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Le professeur Abdelkader Kacher est enseignant-chercheur et coordonnateur de l’école doctorale de droit et de sciences politiques à l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, il décortique la dernière révision constitutionnelle en relation avec la question amazighe. - La langue amazighe est désormais officielle. Comment cela se traduira-t-il sur le terrain ? Une langue officielle est spécifiquement désignée comme telle dans la Constitution ou les textes de loi d’un pays. Elle s’impose par conséquent en théorie à tous les services officiels de l’Etat comme les organes de gouvernement, les administrations, les tribunaux, les registres publics, les documents administratifs, etc. Il en est de même pour les établissements privés qui s’adressent au public. Sachant que le mimétisme est de rigueur dans l’importation de la rédaction des textes juridiques dans tous les domaines, depuis la loi du 31 décembre 1962, malgré son abrogation une dizaine d’années plus tard, soit en 1973, il est intéressant de suivre le processus de réappropriation de la langue française pour nous prononcer sur les dessous de l’ineffectivité opérationnelle de tamazight. Au-delà du caractère national déclaré depuis 2002, cette langue est confinée dans un statut incertain par l’absence de volonté politique de réconcilier l’Algérien avec sa langue maternelle d’origine «plusieurs fois millénaire», comme le confirme le préambule de la Constitution révisée en février dernier. Plus explicite, le Conseil constitutionnel algérien considère que l’amendement des paragraphes 2 et 6 du préambule affirme le prolongement de l’histoire du peuple algérien et les composantes fondamentales de son identité que sont l’islam, l’arabité et l’amazighité. Or, dans son avis n°01/A.RC/CC/ du 3 avril 2002 relatif au projet de révision de la Constitution (Journal officiel n°22 du 3 avril 2002) le Conseil constitutionnel algérien, voulant notifier la prépondérance d’une langue sur l’autre, dit : «Considérant que la constitutionnalisation de tamazight langue nationale dans toutes ses variétés linguistiques en usage sur le territoire national ne porte pas atteinte au statut constitutionnel de la langue arabe en tant que ‘‘langue nationale et officielle’’.» Plus proche de nous, en 2016, à l’occasion de sa saisine par le président de la République sur le projet de révision constitutionnelle, le Conseil constitutionnel dit : «Considérant qu’en prévoyant dans la Constitution, d’une part, la consolidation de la place de la langue arabe en tant que langue officielle de l’Etat et sa promotion et qu’en considérant d’autre part, que la langue amazighe est également langue nationale et officielle et que l’Etat œuvre à réunir les conditions pour sa promotion, elles s’inscrivent dans le cadre de la protection et de la promotion des composantes de l’identité nationale.» Comment dès lors ne pas penser que l’esprit du texte portant «nationalisation, puis officialisation» de tamazighte n’est pas neutre et ne peut, par conséquent, être pris ensemble l’alinéa 2 de l’article 3 reformulé comme sapant toute logique de son officialisation par la pratique des institutions ? Déduction faite, si la première demeure pour le constituant de 2016 «la langue» officielle de l’Etat (au singulier), la seconde langue dite nationale est «la» langue de qui alors et pour quoi au final ? Et, par conséquent le «la» attribué à l’une et amputé pour l’autre détruit toute construction valide et viable inscrite dans le temps et l’espace pour la reformulation construite sans corps ni âme en ce qui est de la langue amazighe. Si cette volonté d’officialisation existe, pourquoi dès lors distinguer et minoriser tamazight par rapport au processus et au cheminement normal qu’avait pris et prend encore la deuxième langue nationale et officielle qu’est l’arabe depuis le recouvrement de notre indépendance du colonialisme ? - La Constitution stipule que l’Académie est chargée de réunir les conditions de promotion de tamazight en vue de concrétiser, à terme, son statut de langue officielle. Cela veut-il dire qu’elle ne l’est pas encore ? N’est-ce pas contradictoire ? Cette disposition nous renseigne clairement sur les dessous de l’ajout puis de «l’infra mise à niveau» de l’article 3 bis, une première fois formellement «nationalisé» en 2002, après la revendication citoyenne du Printemps amazigh, puis une seconde fois, dans la loi n° 16-01 du 6 mars 2016 portant révision