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Jean-Claude Paye, sociologue, auteur de

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Le président égyptien Mohamed Morsi renversé par l'armée a été transféré jeudi à l'aube au ministère de la Défense, tandis que son équipe était détenue dans un bâtiment militaire, quelques heures avant la prestation de serment de son remplaçant par intérim qui ouvrira la voie à une délicate transition.
La détention du premier président démocratiquement élu d'Egypte et de sa garde rapprochée est la dernière étape d'une série de mesures des forces de sécurité qui ont resserré en quelques heures leur étau sur les Frères musulmans, dont M. Morsi est issu, en lançant 300 mandats d'arrêt contre ses membres, dont des hauts dirigeants.
L'armée, qui a suspendu la Constitution et nommé en remplacement de M. Morsi le président du Conseil constitutionnel Adly Mansour, a suscité l'inquiétude à l'étranger, le président américain Barack Obama appelant à réviser l'importante aide militaire à l'Egypte, et l'Union européenne réclamant une nouvelle présidentielle rapidement.
Dès cette annonce, un enregistrement vidéo dans lequel le chef d'Etat islamiste déchu s'est redit "le président élu d'Egypte" a été diffusé, faisant craindre de nouvelles violences à l'issue d'une année de présidence Morsi marquée par des crises parfois meurtrières.
Alors que ses opposants exultaient sur la place Tahrir du Caire --une scène rappelant la liesse populaire lors de la chute du président Hosni Moubarak en février 2011--, ses partisans ont attaqué des bâtiments de la sécurité dans le nord du pays.
Sept d'entre eux ont péri dans des heurts avec les forces de l'ordre à Marsa Matrouh et Alexandrie, sur la côte méditerranéenne. Trois opposants au président déchu ont par ailleurs été tués lors d'affrontements contre des pro-Morsi à al-Minya (centre).
"C'est un nouvel instant historique, nous nous sommes débarrassés de Morsi et des Frères musulmans", a dit un manifestant dans un cortège d'automobilistes klaxonnant et agitant des drapeaux.
Après les violences qui ont émaillé les rassemblements organisés depuis le 26 juin faisant 47 morts, le ministère de l'Intérieur a averti qu'il répondrait "fermement" aux troubles et des blindés ont été déployés au Caire, bloquant les voies menant aux rassemblements pro-Morsi.
Après son éviction, M. "Morsi et toute l'équipe présidentielle (ont été placés) en résidence surveillée au club de la Garde républicaine de la présidence", avant que le président déchu ne soit "séparé de son équipe et emmené au ministère de la Défense", a déclaré Gehad al-Haddad, responsable au sein des Frères musulmans.
Un haut responsable de l'armée a confirmé à l'AFP que les militaires détenaient l'ex-chef d'Etat "de façon préventive", laissant entendre qu'il pourrait être poursuivi, alors qu'il est sous le coup --avec plusieurs dirigeants de la confrérie, dont le Guide suprême Mohammed Badie et son "numéro 2" Khairat al-Chater-- d'une interdiction de quitter le territoire dans le cadre d'une enquête sur son évasion en 2011 d'une prison avec 33 autres Frères musulmans.
En outre, des sources de sécurité ont affirmé que le chef du Parti de la justice et de la liberté, vitrine politique des Frères musulmans, Saad al-Katatni, et l'adjoint du Guide suprême, Rached Bayoumi, avaient été arrêtés, tandis que le journal gouvernemental Al-Ahram faisait état de 300 mandats d'arrêt lancés contre des membres du mouvement islamiste.
La sécurité a également interrompu la diffusion de la chaîne de télévision des Frères et perquisitionné les locaux d'Al-Jazeera-Mobacher qui a diffusé l'enregistrement de M. Morsi.
L'armée, qui avait pris les rênes de l'exécutif durant 16 mois entre la chute de Hosni Moubarak et l'élection de M. Morsi, n'a pas précisé la durée de la transition avant des élections générales.
Les consultations pour la formation du prochain gouvernement --qui regroupera "toutes les forces nationales" et sera "doté des pleins pouvoirs" selon l'armée-- ont débuté, a annoncé l'opposant Amr Moussa, et le Conseil constitutionnel a indiqué que son chef prêterait serment jeudi matin.
L'armée a promis qu'elle "resterait éloignée de la politique" par la voix de son chef, le général Abdel Fattah al-Sissi, qui apparaît comme le nouvel homme fort du pays.
Il a détaillé, avec les chefs religieux chrétiens et musulmans du pays et le représentant de l'opposition Mohamed ElBaradei, une "feuille de route", qui, selon M. ElBaradei, "répond aux revendications du peuple".
Devant le ministère, des milliers de personnes scandaient "Egypte, Egypte!", criant leur joie après l'annonce de l'armée.
"Je n'attendais qu'une chose, c'est que Morsi parte", affirmait Abdel Khalek Abdo, un agriculteur de 56 ans.
Des milliers de pro-Morsi étaient de leur côté toujours massés au Caire sur la place Rabaa al-Adaouiya, dans le faubourg de Nasr City. "Morsi a été trahi, c'est un coup d'Etat contre un président élu", a lancé l'un d'eux.
A l'étranger, M. Obama s'est dit "profondément inquiet", appelant à l'élection rapide d'un nouveau gouvernement civil. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a de son côté jugé "préoccupante" l'intervention de l'armée.
Paris a "pris acte" de la tenue de futures élections et appelé à maintenir "la paix civile". Londres a appelé au calme en se disant contre l'intervention de l'armée pour changer le régime.
Le roi Abdallah d'Arabie saoudite a été le premier dirigeant étranger à féliciter M. Mansour, qualifié de "président de la République arabe d'Egypte sœur".


Le Maroc soulignela nécessité de
préserver l'uniténationale de l'Egypte  


Le Maroc a souligné, mercredi, la nécessité de préserver l'unité nationale de l'Egypte et la sécurité de son peuple.
"Le Royaume du Maroc a suivi avec une grande préoccupation et un grand intérêt les derniers événements en république égyptienne sœur", indique le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération dans un communiqué.
"Le Royaume du Maroc, ayant pris connaissance des décisions prises mercredi 3 juillet 2013 par l'institution militaire égyptienne et de la feuille de route au sujet de la période transitoire, souligne la nécessité de préserver l'unité nationale de ce pays authentique, la sécurité de son peuple, sa stabilité et sa quiétude et de réaliser ses aspirations légitimes dans le cadre des principes de la liberté et de la démocratie", ajoute la même source.
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