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Les ingénieurs du bureau d’études allemand chargé du suivi des travaux de réalisation de la Grande Mosquée d’Alger sont interdits d’accès au chantier. «Une vingtaine d’ingénieurs du bureau d’études allemand Kuk (Krebs+Kiefer) ne peuvent plus accéder au chantier depuis mai dernier suite à une note de l’Agence nationale de réalisation et de gestion de la Grande Mosquée d’Alger (Anagerma)», a indiqué une source ayant requis l’anonymat, qui signale que le nombre d’ingénieurs engagés par les Allemands a été réduit de moitié, après avoir été une trentaine au lancement du projet, en 2012. Quel est le motif de cette décision ? L’Anagerma a-t-elle résilié le contrat de la société allemande, dont les employés sont persona non grata sur le site depuis trois mois ?  «Il n’y a pas eu résiliation du contrat vu que l’entreprise allemande n’a pas reçu de notification écrite d’une telle décision. Le contrat du bureau allemand court jusqu’à septembre prochain», précise notre source. Le groupement allemand, qui a remporté le concours d’architecture en janvier 2008, est en charge du contrôle et du suivi de la réalisation par l’entreprise chinoise China State Construction & Engineering Corporation (CSCEC) de l’ensemble Djamaâ El Djazaïr. Lancé en 2012, le projet avait accusé un retard estimé à plus de 18 mois en raison de plusieurs problèmes liés à l’instabilité à la tête de l’Anagerma après le décès de son premier responsable, mais surtout au manque de coordination entre le bureau d’études allemand et l’entreprise chinoise CSCEC. Le ministre de l’Habitat, qui s’est déplacé au moins six fois sur le chantier de la mosquée depuis le début de l’année, n’a pas caché l’existence de tiraillements entre les différents intervenants. «Les travaux ont accusé un important retard pour des raisons techniques qui sont plus ou moins acceptables et pour d’autres raisons inhérentes au bureau d’études allemand, au maître d’œuvre chinois et à l’entreprise en charge de la gestion de ce projet, que nous rejetons catégoriquement», avait indiqué en octobre 2014 M. Tebboune, qui avait sommé les entreprises à renforcer la cadence des travaux, à l’arrêt une partie de l’année dernière. Le ministre a annoncé la prise de «décisions» pour relever la cadence des travaux. L’arbitrage du maître de l’ouvrage est, semble-t-il, finalement favorable aux Chinois. «Les critères de la société allemande ne sont pas acceptés par ses partenaires algériens ou chinois, d’où les entraves rencontrées par KUK. Les Algériens ont fait un arbitrage favorable aux Chinois dans le but d’accélérer les travaux de réalisation du projet», estime notre source. Risque sismique «réévalué» Autre point litigieux entre les différentes parties du projet : le calcul sismique de la structure. Le réassureur français aurait revu à la hausse le risque sismique. Le réassureur a fait appel à Socotec pour renforcer sa thèse sur un risque plus important. Les Allemands ont contre-attaqué avec leur expert en génie civil (voir El Watan 8 octobre 2015, ndlr). La partie algérienne, à travers le CTC, a demandé à Socotec de ne pas se mêler de cette affaire nationale. Selon les promoteurs nationaux du projet, le risque sismique reste acceptable. Mais le hic dans toute cette affaire est que le Centre national de recherche appliquée en génie parasismique (CGS) a été mis à l’écart depuis le début du projet, a indiqué sous le sceau de l’anonymat une source au ministère de l’Habitat, qui précise que le CGS et le professeur Abdelkrim Chelghoum, expert en génie parasismique et président du Club des risques majeurs, sont d’avis qu’il y a un risque important avec la localisation d’une faille à 80 mètres de profondeur et un risque de liquéfaction du sol. Le projet de la mosquée, cher au président Bouteflika, la troisième au monde après celles des Lieux Saints, fait face depuis le début à de fortes critiques liées à l’enveloppe financière dégagée : 100 milliards de dinars (un milliard d’euros). Si l’Etat a décidé d’abandonner des projets importants (travaux publics, santé, agriculture, etc.) en raison de la crise financière que traverse le pays, le projet de la Grande Mosquée est maintenu. Le président Bouteflika a procédé à la pose de la première pierre le 31 octobre 2011 et les travaux ont débuté officiellement le 20 mai 2012. En vertu de ce contrat, la firme chinoise s’est engagée à réaliser le projet en 42 mois (trois ans et demi). L’infrastructure, devant être livrée initialement ce mois-ci (délai contractuel au départ), ne sera réceptionnée qu’en septembre 2016. Le taux avancé par le ministre de l’Habitat (65%) lors de sa dernière visite est battu en brèche par les exécutants, qui parlent de 40% au plus. S’étendant sur plus de 20 hectares, l’infrastructure compte douze bâtiments indépendants, dont une salle de prière (120 000 fidèles), une esplanade, un minaret, une bibliothèque (2000 places), un centre culturel, une maison du Coran (300 places), un musée d’art et d’histoire islamiques, un parking pour 6000 véhicules, des bâtiments administratifs ainsi que des espaces réservés à la restauration.  
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