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La présentation, hier, du rapport annuel d’Amnesty International sur la situation des droits de l’homme ne pouvait pas mieux tomber. Il intervient au lendemain de la répression de la marche contre l’exploitation du gaz de schiste à laquelle ont appelé des partis de l’opposition et autres organisations de la société civile. Cette atteinte au droit de manifester a fait dire à la présidente de la section algérienne de l’ONG internationale, Hassina Oussedik, que «l’Algérie est loin d’avoir un Etat de droit». Intervenant lors d’une conférence de presse à Alger, Mme Oussedik n’a pas caché l’inquiétude d’Amnesty International concernant les libertés politiques. «Nous avons de sérieuses préoccupations sur les libertés de réunion, d’expression et de manifestation en Algérie», a-t-elle tancé. L’Algérie, qui a beau ratifier les conventions internationales en matière de respect des droits de l’homme et adhérer aux instances internationales, est dans le club des pays où les droits de la personne humaine sont violés. «L’Algérie a intégré le Conseil des droits de l’homme de l’ONU rien que pour soigner son image», a écorché Hassina Oussedik. En passant en revue les atteintes aux droits de l’homme constatées durant l’année 2014, Mme Oussedik a évoqué, essentiellement, la répression de la marche du 20 avril à Tizi Ouzou où un jeune manifestant avait perdu un œil. Elle a également mentionné la condamnation du blogueur de Ghardaïa, Youcef Ould Dada, qui avait publié une vidéo dans laquelle on voyait en scène des policiers pillant un magasin à Ghardaïa. La présidente de la section algérienne de l’ONG des droits de l’homme a aussi énuméré les différentes atteintes contre le droit de manifestation et de réunion. Des restrictions qui ont rythmé la chronique politique et sociale tout au long de l’année passée. Hassina Oussedik a indiqué que si l’état d’urgence a été levé, «il demeure que les libertés ne sont pas consacrées et des organisations de la société civile connaissent des entraves permanentes dans leur travail. Si certaines activités sont tolérées, dès que l’on touche aux questions sensibles, on subit des interdits», a-t-elle commenté. L’une des entraves justement consiste en le blocage de l’administration qui n’octroie pas d’agrément aux associations. Et c’est le cas de la section algérienne d’Amnesty elle-même. «Nous n’avons toujours pas d’agrément depuis l’année dernière. Nous n’avons pas d’autorisation, mais nous avons été reçus au ministère de la Justice, où nous avons pu rencontrer des personnes et avoir des échanges fructueux. Nous vivons dans une réelle ambiguïté. Nous envoyons régulièrement des courriers aux ministères et aux députés pour dénoncer des injustices, mais toutes nos lettres restent sans réponse», a fait remarquer la représentante de l’ONG. Interrogée sur la pratique de la torture en Algérie, la présidente d’Amnesty a fait savoir que son ONG «n’est pas en mesure de prouver les allégations sur la pratique de la torture, d’autant que le responsable de l’ONG qui travaille sur ce dossier n’a pas pu se rendre en Algérie, tout comme pour les arrestations extrajudiciaires». Elle a néanmoins assimilé la souffrance des familles de disparus à une torture permanente : «Amnesty International a toujours soutenu le combat des familles des disparus, notre combat est sans cesse pour la vérité et la justice. Les disparitions sont des tortures permanentes pour les proches des disparus.»