constitutionnelle, publiée au JO n°14 du 7 mars 2016, par une reformulation plus compliquée et contradictoire. Cette nouvelle mouture remet donc en cause le principe du droit acquis énoncé aux alinéas 1 et 2 de l’article 3 bis au sujet du statut de langue nationale et officielle au travers de l’objet voulu par les rédacteurs du 4e alinéa que vous citez et validé par les parlementaires le 7 février dernier. En d’autres termes, la langue amazighe n’est pas encore arrivée à maturité et doit donc être mise sous régime probatoire et conditionné. - Tamazight est «aussi» langue nationale depuis 2002. Toutefois, sa prise en charge par l’Etat reste minime. Ce qui rend son officialisation peu crédible auprès des militants de la cause. Qu’en pensez-vous ? En France, la langue nationale est officiellement le français depuis 1992, année durant laquelle la phrase «La langue de la République est le français» a été ajoutée à l’article 2 de la Constitution. En Irlande, l’irlandais a le statut de langue nationale et, en même temps, celui de langue officielle au côté de l’anglais. En Suisse, l’allemand, le français et l’italien ont le statut constitutionnel de langues nationales depuis la fondation de l’Etat fédéral en 1848, et le romanche depuis 1938. La Belgique a trois langues à la fois officielles et nationales : le néerlandais, le français et l’allemand. Le Canada, le Mali, le Rwanda, le Sénégal ont plusieurs langues nationales et officielles. En Algérie, comme vous le dites, tamazight est également langue nationale avec l’arabe qui dispose d’un statut privilégié depuis la Constitution de 1963, et notamment l’apport de confirmation de sa généralisation obligatoire depuis la loi n°91-05 du 16 janvier 1991. Force est de constater que, depuis l’insertion de cette disposition dans le corps de la Constitution révisée en 2002, son statut d’effectivité dans la pratique en usage des institutions de l’Etat n’a pas répondu aux attentes de la collectivité nationale à l’adresse de laquelle aucune autre initiative n’est prise pour sa généralisation. - La nouvelle Constitution stipule dans son article 3 bis que tamazight est également langue nationale et officielle. Quelle signification peut-on donner à cette formulation ? Si la loi n° 02-03 du 10 avril 2002 restaure constitutionnellement le caractère national de la langue amazighe, suite au Printemps berbère et citoyen, les modifications introduites sur l’ordonnance de 1976, citée supra, n’avaient pas été à la hauteur des aspirations des citoyens algériens dont la source millénaire amazighe est enfin confirmée constitutionnellement, malgré la présence millénaire physique matérielle et morale des Amazighs en cette terre nord-africaine. Encore une fois, si l’article 2 de l’ordonnance de 2003, modifiant l’article 2 de l’ordonnance de 1976, dispose «le système éducatif a pour mission dans le cadre des composantes fondamentales de l’identité du peuple algérien que sont l’Islam, l’arabité et l’amazighité» et que l’article 4 de la modification introduite en 2003, en insérant un article 8 bis qui dispose «l’enseignement de tamazight et non pas «de et en» tamazight, est introduit dans les activités «d’éveil» et/ou «en tant que» discipline dans le système éducatif», interpellons ces concepts trop indicateurs sur les non-dits pour conclure sur le devenir de la langue amazighe dans son espace naturel algérien. - La notion d’«éveil» vous inspire-t-elle un commentaire ? Si «éveil» au sens utilisé dans la loi de 2003 s’entend par la sortie du sommeil et de réveiller quelqu’un, dans le processus d’habilitation de la langue amazighe, la question est grave de conséquences pour la cohérence du dispositif constitutionnel avec l’esprit du préambule, devenu partie intégrale de la Loi fondamentale avec la même valeur constitutionnelle (paragraphe 22 qui constitutionnalise le préambule et le fait partie intégrante de la Constitution). Et dans son avis motivé, le Conseil constitutionnel «considère que l’ajout d’un paragraphe in fine au préambule a pour objet de rendre ce dernier, partie intégrante de la Constitution, lui conférant ainsi une valeur constitutionnelle ; et, relève également que le préambule pose les principes fondateurs de l’Etat et de la société et marque le processus d’évolution de l’histoire de l’Algérie ; qu’il constitue, dès lors, un cadre juridique et une référence constitutionnelle pour les autres titres de la Constitution ; qu’il fait, par conséquent, partie des principes fondamentaux régissant la société