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La fuite des capitaux est de 16 milliards de dollars entre 2004 et 2014, alors que l’évasion fiscale a atteint des niveaux inquiétants. Près de 50 milliards de dollars, selon la Commission des droits de l’homme de Farouk Ksentini. On n’a pas besoin d’être expert en économie pour comprendre comment l’Algérie est allée droit dans le mur. Comment se retrouve-t-on dans une crise aussi menaçante pour le pays après 15 ans d’opulence ? Ce n’est pas normal ! En plus des erreurs commises en termes de stratégie économique, des choix des politiques publiques décidées par le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, depuis son arrivée au pouvoir en avril 1999, le pays a subi une véritable saignée à cause de la gangrène de la corruption, de la fuite des capitaux, de l’évasion fiscale et de l’informel qui ont fait main basse sur l’économie nationale. Des chiffres publiés par la très officielle Commission des droits de l’homme de Farouk Ksentini donnent froid dans le dos. La fuite des capitaux a été de 16 milliards de dollars entre 2004 et 2014, alors que l’évasion fiscale a atteint des niveaux inquiétants. Près de 50 milliards de dollars, selon la même source. Quid de la corruption dont on n’a pas l’évaluation et qu’on estime aux dégâts et aux préjudices qui ont mis le pays à genoux ? C’est la faillite totale. L’on s’étonne aujourd’hui que ceux qui sont à l’origine de cette débâcle viennent, toute honte bue, proposer des solutions. Et quelles solutions ? Des mesures d’austérité. On a bien entendu un haut responsable de l’Etat qui dit qu’en fait, la crise tombe à pic, comme ça on est obligé de relancer notre économie. Des experts maison se succèdent et rivalisent en ingénuité à qui trouvera le plus de niches fiscales. Et les niches fiscales, en fin de course, c’est la poche des citoyens. Solutions faciles pour des responsables qui ont échoué, qui ont fait tout de travers. Ils avaient pourtant l’occasion inouïe de sortir le pays de sa dépense de la rente pétrolière. Combien a coûté l’autoroute Est-Ouest, non encore entièrement livrée, qui a connu d’importants surcoûts en plus de la corruption qui a entaché sa réalisation ? Le coût du projet était initialement évalué à 7 milliards de dollars avant de devenir un véritable gouffre financier. Officiellement, le montant du projet du siècle est de 13 milliards de dollars, mais pour beaucoup, il a coûté plus. Que dire de la corruption qui a touché Sonatrach et d’autres projets publics ? Et l’affaire Khalifa qui a saigné le Trésor public. La fraude, l’évasion fiscale, la fuite des capitaux et la corruption sont devenues un sport national. «La gouvernance» du président Bouteflika est catastrophique. Et le pays ne manquera pas d’en payer le prix. C’est au milieu de son premier mandat que des experts et même des opérateurs économiques critiquaient, à juste titre, ses choix économiques et sa gestion à la hussarde du pays. L’on se souvient du tollé soulevé par «la stratégie industrielle», élaborée par l’un de ses proches collaborateurs, Abdelhamid Temmar, qui a occupé plusieurs portefeuilles ministériels depuis 1999. Il a été ministre chargé des Participations et de la Coordination des réformes, ministre du Commerce, ministre conseiller économique auprès du président Bouteflika et ministre de l’Industrie et de la Promotion de l’investissement avant de finir dans la Prospection et la Planification. Donc en plus des mauvais choix qui ont été faits et qui ont coûté forcément beaucoup d’argent au Trésor public, le pouvoir n’a pas tiré les leçons du scandale Khalifa. Au contraire, la corruption a continué à prospérer jusqu’à mettre en péril le pays. Les mécanismes de lutte contre ce phénomène mis en place par le chef de l’Etat qui a mis au pas tous les contrepouvoirs, la presse entre autres, domestiqué la justice, tué l’opposition politique et dompté le Parlement qui aurait pu jouer un rôle de contrôle et de veille, n’ont servi absolument à rien. La crise économique qui frappe l’Algérie aujourd’hui était prévisible. Des experts n’ont pas cessé d’alerter, depuis très longtemps, sur la faillite à laquelle serait exposé le pays, si les prix du pétrole venaient à chuter. Ils n’ont pas été écoutés.
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