés dans les 30 wilayas. Nous avons travaillé avec la ministre de l’Education  pour permettre aux accompagnateurs des enfants handicapés de les suivre dans les salles d'examen. Ce qui n’était pas le cas avant. Cette année, pour la première fois, les enfants malvoyant ont tous des livres en braille. Pourquoi de tels résultats ne sont pas visibles ? Pourquoi réduire le ministère  au couffin du Ramadhan, alors que nous ne gérons que 7% de cette enveloppe consacrée à cette aide. Le reste c’est le ministère de l’Intérieur. Je crois que c’est voulu, parce que la Solidarité c’est la famille, les femmes et les enfants. Même si je commets des erreurs, j’a besoin de la presse pour qu’elle attire mon attention. Je suis une militante et je crois à la mission des médias. - Qu’en est-il de tous ces enfants nés dans les maquis et dont les parents sont soit des repentis, soit des terroristes abattus ? Nous avons de tout. Des enfants dont les parents ont été tués lors des massacres collectifs, d’autres nés dans les maquis, mais aussi des jeunes filles nés d’un couple de terroristes devenues des mamans au sein de familles. Tous ont réussi dans leurs études et sont insérés dans la société, grâce à la prise en charge dont ils ont bénéficié au niveau des centres. Les psychologues ont fait un travail extraordinaire avec des moyens dérisoires.
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