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Pourquoi a-t-on dépêché à In Salah le Directeur général de la Sûreté nationale, le général-major Hamel, plutôt que le Premier ministre Abdelmalek Sellal, sinon un des conseillers qui écument la Présidence, qui en compte une flopée ? Un chef de la police pour dialoguer avec les citoyens du Sud qui manifestent depuis plus de deux semaines contre l’exploitation du gaz de schiste ! M. Hamel n’est ni dans son rôle ni le plus indiqué à assumer une mission politique dont il est chargé par la présidence de la République. Le DGSN n’est pas parti seulement pour une visite d’inspection de ses troupes présentes dans la région, ou prendre connaissance des doléances des manifestants anti-gaz de schiste (par ailleurs connues de tous) et que les rapports des Renseignements généraux, un service dépendant de ses compétences, auraient été largement suffisants pour comprendre  le problème, mais il a promis, selon notre confrère Liberté dans son édition d’hier, de transmettre les préoccupations des citoyens «en mains propres» au président Bouteflika qui, on l’aura bien compris, lui a confié la tâche. Et selon les mêmes sources, il aurait même promis de satisfaire, à 80 ou 90%, les revendications des contestataires. Abdelmalek Sellal était pourtant l’homme tout désigné, de par ses fonctions de Premier ministre, pour accomplir une telle mission, politique par-dessus tout. Cela n’a pas été le cas. Et le fait n’est pas anodin. Il soulève autant de questions et pose aussi la problématique de la manière avec laquelle fonctionne l’Etat du fait de la maladie du Président, particulièrement depuis sa reconduction pour un quatrième mandat. Le Premier ministre n’est-il plus dans les grâces du locataire du palais d’El Mouradia pour se substituer à lui dans le rôle qui lui revient de responsable de la Sûreté nationale ? Ou a-t-on propulsé intentionnellement au devant de l’actualité politique, pour des raisons inavouées, le général Hamel ? Qu’à cela ne tienne ! Il est terrible, en effet, le cafouillage institutionnel que nous donne à voir la gouvernance inédite des affaires de l’Etat sous la conduite du président Bouteflika et de ses proches collaborateurs. De la décision et du choix pris d’exploiter le gaz de schiste à la gestion de la crise induite par la chute brutale des cours du pétrole, l’on assiste à un véritable désordre dans un pays qui navigue à vue depuis déjà des années. On prend une décision et son contraire en l’espace d’une semaine, comme celle qui portait sur  la suspension des recrutements au sein de la Fonction publique, mesure prise pour amortir une baisse durable du prix de l’or noir. On met en veille le Premier ministre après sa visite en France le 4 décembre dernier ; on remet sur la table le projet de révision constitutionnelle en feignant d’inviter encore une fois l’opposition qui, tout comme elle a boycotté les premières consultations, maintient sa position. Il y a vraiment de quoi perdre le fil des événements. Pas seulement. Le secrétaire général du FLN, Amar Saadani, joue le caïd et fait savoir qu’il est l’homme le plus informé en annonçant, de manière récurrente ces derniers jours, l’imminence d’un remaniement ministériel qui n’arrive toujours pas. Envoi en Guinée équatoriale, qui abrite depuis le 17 janvier la phase finale de la prestigieuse Coupe d’Afrique des Nations, du ministre de la Jeunesse Abdelkader Khomri au lieu de son collègue des Sports, Mohamed Tahmi. Autant de faits déroutants qui attestent des graves déréglages qu’a subis la vie institutionnelle nationale et surtout qui accentuent l’impasse politique qui bloque dangereusement le pays et le livre aux quatre vents. Que se passera-t-il dans les prochains jours ou les prochaines semaines ? La crise économique dans laquelle nous sommes déjà bien installés, accouplée d’un inextricable cafouillage politique, ne peuvent que déboucher sur de cruciales interrogations sur l’avenir immédiat du pays.
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