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Sur Tweeter, réseau où Malik était fortement présent, ses «followers» (les personnes abonnées à son compte) n’ont cessé d’exprimer leur douleur et leur tristesse face à la disparition d’«un intellectuel algérien honnête et ayant toujours défendu la vérité».  «Paix à toi, tu auras fait ton devoir vis-à-vis de ton pays», «tu resteras un journaliste intègre et plein d’abnégation», pouvait-on lire sur les messages postés par certains des abonnés à son compte. Né à Illilten, un village de Haute-Kabylie situé dans la daïra  d’Iferhounène, près de Aïn El Hammam, Malik Aït Aoudia a eu une carrière journalistique prolixe. Diplômé de la Sorbonne, il se lance dans le journalisme et collabore avec de nombreux journaux français et algériens. Mais au bout de quelques années, c’est vers le secteur de l’audiovisuel qu’il se tourne, faisant ainsi étalage de son talent d’enquêteur, d’interviewer et de chasseur d’images aussi rares qu’originales. En 1997, il signe son premier documentaire, Gouverner, c’est choisir, pour la chaîne thématique franco-allemande Arte. Très impliqué dans le monde associatif français, il signe un documentaire poignant en 2004 sur l’islam en France pour «Zone Interdite», émission-phare de M6. Tout en menant une enquête très fouillée sur la vie des musulmans en  France, Malik déconstruit en même temps certains clichés que les médias et la classe politique française ont collés aux musulmans de France. Des documentaires sur la tragédie algérienne Mais c’est le film documentaire de près d’une heure sur les circonstances du détournement de l’avion d’Air France par des terroristes du GIA d’Alger vers l’aéroport de Marseille en 1994 qui lui vaudra la reconnaissance de ses pairs et lui ouvrira définitivement les portes des télévisions françaises, connues pour être fermées à double tour à toute proposition venant d’un Algérien. Avec Vol AF8969, histoire secrète d’un détournement, Malik Aït Aoudia obtient le prix d’investigation au Figra 2002. Reconnu désormais, le défunt journaliste et réalisateur s’attaque ensuite à d’autres sujets plus politiques et plus polémiques aussi. En 2003, il réalise Autopsie d’une tragédie : Algérie 1988-2000 dans lequel il revient sur les années noires, avec leur lot de terrorisme, de violence et de morts. Très attaché à son pays natal et à sa Kabylie, Malik Ait Aoudia n’a jamais cherché à faire du sensationnalisme ou de la provocation à travers ses réalisations, mais seulement à donner des clés de compréhension et des éclairages sur une période de l’histoire qui était loin d’être salvatrice pour l’Algérie. Pour boucler la boucle de la tragédie algérienne,  l’enfant d’Illilten s’est penché sur la disparition des moines de Tibhirine à travers un documentaire  intitulé Le Martyre des moines de Tibhirine diffusé en 2013. Reconnu dans son domaine, Malik a ensuite enchaîné les collaborations avec de nombreuses télévisions françaises et étrangères.  Il restera un exemple d’abnégation et de sérieux.
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