algérienne. Avis du 28 janvier 2016, préambule pour lequel le peuple algérien est un peuple libre, décidé à le demeurer, et pour qui son histoire, plusieurs fois millénaire, est une longue chaîne de luttes qui ont fait de l’Algérie de toujours une terre de liberté et de dignité. Donc l’éveil n’est plus à démontrer. Si «éveil» s’entend par «sensibiliser quelqu’un à quelque chose», en d’autres termes, sensibiliser les destinataires de la révision constitutionnelle, notamment les scolarisés, notons que l’absence de la langue amazighe dans le système éducatif algérien n’incombe pas à la communauté de destination mais au système éducatif et de formation instauré depuis 1976 et qui ignorait la langue amazighe avant sa nationalisation, puis son officialisation non encore viable. - En d’autres termes, peut-on comprendre que l’officialisation passe d’abord par la création d’une académie ? J’y arrive. Pour ce qui est du projet à venir, au moyen d’une loi organique pour expliciter de quoi il s’agit (l’énoncé portant création d’une académie de langue amazighe), cette académie devra s’appuyer sur les travaux des experts. Elle est chargée de «réunir les conditions» de «promotion» de tamazight en vue de «concrétiser, à terme, son statut de langue officielle». Nous relevons ici que les concepts revisités dans la rédaction de ce paragraphe remontent à 1995 lors de la création de l’avatar du Haut-Commissariat à l’amazighité, DP n°95-147 du 27 mai 1995, JO n°29 du 29 mai 1995, qui peine à sortir de l’enclave du politiquement correct où il a été enfermé, notamment depuis le décès du titulaire du poste de haut-commissaire qui est toujours vacant et non pourvu à ce jour. L’arrêt sur image conclut, encore une fois, que l’officialisation de tamazight n’est pas à l’ordre du jour officiel, non inscrit dans l’agenda du moyen terme. Saïd Gada  

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«Il n’ y a pas de volonté politique pour la généralisation de tamazight en dépit des assurances des pouvoirs publics.» Deux décennies après son introduction dans le système éducatif, l’enseignement de la langue amazighe connaît une régression remarquable. Son caractère facultatif freine considérablement son expansion, s’accordent à dire les spécialistes. Conséquence : des seize wilayas pionnières en 1995-1998, il n’en reste que six où elle est enseignée aujourd’hui et seules Tizi Ouzou et Béjaïa connaissent une hausse constante des effectifs. A la rentrée scolaire 1995/1996, à travers les 16 wilayas, il y avait 37 690 élèves encadrés par 233 enseignants. En 2010/2011, ils étaient au nombre de 214 442 élèves (pour les trois paliers) et 1265 enseignants, selon Ahmed Tessa, cadre au ministère de l’Education nationale. «Depuis, les chiffres ont fondu dans 13 wilayas», constate ce pédagogue, écrivain et ancien membre du HCA dans une tribune publiée dans la presse en mai 2015. Qu’en pensent les enseignants ? «Il n’y a pas de volonté politique pour la généralisation de tamazight en dépit des assurances des pouvoirs publics.» La phrase revient tel un leitmotiv dans leurs réponses. Saïd Boukhari, militant de la cause amazighe, ayant enseigné tamazight clandestinement au lycée de Tigzirt dans les années 1980, a un autre avis : «Parler de l’enseignement de tamazight est déjà un grand pas en soi. Ce qu’il ne faut pas faire, c’est la comparer aux autres langues enseignées dans le système éducatif. Tamazight a subi une exclusion de l’enseignement, des moyens de communication et de l’administration. Pis encore, ses militants et ses locuteurs ont été emprisonnés. Le peu de scientifiques qui se sont consacrés l’ont fait dans la clandestinité et parfois à l’étranger. On parle de régression de territoire occupé par l’enseignement de tamazight. Moi, je dis non. Nous sommes dans une phase de promotion et de développement qui doit prendre le temps nécessaire avec une politique linguistique claire et définie. Il s’agit aussi de fixer des objectifs à moyen et long termes. Faire des constats, aujourd’hui, est aléatoire. Ce n’est qu’avec la venue de Mme Benghebrit qu’on sent qu’il y a une volonté de la généraliser, de mettre les moyens nécessaires et de décomplexer un encadrement islamo-baâthiste qui a une haine viscérale pour la langue et l’identité amazighes.» Abdellah Arkoub, inspecteur de tamazight depuis 2009, évoque les contradictions entre les lois relatives à tamazight et leur application sur le terrain : «La loi d’orientation sur l’éducation nationale du 23 janvier 2008 stipule