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Leçons islamiques à l’ombre des pyramides égyptiennes - Ana muslim

بسم الله الرحمن الرحيم

Au nom d’Allah, Le Tout-Miséricordieux, Le Très-Miséricordieux

Les tragiques événements que vit actuellement l’Égypte doivent nous forcer à réaliser les bilans fondamentaux de l'origine de cette situation. Les leçons sont très nombreuses. Le cas égyptien est riche d'enseignements à plusieurs niveaux et sur plusieurs points. Ces leçons confirmeront les musulmans qui, armés d'un minimum de savoir islamique issu de ses sciences parviennent à interpréter, dans une perspective totalement musulmane, les événements en cours.

La participation au jeu électoral : Processus de sécularisation des consciences musulmanes

Originellement tous les mouvements islamiques issus de l'Islam sunnite rejetaient, dans le fond, le modèle démocratique séculier d'origine occidental (une idée grecque façonnée et transformée par le christianisme et ses valeurs) mais ces dernières décennies la quasi-majorité a eu l'intention tactique d'utiliser ses "outils", comme les élections, pour arriver à leurs fins.

Or, la démocratie est une Religion[1] qui transforme irrémédiablement ceux qui s'en approchent ; car ils subissent lentement les effets de cette participation à un rite de cette religion. D'où l'injonction coranique 'ijtanibou at-taghout [2].

Les Frères Musulmans, par exemple, ont été le premier mouvement islamiquement structuré à accepter les règles du jeu démocratique. A tel point qu'il existe aujourd'hui des islamistes démocrates, issus de cette matrice, qui ne jurent que par les principes de la Démocratie, lui promettant fidélité et ne faisant plus de l'application de la shari'a un impératif.

Le FIS en Algérie[3], est l'un des rares partis a avoir eu la prétention d'utiliser la Démocratie pour y mettre fin. Sa particularité est qu'il n'avait pas subit la lente et progressive transformation des frères égyptiens ou jordaniens. La libéralisation politique si subite qu'a connu l'Algérie à la fin des années 80 rendait le FIS encore "pur" donc particulièrement dangereux et à abattre. Quel rapport avec l’Égypte presque 25 ans plus tard ?

Aujourd'hui nous avons des islamo-démocrates dont les slogans sont imprégnés de principes et valeurs séculiers qui ont donné, durant 30 années, des gages de soumission complète à l'idole Démocratie. Et pourtant... cela n'est guère suffisant, l'armée égyptienne, comme le fit l'armée algérienne, a finit par intervenir pour écraser le semblant de pouvoir dont ils disposaient.

Prouvant ainsi que la Démocratie est une idole qui ne veut pas de concurrence, qui impose son idéologie laïque et qui ne sera jamais satisfaite d'une saveur "islamique" (même lointaine). C'est l'Islam ou elle ! Là est le vrai et absolu choix[4].Voilà pourquoi le clergé mondialiste de cette idole soutient et pousse à casser et/ou à réduire finalement tout mouvement islamique qui se soumet malgré tout à ces règles : FIS en Algérie, Hamas à Gaza, Frères Musulmans en Égypte.

La deuxième chose à retenir est la contamination de la Démocratie par certains mouvements dit "salafistes" perçus comme ultras puritains et "fondamentalistes" : C'est-à-dire fermement attaché au dogme islamique et à ses sources (coran & sounna). Ainsi, même eux, à travers le Hizb Nour, n'a pas pu résister à la tentation (l'un des vrai sens du terme fitna abondamment utilisé et très souvent hors de propos). Cela montre qu'aucun mouvement n'est épargné par les appels, par les mirages et les faux arguments du jeu politique imposé par l'oligarchie.

L'idole Démocratie a réussi à faire croire à tous, dans le monde arabe, que faire de la politique c'est d'abord accepter les règles de la Démocratie pour parvenir, dans les cas les plus dramatiques, à l'égalité Politique : Démocratie !!!

L'éclatement du mouvement "salafi"

La participation du Hizb Nour était déjà en soi une bizarrerie majeure. Certes depuis les quelques fatwa électoralistes de certaines références mondiales du mouvement dénommé "salafi" (toutes décédés, inutile de les citer...), on pouvait dire qu'ils avaient une caution religieuse qui leur avait ouvert une porte mais en réalité, pour les plus avertis et conscient du waqi', la candidature du Hizb Nour soulignait bien une volonté de diviser les votes "islam politique" pour les soustraire aux Frères Musulmans.

