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Jean-Claude Paye, sociologue, auteur de

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Le nouveau médiateur international pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, a débuté lundi au Caire sa délicate mission de paix, au lendemain d’un sanglant attentat à Alep, la métropole du nord de la Syrie meurtrie par sept semaines de combats.
La guerre civile, déclenchée en mars 2011 par une contestation pacifique qui s’est militarisée face à la brutale répression du régime, sera au coeur des débats de la 21e session du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU à Genève, qui a dénoncé maintes fois des crimes contre l’humanité dans ce pays.
Près de 18 mois après le début du conflit, rien ne permet de croire à une solution proche tant la haine est grande entre la rébellion et le régime de Bachar al-Assad et tant les positions des grandes puissances divergent sur les moyens de le régler.
C’est dans ce contexte très tendu que M. Brahimi a entamé au Caire sa première mission depuis sa prise de fonction officielle le 1er septembre comme émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe, qui pourrait être suivie d’une visite à Damas.
Il a succédé à Kofi Annan, l’ex-patron de l’ONU qui avait démissionné le 2 août en admettant l’échec de plusieurs mois d’efforts, qu’il a attribué à un manque de soutien de la communauté internationale divisée entre Russes, Chinois et Iraniens alliés de Damas et Occidentaux, Arabes et Turcs, favorables à la rébellion.
Selon des sources officielles, M. Brahimi devait rencontrer le président égyptien Mohamed Morsi puis le patron de la Ligue arabe Nabil al-Arabi au siège de l’organisation et le chef de la diplomatie égyptienne Mohammed Kamel Amr.
Il doit aussi voir des membres de l’opposition syrienne, selon son porte-parole Ahmad Fawzi. La date de sa visite en Syrie, selon M. Fawzi, sera fixée une fois les derniers détails finalisés et le programme des rencontres en Syrie établi.
La Ligue arabe, qui a suspendu la Syrie de ses travaux, a en juillet pressé M. Assad de renoncer au pouvoir en échange d’une sortie «sûre» pour lui-même et sa famille.
M. Morsi est de son côté favorable à un départ du régime qu’il a qualifié d’»oppressif».
Depuis sa nomination, M. Brahimi n’a cessé de répéter que l’avenir de la Syrie serait «déterminé par son peuple et par personne d’autre». Il a tenu à ne pas soulever trop d’espoirs et demandé le «soutien de la communauté internationale».
Si tous les pays soutiennent ses efforts, ils ne s’accordent pas sur les moyens de parvenir à un règlement. Pékin et Moscou ont bloqué au Conseil de sécurité de l’ONU trois résolutions condamnant le pouvoir.
Dimanche, Américains et Russes ont à nouveau étalé leurs divergences, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton ayant jugé insuffisante une résolution au Conseil, préconisée par Moscou qui veut faire adopter un accord conclu en juin sur une transition politique mais qui n’appelle pas au départ de M. Assad.
Pendant ce temps, les violences continuent de plus belle, le régime se disant décidé à en finir avec une rébellion qu’il assimile à du «terrorisme».  A Alep, l’armée de l’air a pilonné plusieurs quartiers rebelles, tuant cinq civils au lendemain d’un attentat contre des bâtiments abritant des membres des forces gouvernementales qui a fait 27 morts, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
«Plusieurs immeubles se sont effondrés et les rebelles utilisent des batteries anti-aériennes» pour tenter de résister aux raids aériens, a affirmé à l’AFP Rami Abdel Rahmane, président de l’OSDH.
Ailleurs dans le pays, les bombardements de l’armée ont touché Sayeda Zeinab, un haut lieu de pèlerinage chiite près de Damas, de même que Deraa (sud), Hama et Homs (centre).
Les violences ont coûté la vie à 15 personnes, selon un bilan provisoire, les morts se comptant par dizaines tous les jours.
Depuis le début du conflit le 15 mars 2011, plus de 27.000 personnes ont été tuées selon l’OSDH, et des centaines de milliers ont été poussées à l’exil. En outre 1,2 million de Syriens à l’intérieur du pays dévasté par la guerre ont besoin d’aide.
Alors que la crise humanitaire se dégrade, les représentants de la diplomatie internationale devaient se réunir à Genève en présence du chef de l’ONU Ban Ki-moon pour tenter d’accentuer les pressions sur M. Assad.
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