clairement que l’Algérien devra pouvoir apprendre cette langue nationale. L’Etat devra mettre en œuvre tous les moyens humains, matériels et organisationnels afin d’être en mesure de répondre progressivement à la demande, partout où elle s’exprime sur le territoire national. On reconnaît que tamazight est langue maternelle, mais elle est classée troisième à l’école après l’arabe et le français. On dit aussi qu’elle est une langue nationale à promouvoir, mais les élèves ne l’apprennent qu’à partir de la 4e année primaire, alors que le français est dispensé dès la 3e année.» En outre, M. Arkoub soutient que tamazight n’est enseignée dans 9 wilayas que dans des classes-pilotes : «Même en Kabylie, son enseignement n’est pas généralisé comme c’est le cas à Béjaïa et Bouira. Et ce n’est certainement pas par manque d’enseignants puisque les quatre départements dédiés à tamazight (Kabylie et Batna) forment chaque année des centaines de licenciés et de titulaires de mastère. Il ne suffit pas de créer un poste budgétaire dans une wilaya quelconque pour dire que tamazight est généralisée. Elle doit être prise en charge de manière effective et efficace. Que cesse le bricolage !» Les enseignants interrogés sont unanimes à relever la régression de tamazight dans le système éducatif dans certaines régions et son absence totale dans d’autres. Parmi les raisons mises en avant, le nombre restreint de postes budgétaires ouverts par la Fonction publique, le caractère facultatif de cette matière, la qualité de supports pédagogiques et didactiques.

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Ayant critiqué, à maintes reprises, la politique dépensière du gouvernement qui a atteint, depuis 2012, un niveau insoutenable, M. Ali-Rachedi détaille, dans son texte, le processus qui a conduit le pays à la faillite. L’ancien ministre et fondateur du parti non agréé Essabil, Abdesselam Ali-Rachedi, affirme que la crise financière ne peut être résolue par le pouvoir actuel. «Seul un pouvoir légitime, soutenu par la population, sera en mesure de mettre en œuvre une vraie politique de développement et de rétablir, à terme, l’équilibre des finances publiques», écrit-il dans un texte sur les raisons de la crise économique actuelle, rendu public hier. Ayant critiqué, à maintes reprises, la politique dépensière du gouvernement qui a atteint, depuis 2012, un niveau insoutenable, M. Ali-Rachedi détaille, dans son texte, le processus qui a conduit le pays à la faillite. «Le Fonds de régulation des recettes (FRR) a été institué en 2000 pour abriter les surplus de la fiscalité pétrolière lorsque le prix du baril dépassait le seuil institué par la loi de finances (17, puis 37 dollars le baril). Ces surplus étaient destinés à couvrir le déficit causé par une baisse inattendue du prix du baril en-dessous du seuil. Or, sauf brièvement en 2015, le prix du baril n’a jamais été en  dessous de ce seuil. Pourtant, le pouvoir a puisé régulièrement et à sa guise dans ce fonds», explique-t-il d’emblée. Selon lui, l’Exécutif a constamment violé la loi et faisant voter par le Parlement des budgets déficitaires. «La loi a donc été constamment violée pendant plus de trois décennies. Chacun sait que la loi de finances doit être votée en équilibre et le déficit doit rester dans la limite de 3% du PIB. Ce ne fut jamais le cas durant les trois dernières décennies. Le budget a toujours été voté avec un déficit considérable et de plus en plus élevé, la différence étant puisée dans le FRR. Depuis 2012, le budget est devenu insoutenable même avec un baril au-dessus de 100 dollars. L’impasse budgétaire était devenue inévitable», précise-t-il.  La dégringolade des prix de l’or noir enregistrée depuis le deuxième trimestre de l’année 2014 n’a fait, écrit-il, que rapprocher l’échéance en précipitant, plus tôt que prévu, l’Algérie dans la crise. Qu’est-ce qui a obligé le pouvoir à dépenser autant, au prix d’un déficit abyssal ? La réponse, indique-t-il, «est de nature politique». «Manifestement, le pouvoir est piégé par sa nature autoritaire et populiste. N’ayant pas de légitimité démocratique, il n’a pas d’autres ressources que de se légitimer par la distribution de prébendes à ses nombreuses clientèles et à acheter la paix sociale par une politique de redistribution populiste, destinée plus à gagner des soutiens qu’à aider les couches défavorisées», précise-t-il. En raison de cette réalité, conclut-il, «aucune approche de type «comptable» ne pourra venir à bout de la crise».            

