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Ceux qui n'ont que le mot guerre à la bouche, doivent avoir l’honnêteté de penser le mécanisme dans sa globalité. Pour saisir afin que les actes de guerre sont divers et variés. Condamner
Quand la République frappe, mutile et tue ses propres enfants
C’est fait, l’Assemblée nationale a modifié les règles de l’élection présidentielle, les petits candidats sont « out »
C’est cela qu’ils appellent la démocratie? Dans les changements, non seulement les candidats n’ont plus l’obligation de rendre public les 500 signatures, et le temps de parole équitable ent
Dons à Tsahal : Une baisse d’impôts pour le contribuable français
Elle avait souligné qu'il s'agissait là «d'une niche fiscale payée par le contribuable français au profit d'une armée étrangère».
Faire un don à l'armée israélienne permettrait
France : installation d’un Etat policier (partie 1).
France : installation d’un Etat policier (partie 1).
Procédure d’exception sans état d’urgence.
Jean-Claude Paye, sociologue, auteur de

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L’Egypte entre chaos et normalisation.
« Les mécontents, ce sont des pauvres qui réfléchissent. »
Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord


Le scénario était écrit d’avance. Washington continue à piloter les événements égyptiens en arrière plan. A l’évidence, le déroulement des opérations n’est pas tout à fait conforme au plan prévu. Le gouvernement est toujours à faire, le mouvement anti-Morsi s’essouffle, l’armée hésite, les rangs des Frères Musulmans grossissent, leurs sympathisants se rassemblent et tiennent mordicus à donner un visage pacifique à leur désapprobation. Le marasme économique s’aggrave et la situation politique paraît bloquée.
Certains commentateurs avancent que la centaine de personnes tuée de sang froid depuis que l'ex-chef de l’État a été déposé le 3 juillet par l'armée (sans que preuve n’ait été apportée pour le justifier[1]) était une provocation délibérée pour pousser ses partisans à des actes extrêmes.
Les putschistes et leurs conseillers américains prévoyaient ou souhaitaient une réaction plus violente de la part des « pro-Morsi », permettant ainsi de mieux « gérer » médiatiquement le coup de force et de faire la démonstration a posteriori de la « légitimité » de l’éviction d’un président « démocratiquement » élu.

Il n’est pas facile de vendre un coup d’État.
Les médias ont été dès le départ avisés que l’expression « coup d’État » devait être proscrite, car elle remettrait en cause les liens entre Washington et les putschistes cairotes. En effet, la loi américaine interdit d'aider des pays dont le gouvernement démocratique a été renversé par un « coup d'État » ainsi désigné. L’Union Africaine n’a pas hésité : dès le 05 juillet elle suspendait l’Egypte.[2]
Comment alors justifier et sous quel label placer le limogeage de Morsi ?
La porte-parole du département d'Etat, Jen Psaki s’est résolue à déclarer ce vendredi 11 juillet que tout compte fait la présidence de Mohamed Morsi « n'était pas un régime démocratique ». « Ce que je veux dire, c'est que nous faisons référence aux 22 millions de personnes qui sont sorties pour exprimer leur opinion et dire clairement que la démocratie ne se réduit pas à gagner une élection dans les urnes. »
À partir de quel chiffre, une manifestation de rue produit-elle de la « légitimité révolutionnaire » ?[3]
Les Américains ont organisé tant de coups d’État, installé et entretenu tant de dictatures dans le monde, notamment dans leur pré-carré sud-américain, que ces préciosités lexicologiques et juridiques prêtent à sourire. En tout état de cause, les Américains étaient prêts à faire face à toutes les hypothèses. Le scénario était clair. Bien que toutes les pièces de ce puzzle ne soient pas accessibles à l’observateur, on peut en esquisser les grands traits. Des indices montrent la préparation de Washington à ces événements et à leur évolution. Réactivité et adaptabilité sont les mots-clé du « Nation Building ».
* Une aide financière importante a été très vite annoncée : 5 Mds$ de l'Arabie saoudite, 4 Mds du Koweït et 3 des Emirats (en dons et en prêts).
* Un gouvernement arc-en-ciel a été rapidement apprêté, avec un parti islamiste (salafiste Al Nour[4]) convenablement lustré et associé à la « Révolution du 30 juin » pour faire pièce à l’islam frériste et tenter de refléter toutes les composantes de la société politique égyptienne.[5]
* Depuis mai dernier, deux bâtiments de la marine américaine, le San Antonio, un transport de chalands de débarquement, et le Kearsarge, un navire d'assaut amphibie, sont en mer Rouge et se sont rapprochés des côtes égyptiennes ces derniers jours (le troisième bâtiment de leur groupe amphibie, le Carter Hall, est resté au large des côtes de Bahreïn).
A Washington, le général James Amos, commandant du corps des Marines, a justifié ces dispositions dans une déclaration ce jeudi 11 juillet : « L'Egypte traverse actuellement une crise. Dans ces cas-là, les plus hautes autorités de notre pays se doivent de prendre certaines mesures », lors d'une réunion au Centre international des études stratégiques (CSIS). (Reuters le J. 11/07/2013 à 22h52)
* Les Etats-Unis ont confirmé leur intention de livrer comme prévu quatre chasseurs F-16 supplémentaires à l'Egypte dans les prochaines semaines. « Il n'existe aucune changement actuellement au projet de livrer des F-16 à l'armée égyptienne », a dit un responsable, tandis qu'un autre précisait que cette livraison pourrait intervenir en août. Huit autres avions de ce type devraient être livrés en décembre. (Reuters le mercredi 10/07/2013 à 19h43)

