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Tunisie : Siliana toujours sous tension au troisième jour des manifestations Des manifestants à Siliana (sud-ouest de Tunis), le 28 novembre 2012. © AFP

Plus de 2 000 personnes ont manifesté dans le calme, dans la matinée du jeudi 29 novembre à Siliana, à 120 km au sud-ouest de Tunis. Mais des affrontements ont à nouveau éclaté entre protestataires et policiers en début d'après-midi, ainsi que dans d'autres villes de la région.

Mis à jour à 17h55.

Dans la matinée du jeudi 29 novembre, une nouvelle manifestation s'est déroulée à Siliana (120 km au sud-ouest de Tunis), rassemblant plus de 2 000 personnes dans le calme. La veille, de graves violences avaient fait plus de 250 blessés parmi les manifestants qui réclamaient le départ du gouverneur et de meilleures conditions de vie. « Il faut que le gouverneur parte pour que la grève cesse », a dit à l'AFP Nejib Sebti, secrétaire général régional de l'UGTT, alors que le Premier ministre, Hamadi Jebali, a exclu mercredi de limoger le fonctionnaire mis en cause, Ahmed Ezzine Mahjoubi.

En milieu de journée, des policiers et des militaires étaient présents en petit nombre dans les rues de Siliana. Les vestiges des barricades et des violences de mardi et de mercredi jonchaient le sol : des pierres, des pneus calcinés et même des troncs d'arbres abattus. Tous les commerces étaient à nouveau fermés.

Attaque d'un commissariat

Mais en début d’après-midi, des centaines de manifestants ont tenté d'attaquer un important commissariat de police de la ville. Les forces de l'ordre ont alors répliqué en envoyant des gaz lacrymogène. Des tirs de sommation ont également  retenti.

Des affrontements sporadiques ont également opposé protestataires et policiers dans la région de Siliana, où la principale centrale syndicale tunisienne, l'UGTT, avait maintenu son appel à une troisième journée de grève. Des manifestants ont incendié un poste des forces de l'ordre tunisiennes et deux de leurs véhicules à Kesra, à 40 km au sud de Siliana, a constaté une journaliste de l'AFP.

Bâtiments publics incendiés

« On était une trentaine à mettre le feu au poste », a raconté Ali, 17 ans. Le calme semblait revenu vers 12 heures 30 GMT dans cette localité de 18 000 habitants. Aucune source hospitalière ou policière n'était en mesure de dresser un bilan des violences dans l'immédiat. À Gaâfour, des manifestants ont jeté des pierres sur des camions des forces de l'ordre et de l'armée qui ont alors rebroussé chemin, selon des témoins.

Les autorités ont prévenu qu'elles réprimeraient tout débordement, mais que si les manifestations étaient pacifiques les forces de l'ordre n'interviendraient pas. Elles n'ont fait aucun commentaire sur la situation, jeudi, et le porte-parole du ministère de l'Intérieur était injoignable.

Le ministère a toutefois publié sur sa page Facebook un bilan matériel des violences de la veille qui s'étaient répandues dans cinq localités proches de Siliana : plus d'une demi-douzaine de bâtiments publics ont été incendiés, dont quatre postes des forces de l'ordre. L'UGTT a appelé à une nouvelle manifestation vendredi.

(Avec AFP)
 

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