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Peut-on parler de service public en l’absence de la démocratie ? Les professionnels des médias et les opposants sont unanimes : tant que le pouvoir reste en place, tout changement dans l’attitude des médias publics est «utopique». C’est la conclusion à laquelle sont parvenus deux universitaires, Laïd Zeghlami et Ahmed Adhimi, invités à débattre, hier à Alger, par l’équipe de campagne du candidat Ali Benflis. Après avoir expliqué la notion de service public, les deux intervenants ont démontré que les médias publics, notamment la télévision, sont mis au service des gouvernants et non du «public» qui les finance. «Les gouvernants pensent qu’ils sont légitimes. Ils estiment donc que leur activité fait figure de service public», ironise Ahmed Adhimi, enseignant universitaire et ancien militaire. L’intervenant a donné l’exemple de la manière dont la télévision publique traite les événements qui se déroulent dans le pays : «La télévision s’arrange, par exemple, pour faire l’impasse sur la grève des enseignants. Mais dès que le ministère fait un communiqué, l’événement est traité longuement.» Laïd Zeghlami relève, de son côté, que même lorsqu’elle couvre les activités gouvernementales, la télévision publique s’intéresse aux personnes et non aux faits. «Cela relègue la société au second plan», a-t-il estimé, tout en rappelant que les gouvernants «ont oublié que de nouveaux espaces publics, comme les réseaux sociaux, sont apparus». Les deux intervenants, soutenus par les présents, se disent convaincus que «seul le changement du système peut produire un changement dans le comportement des médias publics». «Pour un vrai changement, il faut réunir trois éléments : l’humain, les outils du changement et, enfin, la liberté d’initiative. Les deux premiers sont disponibles. Le troisième doit être créé par le changement du système», a conclu Ahmed Adhimi.