Révolution et contre-révolution : les structures archaïques des sociétés civiles arabes.
Sur ce point, répétons-le, on ne comprendrait rien aux soubresauts résumés par le vocable de « Printemps arabe », si on ne les replaçait pas sous un angle de vue politique, social et économique. Interprétés comme des conflits ancestraux, tribaux, ethniques, religieux, sectaires… par des médias et des politologues amateurs, ils contribuent à escamoter ce qu’il y a de proprement politique dans les conflits que vivent le Maghreb et le Proche Orient.
Ceci a fragilisé la position stratégique américaine post-guerre froide dans un ensemble régional complexe et polymorphe. Mais pas seulement : les classes sociales dominantes dans la région ont été elles aussi profondément déstabilisées par des mouvements populaires, menaçant des hiérarchies « naturelles » pétrifiées et inamovibles.
Ces régimes féodaux étaient, depuis le dernier conflit mondial, confortées à la fois par une présence militaire américaine considérable et des revenus entièrement dépendants des rentes pétrolières qui semblent éternelles. Hydrocarbures et armadas américaines sont naturellement fortement corrélés.
Ce qui est vrai des monarchies du Golfe l’est tout autant des régimes qui dirigeaient l’Egypte, la Jordanie, la Tunisie[6], le Yémen ou le Maroc, de l’Atlantique à la Mer Rouge.
La Libye de Kadhafi, à la fois révolutionnaire, tribale, pétrolière et faiblement peuplée ne relève pas tout à fait de ce schéma. Avec le recul et le suivi de l’actualité de ce pays, on voit bien que la chute du régime libyen a été presqu’entièrement organisée et conduite par des forces étrangères. On constate les résultats de cette campagne sur tout le sahel. Ce que subit la Syrie – dans un autre contexte géopolitique et géostratégique – est de même nature.
Ces différents pays connaissent des structures archaïques à forte inertie : favorable il est vrai à la stabilité minimale nécessaire au développement, mais rétive à l’évolution économique, sociale et politique. On peut citer à titre d’exemple l’absence d’Assemblées législatives dans les monarchies du Golfe ou la réticence du Maroc, pourtant si salutaire pour la consolidation de la stabilité du pays, pour son roi et pour la perpétuation de sa dynastie, à tendre vers une monarchie constitutionnelle. Or, ce sont précisément les stratifications économiques figées, fortement liées aux hiérarchies sociales et politiques féodales qui ignorent la notion de mobilité qui sont à l’origine des soulèvements en Tunisie et en Libye.
Ben Ali et Moubarak sont arrivés au pouvoir il y a des décennies et ont été régulièrement réélus avec des scores que n’aurait pas reniés les dirigeants soviétiques. Ceci, sans troubler le moins du monde les démocraties occidentales qui continuaient de les soutenir diplomatiquement, militairement et financièrement.
L’Egypte a vécu, avec Moubarak, un retour au régime anté-nassérien d’avant la chute du roi Farouk. L’armée égyptienne, est redevenue une sorte de caste autonome qui renvoie à ses homologues sud-américaines forgée par la Doctrine Monroe ou à ce que furent les Janissaires sous régime turc datant de la « Question d’Orient » et des accords Sykes-Picot (1917).
Ebranlées par les vagues de décolonisation, elles ont repris du poil de la bête à la faveur de la révolution conservatrice américaine (dès 1979 avec Mme Thatcher et 1980 avec R. Reagan) qui sapé les fondements de plus d’un siècle de progrès social et économique et d’une certaine façon une remise en cause du mouvement de décolonisation déclenché après 1945.
Lorsque (dans l’impulsion donnée par la Tunisie) l’Egypte s’est soulevée, une panique générale s’est propagée. Il fallait très vite contrer et endiguer ce processus qui menaçait de très nombreux intérêts intérieurs et extérieurs.[7]
Tout ébranlement des masses populaire est perçu comme une menace mortelle par les classes dirigeantes de ces pays, une remise en cause inacceptable de leur pouvoir et de leur prospérité.
Les pays du Golfe, comme naguère le Shah l’a été en Egypte, accueillent alors avec beaucoup de bienveillance, Ben Ali et sa famille et une partie des anciens collaborateurs de Moubarak[8].
En attendant que la contre-révolution, rétablisse « l’ordre normal des choses ». Un peu comme jadis le temps qu’il a fallu à la CIA pour débarrasser l’Iran du Dr. Mossadegh et assurer le rétablissement de l’empire de Pahlévi et des « sept sœurs ». L’opération TP-AJAX (août 1953) ressemble à s’y méprendre à ce qui se passe actuellement en Egypte.[9]
C’est ainsi qu’Américains, Israéliens, Saoudiens et Emiratis, ont réussi un deal à la fois avec la caste militaire et avec les Frères Musulmans, opposants traditionnels depuis les années vingt, seule organisation d’ampleur pour transmuter un mouvement populaire en un autre et dénaturer les événements en cours.
