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Le parti réaffirme que l’issue de la crise ne peut advenir que par la sortie définitive mais pacifique et ordonnée de ce régime. Sous le signe de l’engagement militant avec la commémoration de l’assassinat d’Ali Mecili et celui de la question identitaire avec la célébration du 35e anniversaire du Printemps berbère, le Front des forces socialistes (FFS) a tenu un meeting des grands jours, hier, dans une salle Atlas comble. Si le meeting a choisi son ton dès le début avec des slogans hostiles au régime, le message du FFS, lu par son premier secrétaire Mohamed Nebbou, a signé une sortie des plus virulentes et sans complaisance aucune envers le pouvoir qui refuse «la solution pacifique et concertée du consensus national». Armée, Constitution, lutte des clans, tamazight, le FFS n’a rien laissé au hasard de la politique et considère «proche la fin de la dictature des clans» qu’il souhaite la moins nocive pour le pays si le processus du consensus national est enclenché : «Quand on entame un processus de discussion, notamment avec les partis du pouvoir, nous sommes souvent en face de fonctionnaires de la politique au service d’un pouvoir qui a pris en otage un pays, son peuple, ses richesses et ses institutions. Nous leur avons tendu une feuille blanche pour qu’ils écrivent non pas ce que nous savons de leurs pratiques politiques de toujours, mais… un début de commencement de signe de changement». Le FFS attendait «le feu vert pour un changement concerté, graduel et ordonné… Et ils nous ont fixé une ligne rouge ! Et quelle ligne rouge ! Non pas la sacralité de l’unité nationale, ni l’indivisibilité du territoire, ni la déclaration du 1er Novembre ou même le caractère républicain de l’Etat. Non, leur ligne rouge, c’est la légitimité du Président !» s’exclame le premier secrétaire avant d’enchaîner que la seule ligne politique du FFS, c’est de militer pour le changement du système de pouvoir et non pour le remplacement d’un Président par un autre. «Nous avons toujours soutenu l’idée que le danger pour le pays était dans la nature du système et non dans ce Président ou un autre. Nous ne nions pas pour autant que ces dernières années, la crise se soit accentuée. Le peuple algérien, qui a payé un prix terrible les violences des années 1990, était en droit d’attendre, une fois la paix revenue, que soient enfin établies des règles politiques claires pour la conclusion d’un nouveau contrat national. A l’intérieur du pouvoir et entre le pouvoir et la société. Au lieu de cela, la manne pétrolière aidant, nous avons vu fleurir plus fort que jamais la corruption à grande échelle, le népotisme, les campagnes d’intox médiatiques, les règlements de comptes à coups de révélations, l’instrumentalisation de la justice, la dilapidation des richesses nationales, la dépendance accrue à l’égard des hydrocarbures», précise le discours du FFS. Et de noter : «Depuis des années, nous leur avons adressé des centaines de pages de propositions de sortie de crise. Ils n’en ont jamais tenu compte. Ils ont déformé et instrumentalisé certaines d’entre elles. Comme la réconciliation nationale qui, pour nous, n’avait de sens que basée sur la vérité et la justice… et la réhabilitation du politique. Leur réconciliation a ajouté de la confusion à la confusion. Du mépris au mépris. Elle a juste fait le lit des colères futures et d’autres confusions à venir.» ---- «L’armée doit être au service de la nation et non d’un clan» Le FFS réaffirme que l’issue de la crise ne peut advenir que par la sortie définitive mais pacifique et ordonnée de ce régime. Et d’ajouter que «la ligne rouge n’était qu’une de ces ruses habituelles du pouvoir : le président ligne rouge. Mais quid des autres institutions ? Le DRS ? Le chef d’état-major ? La politique des lignes rouges qui partage le pouvoir entre des clans antagoniques est précisément ce qui maintient le statu quo et entrave le passage à un Etat de droit. Aujourd’hui comme demain, nous refusons cette perversion du jeu en boucle fermée où les partis politiques sont considérés comme des pions que l’un ou l’autre clan du pouvoir joue contre les autres. Nous refusons cette perversion du jeu politique… que nous considérons comme dangereux pour la sécurité et l’avenir de notre pays». Et de rappeler qu’il y a à peine une année, «le peuple algérien a vécu dans une tension terrible, le climat malsain et dangereux qui a précédé l’adoption du quatrième mandat. Des gens ont pris le risque de mettre gravement en péril l’intégrité et l’unité du pays. Sans même attendre l’ingérence étrangère ! A eux seuls, ils ont amené le pays à deux doigts de l’explosion». Evoquant la sécurité du pays et le consensus national, le discours lu par Nebbou aborde le rôle de l’armée et rappelle l’attachement du FFS à la primauté du politique sur le militaire. «La nature et le rôle des armées est fondamental dans la construction ou l’effondrement des nations ! Au FFS, la primauté du politique sur le militaire veut dire, par exemple, que la décision de la paix ou de la guerre est une décision qui engage l’ensemble de la nation et non une simple décision d’état-major… La primauté de la politique veut dire aussi que l’armée doit être au service de la nation et du consensus politique qui la soude et non au service d’un clan ou d’un régime. Et elle ne doit pas non plus être considérée comme un acteur externe au destin politique du pays. Ni considérée comme l’arbitre des luttes politiques. Mais le garant de la continuité de l’Etat dans le respect du consensus politique le plus large. En l’absence d’un tel consensus, c’est tout l’édifice institutionnel, y compris l’armée, qui se trouve menacé par les turbulences de la crise.» Tout au long du meeting, l’appel à l’officialisation de tamazight est revenu avec insistance chez les intervenants et l’assistance. «La lutte pour tamazight langue nationale et officielle continue», affirme le FFS, avec le mot d’ordre «ni folklorisation ni ghettoïsation».