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Dans notre pays, internet est en passe de devenir le média préféré des jeunes et des cadres et la source principale d’information et de connaissance. Ces dernières années, la manière de présenter les vœux de l’Aïd a littéralement changé. Si les Algériens les plus âgés tiennent à la tradition et à l’accolade, signe de chaleur humaine et d’une certaine conception de la tradition, les jeunes optent pour le SMS et les plus branchés préfèrent les réseaux sociaux et particulièrement facebook. Cette tendance lourde, notent les observateurs, s’est encore confirmée cette année. «Les SMS sont bons pour joindre les amis, le téléphone est utile pour entendre la voix d’un être cher qui vit loin, mais le déplacement est recommandé lorsqu’il s’agit de parents et proches qui habitent dans la même ville», souligne pourtant un internaute. Il partage l’avis de ceux qui disent que la technologie fragilise le lien social que la religion a favorisé et vide la convivialité de l’Aïd de son sens. Pour une frange d’Algériens, l’Aïd, comme toutes les fêtes religieuses, reste avant tout une occasion de communion en ces temps modernes troubles, marqués par tant d’incertitudes. Certains messages comportent des termes de politesse usuels. D’autres, plus créatifs, s’inspirent de notre vécu quotidien. Mais le problème avec le SMS, c’est qu’aucune émotion ne transparaît, surtout avec les envois groupés. Le portable fait partie d’un univers culturel d’immédiateté, de spontanéité et de sensations rapides. Idem pour facebook et les réseaux sociaux qui sont devenus des canaux très prisés pour se souhaiter un chaleureux Aïd, fut-ce virtuellement. Chaque Aïd, c’est le même rituel : un chassé-croisé de SMS qui rythme le portable dont la sonnerie ne cesse de grésiller. Beaucoup reçoivent des messages de vœux de toutes sortes provenant des amis et des proches. «Je prends un des messages qu’on m’a envoyés pour le transférer à d’autres. Je sélectionne le plus expressif des messages pour l’envoyer», affirme Rafik, universitaire. D’autres préviennent des dangers de l’isolement et coupent la poire en deux : ce n’est pas parce que l’on peut souhaiter bonne fête à plusieurs personnes par Internet qu’on doit se dispenser de cette forme très belle de déplacement vers un proche pour exprimer les mêmes souhaits. Ils insistent sur la relation physique qui reste très importante même si, aujourd’hui, on a la possibilité de voir la personne avec laquelle on communique à travers l’écran de son téléphone portable ou de son ordinateur. Pour comprendre pourquoi cet engouement, il faut savoir que les Algériens sont de plus en plus équipés en terminaux mobiles. Le parc global de la téléphonie mobile a enregistré une évolution de 3,66 millions  d’abonnés en 2014, réalisant un taux de croissance de 9,26% par rapport à l’année précédente. Sur les 43 millions d’abonnés, 39,79 millions sont des abonnés au réseau GSM, soit 80,35%, contre 8,51 millions au réseau de troisième génération (3G), soit 19,65%, selon l’Observatoire du marché de la téléphonie mobile en Algérie de l’ARPT. Usages des technologies Il y aurait 11 millions d’Algériens sur facebook et une moyenne quotidienne de 4 heures de consultation, selon les données récoltées lors de la manifestation Picnic. Et l’avènement de la 3G, lancée il y a plus d’un an, y est pour beaucoup. Les Algériens ont en effet accès plus facilement à facebook depuis leurs smartphones, grâce notamment aux offres attractives que lancent les opérateurs de téléphonie mobile. Un peu plus du tiers sont des utilisatrices de facebook. Pour la distribution en âge, 72% ont entre 18 et 34 ans, 15% entre 13 et 17 ans et 13% ont plus 35 ans. Le facebookeur algérien utilise surtout sa messagerie et en deuxième position les «posts» publiés. Il accède principalement au moyen d’un appareil mobile et essentiellement en soirée. Pourquoi ce succès ? Il vient tout d’abord de la facilité avec laquelle on ouvre un compte, la gratuité de la communication (si on met de côté le coût de la connexion internet