Les FM disposent d’une panoplie politique remarquable : une expérience historique riche et variée, des réseaux denses et immergés, un organigramme, une logistique sophistiquée, une idéologie religieuse efficace, des moyens matériels suffisants et de la multitude populaire concernée et motivée qui occupe toute la vallée du Nil, de la Haute Egypte au delta.
Morsi a validé des engagements essentiels, en particulier le traité de paix avec Israël et les liens de dépendance avec les Etats-Unis. Les charges contre Moubarak sont progressivement abandonnées et le départ de Tantaoui – créditant le pouvoir du nouveau président d’une autorité surfaite aux yeux des foules et rassurant dans les coulisses l’armée sur ses prérogatives. Mais Morsi et son parti (l’actualité ne leur donnent par tort), n’étaient pas totalement contrôlables. L’ont-ils jamais été ?
Ces accords étaient cousus de fil blanc, sur le dos du peuple égyptien qui faisait ripailles et bombances Place Tahrir, confondant liberté et libération.
Les militaires se seraient-ils souvenus des confidences de Rached Ghannouchi en octobre dernier (filmé à son insu) s’adressant à ses partisans, leur expliquant comment il convenait de noyauter, de circonscrire patiemment et habilement tous les leviers du pouvoir. Avec une injonction cardinale, fruit de l’expérience : « les islamistes doivent impérativement écarter les laïcs (...) et mettre la main sur l'administration tunisienne et tous les rouages de l'État afin de pouvoir s'implanter et éviter de reproduire l'échec algérien »
C’est pourquoi on peut penser que ce deal était conçu initialement comme un compromis temporaire devant stabiliser un front et répondre à une situation d’urgence. Entre-temps, les Frères s’appliquaient, comme en Tunisie, à œuvrer pour le rendre irréversible en Egypte. Chacun son jeu. Chacun ses atouts : Les uns avec leurs foules en transe et leur organisation, les autres avec leurs chars et leurs mitraillettes.
C’est peut-être la cause principale de son interruption qui, toutes proportions gardées, ressemble à s’y méprendre au coup d’État, sous instigation américaine (H. Kissinger aux manettes) conduit par A. Pinochet contre un autre président légalement élu, un certain 11 septembre 1973 à Santiago du Chili.
La contre-offensive a commencé aux lendemains de l’élection de Morsi. Tout était fait pour compliquer la gestion des nouvelles autorités. Intox, pénuries, tracasseries administratives, aggravation du chômage et de l’inflation, dégradation des comptes, mauvaise volonté du FMI et des alliés qui rechignent à apporter les aides nécessaires…
Le jeu est simple. Le message est limpide. Comme en Tunisie. Universellement clamé d’ailleurs après le départ des anciennes puissances coloniales :
« Après nous le désordre civil et l’insécurité». « Vous allez regretter vos anciens maîtres ». « Sans nous, ils finiront par s’entretuer et assurer la misère pour tous ». « Demain, vous mangerez des pierres et il n’y en aura pas pour tout le monde. » « Bientôt, vous supplierez pour que reviennent Ben Ali et Moubarak. »… Rien que de très banal depuis Jules Ferry.
Juste après le Coup d’État et comme par enchantement, il n’y avait plus de queues devant les magasins et les stations d’essence[10]. L’abondance a succédé au vide. Les étals étaient à nouveau achalandés. Coûte que coûte il fallait dégonfler la masse des mécontents. Le but n’est pas de fabriquer des militants. Seulement démobiliser la majorité médiatiquement visible.
Comment dès lors persuader les moins suspicieux de ne pas crier au complot ?[11]
Situation similaire observée en URSS après 1920 ou, plus proche de nous, en Algérie lors de la promulgation de la Révolution Agraire dont l’application a été largement compromise, mais qui a servi longtemps à justifier les déficits de l’agriculture algérienne. L’Algérie continue, plus de 35 ans après, à importer une part importante de son alimentation.[12]
Usée jusqu’à la corde, l’antienne sur les « erreurs et les errements de cette époque » est brandie encore comme un argument (poppérien infalsifiable) pour expliquer toutes les carences de l’économie et de la société algériennes, dédouanant ipso facto les gouvernants actuels occupés à arbitrer des subsides issues à 99% des exportations d’hydrocarbures. Appuyés sur une théorie de pique-assiettes voraces et une petite armée d’« experts » tarifés, banchée en continu sur Internet, accommodant à la sauce locale des schémas de pensée étrangers à la mode.
Un art consommé – et un peu lâche il faut bien le reconnaître – d’assassiner les morts. Cela tombe sous le sens, n’a rien à voir avec une écriture sereine de l’histoire. Et encore moins avec une administration raisonnée des affaires du pays…
Est-ce à tout cela que l’on doit le silence assourdissant des « libéraux et démocrates » patentés (en particulier sous nos latitudes) généralement prompts à protester bruyamment à chaque fois que le verdict des urnes est violé ? La démocratie égyptienne ne vaudrait-elle pas un « conclave » ?

