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L'Égypte se prépare à de nouveaux affrontements. Les autorités par intérim exigent des Frères musulmans d’arrêter les actions de protestation le 4 août. Sinon, les forces de l’ordre seront employées pour expulser les manifestants. Pendant ce temps, le vice-président de l'Égypte, Mohamed El-Baradei affirme que les autorités militaires, tout comme les autorités civiles veulent que la situation soit résolue par une méthode politique.
Égypte : un calme relatif avant la tempête
Contrairement à toute attente, le vendredi était calme en Égypte. Précédemment, les partisans du président égyptien déchu Mohamed Morsi et les Frères musulmans ont appelé à faire une « marche des millions contre le coup d'Etat militaire ». En effet, après la prière du soir, les habitants du Caire et de ses environs devaient se rendre aux meetings, mais n’ont pas pu franchir les cordons de la police. Les agents de sécurité laissaient sortir les manifestants des places où ils s’étaient réunis, mais ne laissaient entrer personne sur ces places. Dans certains quartiers du Caire, notamment là où sont basées des divisions militaires et où se trouvent les sièges des grandes chaînes de télévision, des affrontements entre les manifestants et les forces de l’ordre on eu lieu. Les manifestants les plus agressifs étaient dispersés de forces avec des gaz lacrymogènes. Finalement plusieurs personnes étaient blessées, mais ces affrontements n’ont pas fait de victimes. Selon les experts, c’était un vendredi relativement « calme » par rapport aux derniers mois. Toutefois, il n’est pas exclu que c’est « une accalmie avant l’orage ». Il y a quelques jours, les autorités ont formulé un ultimatum aux protestants : avant le 4 août, ils doivent arrêter toutes les actions de protestations, notamment des grèves « assises », où les manifestants sont assis sur les places en signe de protestation. Dans le cas contraire, le gouvernement menace de faire intervenir l’armée. Il n’était pas précisé quelles mesures concrètes pourront prendre les autorités. Le représentant du mouvement des Frères musulmans Mohammed al-Beltagi craint une effusion de sang.

Je tiens à dire que la décision de recourir à la force pour disperser les manifestants qui sont assis met en péril des milliers des vies. Les militaires ont oublié leur mission numéro un - de défendre les frontières de l'Egypte. Au lieu de cela, ils ont décidé de tuer leur propre peuple !

Pendant ce temps, le vice-président de l'Égypte Mohamed El-Baradei est persuadé que l’armée comprend la nécessité de résoudre la crise politique dans le pays. D’ailleurs, selon El-Baradei, le gouvernement par intérim ne va pas exclure le mouvement Frères musulmans du processus politique. Il se dit prêt à accorder l’immunité aux leaders des islamistes « qui n’ont pas commis de crimes sérieux » pour qu’ils puissent participer au changement de la Constitution, et aux élections législatives et présidentielles. L'ancien patron de l'AIEA sent parfaitement bien l’atmosphère qui règne dans le pays, estime le consultant politique Dmitri Goussev.

Les Frères musulmans qui étaient marginalisés pendant 30 ans, font désormais partie du système politique. Tout gouvernement qui veut être légitime en Egypte, devrait les prendre en compte désormais. Autrement dit, s’ils ne participent pas aux élections, le fait de les exclure du processus politique rend toute autorité non légitime aux yeux de la communauté internationale et des citoyens. Et il n’y a qu’une seule solution alternative. Si le gouvernement est prêt à accepter la responsabilité et poursuivre une politique de fermeté, elle doit déclarer que les Frères musulmans ne sont pas une organisation légitime.

Les autorités égyptiennes et les Frères musulmans eux-mêmes ne veulent pas une telle tournure des choses, considère l’analyste politique Alexandre Fomenko.

Au moment où les Frères musulmans viennent de quitter le pouvoir, aucun homme politique, aucun opposant à cette organisation ne va se poser comme objectif d’éliminer physiquement cette faction politique ou interdire son activité en Egypte. C'est impossible. Il faut sortir de cette impasse en conservant ce mouvement. Peut-être qu'ils trouveront également comment expliquer à leurs partisans qu’il faut s’y faire, et il n’y a pas d’autre solution.

Le gouvernement intérimaire de l'Egypte, formé suite au renversement du président Mohamed Morsi par les militaires, a promis d’organiser des élections au cours des 6 à 12 mois qui suivent. Mais pour cela, il faut que la situation dans le pays soit stable. Si les protestations continuent, la phase de transformation démocratique risque de durer.




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