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Le gouvernement multiplie les ratages. Réduit à réagir au jour le jour aux situations sociales, économiques et politiques qui s’imposent à lui, l’Exécutif donne l’impression d’être débordé. Dépassé par les événements, il se retrouve dans l’obligation de revoir ses priorités, au point d’ajourner même celles classées dans la case des urgences. C’était, en tout cas, l’exercice dans lequel a excellé le gouvernement du président Bouteflika durant l’année 2014. Le premier ratage est celui de la révision de la Constitution, unique projet ayant justifié, aux yeux des membres du clan présidentiel, le quatrième mandat de Abdelaziz Bouteflika. Ce dernier avait même fait «le serment» de réaliser ce projet avant la fin de l’année 2014. Un nouveau round de consultations de la classe politique avait même été lancé à cet effet dès le 1er juin dernier, sous la conduite du chef de cabinet de la présidence de la République, Ahmed Ouyahia. Faute de résultats, ou par calcul politique, le pouvoir décide de renvoyer sine die ce projet. Lors du dernier Conseil des ministres, tenu le 30 décembre dernier, le chef de l’Etat a évoqué «son attachement à la révision de la Loi fondamentale du pays», tout en faisant un nouvel appel du pied à l’opposition récalcitrante, pour apporter sa contribution à ce chantier. Mais il ne fixe aucune date pour sa finalisation. Le même sort est réservé visiblement au plan quinquennal 2015-2019. Annoncé à la fin du mois d’août dernier lors d’un Conseil des ministres, ce plan, devant être doté d’une enveloppe de 262,5 milliards de dollars, n’est toujours pas présenté. Pourtant sa présentation était fixée pour la fin de l’année dernière (2014). «Lors du Conseil des ministres, M. Bouteflika, a chargé le gouvernement de finaliser le projet de programme quinquennal d’investissements publics 2015-2019, dont l’esquisse financière a été arrêtée à hauteur de 21 000 milliards de dinars (soit l’équivalent de 262,5 milliards de dollars) pour le présenter au Conseil des ministres avant la fin de l’année», lit-on dans une dépêche APS, qui a repris un communiqué du Conseil des ministres du 27 août dernier. A l’occasion de la 17e réunion tripartie, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, avait annoncé, à nouveau, que ce plan «sera soumis au Conseil des ministres pour adoption avant la fin de l’année en cours (2014 ndlr)». Il n’en fut rien. Surpris par la dégringolade des prix du pétrole et l’érosion des recettes en devises, le gouvernement semble être désorienté. Forcé à procéder à des coupes budgétaires, l’Exécutif pourrait même revoir ses calculs et réajuster ses projections d’investissements durant le prochain quinquennat. Abdelmalek Sellal avait, rappelons-le, évoqué la possibilité de reporter certains grands projets et revoir le mode de financement des futurs chantiers. Le report de la présentation de ce plan quinquennal est-il lié à la crise financière engendrée par la chute des prix de l’or noir ? L’enveloppe qui lui a été consacrée sera-t-elle revue à la baisse ?