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La chute prolongée des cours du pétrole inquiète certains pays producteurs et exportateurs d’or noir. Face à la dispersion des positions au sein de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), certains ses dirigeants, minoritaires, s’emploient à inverser la tendance et stopper l’effondrement du prix du brut. C’est dans cette perspective que le président du Venezuela, Nicolas Maduro, effectue une visite à Alger, après l’Iran et l’Arabie Saoudite vendredi et samedi. A Téhéran, le successeur d’Hugo Chavez et son homologue iranien, Hassan Rohani, ont appelé à la constitution «d’un front au sein de l’OPEP entre les pays favorables à une action pour redresser les cours du pétrole». Une démarche à laquelle s’oppose l’Arabie Saoudite, principal exportateur. Chef de file de l’OPEP, le royaume wahhabite, soutenu par le Koweït, s’est frontalement opposé à serrer les vannes. «Même à 20 dollars, l’Arabie Saoudite ne réduira pas sa production», avait déclaré le ministre saoudien de l’Energie. De nombreux observateurs internationaux voient dans la position ferme de la pétromonarchie du Golfe «une action concertée avec Washington pour affaiblir des pays comme la Russie et l’Iran». Une guerre économique aux intérêts géostratégiques. Les dirigeants russes n’en doutent point. Riyad s’est dite également opposée à la tenue d’une réunion extraordinaire de l’OPEP avant six mois, une attitude à l’opposé de celle défendue par le ministre algérien de l’Energie, Youcef Yousfi, qui demande que l’OPEP intervienne «pour corriger les déséquilibres en procédant à une coupe de sa production afin de faire remonter les prix et défendre les revenus de ses pays membres». Une convergence de vues avec Caracas et Téhéran, mais dont les capacités d’influer sur les cours du pétrole restent limitées au regard de leurs parts de marché. Leur position déjà fragile au sein du cartel pétrolier est aggravée par des facteurs géostratégiques. Les trois pays, particulièrement l’Algérie et le Venezuela, avec une économie rentière, sont dans une situation de dépendance énergétique très forte. Une alliance des faibles. Il faut dire aussi que si entre Caracas et Téhéran une forte alliance stratégique lie les deux capitales, ce n’est pas vraiment le cas avec Alger. Les relations entre l’Algérie et le Venezuela ne dépassent toujours pas la très stricte et étroite amitié diplomatique. Les échanges entre les deux pays sont insignifiants. L’Iran est également handicapé par des années de sanctions économiques. Tenter un front commun entre les trois pays, aux prises avec des difficultés économiques et des impasses budgétaires, peut s’avérer inopérant. Leur incapacité à anticiper sur les marchés s’ajoute à l’absence d’un lobbying efficace, voire inexistant, rendant leur voix inaudible. Le Venezuela, touché de plein fouet par la crise pétrolière, a déjà sollicité l’aide de son allié asiatique, la Chine, pendant que l’Algérie n’arrive toujours pas à élaborer une sérieuse alternative économique. Le choc pétrolier vient rappeler une fois de plus que la forte dépendance des revenus énergétiques maintient ces pays dans une position économique et politique inconfortable.