Tous les Plans « A » admettent des Plans « B ».
Après avoir orchestré le coup d’État et la destitution d’un chef d’État légitime, devant le massif soutien des millions d’Egyptiens qui défilent pacifiquement exigeant son retour, Obama est obligé de rétropédaler, de temporiser. Aujourd’hui, il demande la libération de Morsi. C’est d’autant plus singulier que, sachant le rôle et le poids des Etats-Unis dans ce pays, il peut faire plus que demander : Obama peut ordonner. Laissons-là les subtilités de la communication politique dont Obama est passé maître et interrogeons-nous : Qu’est-ce qui le pousse donc à une si bienveillante commisération ?
L’Egypte, il est vrai, connaît une situation inédite. Les manifestations pacifiques des Frères Musulmans, de plus en plus mobilisés, n’offrent toujours pas le prétexte opportun à une intervention militaire plus musclée pour les renvoyer derrière le rideau de l’actualité politique d’où ils ont été tirés pour rétablir l’« ordre » que Moubarak avait été contraint d’abandonner en 2011.
La maîtrise des instruments de communication a fait beaucoup de progrès depuis Goebbels. Les TIC globalisés ont démultiplié les impacts. Plus personne ne l’ignore. Des partis politiques aux entreprises, des guérillas « terroristes » aux délinquants de droit commun[13].
Le parti de Morsi a beaucoup appris de la gestion médiatique des conflits en situation asymétrique[14]. Il sait, l’armée et l’Amérique savent, que les caméras du monde entier sont braquées sur l’Egypte[15]. En particulier celles d’El Jazeera qui ne s’est pas privée d’exprimer la désapprobation du Qatar de la destitution par l'armée de Mohamed Morsi, un proche allié soutenu à bout de bras, à coups de milliards de dollars et de reportages dithyrambiques. Et en matière de propagande intensive, El Jazeera sait y faire.
Rien n’y a fait.[16]
Naturellement, il ne faudrait pas, comme le font certains observateurs (inquiets en France de voir l’Emirat acheter sans compter hôtels de luxe et équipe de football) surestimer le poids et l’influence de Doha qui demeure, quoi qu’on dise, un pion sur un échiquier stratégique étroitement tenu en laisse par Washington.

