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Bis repetita. Après deux mois et 10 jours, le président Bouteflika procède de nouveau à un remaniement partiel du gouvernement. C’est l’entrée surprise d’El Hadi Ould Ali comme nouveau venu, le retour d’un ancien ministre, Bakhti Belaïb, et le départ de Amara Benyounès et de Abdelkader Kadi du Commerce et de l’Agriculture. Au centre de plusieurs dossiers sensibles depuis sa nomination au ministère du Commerce, mais soutien indéfectible du président Bouteflika, Amara Benyounès a pourtant été éjecté du gouvernement. Selon certaines sources, il était en pleine réunion houleuse avec des experts et des opérateurs économiques quand son éviction a été annoncé hier dans la matinée. Entre les licences d’importation, les autorisations de vente d’alcool et les attaques contre les importateurs, Benyounès n’a pas fait que des heureux. «Il a commis beaucoup d’impairs et s’est parfois mal exprimé sur certains dossiers, comme la vente d’alcool ou les licences d’importation», explique Abderrahmane Mebtoul, économiste. «On se demandait parfois s’il s’exprimait en tant que ministre du Commerce ou de président de parti. Pour autant, ne pourrait-on pas imputer l’échec à d’autres ministres», se demande-t-il. Benyounès s’est souvent targué de vouloir mettre de l’ordre dans un secteur commercial sous l’emprise de «lobbys» ou de cercles d’intérêts. C’est d’ailleurs l’argument qu’il évoqua pour justifier son instruction sur la vente en gros des boissons alcoolisées. Le tollé ayant suivi lui a valu d’être désavoué par le Premier ministre. Dernièrement encore, il accusait les concessionnaires automobiles de pratiques financières douteuses pour échapper au fisc et leur reprochait des niveaux d’importation incontrôlés. Début juillet, pourtant, il déclarait que les importations allaient probablement s’établir autour de 400 000 unités par an, un niveau qui était déjà le leur en 2014. La filière automobile est visée par les nouvelles dispositions de loi tendant à réguler le commerce extérieur, notamment par le recours aux licences d’importation. Une décision contestée également, des experts et certains partis politiques critiquant ce qui s’apparente à «une nouvelle mesure administrative» pour les uns et une nouvelle source de «corruption et de clientélisme» pour les autres. Le successeur de Benyounès, Belaïb Bakhti, était déjà ministre du Commerce  en 1996. Il retrouvera, au sein du gouvernement Sellal, certaines connaissances puisque Abdessalem Bouchouareb, l’actuel ministre de l’Industrie, occupait cette même fonction en 1997. Il retrouvera aussi un secteur miné par les lobbys, l’informel, la spéculation et l’anarchie. Reste à savoir si un changement d’hommes réglera à lui seul le «problème de vision stratégique de sortie de crise» dont souffre le pays, s’interroge Abderrahmane Mebtoul.