Häagen-Dazs veut satisfaire les consommateurs musulmans
Dans une lettre du service consommateurs adressé à un particulier, Häagen-Dazs étonne par les précautions prises pour satisfaire le client musulman. Cette satisfaction passe par un respect des règles en matière de halal. Manger halal, c'est respecter certains principes, dont les plus connus sont l'interdiction de la viande de porc, l'interdiction de l'alcool, l'interdiction de tout ingrédient d'origine animale, si l'animal n'a pas été sacrifié selon le rite islamique. Ces mêmes principes régissent la vente : on ne peut affirmer vendre un produit halal que si ce produit satisfait aux exigences du halal.
Or, il y a parfois divergences sur les applications même du halal. Ces divergences sont fondées et se valent toutes (il est évidemment question ici des avis émis par des écoles juridiques reconnues et dont l'autorité n'est plus à démontrer). Ce qui a une influence directe sur le travail des organismes de certification : selon la position adoptée, l'organisme certifiera ou ne certifiera pas tel ou tel produit. Le CSHR, par exemple, d'observance hanafite, considère la cochenille (E 120) comme étant impropre à la consommation et ne saurait de fait certifier halal un produit en contenant. Alors qu'un autre organisme de certification qui s'appuyerait sur un avis juridique ne prohibant pas la consommation d'un tel additif autoriserait le E120. Ces divergences, parfaitement claires et connues, sont d'ailleurs du pain béni pour nombre d'acteurs économiques peu scrupuleux qui entretiennent le flou autour de la question du halal, espérant profiter au plus vite du formidable boom du marché du halal.
Häagen-Dazs n'en n'est pas. Dans la lettre que nous publions ci-après, l'entreprise témoigne de sa volonté de répondre au mieux aux exigences du halal. Elle aurait pu agir comme de nombreuses entreprises qui, profitant de l'absence de réglementation, affirment à tort vendre halal. Non, Häagen-Dazs préfère prendre le temps - et l'argent - de bien faire. On ne peut que s'en réjouir.
Nous vous remercions d'avoir pris le temps de nous écrire concernant la certification halal de nos produits.
Sachez qu'il est important pour notre entreprise de fournir à tous ses consommateurs des produits qui correspondent à leurs exigences, à leurs besoins ou leur style de vue quels qu'ils soient.
Comme vous l'indiquez dans votre courrier, il est exact que les crèmes glacées et sorbets Haägen-Dazs sont certifiées casher. Parallèlement la même démarche a été entreprise pour obtenir la certification halal. Cependant il semble que cette certification soit beaucoup plus compliquée à mette en œuvre et à obtenir, d'où notre retard.
En effet, il existe déjà plusieurs types de certifications halal, plus ou moins strictes (par exemple la mosquée de Paris accepte l'utilisation d'arômes sur base alcoolique en quantité infinitésimale, tandis que d'autres interdisent de façon formelle et exclusive ce type d'arômes par exemple [comme la certification Jakim, très utilisée en Malaisie].
Par conséquent, nous avons décidé de mettre en œuvre la certification la plus stricte afin de permettre à toute la communauté musulmane de profiter de nos produits. Cette démarche implique de se fournir exclusivement en matières premières halal et de changer certaines formulations. Ceci implique le recrutement de nouveaux fournisseurs, leur évaluation qualité, l'obligation de faire des productions échantillons et enfin d'obtenir la certification. Il est certain que cette démarche va nous prendre du teps mais nous souhaitons réellement le faire pour satisfaire nos consommateurs.
Aussi, nous vous proposons de garder vos coordonnées afin de vous informer dès que la certification sera acquise et les produits disponibles.
Nous vous remercions de l'intérêt que vous nous portez, et espérons avoir répondu à votre demande.
Restant à votre entière disposition pour toute information complémentaire, nous vous prions de recevoir M., l'expression de nos sincères salutations.
Service Consommateurs
Merci à Nasredine de Tendance Halal, qui nous a transmis la lettre.
