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Plusieurs villes du sud du pays renouent aujourd’hui avec les manifestations citoyennes pour réaffirmer leur opposition à l’exploitation du gaz de schiste. Après plusieurs jours de contestation, la colère monte d’un cran alors le gouvernement – incapable d’apporter des réponses convaincantes – bafouille. Si durant des années les habitants du Sud qu’un océan désertique sépare du Nord ont pris leur al ont patience, ils n’en peuvent plus continuer à subir l’insoutenable dans le silence. La contestation partie d’In Salah contre l’exploitation du gaz non conventionnel a fait tache d’huile. Cette éruption de colère vient s’ajouter à celle, exprimée par les milliers de chômeurs, qui agite le Sud ces dernières années. Les populations du Sud qui ont fait irruption dans le débat national ne posent pas seulement des problématiques spécifiques à la région, mais soulèvent fondamentalement des questions d’ordre national. Le gaz de schiste est l’essence de la contestation actuelle qui se pose à tout le pays. Le sous-développement économique imposé aux régions du Sud, les inégalités dans la «répartition» des richesses du pays et, au final, la non-intégration dans les politiques mises en place depuis des années ont fini par pousser les habitants du Sahara à réagir ; ils rappellent avec force l’absence de projet politique d’intégration sérieux. Le schéma reconduit dans la «gestion» des populations du Sud, en désignant des notables locaux comme interlocuteurs, s’effiloche. Beaucoup parmi les chefs traditionnels se sont mués en féodalités locales – c’est valable aussi pour les autres régions – qui servent très souvent de rabatteurs politiques au régime à la veille politique moyennant prébendes. Les notables eux-mêmes admettent leur incapacité à maintenir leur autorité morale et sociale sur des populations qui, désormais, veulent se définir comme des citoyens à part entière et non entièrement à part. Il est dénié aux Algériens du Sud une existence politique et sociale. Les différents dirigeants qui se sont succédé aux affaires ont refusé de voir les transformations démographiques dans le Sud, qui ont entraîné de nouvelles revendications. Les générations de diplômés aspirant à d’autres formes d’organisation sociale et politique pouvant leur permettre une émancipation sont en bute à un refus permanent des autorités locales ou nationales. A force de tourner le dos à ce Sud qui regorge de richesses humaines avant qu’elles ne soient naturelles, le gouvernement a fini par laisser s’installer des foyers de tension dans cet immense désert. La crise de forte intensité qui s’est installée dans la vallée du M’zab depuis des années ne trouve pas de solution. A la problématique du chômage, le gouvernement ne semble pas apporter de réponse fiable. A cela vient s’ajouter la colère anti-gaz de schiste qui risque de tout brûler sur son passage. Par incompétence ou par manque de volonté politique, les décideurs ont laissés s’accumuler dans cette zone sensible des problèmes aussi graves que complexes. La vieille recette du régime n’opère plus et a eu pour conséquence de placer toute la région sur un volcan qui peut tout brûler.