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Depuis l’entame des réformes structurelles au milieu des années 80, le Maroc a jugé prioritaire de renforcer la compétitivité de son économie en vue d’améliorer l’attractivité de cette dernière et d’augmenter ses exportations. Un  objectif qu’il a, relativement, atteint par rapport à ses rivaux régionaux, selon le rapport arabe sur la compétitivité mondiale 2013, rendu public vendredi par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).
Cependant, «des restrictions sur les résidents, y compris les exigences en matière de reddition des recettes d’exportation et des limites sur les investissements étrangers par les investisseurs institutionnels locaux, tels que les fonds de pension», y demeurent encore, selon ce rapport.
Dans un chapitre de ce rapport, intitulé «Le travail inachevé des réformes structurelles dans les pays du sud-est de la Méditerranée», les experts Hanan Morsy et Nafez Zouk de la BERD reviennent sur les transitions politiques qu’a connues le monde arabe, qu’ils ont préféré appeler «réveil arabe» au lieu de «printemps» en mettant en évidence les causes, principalement,  la mise en œuvre «inégale» des réformes structurelles menées depuis le milieu des années 80. Dans ce sens, ces experts ont, essentiellement, mis sous leurs projecteurs, le Maroc, la Tunisie, l’Egypte, et la Jordanie, qui se sont lancés dans un processus axé sur la réforme de leur marché, et ce par des réformes structurelles ambitionnant de créer un cadre juridique et institutionnel propice à l’investissement et à la croissance, et à promouvoir la privatisation des secteurs improductifs. Le rapport précise que les efforts de privatisation ont généralement progressé à un rythme plus rapide au Maroc par rapport à ces pays. «Il  y a eu des privatisations à grande échelle avec l’entame des réformes depuis les années 80, ce qui est presque acquis au Maroc, mais il reste encore la participation importante de l’État dans des secteurs économiques clés en Egypte, en Jordanie et en Tunisie», précise le rapport.
Toutefois, le rapport note qu’en dépit de la mise en œuvre des réformes plus orientées vers le marché, la présence de l’État dans l’économie est forte, y compris au Maroc. Pour preuve, «de nouvelles affaires ont été conclues entre les gouvernements et les divers groupes d’intérêt, conduisant à une précipitation des privilèges spéciaux, les droits de monopole et un accès favorable aux marchés, au crédit et aux services gouvernementaux ». En fait, depuis les années 80 et jusqu’à présent, «les entreprises connectées à la direction politique ont généralement surclassé leurs rivales».
Entre-temps, l’Etat et ses institutions manquaient à leur rôle en tant que régulateur, garant de la libre concurrence. Par conséquent, ce manquement des Etats à leur rôle a fait que «la région a connu de faibles compétitivité, innovation et productivité». Dans cet état des lieux, ce sont les barrières à l’entrée, les subventions qui faussent le libre jeu de la concurrence, en termes de  prix et de faibles niveaux de gouvernance d’entreprise qui ont prévalu, selon les termes dudit rapport.
Bien que «ces réformes aient partiellement réussi à atteindre une croissance plus élevée», le chômage reste chroniquement élevé, en particulier parmi la jeunesse instruite, et les bénéfices de la croissance n’ont pas été uniformément répartis».
Par ailleurs, le rapport note que le Maroc a encore des progrès à faire en termes d’amélioration de la concurrence. « La mise en œuvre de la politique de la concurrence reste faible, à l’exception de la Tunisie où une autorité indépendante de la concurrence se conforme aux normes internationales, mais elle est entravée par la faible application, la présence continue des monopoles d’État, et la faible capacité institutionnelle », indique le rapport.
 Bien que des mesures aient été prises pour renforcer les autorités de la concurrence et leur indépendance, le Maroc détient un score moyen au niveau de la gouvernance et de la restructuration des entreprises, en raison de la poursuite des subventions des industries clés et la mauvaise gouvernance dans la plupart des entreprises d’Etat. En particulier, les subventions à l’énergie ont créé des distorsions sur le marché, et l’implication de l’Etat a découragé la participation du secteur privé.
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