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L’Algérie a fait des progrès appréciables en termes de développement humain et social, mais elle peut mieux faire.» C’est, en somme, ce qui résulte de l’«enquête par grappes à indicateurs multiples» (MCIS) dont le rapport de la quatrième évaluation a été présenté, hier, conjointement par l’Unicef et le ministère de la Santé. «Ce n’est pas un jugement» de l’Algérie qui vise à la «classer», mais une «photo» qui montre où en sont les indicateurs sociaux en ce qui concerne la situation des enfants et des femmes, a expliqué Thomas Davin, représentant de l’Unicef en Algérie. Loin de tous les clichés et des images d’Epinal ressassées à l’envi, les résultats de cette vaste enquête donne un aperçu des conditions de vie et de prise en charge sanitaire, scolaire et autres des familles algériennes, tout particulièrement les mères et les enfants. «Certains indicateurs montrent les progrès réalisés dans ces domaines. Ainsi, presque 100% des femmes accouchent en milieu hospitalier, ce qui est une prouesse au vu de l’étendue du pays», énonce M. Davin. Cette enquête, menée entre 2012 et 2013, a pris en compte 20 indicateurs parmi les 53 qui existent pour ce type d’étude. «Ces indicateurs sont utiles pour comparer les degrés de développement à l’international, car les mêmes méthodologies de calcul sont utilisées», explique Amar Ouali, directeur de la population au ministère de la Santé. La collecte de données a été effectuée sur 28 000 ménages à l’échelle nationale, à raison de 4000 ménages par «espace de programmation territoriale» (EPT). Cet échantillon est composé de 152 373 individus (membres de ménages) dont 74 714 hommes et 72 758 femmes, ainsi que 35 140 enfants âgés entre 0 et 4 ans, dont 4130 âgés de 12 à 23 mois. Disparités criantes «Cette enquête a pour but, entre autres, d’actualiser les banques de données existantes, mais aussi d’évaluer les manques par domaines. Ce qui, à terme, est d’une grande utilité pour les preneurs de décisions et dans l’élaboration des stratégies nationales et locales de développement», explique M. Ouali. Si des avancées «appréciables et indéniables dans l’amélioration des conditions de vie de la population ont été enregistrés», a estimé, dans son allocution d’ouverture, Abdelmalek Boudiaf, ministre de la Santé, il n’en demeure pas moins que cette enquête met en lumière des manques à compléter, notamment en ce qui concerne les disparités, parfois criantes, entre les différentes prises en charges dans le nord du pays et dans le Sud. «Les données collectées mettent en lumière certains manques à compléter et des défis à relever dans le domaine du développement humain et social», reconnaît-il. Ainsi, l’un des défis majeurs relevé «avec insistance» par les résultats du MICS «concerne la réduction des inégalités spatiales encore enregistrées et appelle à une intervention mieux ciblée dans l’élaboration et la mise en œuvre des programmes de développement humain et social, en particulier en matière d’accès aux prestations de santé, d’éducation et de conditions de vie», ajoute M. Boudiaf. «Tout n’est évidemment pas rose», tempère M. Davin. «Il reste à l’Algérie à franchir les quelques kilomètres qui la séparent d’une prise en charge complète et de qualité», ajoute-t-il. Toutefois, l’aspect quantitatif n’occulte-t-il pas l’aspect qualitatif de ces prises en charge ?