État d’urgence économique et sociale.
Malgré l’aide apportée, la situation économique catastrophique de l’Egypte ne peut s’accommoder d’une paralysie politique prolongée[17]. L’aide promise reste de l’ordre des annonces. Serait-elle effective qu’elle ne permettrait qu’un fugace répit.
Le tourisme est en berne et les traditionnels 15 millions de clients de l’Egypte (et les 12,5 Mds$ de revenus qu’ils apportaient) font désormais le bonheur (relatif) de Chypre, de la Grèce et des rives sud de la Méditerranée occidentale[18].
Fin juin, la Banque Centrale égyptienne n'avait plus que 14,9 Mds$ de dollars de réserves de change (contre 36 début 2011). Moins de 3 mois d'importations.
Avec 84 millions d'habitants, l'Egypte est pays le plus peuplé du monde arabe. C’est aussi le premier importateur mondial de blé. Le régime de subventions aux produits de base fait s'envoler le déficit budgétaire, estimé à 11,5% du PIB. La livre égyptienne s'est dépréciée face au dollar de 14% depuis la chute de Hosni Moubarak. Ce qui renchérit le prix des autres produits importés et alimente l’inflation qui corrode le pouvoir d’achat, accroissant l’appauvrissement des masses populaires. Précisément celles qui forment la plus grande part de l’électorat islamiste.
Enfin, un taux de chômage largement sous-estimé (l’observation statistique et le calcul économique sont traditionnellement déficitaires, dans les pays du sud et aussi dans les pays arabes, le nôtre compris[19]), qui s’est accru fortement ces 3 dernières années, à plus de 13% de la population active.

