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Comme attendu et déjà annoncé par Nizar Baraka en février dernier, le Maroc a réalisé une levée de 750 millions de dollars (M$) sur les marchés internationaux par un emprunt obligataire mené, comme en décembre 2012, par les Banques Barclays, BNP Paribas, Citigroup and Natixis.
En effet, le Maroc s’est appuyé, lors de l’opération accomplie jeudi dernier, sur la possibilité de se fonder sur le précédent emprunt réalisé en décembre 2012 pour émettre un nouvel emprunt. Ainsi, il a augmenté de 50% les deux tranches de son emprunt précédent, 1 milliard (MM$) emprunté sur 10 ans à un taux de 4,25% et 500 M$, empruntés sur 30 ans, à un taux de 5,5%. Dans le détail, le Royaume a levé 500 M$ remboursables sur 10 ans et 250 M$ sur 30 ans.
Ces endettements surviennent dans un contexte politique incertain, marqué par l’absence de visibilité après la déclaration d’un éventuel «retrait» de l’Istiqlal du gouvernement.  Pour les financiers qui connaissent bien la situation financière et budgétaire fragile du Maroc, il s’agit bien d’un franc succès. Pour une raison simple : il s’agit d’un moment «opportun» vu les fluctuations du marché, ce qui a permis au Maroc de prolonger les taux «avantageux» de sa dernière émission. Sur le plan budgétaire, Il faut rappeler, dans ce sens, qu’à fin avril, le déficit budgétaire s’est élevé à plus de 21 MMDH en augmentation de plus de 90% par rapport à la même période de l’exercice précédent. Le besoin du Trésor s’est établi à 26,2 MMDH et le taux de couverture est incessamment en recul. S’ajoutent les sources en devises du Royaume qui suivent une tendance baissière, notamment les recettes MRE, le tourisme, les exportations des phosphates et dérivés.
Certes cet emprunt obligataire donnera plus de marge de manœuvre à l’économie à court terme, mais il ne s’agit que d’un palliatif, qui n’est pas en mesure de juguler les maux des finances publiques. Un tel remède plonge le Maroc dans le cercle vicieux de l’endettement extérieur d’autant qu’il est déjà pris dans l’engrenage de la dette intérieure.
Est-ce que ce recours suffira pour 2013 ? Est-ce qu’on n’aura pas besoin d’une autre sortie vers la fin de l’année ?  Une possibilité qui reste fort probable. Rappelons que l’an dernier, le recours au marché extérieur nous a permis de mobiliser un milliard et demi de dollars, mais toujours insuffisants. Pour preuve, le déficit de financement de notre économie est resté à 8,4%. Ce qui a induit à un recours massif au stock des devises à tel point que nous avons terminé l’année à moins de 4 mois d’importation. C’est d’ailleurs la cause de l’assèchement des liquidités sur le marché monétaire, et de la réduction de la masse monétaire  et l’encours des crédits à l’économie.
Cette situation perdurera tant que le problème n’est pas réglé au niveau du déficit primaire.
A ce propos, le Haut-commissaire au plan, Ahmed Lahlimi, avait précisé au début de cet exercice que cette situation perdurera tant que «le déficit des finances publiques, continue d’augmenter d’année en année, du fait que le budget pompe sur le marché monétaire».
Une autre raison du recours continu à l’endettement que le Haut-commissaire nous avait mise en exergue, réside dans le «déficit primaire» dont souffre notre économie. «Quand on voit que les dépenses courantes du budget ne sont pas couvertes par les recettes courantes, on parle de déficit primaire du budget. Nous sommes contraints de combler ce déficit par les emprunts», nous avait-t-il expliqué.
De ces propos de ce fin connaisseur de notre économie, on comprend que le remède au déficit, c’est l’endettement. Mais, ce dernier est lui-même sans remède. Du fait qu’au niveau d’un déficit primaire, cas marocain, on ne compte pas le service de la dette. Alors on se trouve contraint d’emprunter pour payer les dettes, du moins en partie. Ce qui laisse entendre que le Maroc s’endetterait encore plus en 2013.
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