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Les familles de disparus ont saisi, hier, l’opportunité d’une rencontre-débat à l’Assemblée populaire nationale (APN), autour du projet de réconciliation nationale, pour observer un rassemblement devant l’entrée de cette institution. SOS Disparus, qui a appelé à cette manifestation, aspirait à décrocher une entrevue avec le président ou le vice-président de l’Assemblée pour lui faire part des souffrances et des attentes de ces familles. Seulement, hier, les alentours de l’édifice étaient quadrillés par un dispositif de sécurité impressionnant. Des policiers étaient postés tout le long du boulevard Zirout Youcef. Même le chef de la sûreté de wilaya était sur les lieux. «Ce n’est qu’un sit-in pour réclamer la vérité sur les disparus des années 1990», a expliqué Mme Dutour, présidente de l’association, au responsable de la police qui l’interrogeait sur l’objectif d’un tel rassemblement. Le nombre des familles de disparus qui commençaient à prendre place devant l’APN était réduit, il ne dépassait pas la cinquantaine en comparaison au nombre important de policiers dépêchés sur place pour «empêcher» cette manifestation. Munis de portraits de leurs proches disparus, les manifestants ont scandé des slogans hostiles au pouvoir. Ils ont qualifié le gouvernement de «terroriste» et le nouveau patron du DRS, le général Athmane Tartag, de «criminel». Sur les banderoles, l’on pouvait lire : «Ce sont les agents de l’Etat qui ont enlevé nos enfants», «Où sont nos enfants ? Dites-nous la vérité», «Non à l’impunité». Ces slogans n’ont pas plu évidemment aux agents de sécurité qui ont sommé les familles d’évacuer les lieux. Devant leur entêtement, la police a malmené les manifestants. Elle a employé la force pour les disperser, des dizaines de manifestants, des personnes âgées, ont été arrêtés puis relâchés une heure plus tard. L’intervention musclée des policiers a choqué les manifestants. «Est-ce que nous n’avons pas le droit de manifester devant l’APN pour exiger la vérité sur le dossier des disparus ?» s’interroge Mme Dutour. Pour elle, il est scandaleux que les représentants du peuple ne se penchent pas sur la question des disparus. «Ils sont en train de débattre entre eux d’un sujet qui nous concerne. Nous avons notre mot à dire. Pourquoi refuse-t-on de nous écouter ? Est-ce un monologue ?», s’insurge la présidente de SOS Disparus. Elle rappelle qu’une paix et une réconciliation durables ne peuvent être garanties que par l’établissement de la vérité au cas par cas sur le sort de toutes les victimes et par l’établissement de la responsabilité pénale et politique des auteurs des crimes et leurs commanditaires. Le rapport élaboré par cette association sur les disparitions forcées en Algérie sera envoyé à toutes les parties concernées et sera également envoyé à certaines entités étrangères. Ce rapport présente les éléments, dont SOS Disparus dispose, tendant à démontrer que les disparitions forcées en Algérie ont été perpétrées par les agents de l’Etat à l’encontre de la population civile de manière générale. «Face à la volonté des autorités de clore le dossier des disparus au niveau national, sans vérité et dans l’impunité la plus totale, nous avons décidé d’ouvrir ici le débat sur la qualification des crimes commis par les agents de l’Etat dans les années 1990», note la responsable de SOS Disparus.
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