« Les fils du Nil »
En vérité, la base de conflictualité politique en Egypte repose sur l’antagonisme radical et la juxtaposition de deux mondes : d’un côté une terrible pauvreté rurale tout au long des milliers de km du fleuve et, de l’autre, les monstruosités urbaines non maîtrisées, avec en premier évidemment celle de la ville du Caire.
Les films de Youcef Chahine, Le fils du Nil (1951) ou Les eaux noires (1956) Bab el hadid (Gare centrale, 1958) ou El Ard (La terre avec ce Farid Chawki si talentueux, 1969) avaient mis en scène cette confrontation dantesque dans une démarche prémonitoire.
De ces tératologies, l’Egypte n’a pas l’exclusivité. Le monde arabe partage ces problèmes avec l’ensemble du versant sud du monde, du Brésil à l’Indonésie et de l’Inde au Nigéria.
Pour toutes ces raisons, contrairement à ce qui s’écrit ici ou là, le « Printemps arabe » n’est pas totalement une escroquerie politique. On a confondu le mouvement avec sa récupération.
Plus préoccupant : le soulèvement anti-Morsi (soutenu à bout de bras par l’armée) est en train de s’éparpiller et ne sera bientôt plus capable de faire contrepoids à la mobilisation croissante des partisans de l’ancien président. Les caméras peuvent gonfler les chiffres, hypertrophier les mouvements lilliputiens, mais pas se substituer durablement au vide et fabriquer les foules à partir de courants d’air. On a bien vu ce qu’il est finalement advenu des « démocrates contestataires » opportunistes, surfant à Alger sur le printemps tunisien.
Certains commentateurs occidentaux suggèrent que c’est parce que les opposants à Morsi sont au fond satisfaits de sa destitution qu’ils se font plus rares.
En réalité, nombreux parmi ceux qui forment le mouvement populaire sous-jacent, à l’origine du printemps égyptien, s’interrogent et se demandent jusqu’à quel point ils n’ont pas, contre leurs intérêts, participé au retour au pouvoir des couchent sociales privilégiées sous Moubarak et dont l’armée a toujours été le garant.
Les Etats-Unis, accusés d'ingérence tant par les partisans que par les adversaires du chef de l'Etat déchu, sont de ce fait dans une position très délicate[20]. Mais leur position est claire :
1.- Ils refusent d’envisager le retour de Morsi à la tête de l’Egypte.
2.- Ils veulent d’abord la mise en place d’une nouvelle Constitution pour verrouiller un éventuel retour par les urnes des FM
3.- Les élections législatives seulement après.
On comprend que les Frères Musulmans refusent ce calendrier.
C’est dans ce cadre que l’on peut interpréter, outre les questions de financement de l’économie égyptienne post-Morsi, le coup de téléphone donné vendredi par Obama au roi d’Arabie Saoudite, l’entretenant du sort de l’ancien président égyptien. Ce geste souligne au passage le rôle joué par la monarchie dans l’actualité politique égyptienne.
Il est probable qu’en demandant la libération de Morsi, Washington cherche à temporiser. Nous savons que le projet d’associer les Frères Musulmans au nouveau gouvernement a tourné court[21]. C’est peut-être pourquoi Morsi est soumis à la Question, interrogé sur les conditions de son évasion début 2011. Son procès est ainsi instruit pour parer à toute éventualité.[22]
Toute la question revient alors de savoir comment étrangler discrètement les centaines de milliers d’Egyptiens qui réclament le retour du premier président élu de l’histoire de leur pays.

Trahies, récupérées, confisquées… c’est le destin de toutes les révolutions.
L’indignation des peuples est versatile. C’est sur cette inconstance et sur l’amnésie des foules, de plus en plus dépolitisées, que comptent les puissants de ce monde pour gouverner sereinement leurs affaires, c’est-à-dire les affaires de toute la planète.
En 2003, des marées humaines manifestaient un peu partout dans le monde, y compris aux Etats-Unis, contre la guerre que la Maison Blanche a décidé d’entreprendre contre l’Irak de Saddam Hussein. L’hostilité de la France à ce projet, a été universellement soutenue. Le discours de Dominique de Villepin au Conseil de Sécurité le 14 février 2003 a été salué comme un hommage à la dignité d’un pays que l’on croyait avoir complètement perdue avec la disparition du Général. Un beau discours assurément. Dans la plus pure tradition rhétorique française.
Cette envolée lyrique n’était malheureusement qu’un exercice de style médiatique sans lendemains. « On peut faire semblant d'être grave, mais on ne peut pas faire semblant d'avoir de l'esprit » disait avec malice monsieur de Talleyrand, ancien prédécesseur de Villepin aux Affaires Etrangères.
Par-delà les nostalgies hexagonales, les braises accouchant de cendres, l’histoire en est parsemée.
Depuis, il y a eu des centaines de milliers de mors en Irak et, quotidiennement, dans ce pays, mais aussi en Syrie ou en Afghanistan entre 50 et 100 morts par jour, sans qu’à aucun moment cela ne perturbe la vie ordinaire des millions d’Européens ou de nord-américains qui vaquent paisiblement à l’administration de leur domesticité.
Ceux qui ont éliminé Morsi essaient, on le voit bien, d’assurer cette transition aussi pacifiquement que possible. Mais ne faut surtout pas s’imaginer qu’ils hésiteraient devant les boucheries.


