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La tenue de la conférence internationale coïncidera avec la commémoration du 70e anniversaire des massacres du 8 Mai 1945. Le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, a annoncé, sur les ondes de la Chaîne I, la tenue en mai prochain d’une conférence internationale dédiée à la criminalisation du colonialisme. Cette conférence coïncidant avec la commémoration du 70e anniversaire des massacres du 8 Mai 1945, se veut, dit le ministre, «une occasion pour démontrer au monde entier les atrocités commises par le colonialisme français en Algérie». Le pouvoir, qui surfe sur la fibre nationaliste sans trop gêner les intérêts de la France, veut tenter de faire passer les 70 ans du 8 Mai 1945 à dire, sans plus, son rejet du colonialisme. En 2009, un projet de loi criminalisant le colonialisme avait été introduit au Parlement par 125 députés, dont une majorité du FLN. Devant le courroux suscité par cette proposition de l’autre côté de la Méditerranée, le pouvoir a vite fait de rappeler à l’ordre ses propres alliés, en les sommant de mettre ce projet aux oubliettes. En 2012, l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM) avait réitéré l’idée, mais a vainement tenté de plaider pour la promulgation d’une loi criminalisant le colonialisme. Et la réponse lui était venue du ministre de l’Intérieur de l’époque, invoquant l’absence d’assise juridique à une telle œuvre. C’est donc devant l’incapacité de criminaliser juridiquement le colonialisme, comme proposé déjà par l’ONM, que le pouvoir se contentera d’une conférence qui se voudra un défouloir pour tout le monde, une tribune pour dire tout le mal que l’on pense de la colonisation. Depuis 2005, date de la promulgation par le Parlement français de la loi sur les aspects positifs de la colonisation, le courant «autoritaro-nationaliste» algérien, dont le FLN et les organisations de masse sont le moteur, n’a eu de cesse de tenter de trouver une riposte de poids à cet affront de l’ancien colonisateur, mais ses tentatives non sincères et toujours empreintes de calculs purement politiciens n’ont eu aucune incidence. Elles ont bien au contraire jeté le discrédit sur la revendication légitime de criminaliser le colonialisme. Ainsi, en ces temps de lune de miel entre Alger et Paris, Tayeb Zitouni, en responsable des célébrations des grandes dates de notre glorieuse guerre, remettra au goût du jour la criminalisation du colonialisme, mais juste à titre d’évocation et de condamnation verbale. Dans le langage courant, on appelle cela «adaaf el iman» ou se contenter du peu.
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