Selon certains oulémas, la magie n'est en réalité qu'une illusion produite par des manipulations habiles et elle n'influe en aucune façon qui soit la nature des objets sur lesquels elle est faite. Il est possible aussi que la manipulation soit dirigée vers la conscience des gens présents, qui croient ainsi voir des choses qui n'existent pas en réalité ou qui ont une vision déformée d'une chose bien déterminée. On parle alors d'hypnose collective. Ce genre de manipulations provoquant des illusions avait été réalisé par les magiciens qui étaient opposés au Prophète Moussa (Moïse) (alayhis salâm).
D'autres oulémas pensent que cette sorte de magie n'est pas la seule qui existe. Selon eux, il est possible qu'une personne arrive à changer et à modifier réellement la nature d'un objet ou la condition d'une personne (en la rendant malade par exemple) par de la magie ou de la sorcellerie. Bien que d'éminents savants musulmans comme Abou Bakr Djassâs r.a. et Ibné Hazm r.a. aient totalement nié que ce genre de magie puisse exister, la plupart des savants sont d'avis que cela est tout à fait possible. Leurs meilleures preuves sont les Hadiths qui font allusion au fait que des gens de Madinah avaient jeté un sort sur le Prophète (sallallahou alayhi wa sallam), suite à quoi il était tombé malade. Il y a encore un autre Hadith, rapporté par l'Imâm Mâlik r.a. dans son célèbre ouvrage "al mouatta", est encore plus explicite sur ce point. Cette Tradition dit en ce sens que si le Prophète (sallallahou alayhi wa sallam) n'avait pas récité des paroles qui lui avaient été enseignées par Allah, ceux qui lui voulaient du tort l'auraient transformé en animal par leur magie. Ce Hadith montre bien qu'un changement de nature est tout à fait possible.
Venons-en maintenant aux opinions émises par les savants musulmans sur la pratique de la magie.
A ce sujet, il y a consensus de la communauté musulmane sur l'interdiction de ce genre de pratique. La magie qui est accompagnée par des gestes ou des paroles en contradiction avec l'enseignement du Tawhîd (Unicité d'Allah) ou avec les principes fondamentaux de l'Islam (en invoquant l'aide de Satan ou des esprits maléfiques par exemple) , comme c'est le cas la plupart du temps, est même considérée comme du "Koufr" (infidélité). Cependant si une personne a recours à des pratiques au sihr pour traiter quelqu'un qui a été ensorcelée, dans ce cas, les Oulémas sont d'avis que cela est permis, à condition bien sûr que cette les rituels magiques employés ne soient en aucune façon contraires aux principes essentiels de la foi islamique. (Cette opinion est exprimée par Hâfiz Ibnou Hadjar Asqalâni r.a. dans son célèbre commentaire de l'Authentique de Boukhâri, "Fathoul Bâriy")