qui peut aussi servir à autre chose) et, bien sûr, la sensation et l’excitation de bientôt appartenir à une communauté où le connu côtoie tout également l’inconnu. Il y a aussi le fait de retrouver virtuellement des amis qu’il aurait été impossible de contacter aussi facilement dans la vie de tous les jours et encore moins échanger des messages en temps réel avec eux avec l’aisance que donne facebook, qui est devenu un véritable phénomène de société. StatCounter, compagnie qui édite un logiciel pour mesurer le nombre de visites sur un site web, a divulgué les derniers chiffres de l’utilisation des réseaux sociaux en Algérie, de janvier à juin 2015 : la part du lion revient à facebook avec 96,59% du nombre d’utilisateurs, soit une progression de deux points par rapport à 2013/2014, suivi de Twitter avec 1,28% et de YouTube (0,76 %). Ces chiffres confirment que les Algériens ne sont pas séduits par Twitter, son taux d’utilisation (1,22%) sur la période 2013-2014 n’a pas évolué de manière significative, avec une augmentation limitée à 0,06%. Le classement des célébrités sur Twitter est massivement dominé par les stars de foot. Tout de même la célèbre écrivaine arabophone Ahlam Mostghanemi (622 734 abonnés) parvient à se distinguer à la deuxième place et le journaliste-écrivain Anouar Malek (263 738 abonnés) réussit à se faufiler timidement dans ce classement à la dixième position. Le footballeur Islam Slimani (710 828 abonnés) occupe la première place du podium des célébrités sur twitter. Le top 10 des médias algériens les plus populaires sur Twitter souligne une montée remarquable des journaux El Watan, Algérie Times et Echorouk online, qui récoltent de plus en plus d’abonnés. Notons aussi la grande popularité de «pure players» (présents uniquement sur internet) algériens comme TSA ou Algérie-Focus, qui sont plébiscités par les internautes algériens. Des jeunes bousculent les tabous Les usages sont essentiellement tournés vers le loisir. Les utilisateurs algériens des réseaux sociaux sont en général des consommateurs passifs et non pas des producteurs d’information. Ce sont d’abord des espaces de détente. Une attention particulière est accordée par certains internautes algériens aux sujets ignorés par la presse officielle, notamment ceux d’ordre politique. Grâce aux réseaux sociaux, des internautes diffusent en temps réel des informations, des images et des vidéos pour dévoiler la face cachée de la situation sociale et politique du pays. Des jeunes bousculent les tabous et se sentent moins muselés. Face au silence médiatique sur certains événements, ils s’improvisent producteurs et diffuseurs d’information. Armés d’un téléphone portable, ils partent sur le terrain pour tout filmer : les manifestations, les émeutes et les blessés. Pour certains, la technologie représente une appartenance à la société moderne ; pour d’autres, elle permet une flexibilité au travail et dans la vie personnelle. Mais il reste indéniable que le téléphone mobile et les réseaux sociaux ont connu un succès populaire qui dépasse toutes les prévisions. Ils ont permis à la société de faire un bond spectaculaire dans une modernité «bricolée». Mais le mobile ne peut à lui seul compenser toutes les contraintes, comme la faiblesse des infrastructures, les contenus non développés et le coût des usages encore élevé. «Dans notre pays, internet est en passe de devenir le média préféré des jeunes et des cadres et la source principale d’information et de connaissance. Les études réalisées en Algérie montrent qu’il est également un espace de loisirs à travers lequel jeunes et moins jeunes pallient l’insuffisance d’espaces de loisir moins virtuels et la relative difficulté d’accès qu’ils rencontrent», a mis en exergue le Cénéap. Aujourd’hui, il est désormais important d’approfondir les débats et de capitaliser les expériences tirées des initiatives menées, dans notre pays et dans le monde, dans de nombreux domaines tels que la presse électronique, les réseaux sociaux et l’information en ligne.   
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