Tous les experts et les chouyoukh, impliqués dans l'étude des réalités contemporaines, se sont posés cette question : tant qu'à faire, vote pour vote, pourquoi ne pas unir le "vote musulman" et avoir ainsi une assise démocratique plus forte que jamais (une écrasante majorité à 70% en totalisant les votes salafistes et fréristes) ?

Car, en effet, si le but réel du Hizb Nour, comme le clamait son leader, était de construire un État et une société beaucoup plus en phase avec l'Islam et ses fondamentaux et puisque tout le monde est d'accord pour jouer le jeu de la Démocratie : Pourquoi ne pas le faire ensemble ? Les salafisto-démocrates constitueraient, dans ce cas, l'aile la plus "conservatrice" de cette coalition islamique contre les libéraux ou les gauchistes, tous laïques (millatoul koufr wahida)... mais non, même pas... (cela prouve définitivement que, même dans un pays musulman, participer à la mascarade électorale pour l'Islam est une grotesque utopie).

Ce point de détail curieux annonçait déjà la couleur et la réalité du mouvement "salafiste" Hizb Nour qui a tombé les masques en prenant ensuite lâchement, de manière perfide et odieuse, le parti de l'armée sioniste égyptienne (dont on connait très bien les motivations[5]). En plus d'être des ânes, au yeux du monde musulman, ils ont réussi à ouvrir les yeux de ceux qui se sont laissés bêtement prendre par l'étiquette "salafi".

Le hizb Nour est l'arbre qui cache la forêt d'un salafisme paradoxale en crise, partiellement sécularisé parfois même laïque, toujours aux ordres et prêt à toutes les bassesses pour donner le change aux puissants et à leurs intérêts. Certains de ces ténors dit "salafi", parmi les plus avant-gardistes, ont même été plus loin dans leur volonté de réprimer des Frères Musulmans que les laïques : Plus royalistes que le roi, plus impitoyables que les pires athées du courant "hadathi" égyptien.

L'immonde Ta'lat Zahran, dont le visage à lui seul est révélateur de la profonde nature de son "minhaj", n'a pas hésité à appeler à la sanglante répression en osant citer, anachroniquement, des textes du savantissime Ibn Taïmiyya - ou comment la science islamique authentique est transformée en une arme laïque aux mains d'agents travaillant (consciemment ou non) pour la sécurité militaire -...

Il est désormais évident pour tous que le Hizb Nour était et est le bras politique secret des intérêts saoudiens en Égypte, se levant et se couchant à souhait aux ordres de Riyad. L'Arabie-Saoudite "pseudo -wahhabite" a tout naturellement reversé ses milliards aux militaires sous les ordres du Maréchal Sissi, aux milles médailles sans victoire, pour soutenir le coup d’État[6]. Finalement, les pétrodollars (12 milliards) sont au service des laïques. Il n'y a qu'en France qu'on trouve encore des idiots pour croire que le régime des saouds financent "le militantisme islamique"...

Les cheikhs de la salafiya quiétiste (celle qui n'affiche pas totalement l'idéologie ultra-sectaire des Raslan ou des Zahran) comme le prédicateur Mohammed Hassan et Hussein Ya'coub montrent, quant à eux, leurs états de mouza'za' changeant constamment de veste en fonction des humeurs générales : une veste kaki militaire, une veste "azhari", une veste populaire, une veste "salafi" et une veste frériste... Rejoignant la catégorie des savants suivant les hawa majoritaires ambiantes.

Cela prouve désormais, à tous, l'existence d'un prétendu salafisme totalement sécularisé, ultra-sectaire, mis au pas pour les intérêts supérieurs de politique dont les chouyoukh de cette sensibilité sont, soit de conscients partisans, soit des illuminés s'auto-aveuglant... Un "salafisme"parfaitement enclin à travailler avec des services de sécurité policiers et militaires aux régimes auxquels ils se sont soumis avec amour et ardeur. Régimes eux-mêmes liés aux services occidentaux et israéliens.

Dire que l'Arabie-Saoudite a joué un rôle perfide est en dessous de la vérité : Le trône saoudien a peur et tente d'étouffer, avec ses milliards, n'importe quel mouvement islamique issu de la population : de la Syrie à l'Egypte. Le vieux et moisi roi Abdallah al-Saloul annonce vouloir éradiquer des "terroristes" qui ont utilisé comme "arme de destruction massive" un... bulletin de vote !!! Alors que lui même a fait, à de nombreuse reprise, l'éloge de la Démocratie devant ses frères américains et européens... N'allons pas chercher de la cohérence à Riyad, il y en a jamais eu.. Si, une peut-être : s'il faut voter, il faut voter pro-occidental. La même logique donc que chez les pseudo-intellectuels français lorsqu'on lit leurs éditos dans le Figaro ou le Point.

