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FIDH : Souhayr Belhassen honorée par la Ville de Paris Souhayr Belhassen préside la FIDH depuis 2007. © Catherine Gugelmann/AFP

Souhayr Belhassen cumule les honneurs. Après avoir été nommée Chevalier de la Légion d’honneur par François Hollande la semaine dernière, la présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) a été décorée de la Grande Médaille de Vermeil de la Ville de Paris, jeudi 6 décembre.

Souhayr Belhassen, âgée de 69 ans, a reçu son prix des mains du maire de Paris, Bernard Delanöe, devant quelque 300 personnes réunies dans les Salons de l’hôtel de ville, jeudi 6 décembre. La cérémonie aura aussi été l’occasion de souligner le 90e anniversaire de la FIDH avec un dîner caritatif, qui était en passe de devenir la plus lucrative des campagnes de financement de l’organisation. Parmi les généreux donateurs présents ce soir-là figuraient la chanteuse Jane Birkin et l’intellectuel Stéphane Hessel.

Ancienne collaboratrice de Jeune Afrique et de Reuters en Tunisie, militante des droits de l’homme et féministe de la première heure, Souhayr Belhassen s’apprête à passer le flambeau de la direction à la FIDH. La défense des droits des femmes, entre autres, s’est avérée l’une de ses principales préoccupations au cours de ses cinq années à la tête de l'organisation. Cosignataire de l’appel des femmes arabes pour la dignité et l’égalité, lancé en mars 2012 à l’occasion de la Journée de la femme, Souhayr Belhassen avait également mis en garde contre les risques de « désenchantement réel » en Tunisie après la révolte de 2011, évoquant notamment un chômage persistant et la présence d’extrémistes dans le pays.

La FIDH, qui regroupe plus de 164 associations de défense des droits humains à l’échelle internationale, a été fondée en 1922 par un groupe de ligues européennes. L’organisation concentre ses actions autour des questions de droits des femmes, des migrants et de la lutte contre l’impunité.

 

 

 

 

 

 

 

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Tunisie : grève générale à Sidi Bouzid, Kasserine, Gafsa et Sfax Manifestation à Tunis contre l'attaque qui a visé le siège de l'UGTT, le 5 décembre 2012. © AFP

Quatre régions réputées instables, dont Sidi Bouzid, ont entamé jeudi 6 décembre une grève générale très suivie à l'appel de la puissante centrale syndicale UGTT. Depuis quelques jours, le syndicat est en conflit ouvert avec les islamistes d'Ennahdha au pouvoir. Une grève nationale est prévue le jeudi 13 décembre.

Mis à jour à 16h00.

C'est un avant-goût de la grande grève générale du 13 décembre prochain en Tunisie. Jeudi, quatre régions ont entamé une grève très suivie, à l'appel de la puissante centrale syndicale de l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT).

Outre Sidi Bouzid (Centre-ouest) et sa voisine Kasserine, le débrayage est observé à Gafsa, région minière qui est le théâtre de conflits sociaux récurrents, et Sfax, dont la capitale éponyme est la deuxième ville du pays.

Ces gouvernorats sont réputés instables, notamment ceux du Centre-ouest, économiquement marginalisés. Les affrontements y ont été particulièrement intenses durant la révolution, qui avait débuté le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid avec l'immolation du vendeur ambulant Mohammed Bouazizi.

L'essentiel des institutions publiques et privées n'ont pas ouvert leurs portes jeudi matin dans ces régions, à l'appel des branches régionales de l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT). Seules des petites boutiques et cafés de quartier fonctionnaient dans la matinée.

Grève nationale le 13 décembre

Ces grèves régionales sont un prélude au débrayage national prévu le 13 décembre par le syndicat pour dénoncer une attaque contre son siège mardi à Tunis. Selon l'UGTT, cet assaut a été orchestré par des milices islamistes pro-Ennahdha, le parti au pouvoir.

Elles interviennent quatre jours après la fin de près d'une semaine de heurts entre policiers et manifestants à Siliana (sud- ouest de Tunis), après qu'un appel à l'arrêt du travail y a dégénéré en violences faisant 300 blessés.

Des centaines de manifestants ont défilé à Sidi Bouzid, scandant des slogans anti-Ennahdha. « Nous réclamons la démission du gouvernement », « Ennahdha a vendu la Tunisie », « Vive l'UGTT, la plus grande force dans le pays », criaient les protestataires.

Le même scénario s'est répété à Gafsa où la grève a été suivie à 95%, selon l'UGTT.

Dans son histoire, le syndicat, qui revendique un demi-million de membres, n'a appelé qu'à deux grèves nationales. La première a eu lieu en 1978, et l'autre, de deux heures, le 12 janvier 2011, deux jours avant la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ali.

Affrontement UGTT-Ennahdha

Dans un communiqué publié jeudi, le cabinet du Premier ministre « appelle tous les fonctionnaires dans tous les établissements (...) à reprendre le travail » et exhorte toutes les organisations tunisiennes « à prôner (...) un discours apaisant pour dépasser les difficultés ».

La veille, le puissant chef d'Ennahdha, Rached Ghannouchi, avait vivement critiqué l'UGTT en la qualifiant « d'opposition radicale » et dénoncé ses appels à la grève aux « motivations politiques et non sociales ».

Les conflits sociaux, manifestations violentes et crises politiques s'intensifient à l'approche du deuxième anniversaire de la révolution, le 17 décembre.

De peur que la Tunisie ne s'engage sur « le chemin de la perdition », le président Moncef Marzouki a appelé à un remaniement du gouvernement, mais le Premier ministre Hamadi Jebali n'y a pas répondu. À chaque flambée de violences, Ennahdha et l'opposition s'accusent mutuellement d'oeuvrer en faveur des forces « contre-révolutionnaires ».

(Avec AFP)

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