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L’instauration du système de parti unique dans notre pays, au lendemain de l’indépendance nationale, est une confiscation de la souveraineté du peuple, qui est ainsi privé du droit de choisir librement ses dirigeants et les institutions dont il a besoin. Comme le prouvent les événements politiques intervenus ces derniers mois, la culture de coup d’Etat chez les dirigeants est toujours présente dans et autour du système. Les moyens ont certes changé, mais on est bien devant un coup d’Etat permanent. La prise du pouvoir par Ben Bella en 1962, soutenu et mis sur orbite par l’armée des frontières dirigée par Houari Boumediène, a constitué le premier coup de force des nouvelles autorités du pays. Le régime de parti unique ne supporte aucune forme de démocratie. L’UGTA est caporalisée pour empêcher les travailleurs de s’organiser librement et de constituer leur centrale syndicale indépendante ; le multipartisme est banni et la pseudo-Assemblée constituante est domestiquée (se qui provoquera la démission de son président Ferhat Abbas). D’ailleurs, la première Constitution algérienne n’est pas l’œuvre de cette Assemblée, mais d’une «assemblée parallèle» constituée de membres non élus, réunie dans la salle de cinéma Majestic, aujourd’hui Atlas de Bab El Oued. Les opposants sont opprimés, emprisonnés, pourchassés et certains assassinés. Le 19 juin 1965, Houari Boumediène, qui a assuré par la force l’arrivée d’Ahmed Ben Bella au pouvoir, a décidé de prendre lui-même les rênes du pouvoir. C’est un coup d’Etat dans le coup d’Etat. Un régime dictatorial est mis en place. Parce que la Révolution algérienne est d’essence socialiste, les dirigeants ne pouvaient que mettre en place un Etat à caractère social et des mesures «socialisantes» non sans populisme. Quel bilan et quelles conséquences pour le pays ? Indéniablement, les nationalisations des mines (1966) et des hydrocarbures (1971) ont permis d’affirmer l’indépendance nationale et de lancer les premiers chantiers d’industrialisation et des plans de développement tous azimuts, l’essentiel des bases matérielles de la nation. Les acquis de l’indépendance nationale, malgré les coups qui leurs sont portés, sont énormes : école gratuite et obligatoire pour tous, gratuité des soins, logements.... Personne ne peut nier, malgré les contradictions et les insuffisances, les réalisations intervenues après le 19 juin 1965. Mais le bâillonnement de la société, l’absence de démocratie, la concentration du pouvoir entre les mains d’une poignée de personnes favorisera l’apparition d’une couche de bureaucrates, de privilégiés, de profiteurs qui seront les fers de lance des réformes libérales des années quatre-vingt. Dans la mémoire collective le nom de Houari Boumediène est lié à la fois à une période de grande fierté nationale et de grandes réalisations. Même la jeune génération, qui ne l’a pas connu et n’a pas accès à son histoire par les canaux officiels, a une image plutôt positive de lui. L’apparition furtive de son image sur un écran géant, à Constantine, le 7 juin dernier, à l’occasion du 3w anniversaire du décès de Warda El Djazairia, a suscité une ovation des milliers de personnes dont la majorité était jeune, car son nom est associé à ces grandes réalisations. Houari Boumediène a gouverné le pays d'une main de fer sans aucune forme d’élection ni de constitution, 12 années durant. La première assemblée populaire nationale, constituée de députés du parti unique, est élue en 1977. Des militants de la cause amazighe, des syndicalistes, des militants de toutes tendances politiques sont emprisonnés et/ou exilés. Dans les faits la politique du coup d’Etat n’a jamais quitté ce pays. Sans revenir aux différents coups d’Etat qui ont intervenu depuis 1965 par le trucage des élections, le «plébiscisme», l’utilisation à une échelle jamais connue de l’argent dans tous les processus électoraux de la dernière décennie, personne ne peut nier que l’esprit du coup d’Etat est permanent et demeure à nos jours. On est passé de l’autoritarisme du pouvoir au pouvoir de l’argent, et aujourd’hui à la caporalisation de la vie politique. L’action et le poids omnipotent de l’oligarchie qui dispute le pouvoir à l’Etat, présentent des caractéristiques d’un coup d’Etat. L’oligarchie a mis en branle un véritable processus de coup d’Etat en lançant une OPA sur des partis, le gouvernement, les assemblées élues. Contrairement à ceux qui pensent que les derniers développements sont des signes de retour au parti unique, c’est de la marche vers le totalitarisme qu’il s’agit. Les nouveaux riches qui ont prospéré par le siphonage des derniers publics veulent à présent, par un putsch à blanc, perpétuer un système arrivé à terme et empêcher l’avènement de la démocratie véritable qui consiste à redonner la parole au peuple pour qu’il choisisse librement ses représentants et mettre en place les institutions dont il a besoin. Nous assistons clairement à la marche vers le totalitarisme allant dans le sens contraire de la roue de l’histoire. Le PT s’inscrit pleinement dans le combat contre toutes les forces qui agissent pour bloquer les aspirations légitimes du peuple algérien à la démocratie, à la souveraineté, à la liberté, à l’égalité et à la préservation des acquis et conquêtes de la Révolution algérienne. Conquêtes et acquis menacés aujourd’hui par l’oligarchie et la passivité de l’Etat devant un danger mortel pour le pays.