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Le procès Sonatrach 1 s’ouvrira aujourd’hui au tribunal criminel d’Alger après avoir été reporté pour absence de témoins. Les avocats de la défense ont réclamé la présence d’une quarantaine de témoins sur les 108 convoqués par la justice. En plus de 19 personnes, quatre entreprises étrangères ayant bénéficié «frauduleusement» de marchés publics figurent parmi les accusés dans le cadre de cette affaire. Parmi les prévenus : l’ancien PDG du groupe Sonatrach, Mohamed Meziane, et huit directeurs exécutifs du groupe. Ces accusés doivent répondre des chefs d’inculpation de «commandement d’une association de malfaiteurs», «passation de marchés en violation de la législation et du règlement», «octroi d’avantages injustifiés au profit d’autrui» et «augmentation des prix lors de la passation des marchés». Ils sont également poursuivis pour «corruption», «dilapidation de deniers publics», «abus de fonction» et «blanchiment d’argent». Selon l’arrêt de renvoi, les faits portent sur cinq marchés frauduleux d’une valeur de 1100 milliards de centimes accordés de gré à gré au groupe allemand Contel Algérie Funkwerk Pletarc dans le cadre d’un projet d’acquisition d’équipements de télésurveillance et de protection électronique. Ces contrats ont été accordés en contrepartie d’actions acquises au profit des deux fils du patron de Sonatrach, Fawzi et Réda Meziane, dans le groupe Contel. L’autre marché «douteux» a été conclu entre le groupe Sonatrach avec Saipem Algérie (Italie) pour la réalisation du gazoduc liant l’Algérie à la Sardaigne. L’enquête a révélé qu’un des fils de Mohamed Meziane exerçait en tant que conseiller, depuis 2006, de Tullio Orsi, l’ex-directeur de Saipem Contracting Algérie. Le marché de réfection de l’immeuble de Sonatrach, situé boulevard Ghermoul, attribué frauduleusement à l’entreprise allemande Imtech, est l’autre affaire de ce procès retentissant. Quel a été le rôle de Chakib Khelil, ministre de l’Energie à l’époque, et de ses proches dans l’affaire Sonatrach 1 ? Dans un entretien accordé à El Watan, l’ancien PDG du groupe, Mohamed Meziane, s’est dit victime d’«un règlement de comptes à un très haut niveau». Selon lui, tous les contrats pour lesquels il est poursuivi avec 18 autres ex-responsables de la compagnie nationale «ont été traités et étudiés par le comité exécutif et les commissions des marchés». Le PDG du groupe n’a pas manqué d’évoquer le rôle de Réda Hemche, chef de cabinet et homme de confiance de Chakib Khelil. «Il a été nommé par le ministre (...). Son bureau, au fond du couloir, lui permettait d’avoir l’œil sur toutes mes allées et venues», signale-t-il, estimant que «des choses se seraient passées à un haut niveau». Parlant de ses «soupçons» sur certains contrats, l’ancien PDG, en liberté provisoire et qui comparaîtra, a évoqué les directives qu’il recevait de sa hiérarchie. «Je faisais mon travail normalement. Je recevais ses directives et ses instructions par écrit et par téléphone. Il était informé de tous mes actes de gestion par les courriers que je lui adressais», assurait-il dans un plaidoyer pro domo avant l’ouverture du procès, le 15 mars dernier.