On ne prête qu’aux riches
« Sans le diable, Dieu serait inhumain. »
Jean Cocteau
Tout au long de cette analyse, les Etats-Unis sont évoqués comme un acteur essentiel du drame égyptien. Certains crieraient à l’anti-américanisme primaire et trouveraient démesuré ce rôle qu’on leur prête à voir leur main partout.
La plupart des protagonistes dans ce pays (et dans les pays voisins) ont de près ou de loin des liens très fort avec l’Amérique ou un proche allié.
- Nous avons noté que Morsi a construit sa carrière politique en Californie.
- Nous savons aussi que Washington, par l’aide qu’il apporte – estimée entre 1.3 et 3 Mds$ - pèse sur l’autonomie de décision des généraux égyptiens.
 
Tout le nouveau gouvernement en construction au Caire est de même dominé par des hommes formés aux Etats-Unis. Qu’on en juge :
 
- Le Premier ministre Hazem Beblawi a été formé à Paris
- Le Ministre des finances : Ahmad Galal, un économiste qui a étudié à Boston.
- Le Ministre des Affaires étrangères Nabil Fahmy, ancien ambassadeur aux Etats-Unis
- Le Ministre du Plan, Achraf al Arabi, un économiste formé lui aussi aux Etats-Unis, a été reconduit dans ses fonctions.
- Nous savons que le nouveau porte-parole de l’armée, le colonel Ahmed Ali, a été formé en Grande-Bretagne.
 
Le premier responsable politique étranger à visiter l’Egypte après le coup d’État du 03 juillet est M. Burns, secrétaire d'Etat américain adjoint venu s’enquérir sur place de la situation.
 
Le peuple égyptien sait-il que toute sa « classe politique », aussi bien les « pro » que les « anti », est sous étroite influence nord-américaine ?
 
Par ailleurs, il n’a échappé à aucun observateur attentif que Rached Ghannouchi, le patron de Ennahdha en Tunisie, autre fils de paysan, a poursuivi des études à la Sorbonne a passé 20 ans de sa vie militante en Grande Bretagne, de 1991 à 2011. Le président Moncef Marzouki, lui, était exilé en France. Tous deux obtiennent à Londres, Marzouki, le prix Chatham House 2012 décerné par le Royal Institute of International Affairs.
 C’est dire la singulière intimité des relations entre le monde anglo-saxon et les révolutionnaires islamistes arabes. On comprend aussi pourquoi ils tiennent tant à la taire.

Incidentes égyptiennes.
Obama ne fut pas le premier à se préoccuper de Morsi, demandant mollement son élargissement, espérant en cela se concilier une image bien flétrie depuis son discours du Caire (le 04 juin 2009) et surtout régler au plus vite cette affaire, sans trop de vagues.
Il fut précédé par l’Allemagne.
La demande de Berlin pour que Morsi soit libéré[23] a sans doute une autre signification. Elle pointe l’effacement et la perte d’influence de la Grande Bretagne et de la France – désormais sous contrôle américain - au profit d’une Allemagne qui s’émancipe peu à peu et place sa diplomatie à la hauteur des ses performances économiques et commerciales.
Un rappel s’impose. Fin janvier dernier, Morsi devait faire une visite à Berlin et aussitôt après (vendredi 1er février) venir à Paris pour un petit déjeuner avec le président Hollande. Les manifestations (déjà !) en Egypte servirent de prétexte au report de sa visite en France.
En guise de report, en fait elle n’eut jamais lieu.
En fait, le torchon brûlait depuis quelques temps entre la France et l’Egypte de Morsi qui s’est opposé à l’intervention française au Mali.
L’Allemagne s’est toujours montrée circonspecte devant les initiatives françaises en Méditerranée et (et notamment celles de Nicolas Sarkozy en Méditerranée dès son arrivée à l’Elysée en 2007) et s’est ingéniée à les compromettre de manière quasi-systématique.
Il était effet illusoire de penser que Merkel accepterait facilement de financer, via le budget commun ou les déficits français, une politique dont elle n’a pas la maîtrise d’ouvrage. Elle consentirait encore moins à ce qu’une politique méditerranéenne de la France puisse servir de contrepoids à l’Europe septentrionale dont elle détient directement le contrôle.
Ceci permet de comprendre par exemple le différend à fleurets mouchetés qui opposa la France à l’Allemagne dans la gestion du dossier grec et récemment les propos singuliers de Barroso, sur ce qu’il ya de rétrograde dans l’« exception culturelle française », à la veille de la rencontre de Washington en vue d’un accord de libre échange transatlantique.
C’est dans ce cadre général qu’il convient d’interpréter la position de Berlin qui s’est opposé publiquement à l’intervention militaire contre la Libye de Kadhafi et exprime de plus en plus ouvertement ses désaccords avec la politique belliciste américaine au sud et à l’est de la Méditerranée.
Il serait toutefois hautement imprudent d’inférer de cette position une distance que Merkel prendrait avec un camp occidental dans lequel elle est fermement rivée. Elle renvoie davantage à une redistribution des cartes au sein d’une Union Européenne que l’Allemagne veut mieux administrer et le signe d’une ouverture vers l’est, sans nostalgie historique anachronique, vers une Europe orientale pour la complémentarité raisonnable de ses échanges et la stricte défense de ses intérêts économiques.
 