Le rôle de l'armée égyptienne

L'attitude de l'armée égyptienne est aussi symptomatique de la réalité des armées du monde arabe. Elles ne servent pas à défendre l'Islam et ses intérêts. Cela, nul besoin de le rappeler, tous l'ont bien compris. Les milliards que dépensent ces différents États pour le budget militaire servent, avant tout, à défendre le régime contre le peuple.

L'armée "populaire" algérienne l'avait montré, dans les années 90, les généraux avaient avoués être prêt à sacrifier 1 million d'algériens pour en finir avec l'Islam politique. L'armée libyenne, au service du clan Qaddafi, avait montré son utilité. L'armée syrienne le montre, à l'heure actuelle, elle ne sert pas à s'affirmer contre les USA ou Israël mais contre le peuple sunnite : la preuve étant que les unités de l'armée, les mieux équipées et entraînées, sont toutes nussayrites (alaouite)...L'armée marocaine sert à protéger le trône des alaouites "cherifien", l'armée d'Arabie-Saoudite ne défend que la dynastie des saoud, etc...Cela montre aussi comment ces armées arabes sont, avant tout, le bras armée d’États séculiers et de leurs régimes et, in fine, au service de l'oligarchie mondialiste elle-même.

Certes le soldat contemporain n'a jamais eu bonne réputation dans n'importe quel pays : l'armée a toujours été le refuge des ratés et de toutes leurs frustrations donc caserne rime avec taverne. Mais au Maghreb, bien pire, qu'au Machrek encore... Le service militaire dans ces pays devient finalement une socialisation anti-islamique où le fils du peuple se transforme en chien enragé et galeux, capable d'aboyer et de mordre aux ordres...

Bien loin donc l'ancienne socialisation islamique du Ribat qui jalonnait les côtes magrébines, du Maroc à la Tunisie, refuge du soldat de l'Islam, à la fois ascète et moujahid. Ces armées arabes équipées du matériel occidentalo-israélien, formées à l'occidental et entraînées à l'occidental servent les intérêts occidentaux et israéliens à travers leurs larbins arabes.

D'ailleurs, en Égypte comme partout dans le monde arabe, les rares officiers aux convictions musulmanes qui subsistent encore sont méthodiquement écartés des postes stratégiques, leurs carrières et promotions sont totalement freinées pour, justement, ne jamais voir le risque que la force militaire des pays musulmans ne devienne musulmane au service des intérêts de l'Islam.

Pour l'instant ces armées s'illustrent, très glorieusement encore, en abattant de simple civils. Sissi l'impératrice mérite une autre médaille...

L'hypocrisie occidentale

Elle est bien belle la "démocratie musulmane" vue de Paris : les élections présidentielles au Mali à l'ombre des chars français et la démocratie en Égypte sous les chenilles des chars de l'armée nationale. Le net soutien occidental au coup d’État, explicite ou implicite, de la France ou des USA n'éclaire pas les aveugles.

Aucune nouveauté, constante historique, cohérence et régularité. L'hypocrisie de la Démocratie éclate au grand jour : si les musulmans jouent le jeu et qu'ils gagnent, ils perdent quand même finalement car la Démocratie c'est comme au casino : "qui perd gagne". Et les laïques écrasés aux élections démocratiques sont vainqueurs de l'épreuve de force puisque l'armée et le monde éclairé est avec eux pour écraser sous les chars les gagnants...Mais, ceci fait, ils démontrent magnifiquement que la religion Démocratie ne s'établira pas dans le monde arabo-musulman.

Il ne faut pas sous-estimer les très nombreuses réactions de ces égyptiens de la classe moyenne-supérieure, auparavant tentés par le libéralisme et son image "marketing" véhiculé par l'Occident puis aujourd'hui écœurés, qui clament désormais être dans le camp de l'Islam intégral. Convaincu de l'iniquité du monde occidental et de ses valeurs.

En France certains donneurs de leçons, nauséabondes, expliquent même qu'il existe de bons "coup d’État" car utile au maintien du bon "ordre international" dicté par l'Occident (tout comme il existe de bonnes lois liberticides anti-musulmanes utiles au maintien de l'ordre républicain...). Grosso-modo ce sont les mêmes, qui s'insurgent contre les dictatures anti-occidentales, qui ne tarissent pas d'éloge sur les dictatures pro-occidentales (les mêmes qui s'insurgent contre le voile, ne tarissent pas d'éloge sur les Femen...).

