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Une récente étude réalisée par la Ligue marocaine de la presse électronique a révélé que près 96 % des journalistes de la presse électronique sont favorables à la promulgation d’un Code de déontologie pour le secteur, alors que 40 % craignent que cette loi n’apporte des restrictions limitant la liberté d’exercice de leur profession.
Réalisée avec l’appui de l’organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ISESCO), l’étude, publiée dans un recueil présenté samedi dernier, indique que 95,86 % de ces journalistes approuvent la publication d’un code régissant le secteur, un indice qui atteste du niveau de maturité et de l’expérience de cette presse au Maroc et de son passage de l’amateurisme au professionnalisme.
Si 40 % des journalistes interrogés éprouvent une appréhension vis-à-vis d’éventuelles restrictions que pourrait imposer ce code en cas de sa publication, 32 % croient fermement que ces restrictions seront bel et bien réelles, selon cette étude, la première du genre qui dresse, chiffres à l’appui, un état des lieux de la presse électronique au Maroc.
En raison du vide juridique et organisationnel dont pâtit le secteur, 74 % des journalistes de la presse électronique estiment que le contenu de leurs journaux ne jouit pas de la protection intellectuelle requise, tandis que la majorité de ces journalistes estiment rencontrer des difficultés dans l’accès à l’information à sa source.
Selon la même étude, la majorité des journalistes exerçant dans ce genre de presse sont des amateurs (46 %), en ce sens qu’ils n’ont reçu aucune formation spécialisée dans la presse, contre plus de 31 % qui exercent cette presse dans le but d’exprimer des opinions personnelles, tandis que la majorité de ces journalistes travaillent dans des journaux électroniques sans contrepatrie matérielle (83%), en raison de la non-institutionnalisation de ces organes de presse sous forme d’entreprises médiatiques.
Près de 62,5 % des journaux électroniques comptent sur l’autofinancement, alors le taux d’appui sur la publicité pour le financement ne dépasse pas 44,28 %. Néanmoins, ces journaux électroniques gardent une ligne de conduite régulière en matière de publication et d’actualisation des informations, selon la même étude. La majorité de ces journaux (63 %) existe de manière fictive dans la mesure où ils ne relèvent pas de société et ne sont pas enregistrés de manière légale, en raison de leur incapacité financière pour 53 % des cas, en plus de l’ignorance des procédures pour 26 %. Pourtant, la majorité de ces journaux affiche sa ligne rédactionnelle à 84 %.
Près de 27 % des journalistes de la presse électronique comptent sur leurs propres sources pour parvenir à l’information dans la rédaction des articles, puis sur le réseau des correspondants (23 %) et des agences de presse, alors que 73 % parmi eux sont conscients de la nécessité de mentionner les sources de l’information. La plupart des journaux électroniques marocains sont de nature informative (48%) et s’intéressent à la chose nationale (42%), contre 28 % qui s’intéressent au régional.
Quelque 90 % des journalistes de la presse électronique sont de sexe masculin et peuvent être classés dans leur majorité dans la catégorie des personnes actives au sein de la société. Une bonne partie de ces journalistes est concentrée dans les régions de Tanger-Tétouan (20,2 %), de l’Oriental et du Rif (20,53 %).
En outre, la majorité des journalistes de cette presse ont une expérience ne dépassant pas 5 ans (près 80 %), ce qui montre que l’exercice de cette profession est encore embryonnaire au Maroc . Plus de 64 % des rédacteurs et des correspondants de journaux électroniques sont réguliers dans leur travail, en dépit des moyens matériels et des conditions générales organisationnelles propres au secteur.
Le secteur est à dominante jeune puisque la majorité des journalistes sont âgés entre 25 et 45 ans pour les hommes (63 %) et entre 20 et 35 ans pour les femmes.
Concernant les fonctions et les missions des journalistes de la presse électronique, l’étude révèle des interférences dans les attributions en l’absence de procédures administratives régissant le secteur. Près de 31,76% de personnes œuvrant dans ce secteur sont des licenciés et la plupart des journalistes souhaitent bénéficier de la formation et de la formation continue, notamment dans les domaines de rédaction et du Code de la presse, pour exprimer librement leur opinion dans les limites de la responsabilité juridique pour éviter tout abus ou poursuite.
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