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Un diplomate américain a dénoncé des agents des Douanes qui lui ont confisqué 3000 euros sur les 6000 qu’ils avaient trouvés sur lui à la suite d’une fouille au corps. Deux autres étrangers, un Yéménite et une Saoudienne, ont affirmé avoir été délestés de 9000 dollars chacun de la même manière. Ces actes ont suscité la réaction du Premier ministre qui a ordonné, jeudi dernier, un dépôt de plainte. Deux agents ont été suspendus alors que l’enquête se poursuit… L’affaire a pris l’allure d’un scandale et suscité non seulement la réaction du ministère des Affaires étrangères, mais surtout celle du Premier ministre. Qu’en est-il au juste ? Tout a commencé il y a deux semaines, à l’aéroport international d’Alger, lorsqu’un diplomate américain sur le point de prendre un vol à destination de Paris a fait l’objet d’une fouille au corps par deux agents des Douanes, qui lui avaient demandé de les suivre loin des caméras de surveillance. Sur les 6000 euros qu’ils ont trouvé sur lui, ils en ont pris 3000, qu’ils se partagent avant de le laisser partir. Craignant le décollage immédiat du vol Alger-Paris, l’Américain s’empresse d’embarquer, mais une fois à Paris, il se dirige droit vers son ambassade pour faire état de ce vol caractérisé. Une lettre de dénonciation est adressée à la direction générale des Douanes qui ouvre une enquête, dont la conclusion confirme le témoignage de l’Américain. Les deux agents sont identifiés puis suspendus de leur poste, après leur avoir exigé le remboursement de la somme de 3000 euros. Une somme que l’Américain a refusé de reprendre, mais qui a été remise aux représentants de son ambassade à Alger. L’affaire aurait pu s’arrêter à ce niveau sans faire de bruit, si ce n’est la réaction du Premier  ministre qui, dans un courrier adressé au premier responsable de l’administration douanière,  a réclamé un dépôt de plainte contre les auteurs de cette bavure, qui ne semble pas être un cas isolé. En effet, la semaine écoulée, alors que l’affaire de l’Américain était encore sous enquête, deux autres plaintes pour vol arrivent au ministère des Affaires étrangères. La première émane d’un ressortissant yéménite qui affirme avoir été délesté par deux agents des Douanes d’une somme de 9000 dollars, sans aucun procès-verbal. Les mêmes propos sont tenus par une femme de nationalité saoudienne qui accuse les douaniers de lui avoir confisqué 8000 dollars. Des faits extrêmement graves qui ont suscité la réaction du ministère  des Affaires étrangères, lequel a saisi le directeur général des Douanes pour l’ouverture d’une enquête et le dépôt d’une plainte. Les faits se transforment en véritable scandale et bousculent le premier responsable de l’institution douanière, lequel ordonne une autre enquête plus approfondie qui devrait toucher tous les agents du service voyageurs de l’aéroport d’Alger, qui fait l’objet de graves accusations. Avérées ou non, celles-ci ne sont pas nouvelles. Depuis quelques années, de nombreux étrangers, notamment chinois, syriens et turcs, affirment avoir fait l’objet de ce genre de pratiques condamnables, mais disent n’avoir pas osé dénoncer, pour «éviter des démêlés avec la justice». Contactée, une source douanière proche du dossier confirme les plaintes déposées par les trois ressortissants, américain, yéménite et saoudienne, en précisant qu’une enquête a été ouverte et des sanctions engagées contre les mis en cause. «Il est vrai que depuis quelques années, il y a une déliquescence avérée au niveau de l’aéroport, notamment le service passagers contre lequel les voyageurs ne cessent de se plaindre. Les victimes sont souvent des ressortissants étrangers qui ne connaissent pas la législation algérienne, mais aussi des Algériens. Les douaniers indélicats commencent par les menacer de poursuites judiciaires, histoire de leur faire peur, avant de leur confisquer leur argent et de les laisser partir sans leur délivrer un quelconque procès-verbal ou document officiel. La loi est très claire. Au-delà de 7000 euros, les douaniers sont sommés d’établir un procès-verbal de confiscation et n’ont aucun droit d’agir dans le cas où la somme est inférieure ou égale à 7000 euros. Il est important de signaler que ces pratiques ne sont pas systématiques. Néanmoins, elles existent et tendent à prendre de l’ampleur ces derniers temps. Ce qui nécessite une réaction à la hauteur de la gravité des faits. Il est peut-être temps de se pencher sur les critères de choix des nominations aux postes de contrôle aux frontières, car il y va de l’image et de la crédibilité non pas de l’administration douanière seulement, mais surtout du pays…», explique notre source, qui a tenu à garder l’anonymat de peur de représailles. Du côté de l’administration douanière, rien n’a filtré. Tous nos efforts d’entrer en contact avec les responsables se sont avérés vains. Ces derniers étaient injoignables. En tout état de cause, cette affaire risque de faire boule de neige en raison des nombreuses victimes qui, encouragées par les plaintes des trois voyageurs étrangers, vont dénoncer ce qu’elles qualifient «de vols caractérisés» opérés par des agents qui, par leurs actes, donnent une piètre image de l’Etat et de l’administration douanière en particulier. Il suffit de quitter l’enceinte et de discuter avec les chauffeurs de taxi qui travaillent à l’aéroport d’Alger pour se rendre compte que ces pratiques honteuses  gangrènent l’institution et sont en train de s’installer dans la durée. Il est donc urgent que les autorités prennent les mesures nécessaires pour y mettre fin.  