Les esprits et les cœurs sain de la oumma ne feront qu'inscrire cet épisode dans la longue liste des griefs contemporains à l'Occident : Un jour le bilan des comptes sera fait et ils devront payer l'addition.

Bilan

Nous pourrions faire une conclusion étayée, argumentée, construite, pour que tous témoignent de la pertinence de ces analyses mais rien de mieux que des paroles célestes tranchantes, sans équivoque, à portée et à valeur universelle, qu'importe le temps et l'espace. Des paroles qui confondent les traîtres, renforcent les awaliya Ar-Rahmân et qui rendent vaines toutes actions des awaliya ash-shaytân. A nous de les comprendre, de nous éduquer par elles, et de travailler avec elles car ce sont elles qui nous interpellent désormais :

« Certes, la religion acceptée d'Allah, c' est l'Islam. »

« Et quiconque désire une religion autre que l'Islam, ne sera point agréé, et il sera, dans l'au-delà parmi les perdants. »

« Ni les Juifs, ni les Chrétiens ne seront jamais satisfaits de toi, jusqu'à ce que tu suives leur religion »

« Annonce aux hypocrites qu'il y a pour eux un châtiment douloureux, ceux qui prennent pour alliés des mécréants au lieu des croyants »[7]

Vos frères d'Anâ-Muslim

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[1] "La Démocratie est une Religion" Abû Muhammad al-Maqdissî :http://fr.scribd.com/doc/52517024/La-Democratie-est-une-religion-Cheikh-Abou-Muhammed-Al-Maqdissi
[2] "Nous avons envoyé dans chaque communauté un Messager, [pour leur dire] : 'Adorez Allah et écartez-vous du Taghout'. Alors Allah en guida certains, mais il y en eut qui ont été destinés a l'égarement. Parcourez donc la Terre, et regardez quelle fut la fin de ceux qui traitaient [Nos messagers] de menteurs." (An-Nahl, 16:36)

Le ijtanibou (s’écarter) a de plus grandes implications que "ne soutenez pas" ou "n'adorez pas". Par exemple, Allah Tout-Puissant nous a ordonné de nous éloigner de l’alcool ; et si le fait de s’approcher de l’alcool est interdit, alors il est interdit pour une plus grande raison de tenir une bouteille de vin. De même, Allah nous a ordonné de nous écarter du taghout ; et si il n’est pas permis d’être aux côtés du taghout, alors il n’est pas permis pour une plus grande raison d’être son allié, ministre ou imam, ou même de rejoindre ses forces de police, son armée ou son système de gouvernance. Servir, obéir ou suivre un taghout, est du kufr (acte de mécréance). L'adoration (par obéissance) du taghout est également une des caractéristiques des Juifs et des Chrétiens, qui "ont prit leurs rabbins et moines comme seigneurs en dehors d’Allah" en leur obéissant via des ordres qui contredisent les Écritures qui leur ont été révélé.

[3]"L'Algérie de l'Islam" (Documentaire): http://vimeo.com/29083844

[4] "Alors qu’une irrémédiable tendance de dédain du système politique et de ses rites, tend à s’accroître dans les vielles démocraties, certains parmi les musulmans français semblent vouloir eux, s’accrocher encore à cette chimère agonisante qu’est devenu le système démocratique.

Dans le monde occidental, des États-Unis à la France, ce désaveu ou désintérêt est rendu visible par l’abstention et la part croissante des non inscrits sur les listes électorales. Nous avons vu que chez les individus de la société démocratique, la désillusion envers la démocratie était une condition à sa totalitarisation, qui consacre son hégémonie. Mais c’est aussi une preuve finalement de son évolution vers la dernière étape avant sa chute, car comme disait Chesterton : "Rien n’échoue comme le succès".

C’est que la démocratie semble se séculariser elle-même : elle détruit tout le polis de sa philosophie en épurant chez les individus leurs consciences, par l’ultra relativisme, l’hédonisme et l’individualisme. C’est à dire que par ses propres fondements, elle accroît de manière tendancielle au sein de sa population un désenchantement du politique, tel le christianisme, avant elle, qui s’était sécularisé à cause (ou grâce) de ses propres sources bibliques bibliques en initiant le processus qui allait le mettre à mort.

Le "mouvement démocratique est l’héritier du mouvement chrétien" avait écrit Nietzsche, sa constatation fait aujourd’hui office de prédication tant elle apparaît se réaliser sous nos yeux : "La démocratie moderne est la forme historique de la décadence de l’État".