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Ramadan 2008 : quand Nissan et Toytota célèbrent ramadan
Ramadan 2008. En France, pendant ramadan, les entreprises qui lancent des campagnes publicitaires appartiennent essentiellement à deux secteurs : l'industrie agro-alimentaire (distribution, producteurs, etc.), les télécommunications (Mobisud, Kleema, Kertel, etc.). Pas à l'automobile : on imagine mal Renault lancer la dernière Mégane Ramadan ou Peugeot-Citroën la 807 Tarawih. Ailleurs, c'est possible, comme on le voit avec ces deux campagnes : l'une de Toyota, l'autre de Nissan.
Publicité Toyata
Publicité Nissan
Comment les trouvez-vous ? Peut mieux faire, non ?
Source : Ads2blog.
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Iftar chez Ikea
Ramadan 2008. Pendant ce mois de ramadan, IKEA offrira des menus spéciaux et permettra à chacun de rompre son jeûne dans ses restaurants. L'iftar, le repas de rupture du jeûne, a lieu juste après le coucher du Soleil. Tous les jours, le menu sera différent : soupe, légumes et plat spécial, ainsi que plat traditionnel arabe.
Copie d'écran du site Ikea-Emirats arabes unis
Bientôt en France ?
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Il y a quelques années déjà : le 13 novombre 2003.
McDonald's fait son ramadan
C'est unique en France et cela se passe à Marseille. 6 établissements McDo du centre-ville souhaitent un bon ramadan à la communauté musulmane, et proposent des prix cassés de 17 à 21 heures.
En pleine polémique sur le port du voile islamique et la légitimité de la présence US en Irak, l'enseigne phare de la restauration rapide à l'américaine frappe un grand coup. Dans 6 établissements franchisés du centre-ville (Saint-Ferréol, Vieux Port, rue de Rome, Canebière, porte d'Aix et Saint-Barthélemy), appartenant à Francesco Brescia, p.-d.g. de Brescia Investissement, affiches et tracts souhaitent, en français et en arabe, "un bon ramadan" aux quelque 200 000 musulmans de la grande cité méditerranéenne. L'opération 'Prix cassés' sur les menus au poisson, une boisson et une pâtisserie, s'applique de 17 heures, moment de rupture du jeûne, à 21 heures. Ici, l'affaire fait grand bruit, d'autant qu'à quelques mois des élections régionales, les esprits commencent à s'échauffer. Pour Francesco Brescia, "il ne s'agit pas d'un débat politique, de parler de religion ou de promouvoir les thèses islamistes". Il s'agit de "faire du business".
Il explique : "En centre-ville, notamment à la porte d'Aix où les clients musulmans sont nombreux, le chiffre d'affaires de nos restaurants baisse de 30 à 40 % au moment du ramadan. Je ne pouvais pas continuer à mettre les emplois de mon groupe (21 établissements en franchise, 1 150 salariés, 53 Me de CA) en danger. Il fallait prendre en compte les besoins de notre clientèle, reconnaître son poids dans l'économie, lui lancer un clin d'œil et l'inciter à venir chez nous. Il fallait aussi fêter une partie de notre personnel." Il ajoute : "Mon entreprise n'est pas une enseigne refermée sur elle-même. Elle participe aux grands et petits événements de sa ville, sponsorise les clubs sportifs, le Téléthon, finance la Maison des Parents à l'Hôpital de la Timone, emploie les personnes en grande difficulté... Souhaiter un bon ramadan à la communauté musulmane de la ville, quoi de plus naturel." Francesco Brescia, 52 ans, est né italien, a épousé une Marseillaise dont il a pris la nationalité, a créé une entreprise française dotée d'une enseigne américaine. Après le ramadan, les McDo, qui se mettront à l'heure de Noël et des fêtes de fin d'année, pourraient embrayer sur la Pâque juive. Francesco Brescia y réfléchit, d'autant que la communauté juive est forte de 80 000 personnes. "Mais là, pas question de proposer de la cuisine casher, c'est trop compliqué. Peut-être une ambiance ?" En attendant, McDo Marseille a réussi un joli coup de pub. Sera-t-il suivi par les autres établissements du pays ou, tout simplement, par les autres restaurants de la ville ? Pour le moment, c'est le statu quo.