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C’est officiel. Le Conseil national de l’USFP a approuvé à l’unanimité, avant-hier, la tenue du IXème Congrès du parti les 14, 15 et 16 décembre prochain. Durant toute la journée du dimanche, les membres du Conseil national ont débattu des projets de la commission préparatoire et,  surtout, du projet de la sous-commission chargée de la réactivation de l’appareil organisationnel.
Par ailleurs et dans le cadre des préparatifs du Congrès, la commission de l’égalité et la parité issue de la commission préparatoire du Congrès a organisé, vendredi dernier, une table ronde sur le thème « L’égalité et l’Etat civil » modérée par Hanane Rihab, présidente de la commission de l’égalité et la parité, et à laquelle ont pris part plusieurs acteurs politiques et de la société civile.
Fatima Belmoudden, membre du Bureau politique de l’USFP, a expliqué dans son allocution d’ouverture que la question féminine était toujours présente dans les préoccupations et les actions du parti, mais les évolutions et les transformations que le monde arabe a connues, imposent d’adopter une stratégie claire qui prenne en compte les acquis des femmes réalisés au cours des 10 dernières années mais aussi réaliser d’autres.
Selon Elmoudden, le monde arabe connaît des changements radicaux après l’arrivée des islamistes au pouvoir, notamment en Egypte et en Tunisie. Certains courants politiques qui défendaient la liberté, la dignité et la démocratie, ont appliqué, une fois arrivés au sommet de l’Etat, une politique d’exclusion et n’ont pas honoré leurs engagements envers la société. Le Maroc n’est pas à l’abri de ce qui se passe dans les autres pays arabes. Pour ce membre dirigeant de l’USFP, il y a un vrai malaise qui incite à poser le problème de civilité de l’Etat pour qu’il soit débattu par tous les acteurs de la scène politique et ceux de la société civile en vue de consolider les acquis de la femme marocaine.
De son côté, Khadija Rouissi, parlementaire et membre du bureau politique du PAM, a étrillé le PJD qui a fait pression sur la commission de la révision de la Constitution pour qu’elle intègre dans celle-ci une référence à un Etat islamique et ce, avec l’appui du lobby traditionaliste.
La notion de l’Etat civil, dit-elle, a été inventée comme riposte à l’Etat religieux. Un Etat civil veut dire un Etat démocratique qui respecte les valeurs, l’égalité et la liberté. Cet Etat est, actuellement, au cœur du débat public au Maroc, alors que les courants de l’islam politique veulent imposer leur « vérité absolue ». Selon Rouissi, l’Etat civil garantit la liberté et l’égalité, tandis que l’Etat religieux impose la tutelle, c’est-à-dire que chaque croyant croit avoir le droit d’intervenir dans la vie d’autrui.
Et pour analyser la notion de « l’Etat civil », Abdeljalil Tolaymat, membre du Conseil national de l’USFP, s’est posé plusieurs questions: quel est le sens de la notion d’Etat civil ? Quel est le champ épistémologique dans lequel elle est née ? Est-ce que l’Etat civil est aux antipodes de l’Etat religieux ?
L’Etat civil, a-t-il précisé, n’est enfin de compte que l’Etat démocratique basé sur le droit, la justice et l’égalité et mais aussi sur la séparation entre la politique et la religion dans la gestion de la chose publique.
Omar Aherchane, membre du Cercle politique d’Al Adl Wal Ihsane, s’est efforcé dans son intervention d’expliquer que les islamistes au Maroc ne sont pas un groupe homogène. Selon lui, il y a les islamistes modérés, les salafistes, les soufis, les jihadistes, les oulémas… C’est pour cette raison qu’il ne faut pas juger les islamistes comme s’ils constituaient un groupe homogène. « Les islamistes du Hijaz par exemple ne sont pas les islamistes du Maroc », a-t-il précisé. Et d’ajouter que les islamistes marocains ou du monde arabe sont dans la plupart des cas modérés et ne pensent pas usurper le pouvoir par la force et les coups d’Etat (sauf dans le cas du Soudan, précise-t-il). Ils ne considèrent pas non plus l’Etat civil comme un Etat laïc qui bannit la religion.
Le membre dirigeant d’Al Adl Wal Ihsane s’est efforcé également de se démarquer du PJD et de son bras idéologique le Mouvement unité et réforme (MUR) en soulignant que les deux formations font partie du mouvement international des Frères Musulmans et qu’ils exécutent l’agenda du wahabisme au Maroc, tandis qu’Al Adl Wal Ihsane est un mouvement soufi.
Pour sa part, Mounir Bensalah, membre du Conseil national de l’OMDH, s’est attaqué aux partis libéraux et de gauche. Il estime qu’ils n’ont pas suffisamment défendu «la civilité de l’Etat » dans la commission de la révision de la Constitution en acceptant la suppression de cette formule sous la pression de forces conservatrices.
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