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Quel taux de croissance atteindra le Maroc vers la fin de l’exercice  en cours? Une question qui a commencé à se poser à plusieurs niveaux, mais dont les réponses diffèrent de part et d’autre.
 D’après le Think Thank Business Monitor International  (BMI), 2013 sera «une autre année difficile pour le Maroc tant que la récession européenne dure encore». En se basant sur l’impact des effets de la crise dans la zone euro, dont personne ne prédit la fin en 2013, les experts du BMI prévoient que «l'économie marocaine enregistre une reprise modérée cette année avec des prévisions du PIB réel de 3,5% pour 2013, comparativement à environ 2,5% en 2012». Une prévision d’un point de moins par rapport à celle du gouvernement qui table sur 4,5%, avec une promesse de ramener le déficit budgétaire de 7,6% en 2012 à 4,8% en 2013.  
Une promesse qui ne dévie pas de la stratégie de l’actuel Exécutif qui a pris l’habitude de «vendre des rêves aux Marocains». Mais pour combiner ces deux objectifs, croissance de 4,5% et réduction du déficit au-dessous de 5%, cela est tributaire de la capacité du gouvernement à trouver 25 à 26 milliards de dirhams (MMDH) de plus, susceptible de diminuer ce déficit de 3% du PIB. C’est ce qui a été bien expliqué par le gouverneur de Bank Al-Maghrib (BAM), qui s’exprimait à l’occasion de la tenue de son Conseil mardi 26 mars. «Pour passer de 7,6% à 4,8%, cela veut dire qu’on aura besoin de diminuer ce déficit de 3% du PIB. Celui-ci est actuellement de 880 MMDH, si on calcule les 3% des  880 MMDH, on tablera sur 25 à 26 milliards à trouver.  Ce qui s’avère très difficile», avait-il indiqué.
De première lecture, la prévision du BMI peut paraître «pessimiste», alors qu’elle verse, par contre, dans l’optimisme, en considérant que «toutefois, l'intérêt que portent les investisseurs étrangers à des secteurs clés tels que l’offshoring et l’industrie touristique serait de bon augure pour la croissance du Maroc». Compte tenu des menaces qui pèsent sur l’un de ces secteurs clés, à savoir l’offshoring, à cause de la régression de l’activité dans les principaux marchés émetteurs, en l’occurrence la France (60%).
L’analyse  du BMI prend en compte des perspectives d’une «consolidation de la consommation locale, en estimant que la croissance de la formation brute du capital fixe (FBCF) agirait comme principal moteur de l'activité économique au cours des trimestres à venir, soutenue par le secteur des infrastructures. Une hypothèse qui n’est pas du tout solide du fait qu’elle n’a pas pris en compte l’impact des derrières coupes drastiques opérées dans le budget de l’investissement sur la FBCF. En ce qui concerne les flux avec l’étranger, 2013 devrait être une nouvelle année aride pour la balance des paiements du Maroc, selon le BMI. Ce cabinet s’attend à ce que le pays continue sa lutte contre le déficit du compte courant. D’ailleurs, les importations devraient diminuer progressivement tout au long de l'année, grâce à la réduction progressive des importations de produits alimentaires.
Ainsi les experts de ce cabinet tablent sur «un  déficit du compte courant de 8,1% du PIB en 2013, contre environ 9,6% du PIB en 2012». Une prévision qui ne semble pas être partagée par Najib Akesbi, qui estime que l’impact de la crise dans la zone euro, continuera d’affecter plus ou moins  douloureusement l’économie marocaine à travers des «canaux de transmission», comme le commerce extérieur, le tourisme, les transferts des MRE  et les investissements directs étrangers.
S’agissant du budget de l’Etat, BMI prévoit que le déficit budgétaire atteint 5,7% du PIB en 2013, contre environ 7,1% en 2012. Une prévision partagée par nombre d’économistes qui estiment que  «le déficit public ne descendra pas en dessous des 5%, contrairement au souhait du gouvernement».
Reste à souligner que le seul point d’accord entre les économistes qui se sont penchés sur les prévisions  de l’économie marocaine en 2013, demeure l’explosion attendue de l’endettement aussi bien intérieur qu’extérieur qui franchira fort probablement, le seuil fatidique et alarmant des 60% du PIB.
Un bémol cependant :  la croissance de l'économie marocaine restera toujours la plus performante dans les pays de l'Afrique du Nord.
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