La création en France d’une association à caractère politique dénommée Front de libération nationale (FLN) a des répercussions en Algérie. Lors d’une conférence de presse tenue au siège du «FLN historique», Abderrahmane Belayat — qui se considère toujours comme le coordinateur du parti — est sorti de ses gonds pour vilipender l’ancienne puissance coloniale. «C’est une attaque contre l’Etat algérien, et contre un parti symbole de la Révolution», juge l’ancien ministre de l’Habitat sous la présidence de Chadli. Objet de son ire : la décision française d’accepter l’utilisation par une association implantée en France d’un symbole de la Révolution algérienne. Pour lui, il n’y a pas de doute, «cette décision n’est pas innocente». Autre sujet de colère : le silence des autorités. «Ni le ministère de l’Intérieur, ni celui des Affaires étrangères, ni les partis qui soutiennent le Président n’ont réagi», s’est-il insurgé. «Ils s’en prennent à nous et nous on se tait», a encore déclaré M. Belayat, qui annonce une série d’initiatives de la part des députés et sénateurs du «FLN historique» pour pousser les autorités à réagir. «Nous allons interpeller le gouvernement sur son silence. Et pour le pousser à réagir et à faire ce qui doit être fait», a averti Abderrahmane Belayat. Lancée par des binationaux, cette association à but politique est enregistrée comme «un parti politique algérien établi en France et en Europe visant à concourir à l’exercice des responsabilités électives en Algérie et sur les circonscriptions algériennes en France, en Europe et au-delà à l’international», selon le site Impact 24. Quoi qu’il en soit, pour M. Belayat, cette décision est la preuve que certains, en France, continuent de considérer l’Algérie comme une «partie de la France» et commettent «un acte hostile» à l’égard de l’Algérie. Cette affaire intervient alors que la guerre opposant les deux clans du FLN est à nouveau déclarée. Alors que le secrétaire général du FLN, Amar Saadani, était parvenu à mettre hors d’état de nuire ses adversaires après la tenue du 10e congrès, ses dernières déclarations et prises de position contre le président Bouteflika ont offert à ses opposants une fenêtre de tir et l’espoir de rétablir le contact avec la Présidence. En outre, certains lient l’absence de réaction à cette affaire du premier parti d’Algérie aux relations privilégiées du secrétaire général avec les autorités françaises. Et de rappeler que «Saadani se trouve le plus souvent en France» ; il possède des biens immobiliers dans la capitale et une carte de séjour VIP lui a été délivrée du temps de la présidence de Sarkozy. Par ailleurs, M. Belayat est revenu sur l’opposition du secrétaire général du FLN à l’article de la Constitution qui stipule que le Président consulte la majorité parlementaire avant de désigner son Premier ministre. Si M. Belayat juge la réaction de Saadani «irresponsable», il estime que cet acte va coûter cher au patron du parti. Car comme le rappelle l’apparatchik du FLN, «le Président ne permettra à personne de toucher à ses prérogatives». 

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Abderrahmane Belayat : «C’est un acte hostile de la France»

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