 

[1] L'armée assure avoir répliqué à une attaque de « terroristes » devant le siège de la Garde républicaine au Caire.
[2] « Je comprends la sensibilité des Egyptiens à l'égard de l'expression 'coup d'Etat' en raison de sa connotation négative », dit Chadi Hamid, du Brookings Center à Doha. « Mais cela ne change rien à la réalité, c'est un coup d'Etat. » (Reuters le V. 05/07/2013 à 15h31). Le Qatar pointait sa différence. Mais n’ira pas plus loin. Car il ne pouvait en être autrement. Nous y reviendrons.
[3] Amr Moussa, ancien ministre des Affaires étrangères d'Hosni Moubarak, défend le concept de « destitution populaire ». Réaliser un putsch, ce n’est pas si facile. Réussir sa médiatisation, c’est encore plus ardu. Nous reprendrons plus loin ce chiffre de « 22 millions » et la savante méthode de son calcul.
[4] Parti opaque, soutenu par l'Arabie Saoudite, qui déteste les Frères musulmans. Créé en 2011, dans les mois qui ont suivi la chute d'Hosni Moubarak, Al Nour est issu de la Dawa Salafia, un mouvement salafiste quiétiste né à Alexandrie. Défendant une vision très puritaine de l'islam, il avait pesé sur la rédaction de la Constitution adoptée en décembre par référendum. Il y a 18 mois, les Frères musulmans, Al Nour et quelques petits partis islamistes avaient recueilli pas moins de 65% des voix aux 1ères élections législatives libres de l'histoire du pays.
[5] Une flûtiste réputée, formée en France, Ines Abedel Dayem, vient d’être nommée ministre de la culture.
[6] Les événements récents en Tunisie et en Egypte participent, à quelques détails près, du même modèle. Samedi 13 juillet, à Tunis, des milliers de personnes ont manifesté à l'appel du parti islamiste Ennahda au pouvoir, dénonçant le renversement du président égyptien. Silence absolu dans le reste du Maghreb. Cela ne relève pas du hasard. Cf. A. Benelhadj dans le Quotidien d’Oran :
- La Tunisie ne veut plus être un modèle (20-23 janvier 2011)
- Chroniques de la Révolution tunisienne. Acte I, scène 2. (19-26 février 2011)
- Pourquoi la Syrie ? (09-13 septembre 2012)
[7] Nous projetons de décrire dans un prochain article ce que doit, pour une large part, la campagne libyenne à cette panique.
[8] Les pétromonarchies du Golfe sont devenues des havres hébergeant tous les dictateurs et agitateurs islamistes en déshérence. Les nababs de Tunisie et d’Egypte ont rejoint par exemple Abbassi Madani et de très nombreuses figures moins connues de l’islamisme politique, toutes obédiences confondues, préparées en l’attente de conditions favorables pour telle ou telle mission à venir. Installé à Abou Dhabi, Ahmed Chafik, dernier chef de gouvernement d'Hosni Moubarak, avait prédit le 1er juillet la chute prochaine de Morsi et affirmé qu'il était "en contact permanent" avec ses collègues du Caire.
[9] Durant l’administration du président Bill Clinton en 2000, à la suite d'un rapport publié, la secrétaire d’État Madeleine Albright a reconnu officiellement le rôle des États-Unis dans l'organisation et le soutien financier du coup d’État de 1953. On ne s’embarrassait pas de circonvolutions formelles à l’époque.
[10] Le Koweït, qui s'est engagé à apporter une aide de 4 milliards de dollars à l'Egypte, lui a d'ores et déjà fourni des produits pétroliers d'une valeur de 200 millions de dollars. (AFP le D. 14/07/2013 à 14h58)
[11] On raconte l’histoire de ce jeune « militant de la génération Facebook », Mahmoud Badr, qui participait à des réunions organisées pas les services de renseignements égyptiens, en compagnie de généraux, de « grand cheikh », du pape copte orthodoxe, Tawadros II, d’un haut magistrat et de dirigeants de l'opposition, en coordination avec Ahmed Chafik installé à Abou Dhabi. Ce serait à ce jeune et à certains de ses compagnons que l’on devrait la liste des 22 millions de signatures, neuf millions de plus que les voix obtenues par Mohamed Morsi l'an dernier à la présidentielle. Ce même chiffre qui a servi à fabriquer la « légitimité révolutionnaire » permettant de justifier le coup d’État.
[12] Le Maroc qui pourtant n’a pas connu de « révolution » dans ce secteur (comment cela aurait-il été concevable ?), continue lui aussi à importer plus des 2/3 de sa consommation. L’économie du royaume, à vocation agricole, occupe 40% de la population active.
[13] N’oublions pas les hommes de culte, les premiers maîtres rhéteurs en scolastique et argumentation.
[14] De 1978 à 1985, ce fils de paysan part étudier aux États-Unis à l'université de Californie du Sud. En 1979, Morsi épouse sa cousine Naglaa Ali Mahmoud qui le rejoint et travaille au Centre islamique de Californie. Leurs deux premiers fils sont nés à Los Angeles et ont, de ce fait, la nationalité américaine. C'est durant sa période américaine que Morsi a gravi la hiérarchie des Frères musulmans (Wikipedia).
[15] Un nouveau porte-parole a spécialement été engagé, le colonel Ahmed Ali formé en Grande-Bretagne.
[16] Le Qatar sait d’autant mieux ce qu’il en est des coups d’État puisque c’est à ce genre de révolution de palais contre son grand père que le maître actuel du Qatar doit l’Emirat à son père qui vient d’abdiquer en sa faveur.
[17] Précisons que le nouveau patron de l’Egypte est diplômé de la faculté de droit de l'université du Caire, il a poursuivi ses études à Grenoble puis à Paris où il a obtenu un doctorat en économie à l'université Panthéon-Sorbonne en 1964. Il a obtenu ensuite un poste de professeur à Alexandrie. En 1980, il s'est installé dans le Golfe pour y diriger le département économie au sein de la Banque industrielle du Koweït.
[18] Pourtant l'Egypte des Frères musulmans avait rassuré, par la bouche du ministre égyptien du Tourisme, Hisham Zaazou, les touristes étrangers qui souhaitent consommer de l'alcool et se prélasser en bikini sur les plages (Reuters, D. 05 mai 2013, 18h11) Il n’empêche : Le Caire, Héliopolis et le Sinaï ont été retirés des catalogues des voyagistes français. A cela s’ajoute une nomination maladroite mi-juin du nouveau gouverneur de Louxor, un ex-dirigeant des Gamaa al-Islamiya, le groupe islamiste armé impliqué dans le massacre, en 1997, de 62 personnes - dont 58 touristes étrangers - dans le temple de la reine Hatshepsout. Cette décision fut annulée, mais les dégâts médiatiques étaient irréparables.
[19] Une des toutes premières décisions de Chadli avait été de supprimer le ministère du plan. Depuis, le marché (déclaré comme il se doit « irréversible ») arbitre transcendant de l’affectation optimale des ressources, calcule au jugé. C’est plus sûr… L’Algérie a troquée son économie et son industrie contre le bazar où les Algériens trouvent à consommer ce qu’ils ne produisent pas ou plus.
[20] Pro et anti-Morsi se méfient les uns comme les autres de Washington, le parti salafiste Al Nour, deuxième mouvement islamiste après les Frères musulmans, et le Tamarod (« Rébellion »), à l'origine des manifestations de masse qui ont conduit à la destitution de Mohamed Morsi, ont chacun annoncé avoir décliné les invitations à rencontrer le secrétaire d'Etat américain adjoint, W. Burns en visite au Caire le 15 juillet. Cette double méfiance mesure les difficultés qu’affrontent ceux qui veulent que l’Egypte reviennent au régime de Moubarak, sans Moubarak, tout en instrumentalisant ceux qui l’avaient destitué.
[21] « Nous ne pactisons pas avec des putschistes », a dit à l'AFP Tareq al-Morsi (AFP le J. 11/07/2013 à 00h15)
[22] Cela semble être le cas au Maroc où six ministres de l’Istiqlal se sont retirés le 10 juillet d’une coalition dominée par les islamistes du Parti de la Justice et du développement (PJD). Aucune décision de cette nature ne peut être opérée sans l’aval du Makhzen et partant des pétromonarchies si influentes auprès de sa Majesté M-VI.
[23] «Nous demandons qu'il soit mis fin à toutes les mesures limitant la liberté de mouvement de M. Morsi», déclare Guido Westerwelle, le ministre allemand des Affaires étrangères dans un communiqué. Il demande aussi qu'une «institution neutre et à la crédibilité incontestable» puisse «immédiatement» avoir accès à l'ancien président. Interrogé lors d'une conférence de presse gouvernementale régulière, le porte-parole du ministère, Martin Schäfer, a précisé que cette institution pouvait, par exemple, être le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). (Le Parisien le V. 12/07/2013 à 14h42)


A. Benelhadj

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