Or, la décadence de l’État ne peut avoir lieu sans l’effondrement de la conscience politique de ses individus. Paradoxalement, si on stoppe l’utopie progressiste à la base de la démocratie afin de sortir de cette mythologie, on accélère l’un de ses effets : l’abstention. Il faut distinguer deux sortes d’abstentionnismes qui peuvent atteindre le citoyen contemporain. Tout d’abord, celle relevant du processus de dépolitisation démocratique, la perte d’intérêt du vote est alors perçue par l’individu :

• Soit comme inutile d’apporter sa propre contribution à une architecture qui ne semble pas avoir besoin de lui, ou bien alors, comme un effondrement de la pertinence politique, sublimée de plus, par une volonté de combler des désirs hédonistes : c’est l’apathie sociale que crée l’individualisme démocratique.

• Soit une abstention de "semi contestation" issue d’une volonté de rénovation des modalités du système démocratique sans toucher au dogme, en promouvant une Réforme ou un aggiornamento de la démocratie : elle est issue des citoyens "protestants" de la démocratie.

Ces abstentions sont le résultat normal (ou quasi-) du processus de démocratisation, c’est-à-dire pouvant toujours être régulé par elle.

La seconde forme d’abstentionnisme est active et profonde, elle défie le système par sa totale négation et son désaveu, c’est une abstention "réactionnaire" dans l’exact sens que Taguieff donne à ce terme. Elle est issue de nouvelles visions et des nouvelles croyances des nouveaux hommes réellement a-démocratique. Des abstentionnistes de conviction dont il est beaucoup trop tôt pour dire s’ils sont les continuateurs de la révolution démocratique ou des hérétiques dont la multiplication va finir par détruire la religion démocratie, lui faisant vivre, à elle aussi, son "Crépuscule des idoles", elle qui est devenue l’idole des idoles contemporaines.

C’est cette abstention là que nous visons et qui nous intéresse. C’est ce citoyen que l’on nommera ici l’individu post démocratique. Cela même s’il est encore parfois très difficile de pouvoir distinguer dans la masse des abstentionnistes leurs différentes natures. Tout l’intérêt médiatique qu’ils suscitent ressemble aux troubles et à la terreur de l’an mille… Partout surgissent frénétiquement, à chaque résultat de ces messes électoralistes, les lamentations, les craintes et les peurs des vrais adeptes de la religion démocratie. Car comme pour le christianisme (surtout pour le catholicisme en France et ailleurs…), dont les rites ne sont plus appliqués avec la ferveur d’antan, le déclin est amorcé et annonce les prémices de sa mort inéluctable.

Ces peurs actuelles nous rappellent celles plus anciennes du clergé chrétien devant la mort inéluctable de la religion qu’il s’était donné et créé au fil des siècles. Là encore, la France, fille aînée de l’église, puis de l’athéisme, semble être la nation qui marque l’avant garde une fois de plus, d’une évolution sociale s’enfonçant vers l’inconnu d’un nouvel horizon post démocratique, comme elle fut la première à atteindre l’horizon chrétien puis postchrétien.

Elle est en effet l’un des rares pays dans lequel l’abstention semble toucher tous les modes de scrutin sans exception et dont l’évolution met en évidence une tendance durable, qui n’est pas prête de changer. C’est pourquoi certains membres du clergé démocratique, pour remédier à cette perte de foi politique qui transforme leur Église démocratie à ce que sont devenues aujourd’hui les églises chrétiennes, sortent l’arme ultime : la loi. La loi est maintenant l’unique panacée capable d’enrayer la maladie de l’abstention qui risque de donner la mort au corps sacro-saint de leur religion démocratie.." Aïssam Ait-Yahya - Extrait de De l’idéologie islamique française : Éloge d’une insoumission à la modernité

[5] "Offensive égyptienne dans le Sinaï coordonnée avec Israël"http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120908.REU5462/l-offensive-egyptienne-dans-le-sinai-coordonnee-avec-israel.html"L'armée égyptienne assure avoir tué 60 'terroristes' en un mois" :http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/1683023/2013/08/07/L-armee-egyptienne-assure-avoir-tue-60-terroristes-en-un-mois-au-Sinai.dhtm

[6] "Le roi Abdallah bin Abdulaziz d'Arabie Saoudite a appelé vendredi les pays arabes à s'unir contre le "terrorisme", en soutien au combat mené par les forces militaires égyptiennes contre les partisans des Frères Musulmans" :http://www.i24news.tv/fr/actu/international/moyen-orient/130817-le-roi-saoudien-soutient-l-armee-egyptienne

[7] Coran :Al-Imran, verset 19 ; Al-Imran, verset 85 ; Al-Baqarah, verset 120 ; An-Nisa', versets 138 et 139


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