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Les participants se sont également entendus sur «la confection de terminologies scientifiques et techniques communes à tous les dialectes amazighs et dans différents domaines  dans la perspective d’une évolution convergente». Le colloque sur l’élaboration de dictionnaires monolingues en tamazight qui s’est déroulé à l’université de Béjaïa sous l’égide du HCA, en collaboration  avec le Laboratoire d’enseignement et d’aménagement de tamazight (Laela) de l’université de Tizi Ouzou, a été clôturé, hier après-midi, après trois jours de travaux. A l’issue de cette rencontre internationale qui a réuni des spécialistes algériens et étrangers, une série de recommandations devant servir de prélude à l’élaboration de dictionnaires en tamazight a été dégagée. Il est prévu en premier lieu «la confection d’un trésor de langue amazighe réunissant tout le vocabulaire au moyen d’enquêtes linguistiques dans tous les parlers amazighs». Ce «trésor» servira de réservoir à la confection de dictionnaires dialectaux, interdialectaux et  amazigh commun. Les spécialistes se sont également entendus sur «la confection de terminologies scientifiques et techniques communes à tous les dialectes amazighs et dans différents domaines dans la perspective d’une évolution convergente» ainsi que sur «la confection d’un lexique fondamental destiné à l’usage scolaire suivi d’un glossaire arabe-amazigh pour les apprenants arabophones». S’agissant de l’aspect méthodologique, il a été décidé que «le travail de lexicographie sera accompagné d’un travail intense d’aménagement linguistique en priorisant pour cette tâche la formation de termes génériques  qu’il est indispensable qu’ils soient accessibles au grand public et, à cet effet, favoriser l’emprunt interdialectal et la création lexicale par extension de sens». Pour aboutir à ces premières résolutions, 35 communications ont été données par des spécialistes algériens et étrangers, ponctuées d’ateliers. Les travaux engagés en vue de traiter des problèmes qui se posent dans l’élaboration de dictionnaires monolingues se sont articulés sur huit axes, à savoir «histoire de la lexicographie», «unité de traitement lexicographique», «classement des entrées», «définition lexicographique», «illustration par l’exemple», «analyse et/ou critique des dictionnaires existants», «les dictionnaires et l’informatisation» et enfin «les projets de réalisation de dictionnaires». A rappeler que l’élaboration de dictionnaires monolingues s’inscrit dans l’optique de la standardisation puis de la généralisation de tamazight. Il convient de noter que la question de la graphie dans laquelle sera transcrit ce dictionnaire n’a pas figuré ni dans l’ordre du jour du colloque ni dans les recommandations. Néanmoins, tout prête à conclure à l’adoption de la graphie latine dans la transcription de la langue amazighe. Même si le Haut-Commissariat à l’Amazighité dit «tolérer» la polygraphie, nombre de spécialistes que nous avons questionnés sur le sujet, en marge du colloque, avancent que «la polémique autour de la graphie est un faux débat». Leur argument : «C’est en graphie latine que des travaux sont réalisés depuis près de deux siècles.» Reste maintenant à savoir si la standardisation et le regroupement de tous les parlers amazighs en un seul sont le bon choix. Le sujet ne fait pas l’unanimité entre les partisans de la standardisation séparée des variétés existantes et ceux d’une standardisation globale.

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