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Est-il possible de débattre de la corruption en dehors des procès bien verrouillés qui se tiennent ces jours-ci ? Apparemment non, quand on observe la fermeture à double tour des salles publiques à l’expression citoyenne sur ce serpent de mer qui gangrène le pays. L’opposition politique a été une fois de plus (de trop) empêchée, hier, arbitrairement, de tenir une rencontre thématique au centre culturel Azzedine Medjoubi d’Alger. Comme d’habitude, l’administration de la wilaya a attendu la veille de la rencontre pour notifier son refus d’accorder l’autorisation introduite une semaine auparavant par le parti El Adala (justice) de Abdallah Djaballah au nom de la CLTD. L’objectif est évident : empêcher les organisateurs de prévoir un plan B pour tenir la réunion. Le comble est qu’il y a une dizaine de jours, cette même coordination des partis de l’opposition a obtenu la précieuse autorisation et dans le même édifice ! Mais le hic se situe au niveau des thématiques. L’administration de la wilaya d’Alger, qui dépend du pouvoir politique, n’a pas jugé nécessaire d’empêcher ces partis de débattre de la chute des cours du pétrole et de ses conséquences sur l’économie nationale. Un sujet pas très nocif pour l’image du régime tant il relève de facteurs exogènes qui impactent l’économie nationale. Encore qu’il y a tellement de choses à dire et redire... Hier en revanche, les partis de l’opposition devaient discuter de la corruption comme «danger potentiel pour la sécurité nationale». Un thème, il est vrai, explosif pour le régime en ce sens qu’il est d’une brûlante actualité puisque le procès de l’autoroute Est-Ouest se tient en ce moment au tribunal d’Alger. Il n’est donc pas besoin d’être un fin analyste pour comprendre l’arrière-pensée de cet énième refus politico-administratif d’autoriser l’opposition de se réunir. Débordé de toutes parts par sa gestion calamiteuse et népotique des affaires de l’Etat sur fond d’une corruption épidémique, le pouvoir tente, par cette mesure stalinienne, d’imposer la loi de l’omerta. Essayer autant que faire se peut de garder ses secrets d’alcôve loin des oreilles indiscrètes et surtout du grand public. Mais ce réflexe d’un autre âge ne trompe plus personne. Pas plus qu’il n’empêche les Algériens de découvrir le sous et les dessous de la république et l’usage que font nos responsables des pétrodollars. En Algérie se tiennent des procès pour corruption, en Italie la justice enquête sur le scandale des pots-de-vin versés à Khelil et ses complices, à Paris un livre sur les acquisitions immobilières de dirigeants algériens fait le buzz. Comment cacher toutes ces affaires douteuses à l’ère d’un monde 2.0, même si l’Algérie est maintenue, sciemment, en marge du progrès numérique et technologique ? C’est comme tenter de cacher le soleil avec un tamis. L’interdiction de la rencontre thématique de l’opposition risque, in fine, de faire plus de bruit et de mauvaise publicité au pouvoir s’agissant de la corruption. Ceci d’autant que les partis de l’opposition ont tenu leur rencontre au siège d’El Adala. Mais pour le pouvoir, le maître-mot est «chut!» dès qu’il est question de corruption.