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Visiblement, les réponses du ministre de la Communication n’ont convaincu personne. En visite dans la wilaya de Aïn Témouchent, Hamid Grine, à qui on présente les confrères, s’enquiert du journaliste d’El Watan qui, lui, était en retrait. Nous signalons notre présence. Salutations d’usage et le ministre enchaîne : «Vous, votre compte-rendu ne passera pas demain.» A la question de savoir pourquoi, il rétorque que 50% de la réponse est dans la question. Discussion à fleuret moucheté par laquelle nous insistons et lui rappelons que son passage à Mascara a été rapporté : «Mais uniquement sur le site du journal !» Vérification faite, le compte-rendu est bien passé en version papier, comme nous en avions le souvenir. Plus tard, nous profitons du point de presse pour signaler à l’hôte de la wilaya que toutes les visites de ministres, même couvertes par la présence d’un journaliste, ne sont pas obligatoirement signalées s’il n’y a pas matière à le faire. Sourire du ministre, qui préfère ne pas commenter. Idem sur la question de la distorsion entre le discours du président de la République lu le 19 mars et celui rapporté par les médias gouvernementaux pour ce qui concerne l’attaque contre la presse. Le «no comment» est catégorique, même après insistance. Concernant la question de la non-impression de la presse indépendante par l’imprimerie étatique de Béchar, à laquelle il avait promis de répondre à notre confrère de Béchar dès son retour à Alger, le ministre n’a toujours pas de réponse précise. Enfin, la dernière question posée par nos soins porte sur la coïncidence de sa nomination et le tour de vis supplémentaire sur l’octroi de la publicité imposé à certains journaux, dont El Watan. Le ministre s’en étonne en signalant que le journal d’hier comporte 12 pages de publicité : « Est-ce qu’il y a là une pression ? Quand j’ai lancé le concept de cercle vertueux, je n’ai visé aucun journal. Il n’empêche que j’ai reçu une volée de bois vert de la part de votre journal (…). Votre journal, Monsieur, m’a attaqué !» Nous revenons à la question en signalant que si ces derniers jours, il y a plus de publicité, c’est grâce à la conjoncture du Salon de l’automobile ; or, depuis plusieurs mois, El Watan, qui fonctionne avec l’une des rédactions les plus étoffées, vit avec une moyenne de quatre pages de publicité, dont deux de petites annonces. Le ministre persiste : «Je n’ai aucun lien avec les annonceurs et il n’y a pas de pression sur eux.» Des témoignages et des informations recueillis par El Watan sur le sujet affirment pourtant le contraire : des pressions sont bel et bien exercées.